27 mars 2008

Chapitre 01: 3 ans plus tard, de nouveaux amis - par Aya

C'était 3 ans après que le groupe de Lloyd ai sauvé le monde. Lloyd avait plus de muscles et avait un haut et un bas rouge, son haut était plus foncé et laissait voir ses muscles. Colette, elle, c'était laissé poussé ses cheveux jusqu'à ses genoux et ils étaient plus brillant. Elle avait une longue robe blanche ornés de signe bleu et avec une longue fente au milieu laissent voir sont short noir qui collait à la peau.


C'est deux héros avaient peut-être changé de physique, mais cela n'empêchait pas le fait qu'il n'avait pas changé. Par exemple la légendaire Colette était toujour aussi maladroite, ce qui faisait très souvent rire un jeune garçon nommé Marte. Marte était un jeune garçon de 17 ans maniant deux épée jumelles, et combattait comme Lloyd. Il avait des cheuveux marron avec beaucoup de mèches marron foncé et il avait les yeux marron foncé enfin... au moins l'un des yeux marron car l'autre, qui était le droit, était caché par ses cheuveux. Il avait un bandeau fin et noir qui parcourait tout le contour de sa tête et qui passait en dessous des cheveux qui cachait son oeil. Il avait des vêtement noble, sont haut était vert foncé et blanc et son bas, bleu très foncé on pourrait dire noir. Il était venut a Isélia il y avait 2 ans juste pour visiter mais en fin de compte il y était résté. Quand, justement, Marte riait il y avait toujours une jeune fille nommé Aurore pour lui donné un coupe de pied dans... euh... entre les deux jambe (pas besoin de vous préciser où). Aurore est une mage qui a été retrouvé dans la forêt près de chez Lloyd et de Dirck seul il y a 2 ans, jusqu'à cette date elle ne se souvient de rien sauf les technique de combat. Aurore avait des cheveux long un peut en dessous des épaules, elle les avait noir avec des mèche marron foncé mais elle avait moins de mèches que Marte. Elle avait, en guise de haut, une cape qui décendait jusqu'au bassin et qui avait que les trois bontons du haut accroché sur 6. Elle avait aussi une jupe avec une fente sur le côtés guauche. Marte ressemblait à Lloyd, ils avaient le même style de combat, ils étaient grand, forts, ils étaient des imbéciles et ils dormaient pendant les cours. Mais la seul différence entre ces deux là est que Marte était plus mystèrieux. Aurore , elle, ressemblait un peut à Colette pour sa gentillesse envers les pauvre personne mais elle était très strict envers les autre personne.

 Ils s'étaient donné rendez-vous dans la forêts près de chez Lloyd mais il n'y avait que les garçon qui étaient venus:
-Elles sont lente. Soupira Marte.
-*soupir* c'est vrais mais bon. Dit Lloyd qui se retourna vers Marte car il était, jusqu'a maintenant, dos à lui.
-Pffff enfin ça ne m'étonne pas d'Aurore elle est vraiment une imbécile... Dit Marte en levant les yeux au ciel.
-Mmmm tu ne devrais pas dire ça. Dit alors Lloyd avec un petit sourire.
-Hein? Pourquoi et puis... pourquoi tu souris t'es bizzAAAAAAAAAAAAA
-C'est qui l'imbécilé? Fit une voix féminine.
Cette voix était celle d'Aurore qui venait de taper Marte.
-T'as les oreils bouchés? J'ai dis que c'était toi, t'as pas entendue? Mais alors pourquoi tu ma frapeAAAAAÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏÏEEEEEEEEEEEEEEEEEEE
Marte venait de se prendre un coup en pleine figure.
-Mais pourquoi moi??? Répliquat-il la main sur son visage.
-Par-ce-que t'es qu'un idiot! Réfléchi avant de parler!! Dit Aurore prête à lui en donner une autre.
-Bon, moi je vais reculer un peux, se murmura Lloyd.
-MOI??? Dit Marte indigné.
-OUI TOI!!!! Fit Aurore en colère.
-Bonjour tous le m... euh Aurore...que... tu crois pas que t'y vas un peux fort là? Fit Colette qui venait d'arriver.
-Tu me connais j'ai l'habitude Colette aïeeeee!!!
-Est-ce que je t'ai dit de parler? Fit Auror avec des yeux térrifient.
-Tsssss... que ce sois a l'école ou dehors vous vous disputer souvent. Fit alors une voix douce, calme et féminine.
C'était une belle femme avec les cheveux long, vert foncé et ataché en tresse. Elle avait une longue robe blanche avec de longues manches blanches égalment. Ses yeux vert reflètaient l'intelligence même.
-Bonjour professeur Arisawa, fit Aurore et Marte d'une même voix.
-Salut Konie. Fit Lloyd décontracté.
-Bonjour Konie euh... tu pourrais les arrêter? Fit Colette.
-Biensûr, commença Konie.
C'était Konie Arisawa celle qui remplaçait Raine en ses fonction de professeur. Konie s'éclèrcit la gorge et:
-VOUS ALLEZ ARRETER TOUT DE SUITE OU VOUS ALLEZ VOIR CE QUE C'EST DE SOUFRIR!!!
Ils se turent alors. Colette s'était bouché les oreilles et Lloyd s'était fait tout petit.
-C'est bien bon alors vous je présume que les devoirs sont fait n'est-ce pas? Commença Konie en regardant Aurore et Marte d'un air soupconeur.
-euh....ouais si on peut dire ça... dit Marte hésitant.
-comment? Fit alors Konie irités.
-Oh non... fit alors Lloyd exasperé. Elle va pas s'y metre aussi.
-Bah tu les connais...
-Les devoirs sont trop important pour que vous les négligiez ainsi!!!! Fit Konie en colère.
-Pffffff c'est surtout
très nul. Dit Marte.
-Répète ça pour voir!!
-Sans vouloir vous vexez professeur Arisawa, les devoirs c'est pas super. Dit la jeune magicienne.
-Je vais vous...


après une centaine de crie de douleur ou de colère Lloyd dit a Colette:
-Je me demande si... les autres vont bien...
-Les... autres?
-Oui tu sais Raine, Genis, Sheena, Régal, Zelos, Préséa et...
-Et?
Lloyd sentit tout à coup comme un couteau que quelqu'un enfonçait dans son coeur mais il termina sa phrase par:
-Et Kratos... mon père...
-Kratos est partit mais j'éspère qu'on va le revoir et... qu'on va aussi revoir les autres.
Elle fit un sourire mais Lloyd remarqua alors qu'il était forçé. Au loin on voyait Aurore qui avait retirer sa cape laissant voir un tee-shirt laissent son ventre a l'air. Aurore et Marte avait l'air près a combatre et cela se comfirma quand on entendit Konie dir d'une voix asser forte:
-Je parie sur Aurore le quart de mon argent je suis sur qu'elle va gagner le combat!!!

Lloyd remarqua alors que Colette ne bougait plus il demanda d'une voix inquiète:
-C...Colette sa va?
-Ce... n'est... pas ... terminé... Dit Colette d'une autre voix, une voix terrible.
-De quoi? Et cette voix c'est quoi? Demanda Lloyd.
Aurore Konie et Marte avaient arrêté et regardaient Colette.
-Les démons... ne sont... pas ... disparuent...
Konie était pétrifié jusqu'a aujourd'hui elle avait toujours enseigné a ses élèves que les démons était des horrible monstre assoifé de sang qui tué par plaisir mais qui étaient mort depuis des millier. Aurore était abasourdie et Marte lui commençait a tremblé.
-Comment ça? Demanda Konie.
-J'ai pris... le corp... de cette... fillette... pour vous... le dir et... vous dir... que je ... ne suis... pas le seul...
Marte trenbla de plus en plus essaillant de reprendre son calme il demanda:
-Ce...ce n'est pas important!! Ca voix tremblait, ça se sentait.
-Sans... me compter... continua alors "Colette" sans se soucié de la remarque de Marte,il... y a... un autre... démon... ici...
Marte partit en courant terrifié. Pourquoi? Peut-être que certain on trouvé la raison mais il faudra attendre pour en être sur...

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01 avril 2008

[OS] - Dernière danse (2) - par Naikkoh

   
    Une larme perla au coin de l’œil de la jeune femme et glissa lentement sur sa joue de nacre. Zélos releva la tête, rompant leur baiser. Du bout du pouce, il essuya la goutte salée. Il ne comprenait pas. Ne comprenait plus. Il pensait l’avoir cernée et la voilà qui se mettait à pleurer sans qu’il sût pourquoi. Peut être regrettait-elle leur séparation autant que lui après tout... Finalement, ils n’en avaient jamais vraiment discuté. Ils s’étaient retrouvés ensemble plus ou moins par hasard suite à un de ses moments de faiblesse. Il avait craqué sous la pression et elle avait été là pour lui, épaule compatissante sur laquelle s’épancher. Zélos n’avait pas pris leur histoire réellement au sérieux, tout du moins au début. Elle ne lui demandait rien, n’exigeait rien à part sa confiance et un peu de sa tendresse de temps en temps. C’était si différent de tout ce qu’il avait connu auparavant. Si apaisant. Et puis brusquement elle avait changé. Les nerfs à fleur de peau, elle était devenue irascible et les disputes s’enchaînaient. Harcelé, il avait finalement pris la porte et Sheena avait crié qu’elle ne voulait plus jamais le revoir. Sur le moment sa fierté l’avait empêché de retourner la voir pour recoller les morceaux – on ne jetait pas le grand Zélos Wilder, c’était lui qui vous jetait – et quand enfin il s’était senti prêt à l’affronter, la jeune femme l’avait accueilli avec une froide indifférence et un inexplicable sentiment d’abandon s’était emparé de lui. Alors, résigné, il avait refermé la porte de son cœur et avait jeté la clef au loin, tirant par-là même un trait sur cette histoire de la même manière qu’elle semblait l’avoir fait. Il n’avait eu le courage de se battre et il s’était souvent demandé s’il n’avait pas eu tort de baisser les bras si vite. Maintenant qu’il l’avait retrouvé il en était certain : il n’aurait jamais dû la laisser partir. Le temps de cette danse volée, il s’était senti entier. Enfin.
    - Sheena, murmura-t-il, regarde-moi…
    La ninja secoua la tête, ravalant ses larmes, les paupières toujours closes.
    - Sheena, supplia-t-il. Je… je ne voulais pas te faire de la peine.
    Zélos se doutait bien du combat intérieur qu’elle menait à l’instant pour l’avoir lui-même expérimenté. Voyant qu’elle ne cherchait pas à se dégager de son étreinte, le jeune homme en conclut que son audace de tout à l’heure n’était pas la cause de cet accès de tristesse.
    - Regarde-moi, répéta-t-il en lui relevant délicatement le menton.
    Enfin la jeune femme consentit à ouvrir les yeux. Leurs regards s’accrochèrent et se fondirent l’un en l’autre. Le noisette se noya dans l’azur. Désir, doute, amertume, regret, tendresse se partagèrent lors de cet échange où les mots étaient inutiles.
    - Sheena, souffla Zélos hésitant, je t’…
    Mais la ninja posa doucement le bout de ses doigts sur ses lèvres et le reste de ses paroles moururent dans sa bouche en un petit soupir étranglé.
    - Chut ! Ne dis rien… Je t’en supplie, ne dis rien. C’est assez difficile comme ça alors ne rajoute pas quelque chose que tu regretteras par la suite.
    Voyant son compagnon froncer les sourcils, elle s’apprêtait à continuer lorsqu’un appel retentit dans l’air glacé de la nuit.

 
    - Sheena ? Tout va bien ?
    La voix était calme, posée, comme si la présence de ces deux personnes seules et étroitement enlacées sur une des terrasses du palais alors que tout le monde s’amusait bien au chaud à l’intérieur était tout à fait naturelle. Elle appartenait à un homme à peine plus âgé que l’ancien Elu du Mana qui se tenait dans l’encadrement de l’imposante porte-fenêtre donnant accès à cette partie du château.
    Zélos se rembrunit. Il n’avait nul besoin de tourner la tête pour savoir qui venait de les interrompre de la sorte. Le poignard invisible qu’il avait planté au fond du cœur depuis deux longues années effectua un quart de tour, attisant sa douleur, et il se raidit. Le jeune homme tenta de ravaler sa morgue mais l’intrus avait le don de l’exaspérer par sa simple présence. Il ne pouvait donc pas aller voir ailleurs s’il y était ? Profiter d’un instant tranquille avec son amie ne lui était donc pas permis ? Enfin bon « instant tranquille », tout était relatif, d’accord. Mais quand même. Le bras droit de Sheena lui tapait sur les nerfs et moins il le voyait, mieux il se portait. Ainsi, ses envies de meurtre n’auraient pas été si violentes et il aurait ménagé son ulcère à l’estomac!
    Les illuminations de la salle découpaient la silhouette élancée du visiteur. Son regard émeraude, perçant, donnait l’impression qu’il pouvait sonder le plus profond de votre âme et ses cheveux en bataille d’un noir de jais accentuaient l’aura mystérieuse qu’il dégageait, le rendant presque intimidant. Enfin pour la plupart des gens. Pour sa part Zélos le trouvait agaçant, prétentieux et on ne peut plus quelconque. Il devait bien lui reconnaître certaines qualités, comme l’efficacité et la discrétion, mais niveau prestance, il ne lui arrivait pas à la cheville. Et non, ce n’était pas de la mauvaise foi. Après tout il était toujours très objectif…
Le nouvel arrivant interrogea Sheena du regard, lui demandant implicitement si elle avait besoin d’aide. Cette dernière le rassura d’un petit signe discret. Pas de danger, elle maîtrisait la situation. Du moins, depuis qu’il venait de faire son apparition…
    Sa présence lui avait fait l’effet d’une claque qui doucha ses ardeurs et la ramena instantanément à la réalité. Mais qu’était-elle sur le point de faire ? Eberluée, elle réalisa qu’elle était vraiment passée à deux doigts de la catastrophe. Tout ça à cause d’un foutu moment d’hésitation ! A présent elle ne doutait plus. Elle avait fait le choix qui s’imposait et devait s’y tenir. Espérer encore ne rimait strictement à rien. Elle se ressaisit donc rapidement et se composa un visage neutre tout en se détachant lentement des bras de son ami à la chevelure flamboyante.

    Zélos se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas hurler de frustration et afin de se donner contenance, il attaqua. Acide.
    - Tiens, fit-il à Sheena d’un air goguenard, on dirait que ton « chevalier servant » vient te sauver.
    Il se trouvait lamentable d’agir ainsi, mais sur le coup la pique lui fit beaucoup de bien.
Sheena, elle, le toisa froidement.
    - Je te rappelle que Yohnis est mon mari, lança-t-elle aigrement. Et il ne t’a strictement rien fait. Alors reste correct je te prie.
Si. Il a commis le pire des crimes Sheena. Il t’a éloigné de moi…
    Zélos resserra instinctivement sa prise sur les hanches de la jeune femme et Yohnis avança d’un pas.
    - Peut-être devrions-nous rentrer Sheena, proposa le ninja.
    Happée par le regard que lui lança l’ancien Elu, celle-ci ne bougea pas d’un pouce et Yohnis dût réitérer sa demande en haussant la voix.
    - Oui, j’arrive…, dit-elle dans un murmure à peine audible.
    Elle baissa les yeux, rompant le contact et soudain l’air lui parut d’une froideur mortelle. Doucement, elle se détacha de ces bras qui l’enserraient toujours. Les épaules se frôlèrent, les bras glissèrent l’un contre l’autre, les doigts s’effleurèrent en une ultime caresse.
Zélos ne fit aucun geste, lui qui se reprochait quelques instants plus tôt son inertie. Mais que pouvait-il dire ? Elle s’était engagée avec un autre et lui allait faire de même. Qu’avait-il espéré ? Ni l’un ni l’autre n’auraient pu retourner en arrière même s’ils l’avaient voulu.
Comme il aurait aimé pouvoir hurler pour extérioriser sa peine. Ironie du sort aucun son ne sembla vouloir franchir ses lèvres. Et il baissa la tête, vaincu.
    Du coin de l’œil, il les vit s’éloigner. Sheena n’eut pas un regard en arrière. Yohnis par contre enroula son bras droit autour de l’épaule de sa femme, et tournant la tête observa Zélos avec compassion tandis qu’ils franchissaient le seuil de la porte-fenêtre. Le désespoir se mua en haine farouche dans les yeux du rouquin. Sa pitié, il pouvait se la garder ! Il n’en avait pas besoin et crachait dessus même. Un sourire navré, mais pourtant sincère, se dessina sur le visage de Yohnis avant que le couple soit happé par la foule bigarrée. Quoi que Zélos puisse en dire, il comprenait sa peine.

 
    Zélos resta longtemps immobile, puis incapable de taire plus longtemps son bouillonnement intérieur, il jura à haute voix tout en assénant un violent coup de pied rageur à la rambarde de marbre. Un deuxième juron suivit immédiatement le premier, mais de douleur cette fois. Visiblement ses orteils n’avaient pas apprécié le traitement…
    Dans sa tête tout se brouillait. Le sang battant ses tempes, il n’arrivait plus à avoir une seule pensée cohérente si ce n’est ce manque d’elle qui lui tordait les boyaux et lui faisait remonter l’estomac au bord des lèvres. Pris au cœur de la tourmente, il sursauta lorsqu’une main délicate se posa doucement sur la sienne. Dans un bruissement discret d’étoffe, un visage doux encadré par des boucles blondes et soyeuses s’avança à sa hauteur et le dévisagea tendrement. Tout à son chagrin Zélos n’avait pas entendu Hilda arriver.
    - Et bien que vous arrive-t-il mon ami ? Vous avez l’air bien soucieux, demanda la princesse de sa voix chantante.
    Voyant que le jeune homme ne répondait pas, elle enchaîna.
    - Elle est partie n’est ce pas ?
    Zélos ne put retenir un hoquet de surprise et lança pour la forme d’un ton qui se voulait assuré.
    «  Mais qui donc très chère ?
    - Allons pas de ça avec moi, vous savez très bien de qui je veux parler. Une charmante personne, chef d’un clan ninja avec qui vous avez vécu de folles aventures… »
Mais comment sait-elle ça ?
    - Ne prenez pas cet air choqué Zélos. Et fermez la bouche, ce n’est pas très seyant, se moqua-t-elle gentiment. Vous vous demandez sans doute comment je suis au courant ? Très facile, il suffit de laisser traîner ses oreilles ça et là. C’est fou ce qu’on peut apprendre dans les couloirs. J’ai toujours dit à mon père de ne pas négliger cette source d’information mais il ne veut jamais m’écouter. Vous savez que la plupart de ce qu’on raconte dans le secret des alcôves a toujours une part de vérité? Tenez, pas plus tard qu’hier, j’ai découvert en écoutant des jeunes soubrettes astiquer l’argenterie que la comtesse Symol avait pris un nouvel amant. Et devinez au bras de qui nous avons aperçu cette vieille peau ce soir ? Du jeune Ludwig Karstov, vous vous rendez compte ?
    Zélos l’écoutait badiner le plus naturellement de monde complètement estomaqué. Ainsi donc des rumeurs courraient dans son dos à propos d’une relation qu’il entretiendrait avec la représentante de Mizuho ? Dire qu’il ne s’en était pas douté une seule seconde ! Il perdait la main, c’était un comble ! Soudain, les murmures et les oeillades sur son passage depuis plusieurs semaines prirent tout leur sens et il se rendit compte combien Hilda avait dû en souffrir. Il savait très bien quels étaient les sentiments qu’elle nourrissait à son égard et se surprit à se désoler de ne pouvoir lui les rendre comme elle le méritait. Courageuse à bien des égards, elle ne lui avait pas fait d’esclandres, alors que d’autres dans la même situation ne se seraient pas gênées, et posait sur lui un regard affectueux et compréhensif. Zélos se mordit la lèvre inférieure et détourna les yeux. Il ne méritait pas une telle abnégation de sa part. Scrutant involontairement la cour d’honneur en contrebas, il aperçut les silhouettes de Sheena et Yohnis qui s’éloignaient dans l’obscurité, franchissant les lourdes portes de l’enceinte du château pour aller se perdre dans le dédale des ruelles de Meltokio.
A cet instant, ce fût comme si une part de son âme lui était arrachée à mesure que l’invocatrice disparaissait dans l’obscurité, emportant avec elle un morceau de son passé. Cette fois-ci il l’avait définitivement perdue. Alors qu’il serrait les poings si forts que ses jointures blanchirent, il sentit un bras agripper timidement le sien. Hilda essayait de le réconforter mais lui ne voyait que le vide que Sheena avait laissé après son départ. Vide qui n’avait jamais été aussi béant qu’à cet instant. Son souffle s’accéléra alors qu’il essayait vainement d’endiguer ces larmes traîtresses qui tentaient de s’échapper de ses yeux. Pas question de se laisser aller devant Hilda. Il n’avait rien contre elle pourtant. Seulement la seule personne qui détenait le droit de franchir les remparts de son cœur était partie en emmenant son âme avec elle et avait laissé un vide immense qu’il lui semblait impossible de combler. Plus jamais il ne voulait revivre ce déchirement. Cela fait mal. Si mal. Trop mal.
    - Sheena…, fit-il dans un murmure étranglé par l’émotion.
    Par la Déesse, pourquoi était-il si dur de se résigner ? Si seulement il s’était davantage impliqué il y a deux ans, peut-être n’en serait-il pas là aujourd’hui, à se torturer inutilement…

 
    Hilda réprima difficilement un vertige. La tête lui tournait. Finalement elle regrettait d’avoir été si perspicace. Il aurait été tellement plus facile pour elle de tout ignorer. La détresse de l’ancien Elu était la sienne. C’était comme si une main invisible venait de se saisir de son cœur palpitant et le comprimait à le faire exploser.
    - Laissez-moi vous aimer Zélos, implora-t-elle doucement.
    Le jeune homme se tourna vers elle, surpris par sa déclaration, et rencontra son regard triste et suppliant, parfait reflet du sien.
    Alors soit, il serait son époux. Cependant, il n’aurait rien d’autre que ce titre et son amitié à lui offrir.
Il soupira et l’embrassa délicatement sur le front comme pour sceller cet accord tacite.
    « Zélos…, fit-elle la voix tremblante d’émotion.
    - Hilda, j’espère que vous savez dans quoi vous vous engagez ? »
    La jeune femme hocha la tête déterminée.
    - Je sais très bien que votre cœur ne m’appartient pas. Mais moi je vous aime. Je vous aime depuis ce jour où vous et vos amis êtes venus me sauver des griffes du Pontife. Jamais jusque-là personne ne s’était soucié de moi. Je n’étais qu’une princesse frivole et volage aux yeux du monde. J’étais égoïste et bornée, persuadée de tout connaître alors que je n’avais rien vécu. Depuis j’ai compris que seul on n’arrive à rien et que l’on a toujours besoin des autres.
Ne vous renfermez pas Zélos, ne redevenez pas la personne solitaire que vous étiez avant de réunifier les mondes. Elle est partie, c’est vrai. Elle a fait sa vie avec un autre que vous. Mais est-ce une raison pour cesser d’exister ? Je ne vous demande pas de m’aimer comme elle du jour au lendemain, je sais que c’est impossible. Accordez-moi juste un peu d’attention et de tendresse et je saurai vous rendre la vie plus douce…
    Touché par ces paroles, Zélos serra la main de Hilda dans la sienne, sans un mot. Jamais il n’aurait pensé qu’elle ait aussi bien compris la situation. Parfois les femmes pouvaient encore le surprendre…
Il poussa un nouveau soupir résigné et offrit son bras à sa compagne avant de rejoindre la salle de bal, non sans un dernier regard en arrière. Il était temps de faire une annonce officielle ainsi que son deuil une bonne fois pour toutes.

 
    Sheena et Yohnis avaient fendu la foule des convives en silence. Perdue dans de sombres pensées, la jeune femme marchait droit devant elle en n’ayant qu’une vague conscience de ce qui l’entourait. Yohnis lui jetait fréquemment de petits coups d’œil inquiets, comme s’il s’attendait à la voir flancher à tout moment. Sans un mot, ils récupérèrent leurs manteaux, saluèrent d’un hochement de tête poli le portier qui leur ouvrit les lourdes portes en chêne du château et s’empressèrent de traverser la cour d’honneur. Ils avaient parcouru la moitié de la distance qui les séparait des grilles du mur d’enceinte lorsque Sheena stoppa net, mue par une impulsion subite. Lentement elle se retourna et leva les yeux en direction de la terrasse où elle avait valsé avec Zélos quelques instants plus tôt. Sa bouche s’ouvrit en un hoquet muet et elle se figea. Là, sur l’immense balcon de marbre, une femme blonde comme les blés conversait au coude à coude avec un homme à la chevelure flamboyante. Jamais encore elle n’avait eu l’occasion de les voir ensemble et elle en remercia intérieurement la Déesse. Dans cette nuit bleutée éclairée par la nouvelle lune, le couple semblait tout droit sorti d’un conte pour enfants. L’un et l’autre respiraient la prestance et la majesté. Ils étaient tout simplement splendides.
    Sheena sentit sa gorge se nouer. Ils étaient si bien assortis... . Bien malgré elle, elle se surprit à se comparer à cette femme magnifique. Un sentiment d’infériorité s’insinua en elle. Comment avait-elle pu, ne serait-ce qu’un seul instant, avoir eu la prétention de s’imaginer à sa place aux cotés de l’ancien Elu du Mana ? Elle ne soutenait pas la comparaison, c’était l’évidence même…
Voir Hilda et Zélos ensemble fut l’estocade finale pour Sheena, pâle comme la mort devant ce tableau. Elle se mit soudain à trembler. Tout d’abord un léger tressaillement au niveau des mains, qui se propagea ensuite au corps tout entier, tant et si bien que la jeune femme dût enserrer son buste de ses bras afin de se calmer.
    Yohnis, sentant que Sheena ne le suivait plus, se retourna vivement, intrigué, pour la découvrir statufiée au beau milieu de la cour. Il haussa un sourcil perplexe et ne put retenir un soupir agacé.
C’est pas vrai ! Elle est pénible à la fin…
    Pourtant il passa très vite de l’exaspération à l’inquiétude en constatant qu’elle tremblait comme une feuille et pressa donc le pas dans sa direction. Il l’interpella doucement et voyant qu’elle ne bougeait toujours pas, suivit ce qu’elle regardait avec tant d’intensité. Il fronça les sourcils. Décidément, elle aimait se faire du mal pour rien…
    D’autorité il la prit par les épaules et la retourna vers lui. A présent qu’il lui faisait face il pouvait voir nettement son visage décomposé, ravagé par le chagrin, constatant par là même l’étendue des dégâts provoqués par son entrevue avec Zélos. Il savait qu’il n’aurait pas dû la laisser répondre à l’invitation de l’ancien Elu de Tésséha’lla. Elle n’était pas encore prête à affronter ses vieux démons…
    - Chhhht, là. Calme-toi Sheena, calme-toi. Voilà comme ça. Respire, l’encouragea-t-il en la prenant dans ses bras. Rentrons, tu veux ?
    Incapable de parler, Sheena hocha la tête en guise d’assentiment. Alors Yohnis la prit par la taille et elle se laissa docilement conduire dans les ténèbres de la nuit.

 
    Petit à petit, la fraîcheur de l’air aidant, l’invocatrice recouvrit ses esprits et se recomposa un visage froid et inexpressif. Ceci déplut beaucoup à Yohnis qui estima qu’il était grand temps que sa femme crève l’abcès.
Ils arrivèrent devant la petite auberge où ils étaient descendus, préférant de loin le chiche confort de l’établissement aux suites luxueuses du palais royal mises à disposition des hôtes de marques. Ils tenaient à conserver leur liberté de mouvement sans avoir à rendre compte de leurs allées et venues régulières. Ils s’apprêtaient à franchir l’entrée lorsque Yohnis attrapa le poignet de Sheena et la força à lui faire face.
    «  Tu ne lui as rien dit n’est-ce pas ? demanda-t-il avec douceur mais fermeté.
    - Dire quoi à qui Yohnis ? fit Sheena exaspérée.
    - A Zélos… Lui dire la vérité. Tu ne crois pas que cette comédie a assez duré ?
    - Quelle comédie ?
    - Arrête ! Arrête de faire l’innocente ! Combien de temps crois-tu que tu vas tenir ? C’était ta chance et tu l’as laissé filer !
    - Non mais de quoi je me mêle ? Il ne me semble pas t’avoir demandé ton avis sur la question Yohnis ! Cela ne te regarde pas ! Ce sont mes affaires, pas les tiennes. C’est clair ? »
    Le ninja aux yeux émeraude la fusilla du regard mais la jeune femme ne se démonta pas pour autant. Tremblant de rage, il serrait les poings et semblait sur le point de la frapper. Lui qui restait toujours maître de lui-même avait beaucoup de mal à contenir sa fureur cette fois.
    - Comment peux-tu dire une chose pareille après tout ce que j’ai pour toi depuis presque deux ans ? Après tout le mal que je me suis donné pour vous ? Après tous les sacrifices auxquels j’ai consenti ? Comment oses-tu me renvoyer ça à la figure petite ingrate ? Alors oui, je suis concerné par toute cette histoire et ce depuis que je t’ai épousé.
Cesse donc de t’enfermer dans tes faux-semblants ! Tu ne trompes personne à commencer par moi. Tu n’as donc pas fait attention aux ragots ces dernières semaines Sheena ? Il serait temps de redescendre sur terre et d’accepter tes sentiments!
    Elle mordilla sa lèvre inférieure et baissa les yeux, telle une gamine prise en faute.
    «  Tu ne comprends rien à rien ! Ce n’est pas aussi simple…
    - Bien sûr que si. Tu l’aimes toujours n’est ce pas ? »
    Sheena ne pipa mot et s’obstina à vouloir fuir son regard.
    Dans un accès de colère, le ninja défonça d’un coup de poing un pot en terre cuite reposant sur le rebord d’une fenêtre proche. Les yeux de la jeune femme s’agrandirent de terreur. D’un naturel calme et posé, son mari ne s’énervait qu’en de très rares occasions. Elle savait pertinemment qu’elle avait poussé sa patience à bout ces dernières années et elle se sentit coupable pour cela. C’était vrai, il avait fait beaucoup ces derniers temps, répondant présent alors qu’elle avait eu besoin d’aide. Déjà lorsqu’ils étaient enfants, elle avait toujours pu compter sur celui qu’elle considérait alors comme son grand frère et l’un de ses trop rares amis. Elle lui avait volé sa vie, elle en était consciente, et lui était reconnaissante de ne pas l’avoir laissée tomber dans un moment pareil. Elle se devait d’être honnête avec lui, certes, ne serait-ce qu’au nom de cette amitié de longue date, mais à quoi bon remuer le couteau dans la plaie en lui confirmant ce qu’il savait déjà ? Elle n’était pas si cruelle. Et puis comme si avouer allait changer quoi que ce soit de toute manière…
Leurs destins avaient été liés deux ans plus tôt par les anciens du village, conformément à leurs traditions. Dans sa situation, elle n’avait pas eu le choix et avait dû se résoudre à se plier aux règles immémoriales si elle voulait conserver son titre de chef. Bien sûr, elle aurait pu refuser mais elle avait trop à cœur de protéger les intérêts des siens pour cela et surtout, elle ne voulait pas laisser les rênes du pouvoir à n’importe qui. D’autant que dans l’ombre, nombreux étaient les charognards qui attendaient patiemment leur heure.
    Yohnis était arrivé à point nommé dans cette situation délicate et lui avait été d’un grand secours et d’un soutien sans faille. Son union avec lui avait renforcé son autorité auprès des plus conservateurs qui voyaient d’un mauvais œil qu’une femme seule gouverne et avait fait taire les mauvaises langues qui n’auraient pas tardé à se délier, surtout dans son état.

 
    « Parle-moi Sheena ! Remballe donc ta fichue fierté et vide ton sac une bonne fois pour toute ! Ainsi tu pourras passer à autre chose. Je ne supporte pas de te voir te détruire à petit feu de la sorte. Tu te jettes à corps perdu dans le travail comme si tu cherchais à fuir quelque chose. Quelque chose ou quelqu’un… Moi, je sais de quoi il en retourne mais ton entourage s’inquiète. Tu es devenue si dure et intraitable dernièrement. Où est passée la jeune femme un brin timide et pleine de vie que j’ai connue autrefois ? Plus rien ne semble t’atteindre, à part elle à qui tu réserves tes si rares sourires…
Tu ne peux pas passer le reste de ta vie ainsi !
    - Et pourquoi pas ? le défia la jeune femme.
    - Tu es ridicule, bon sang ! Que pensera Sa…
    - Laisse-la en dehors de ça ! ordonna Sheena, une lueur étrange dans les yeux. Je t’interdis de la mêler à tout ça !
    - Et pourtant tôt ou tard il le faudra bien ! Elle finira par découvrir la vérité.
    - Et comment ? A part toi, moi et quelques anciens personne n’est au courant.
    - Crois-moi, ce genre de choses ne reste pas caché bien longtemps. »
    Sheena pinça les lèvres. Bien sûr Yohnis avait raison, elle le savait, et cela l’exaspérait. Elle cherchait comment couper court à cette conversation dérangeante qui lui échappait. La panique la submergea et ses certitudes difficilement acquises au cours des ces deux dernières années volèrent en éclat. S’était-elle fourvoyée sur toute la ligne ? Elle s’était convaincue que Zélos n’aurait pas voulu s’encombrer d’elles, mais en était-elle certaine ? Après tout elle ne lui avait jamais vraiment posé la question. Pour ne pas lui voler sa vie, elle avait prise celle d’un autre. Quel égoïsme de sa part ! Elle avait donc moins de considération pour Yohnis que pour Zélos ? De quel droit pouvait-elle penser cela ? Puisque au final c’était bien de ça qu’il s’agissait…
Elle avait uniquement agi par peur d’être rejetée par l’homme qu’elle aimait et non par souci de sacrifice comme elle aurait voulu pouvoir s’en convaincre. Elle se sentait si misérable et pitoyable à cet instant alors que son mari lui renvoyait à la face ses propres erreurs !
    Yohnis perçut qu’il l’avait déstabilisée. Profitant de la brèche dans sa carapace, il s’y engouffra sans plus attendre. Il fallait qu’elle comprenne une bonne fois pour toutes. Lui ne regrettait rien. Bien sur il devrait se résoudre à ignorer les inclinations de son cœur mais son affection pour elle compensait ce manque d’amour. Il s’était attaché à elle, avait mêlé sa destinée à la sienne en toute connaissance de cause, choisissant alors en son âme et conscience de mettre sa vie entre parenthèses.
Il avait pitié de Sheena et Zélos, pour cet amour qu’ils avaient l’un et l’autre laissé glisser entre leurs doigts, cet amour contrarié pour des raisons imbéciles. Que les Hommes étaient donc stupides ! Ils ne comprenaient qu’ils tenaient à une chose qu’une fois qu’ils l’avaient perdue…Quel gâchis! D’autant que la vie ne vous accorde pas toujours de seconde chance.
    Les deux époux se défièrent du regard pendant de longues minutes. Blessée au plus profond d’elle-même, l’invocatrice mit un terme à cet affrontement en faisant prestement volte-face et en rentrant précipitamment à l’intérieur, laissant Yohnis planté là. Si elle restait une seconde de plus, c’était sûr elle le giflait.

 
    La vue brouillée de larmes de rage et d’impuissance, la jeune femme gravit la volée de marches qui menait à l’étage, le cœur au bord de l’implosion. Foulant avec délicatesse l’épais tapis du couloir seulement éclairé par la douce lueur des lampes à huile fixées le long mur, elle s’avança sans hésiter vers l’une des chambres sur sa gauche près avoir ôté ses souliers de satin pour ne pas réveiller les clients endormis. La lumière tamisée l’apaisait sans qu’elle puisse expliquer pourquoi. Peut être parce qu’elle faisait écho aux ténèbres dans lesquelles elle se débattait. Inspirant un bon coup comme pour se donner du courage, elle pénétra dans la pièce sur la pointe des pieds tout en refermant doucement la porte en châtaignier. Elle grimaça lorsque celle-ci grinça sur ses gonds. Pourvu qu’elle ne l’ait pas réveillée ! Un petit gémissement confirma cependant ses craintes et Sheena pesta intérieurement. Retenant sa respiration elle ne fit aucun geste. Peut-être allait-elle se rendormir sans la voir.
    - Mama ? appela une petite voix enfantine, hésitante et pressante.
    Sheena s’approcha doucement du lit d’où venait la voix.
    - Je suis là mon ange… chuchota-t-elle doucement.
    Elle souleva la bulle de verre protégeant la flamme de la lampe au dessus du lit et craqua une allumette. Dans un petit chuintement celle-ci s’enflamma et dispensa une auréole de clarté dans un océan de ténèbres.
Sheena approcha l’allumette de la mèche en amadou et enferma la flamme dans son écrin translucide. La pièce sembla s’animer tout à coup sous son éclat tremblotant. La jeune femme s’agenouilla au pied du lit dans lequel était calée une fillette au visage poupin d’environ deux ans. A ses côtés était lovée une magnifique hermine au pelage mordoré, gardienne de ses nuits lorsque sa mère n’était pas là. Sheena caressa le pelage soyeux de l’Ishkal et lui flatta le menton, le remerciant d’avoir bien voulu veiller sur l’enfant une fois encore. La créature émit un petit couinement de plaisir à ce contact et prit les traits d’une corneille aussi sombre que la nuit. Sheena eut un petit sourire en ouvrant la fenêtre de la chambre. Comme toujours l’Ishkal interprétait à merveille son humeur du moment.
    - Merci mon ami murmura-t-elle au volatile qui croassa d’un air inquiet. Tu peux aller te reposer maintenant, je ne vais pas te retenir ici davantage.
    La corneille flanqua un petit coup de tête affectueux sur sa main et sauta sur le rebord de la fenêtre pour prendre son envol dans la rigueur de l’hiver.
    Sheena referma la vitre rapidement.
    - Pa’ti ? zozota la fillette dans son lit en tendant ses petites mains potelées dans le vide.
    - Oui il est parti ma chérie, mais il reviendra bientôt ne t’en fais pas, la rassura la ninja d’une voix douce tout en s’asseyant à ses côtés et en lui caressant le front, entremêlant par la même occasion entre ses doigts les fines mèches d’ébène.
    Elle ferma un instant les yeux lorsqu’elle croisa ceux de la petite. A chaque fois c’était la même chose, elle ne pouvait s’empêcher de sursauter et se sentir mourir un peu plus chaque fois que les pâles saphirs de sa fille la fixaient ainsi, avec cet air trop grave et sérieux pour son âge. A travers ce regard, elle avait l’impression que c’était lui qui lui adressait des reproches muets.
Une larme glissa le long de sa joue.
Puis une autre.
Et encore une autre.
Bientôt ce fut tout un torrent de gouttes salées qui se déversèrent en cascade le long de son visage.
Tristesse infinie et regrets amers.
    - Mama…
    Elle gémit de douleur tout en prenant sa fille dans ses bras, éperdue de chagrin. Enfouissant sa tête contre elle, elle la serra de toutes ses forces comme si cette étreinte pouvait lui rendre celles qu’elle avait perdues. L’enfant ne broncha pas et se laissa docilement faire.
    - Pardon… pardon…, souffla Sheena entre deux sanglots.

 
    Et c’est ainsi que Yohnis les découvrit en entrant dans la pièce, toutes deux endormies, blotties l’une contre l’autre, hors du temps. Un petit sourire triste étira son visage aux traits tirés devant cet attendrissant tableau et il ramena les couvertures sur les deux femmes de sa vie tandis que dehors la neige commençait à tomber.

 
    Ce fut un « tic-tic » discret qui tira Zélos de sa rêverie. Intrigué, il se dirigea vers la source de ce bruit pour découvrir une superbe corneille noire taper du bec contre l’un des carreaux de la vitre. Le jeune homme allait chasser cet étrange opportun mais soudain se ravisa et ouvrit la fenêtre. L’animal ne se le fit pas dire deux fois et entra à tire-d’aile dans la pièce. Il se posa sur le bureau jonché de papiers divers que l’air de la nuit venait de disperser et qui voletaient ça et là. Dans ses yeux brillant d’intelligence et à son empreinte magique particulière, Zélos reconnut en cet oiseau l’Ishkal qui ne quittait plus Sheena désormais. Tendant le bras, il invita la créature à venir s’y percher. Un bruissement d’ailes plus tard la corneille qui n’en était pas une se métamorphosa en un corbeau de jais. Une connexion invisible mais perceptible pour qui maîtrisait le Mana s’établit entre l’humain et la créature. Soudain l’humain se figea tel une statue de sel, le sang désertant son visage. La créature émit un croassement rauque et prit son envol.
    Des paillettes blanchâtres et duveteuses entamèrent lentement leur descente du ciel et tourbillonnèrent dans la pièce par la porte-fenêtre restée grande ouverte tandis que l’humain ne bougea pas d’un pouce. Seul l’imperceptible battement de ses paupières attestait que la vie l’habitait encore.
    Au bout de ce qui sembla être une petite éternité, et le froid ambiant aidant sûrement, il sembla revenir doucement à lui, son souffle s’accélérant. Il eut un haut-le-cœur tandis qu’il était replongé avec brutalité dans la réalité.
    Alors Zélos versa des larmes amères sur son bonheur perdu.

 

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07 avril 2008

Chapitre 01: La rencontre inattendue - par Coco13

Tout était redevenu normal, enfin aussi normal que cela puisse paraître, Lloyd et Colette traversaient le nouveau monde pour récupérer toutes les exphères de tel sorte que tous les rêves et les espoirs de ces victimes reposent enfin en paix. Génis et Raine parcouraient le monde maintenant réunis, pour faire accepter les demi-elfes. Sheena dirigeait Mizuho, en espérant un jour revoir celui qui avait tant de rancune envers elle, car la petite Sheena n’était pas très heureuse de la vie qu'elle menait, bien sûr, tout les habitants comptaient sur elle ainsi que son grand-père mais il lui manquait ce petit effet du danger quelle avait eu pendant le long voyage avec ses amis. Régal, lui, faisait de son mieux pour veiller sur le monde pour le bien de tous ses êtres chers.

Et là, dans le noir, une seule personne regardait à travers la fenêtre, les habitants d’ Ozette ville qui était reconstruite, passaient sans rien dire ni penser au sujet de cette petite fille qui les observait avec tristesse. Dans la pénombre de sa chambre, elle pensait à celui qu'elle avait bêtement laissée partir après l'ultime bataille à Derris-Kharlan. Elle revoyait son sourire caché, ses réactions et sa gêne. Elle qui était si solitaire restait dans son village où elle était rejetée de tous. L'adolescente retournait dans sa tête le malheur dont elle avait été victime par le passé.

"Le projet Angelus, soupira t-elle confuse dans ses pensées. Tu m’as si souvent protégé et ce n'est que maintenant que je vois à quel point tu me manques....Génis...bon reprit-elle il faut que j'aille au travail je...je vais lui faire un cadeau, comme ça il me reviendra plus vite...Mais d'abord il faut que j'aille à l'enterrement de Zélos. Le pauvre... Quand on l'a tué on était si... Hé, repris la jeune Préséa, peut-être que Génis sera là."

Et la jeune fille avait quitté la pièce en courant et en repensant à son sauveur.

Lloyd et Colette rencontrèrent ainsi la jeune fille a l'enterrement de ce pauvre Zélos...leur ami. Bientôt, Raine et Génis finirent par les rejoindre suivis de près par Régal. En voyant Génis, la jeune fille courut vers lui et le serra tellement fort que Génis en eut le souffle coupé.

"Je suis si contente que tu sois là....Tu m'as vraiment manqué ! Dit la jeune demoiselle.

-M..M...moi aussi "bégaya t-il, intimidé, devant sa grande soeur.
Celle-ci le regardait avec un grand sourire. Tout le monde s'était retrouvé, tout le monde...sauf Sheena.
"Peut-être qu'elle avait autre chose à faire, déclara Lloyd, un peu déçu.
-Ne dis pas ça Lloyd! rétorqua Colette, Sheena tenait beaucoup à lui, j'en suis sûre.
- Tu as raison" répondit simplement Lloyd. Bienvenue a tous! Même si se n'est pas un bon endroit pour se rencontrer... Dit le jeune garçon se perdant dans ses sentiments.
Tout le monde avait finalement décidé de rester un moment tous ensemble pour se retrouver mais très vite on pouvait s'apercevoir de l'absence des deux amis. Avec eux, ils auraient  beaucoup ri à cause de Zélos, taquinant comme il savait si bien le faire la malheureuse Sheena au corps parfait. Mais il n'était pas mauvais au fond, il avait ses propres raisons.

Non loin de là, à Mizuho la célèbre invocatrice regardait la pluie tomber en réfléchissant comment elle pouvai
t faire revenir Kuchinawa.

"Kuchinawa...." repensa-t-elle,
Orochi lui dit pour l'apaiser :
« Mon frère te pardonneras tu sais, tu es un bon chef. »
-C'est gentil mais je n'ai pas besoin de ta pitié, répliqua-t-elle.
-D'accord, et pour ce Zélos ça va mieux? Lui dit-il
-Non je n'ai même pas...Je veux dire je ne suis pas all
ée le voir...une dernière fois…

-Alors que fais-tu encore ici!Vas-y je m'occupe de tout !
-Orochi... merci."

Et elle s'élança en pensant :

« J'arrive, ne t'inquiète pas petit pervers cette fois je réussirais à venir ! ».
Alors qu'elle s'approchait de sa tombe elle sentit sa respiration augmenter subitement, lorsque soudain elle entendit qui l’interpellait :
" Tu...tu es Sheena? dit une petit voix sanglotante provenant de derrière elle. Toi aussi tu ne pouvais pas venir le voir tout a l'heure... Alors nous somme
s deux ... Tu veux bien m'accompagner près de lui ? je n'y arriverais pas sinon...

-Oui Sélès, je veux bien. Reprit elle en reconnaissant la petite soeur du défunt
Alors les deux filles s'approchèrent de la tombe de Zélos, puis Sélès, après un moment de réflexion donna une lettre a Sheena.
«  C'est pour toi" précisa t-elle avant de repartir dans la nuit glaciale.
Sans attendre, la concernée ouvrit la lettre.

                                                          A Sheena,

Sheena , je suis désolé pour ce que j'ai fait, cep
endant tu étais le seul regret que j'avais gardé durant toutes ces années. Sans savoir pourquoi ta silhouette me revenait. Alors, ce soir je t'écris pour te dire que c'était la seule solution possible pour que je ne sois plus considéré comme une "chose" de grande valeur que me donnait mon statut social. Alors pour que cela ne revienne plus sur le tapis c'était l’unique option. En plus si j'avais trahi Yggdrasil, il s'en serait pris à tous ceux que j'aime, vous, mes amis, alors ce n'était pas de ta faute. Tu vois je t'ai écris une lettre sans parler de TES FORMES sublimes ! Non, je rigole ! Et c'est bien, comme ça tu ne pourras plus me taper.
                                                       Sheena, sois heureuse
Le grand Zélos Wilder.

La jeune femme s'agenouilla près de la tombe en murmurant

« Zélos, pourquoi? Tu n'étais pas bien avec m.....nous tous ? Tout est de ma faute je le sais, j'aurais pu te sauver, non j'aurais dû… sans toi…la vie n'a plus beaucoup de joie... Mais pourquoi es-tu parti chercher une paix intérieure? Si tu étais là, je te donnerais des claques!!! » Dit-elle, rageuse.

« Vraiment...dit une voix masculine provenant du lac.

-Elu, c'est toi…? Non ce n'est pas possible. Je doit rêver.
-Non, tu as raison, je ne suis plus l'élu.
Sheena se retourna vive comme l'éclair et partit très rapidement vers son ami et commença à le frapper en s'écriant :
-Pourquoi tu as fait ça? Pourquoi m'as-tu abandonnée ? Hein, pourquoi m’as-tu écrit une lettre avant ta mort? Et aussi, comment se fait-il que tu es encore vivant? »

Le jeune homme la prit dans ses bras. Sheena  continuait à lui donner des coups.
Et lui à son tour demanda :
-Qu'espères-tu en me demandant tout ça? Une réponse peut-être… Alors voilà je me tiens devant toi car depuis quelques jours tu sombres dans la solitude et je voulais te revoir et pour que tu saches que je suis bel et bien vivant et que je reviens en ville mais en changeant de condition de vie. Je vais retrouver une vie normale.
-Alors tu restes avec m... nous?
-Oui, d'ailleurs si on allait retrouver Lloyd, je crois que le monde n'est pas encore sauvé de tous ses malheurs et puis sans moi l'humour n'existerait plus! Héhé » Mais il se rendit compte qu'il parlait dans le vide.

"Sheena, Sheena tu vas bien? Repri
t Zélos.

-Ou..oui mais je vais à Mizuho, j'ai un mauvais pressentiment. Tu pourrais aller voir Lloyd, en attendant ?
-Non pas question que tu y ailles toute seule lui dit-il en la rattrapant.
- Heu, Zélos, dégage je suis assez grande et puis je sais me débrouiller seule tu sais. Pour qui me prend tu .Toi, tu vas voir Lloyd.
-Oui chef…lui dit t-il d'un ton agaçé.

                                                               suivant>>

Posté par _martel_ à 22:09 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

[OS] - Dernière danse - par Naikkoh

Titre : « Dernière danse » (ou « Quand Zélos rencontre Sheena »… Comment ça mon titre est bidon ?! xD)

Auteur : Naikkoh

 

Couple : à votre avis ? ^^

Disclaimer : Zélos et Sheena sont ensemble ?... Non ?... C’est bien ce que je pensais alors, les personnages de ToS ne sont pas à moi *snifouille*
Par contre Yohnis appartient à Yuen (fic : « Le Dragon sacré » disponible sur le forum ToS de JeuxVideo.com, ainsi qu’en version remasterisée sur EluDesDeuxMondes.canalblog.com) et l’Ishkal m’appartient.

Note : Je n’ai pas abandonné ma fic initiale, rassurez-vous. Seulement j’avais envie de marquer le coup de cette satanée St-Valentin cette année.

Sujet : à priori St-Valentin, mais bon … peut être adaptable à toute autre situation^^ ( oui, bon, lisez avant de me taper sur les doigts hein xD). Surtout que je suis bien en retard sur le planning prévu… -_-‘

 

-------

         Une joyeuse cacophonie résonnait dans l’immense salle de bal du palais de Meltokio. Tout le gratin de la capitale était réuni sous les imposantes colonnes de marbre blanc afin de présenter leurs vœux aux futurs époux. Enfin, leurs vœux…c’était vite dit lorsqu’on avait affaire à une bande d’hypocrites pareils ! S’assurer une belle place au soleil, voilà la vraie raison, peu avouable, il en convient, qui avaient poussé ces aristocrates guindés à sortir de leurs demeures de maîtres et à venir se pavaner à la cour !
Ce n’était qu’un déballage de richesses et de démesure, tout étant bon à prendre afin d’épater la galerie. Et, accessoirement, faire mourir de jalousie son voisin au passage…
Les dames de la noblesse, avec leur visage poudré et maquillé à outrance, rivalisaient d’imagination afin de se démarquer du troupeau et les étoffes chamarrées de leurs robes tourbillonnaient en un bruissement discret sous les notes entêtantes de l’orchestre placé au fond de la salle. Les coiffures étaient hautes, sophistiquées, et mises en valeur à grand renfort de plumes, peignes de nacre, pierres précieuses et perles d’eau. Nul doute que les caméristes avaient dû user de tout leur génie pour rendre de tels chef-d’œuvres possibles. Les hommes non plus n’étaient pas en reste et arboraient fièrement soieries délicates et taffetas richement ornés, tout en faisant rutiler qui une broche, qui une bague, qui un pommeau de canne, serti d’opale ou de diamant. Les conversations légères allaient bon train et les rires de gorge étaient à moitié étouffés par les éventails finement sculptés... le tout sous une bonne dose d’arrogance à demi dissimulée par des regards affables et des sourires serviles.

 
    Zélos soupira.
Plus le temps passait, et plus ces mondanités lui pesaient.
Vraiment.
Que n’aurait-il pas donné pour une soirée tranquille au coin du feu, à écouter Sélès, sa sœur, lire une de ses histoires favorites ou encore un moment agréable passé avec ses amis.
Ses amis…
Que devenaient-ils d’ailleurs ? Cela faisait des années qu’il ne les avait plus vus. Oh, bien sur, ils avaient gardé contact mais avec le temps et cette période de paix tranquille, les occasions de se rencontrer s’étaient faites de plus en plus espacées, et pour finir s’étaient arrêtées. Chacun avait ses occupations et ses responsabilités. Il ne pouvait pas les en blâmer. Pourtant… pourtant, retrouver la fraîcheur de Colette, les niaiseries de Lloyd, les fanfaronnades de Génis, les sermons de Raine, la discrétion de la jeune Préséa, les colères de Sheena et le stoïcisme de Régal auraient été comme une bouffée d’air frais dans ce carcan quotidien qu’était devenu sa vie. Non, au lieu de cela, il devait supporter les courbettes et les fadaises des courtisans à longueur de temps. Longtemps il avait eu la prétention de croire que cette situation lui convenait, qu’il finirait par s’y faire. Ce n’était visiblement pas le cas.
    L’ex-Elue de Sylvarant et le jeune épéiste parcouraient encore le monde à la recherche des derniers utilisateurs d’exsphère, les deux demi-elfes s’étaient volatilisés dans la nature, Préséa dirigeait le nouveau village d’Ozette, reconstruit depuis maintenant plusieurs années, et le président de la Société Lézareno croulait sous le travail, tant et si bien qu’il ne mettait plus les pieds dehors. Cela faisait un certain temps qu’il ne l’avait plus aperçu à la cour d’ailleurs. Il n’y avait plus que Sheena pour le tenir informé des dernières nouvelles de leurs compagnons. D’un autre côté, vu sa nouvelle fonction, il ne pouvait guère en être autrement…
    En parlant d’elle d’ailleurs, elle était en retard, comme à son habitude, ce qui tira à Zélos un nouveau soupir d’impatience. Aussitôt, une myriade de femmes de tous âges l’entoura. Hors de question qu’un homme doté d’une telle prestance s’ennuie lors d’une si somptueuse fête ! Il fallait dire aussi qu’on n’en attendait pas moins pour un évènement pareil ! La décoration de la salle était d’un luxe tapageur, des saltimbanques, originaires des quatre coins du pays, animaient ces festivités tant attendues, déambulant entre les invités de marque, et les cuisiniers s’affairaient aux fourneaux depuis presque une semaine.
    Le regard de Zélos dériva à travers la pièce, passant au-dessus du troupeau de ses admiratrices qui gloussaient autour de lui. Il y avait là de quoi subvenir aux besoins d’un village entier. Et dire que plus de la moitié des mets entreposés sur les tables finiraient dans les tas de fumier de l’arrière-cour des cuisines, à peine entamés pour la plupart. Le jeune homme haussa les épaules et chassa cette sombre pensée. De toute manière il ne pouvait rien y faire. Il était difficile de changer les mentalités, ils en avaient eu la preuve à maintes reprises.
    Mais bon sang que fichait donc Sheena !

 
    La jeune femme étouffa un grognement lorsque le page, dans sa livrée rutilante, lui annonça avec un sourire avenant que le seigneur Wilder l’attendait depuis une bonne heure déjà. Lui tendant son manteau, elle leva les yeux au ciel, constatant que le temps n’avait toujours pas arrangé l’impatience de l’ancien Elu du Mana. Quelque peu exaspérée – ce n’était pas de sa faute si une affaire urgente l’avait retenue – elle pénétra sans plus attendre d’un pas énergique dans la salle de réception royale, indifférente aux regards admiratifs et envieux sur son passage. Faire partie des proches de sa « seigneurie » n’était jamais de tout repos, et bien qu’elle fut habituée à ce genre d’attitude, elle sentait qu’aujourd’hui il y avait quelque chose de différent. Sans doute à cause de cet évènement, songea-t-elle, essayant de ne pas trop se formaliser des murmures qu’elle percevait dans son dos. Se composant un masque froid et neutre, elle continua sa route à travers le véritable labyrinthe humain des convives, à la recherche du rouquin.
    Elle finit par l’apercevoir, adossé nonchalamment à une colonne de marbre, en train de badiner avec des courtisanes. Cette découverte l’exaspéra au plus haut point.
Décidément, il ne changera jamais ! Dès qu’il voit l’ombre d’une dentelle, il faut qu’il sorte le grand jeu ! Et moi qui croyais qu’il avait fini par s’assagir… Sheena, ma vieille, une fois de plus tu as été bien naïve de lui accorder ton crédit…
    Malgré elle, la jeune femme sentit son cœur se serrer et une pointe d’amertume la submergea un instant à la vue de ce fier coq se pavanant au milieu de sa basse-cour. Se faisant violence, elle réussit toutefois à reprendre le contrôle de ses émotions et toisa l’ex-Elu avec tout le mépris dont elle était capable. Elle ne devait pas ressentir ce genre de chose à son égard, car elle avait appris à ses dépends où cela la mènerait. Elle secoua la tête comme pour expulser ce trouble hors d’elle et expira à fond. Une fois sa paix intérieure retrouvée, elle fixa le jeune homme plus intensément encore, laissant libre cours à sa colère. Il n’avait pas dû s’ennuyer tant que ça en l’attendant. Très bien. Dans ce cas, il pourrait bien l’attendre encore un peu. Elle n’avait pas envie de le priver d’une si charmante compagnie.
    Leurs regards s’accrochèrent alors que Sheena allait tourner les talons. Lui, surpris. Elle, de glace. Un instant ils restèrent là, sans bouger, le temps comme suspendu. Puis, elle s’éloigna lentement, lui tournant ostensiblement le dos, sa robe de satin blanc lui battant les chevilles.

 
    Zélos avait renoncé à chercher Sheena dans cette foule et avait reporté son attention sur ces demoiselles surexcitées lui réclamant à corps et à cris un récit épique de ses exploits, ce qu’il fit de bonne grâce. Il avait toujours aimé être le centre d’intérêt général, cela lui donnait l’illusion qu’il existait en tant qu’être humain et qu’il avait encore le contrôle de sa vie.
    Soudain, une impression de malaise lui fit relever la tête. Quelqu’un l’observait. La sensation était étouffante. Et ce quelqu’un n’avait pas que des intentions amicales, au vu de l’aura menaçante que le jeune homme roux percevait.
Lorsque ses yeux se posèrent sur l’opportun, il en oublia presque de respirer. Pourquoi fallait-il qu’il fasse toujours tout de travers ? Pourquoi fallait-il qu’elle le trouve en charmante compagnie chaque fois qu’elle venait le voir ? Parce qu’à n’en pas douter, la jeune ninja était en colère. Extrêmement en colère même. La lueur glacée dans ses yeux en amande et la façon dont elle plissait le front ne trompait pas. S’il lui tombait sous la main, il passerait un sale quart d’heure. Zélos déglutit difficilement et pâlit, cloué sur place par le regard méprisant, inquisiteur et peiné de la jeune femme…
Peiné ?!
Une petite seconde, là, il avait visiblement loupé un épisode… Mais quel imbécile vraiment ! Zélos s’infligea une claque mentale. Décidément il n’en loupait pas une avec elle. Bredouillant de vagues excuses à son auditoire quelque peu dépité de le voir se sauver si vite, il s’élança vers Sheena. Mais le temps qu’il fende le barrage de corsages et de rubans, la chef de Mizuho avait disparu dans la foule, laissant Zélos désappointé.
Il ne resta pas seul bien longtemps, ses admiratrices vinrent l’entourer à nouveau, se pressant contre lui. D’un geste rageur il les congédia et partit en quête de la ninja, sous les regards noirs de ces dames énamourées.

    La partie de cache-cache commença alors, sur fond de menuet, et le jeune homme eut bien du mal à se défaire de toutes ses cavalières potentielles. Il n’échappa pas à certaines danses, contraint et forcé par de vieilles aristocrates entreprenantes qui le poussèrent littéralement sur la piste. Sans cesse son regard balayait la foule colorée dans l’espoir d’apercevoir un bout de sa si jolie robe blanche ou de son chignon d’ébène. Souvent, il captait du coin de l’œil l’objet de sa convoitise, mais à peine tournait-il la tête dans cette direction qu’elle avait disparu, happée par la marée humaine, laissant dans son sillage un léger parfum de jasmin.
    Ce petit manège commençait à fortement agacer notre ami à la chevelure flamboyante. Il en avait assez ! Pourquoi prenait-elle toujours la mouche ainsi ? Il n’avait rien fait de répréhensible à la fin. Si sourire relevait maintenant du crime contre l’humanité selon le code de conduite de Sheena, où allait-on ! Après tout, il n’aurait bientôt plus l’occasion d’aller voir à droite et à gauche, alors autant en profiter avant le tomber de rideau…
Zélos grogna de frustration, mais ne s’avoua pas vaincu pour autant. Une charmante blondinette l’alpaga au passage et l’entraîna dans le tourbillon d’une valse. La demoiselle lui lança des œillades enflammées, mais l’esprit du jeune homme était entièrement tourné vers la chef du clan ninja, et il ne lui accorda qu’un intérêt relatif, ses pas s’accordant aux siens par pur automatisme.
    Soudain il l’aperçut. L’invocatrice se dirigeait vers les imposantes portes-fenêtres de la salle de réception donnant sur les terrasses extérieures du château. Des trilles salvateurs annoncèrent la fin du morceau et Zélos s’inclina prestement devant sa cavalière avant de tourner les talons.

 
    Suffocant un peu dans cette salle bondée et surchauffée, Sheena était sortie prendre l’air. Elle s’étonna un instant de ne voir personne à part elle déambuler sur la terrasse, avant de se souvenir qu’on était en plein hiver. Se délectant de cette tranquillité offerte, elle s’avança sur les dalles blanches. Le bruit de ses pas claquait sur le marbre et troublait le silence ambiant. Derrière elle, le brouhaha des festivités, étouffé par les lourdes tentures pendues aux immenses fenêtres, lui donnait l’impression qu’elle venait de pénétrer dans un autre monde où tout n’était que silence et sérénité. Accoudée à la balustrade, la jeune femme se perdit alors dans la contemplation de la ville endormie et ferma les yeux.
Sentant une présence familière dans son dos, son visage s’étira en un fin sourire, et sans se retourner, elle lança d’un ton narquois :
    « ça y est, tu en as fini avec tes ronds de jambes ?
    - Ma foi, il semblerait que oui, lui répondit une voix railleuse.
    - Tu m’en vois ravie », répliqua-t-elle du tac au tac, tournant toujours le dos à son interlocuteur.
    Elle entendit un petit reniflement dédaigneux qui lui arracha un nouveau sourire moqueur puis des pas se dirigeant vers elle.
    Zélos, car c’était bien lui, s’arrêta à sa hauteur.
    « Comment as-tu su que c’était moi ? lui demanda-t-il sans pour autant la regarder.
    - Depuis le temps qu’on se connaît toi et moi, c’était plutôt facile, s’enorgueillit la ninja. Un jeu d’enfant même…. Et puis franchement, mis à part toi, je ne vois pas bien qui viendrait me surprendre ici.»
    Zélos haussa les épaules et le silence s’établit entre eux, perturbé de temps à autre par les rires qui montaient de la salle de bal. Il prit le temps de détailler avec soin sa compagne du coin de l’œil, tout en veillant à rester aussi discret que possible. Il l’avait toujours trouvée magnifique, mais ce soir elle était resplendissante. Les joues rougies par le froid lui donnaient un petit air mutin adorable et il se surprit à s’attarder plus que de raison sur son profil régulier barré de quelques mèches folles s’échappant ça et là de son chignon. Une fine buée s’échappait de ses lèvres légèrement entrouvertes au rythme de sa respiration profonde et calme. Sa tenue ne comportait aucune fioriture. D’une blancheur argentée, elle dégageait des épaules graciles et mettait en valeur un port de tête régalien. L’étoffe, satinée et miroitante, reflétant chaque rayon lunaire et magnifiant ainsi son teint diaphane, enserrait un cou délicat, et un décolleté vertigineux s’arrêtant à la chute des reins mettait à nu son dos finement musclé. A l’inverse de la gent féminine présente à cette fête, la jeune femme n’avait nul besoin d’artifices, l’aura d’assurance tranquille qu’elle dégageait suffisait à la sublimer.
Le jeune homme essaya de graver cette vision dans sa mémoire car il savait que des occasions pareilles de la contempler ne se représenteraient peut être jamais.

 
    - Quoi ? lança l’invocatrice en tournant la tête vers lui, gênée par ce regard inquisiteur qu’elle sentait peser sur elle.
    Elle avait prononcé ce mot d’une voix légèrement teintée de reproches qui le surprit.
    - Toujours fâchée ? hasarda le rouquin au bout de quelques instants.
    Sheena secoua doucement la tête en signe de négation, le menton reposant entre ses mains gantées et retourna à son occupation première, à savoir l’observation de la ville en contrebas.
    «  Je suppose qu’il est difficile d’aller à l’encontre de sa nature, finit-elle par lâcher dans un soupir en haussant les épaules, fataliste.
    - Et puis-je savoir de quelle nature tu parles ma chère ? »
    La jeune femme ne répondit rien et se contenta de désigner brièvement la salle derrière eux où la fête battait son plein.
    - Ah, ça ? Depuis le temps qu’on se connaît toi et moi tu devrais bien le savoir, rétorqua alors le jeune homme en s’accoudant dos à la balustrade. Et là je ne fais que te citer.
    Le cœur de Sheena manqua un battement. Même si elle connaissait la réponse au fond d’elle, l’entendre de sa bouche était toujours aussi douloureux. Pourtant elle n’en montra rien. Avec le temps, elle aussi avait appris à masquer ses émotions. Mais ses paroles avaient rouvert une porte qu’elle aurait ardemment désiré voir fermée à tout jamais.
    Seulement, Zélos avait perçu sa raideur subite et comprit, qu’une fois de plus, il l’avait blessée sans le vouloir. A ce petit jeu de dissimulation, c’était encore lui qui menait au score et il ne s’en laissait pas compter si facilement.
Décidément je ne suis qu’un bon à rien… se désola-t-il.
    Le silence s’abattit à nouveau sur eux, telle une chape de plomb.
    L’orchestre entama une nouvelle valse et Zélos, pris d’une inspiration subite, se redressa prestement tout en faisant quelques pas vers le centre de la terrasse.
    - Allez, viens ! l’interpella-t-il.
    Sheena se retourna à demi vers lui et haussa un sourcil, perplexe.
    «  Venir où ? demanda-t-elle, suspicieuse.
    - Viens ! Allez… ! » répéta-t-il en lui tendant la main, un grand sourire aux lèvres.
    Il était très fier de sa petite idée et espérait sincèrement que la jeune femme marcherait sans trop se poser de questions.
Viens Sheena… je t’en prie. Enlève donc cet air méfiant de ton visage. Il ne te va pas du tout. Depuis un certain temps tu me parais si soucieuse et je n’ose pas t’en demander la raison de peur que tu ne te renfermes encore davantage. J’ai bien peur d’être à l’origine de cette mélancolie permanente que tu dégages, sans pour autant savoir de quoi il en retourne... Est-ce à cause de cet évènement ? Pourtant nous avons fait un trait sur cette nuit là… Alors, que me reproches-tu ?
    - Ne fais pas ta timorée allons ! Je ne vais pas te manger ! se moqua-t-il gentiment en lui faisant signe de le rejoindre.
Et pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manque, crois-moi. Surtout ce soir, alors que je vais m’engager sur un chemin que je n’aurai jamais cru prendre un jour et que tu parais plus fragile que jamais, drapée dans ta fierté.
    La réaction qu’il espérait ne se fit pas attendre. Piquée au vif, la jeune femme s’avança prestement dans sa direction. S’arrêtant face à lui, elle posa ses poings sur les hanches et planta ses yeux noisette dans les siens, le menton relevé en signe de défi.
    - Et bien, j’attends ! déclara-t-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu.
    Pour toute réponse Zélos s’inclina devant elle en une grande révérence outrancière. Un éclair de compréhension passa alors dans le regard de la ninja et son rire cristallin s’éleva dans l’air nocturne. Le jeune homme sourit intérieurement de cette demi victoire et prit un air faussement boudeur. Entrant dans son jeu, Sheena salua à son tour son cavalier improvisé et lui tendit la main signe qu’elle acceptait l’invitation.
    « En plus ça nous réchauffera, ajouta-t-elle rieuse.
    - Evidemment, avec ce que tu as sur le dos…, » fit Zélos levant les yeux au ciel tout en la rapprochant de lui.
    Glissant sa main entre les omoplates de la jeune femme, il put apprécier à quel point elle était gelée. Pourtant il constata avec étonnement que cela n’avait pas l’air de la déranger outre mesure. Décidément, elle l’étonnerait toujours…
    - Parle pour toi Zélos, parle pour toi, dit-elle en lui tapant doucement sur l’épaule. C’est toi qui as la chair de poule, pas moi. Je te rappelle que nous sommes entraînés, nous autres ninjas.
    Et il l’emporta à sa suite au son de la musique qui s’échappait des baies vitrées entrebaillées. Sheena riait toujours et Zélos en tira une certaine fierté, satisfait de son petit effet.
    C’est vrai qu’ils devaient paraître étranges à danser de la sorte, seuls, dans cette nuit glacée. Mais qu’importe après tout. Il serait bien temps de rendre des comptes plus tard. Pour le moment, seul l’instant présent comptait et la savoir dans ses bras, offerte le temps d’une danse, le ravissait plus qu’il ne voulait bien se l’avouer.

 
    Sheena engagea la conversation, mettant le jeune homme au courant des derniers renseignements glanés par son réseau d’information. Zélos fit la moue.
    « Ton rapport peut attendre non ? La responsable des services d’espionnage du royaume a aussi le droit à des moments de détente !
    - Mais…, protesta-t-elle.
    - C’est un ordre, fit-il dans un gentil sourire. C’est ton supérieur qui te l’ordonne. »
    La jeune femme bougonna et s’enfonça dans son mutisme.
    « Pourquoi m’as-tu fait venir ici alors? Ne me dis pas que c’était juste un prétexte pour me voir en robe, grogna-t-elle.
    - Mmmh, peut-être que oui, peut-être que non, riposta-t-il d’un ton énigmatique, un petit sourire ironique venant étirer son visage.
    - Zélos ! Tu ne changeras donc jamais ! » s’énerva-t-elle, quelque peu vexée par l’attitude si prévisible du rouquin.
    Elle avait voulu lui donner une chance, une de plus, mais elle s’avisa qu’elle avait eu tort, une fois encore. Sa déception était telle qu’elle sentit une nouvelle fissure déchirer son cœur déjà meurtri. Elle qui avait eu tant de mal à recoller les morceaux… Une remarque de lui, et la carapace qu’elle avait tenté d’ériger ces deux dernières années s’effritait dangereusement.
    Pourquoi avait-elle cette sensation, ô combien dérangeante, qu’il ne faisait que jouer avec elle comme il jouait avec les autres. Qu’elle avait été présomptueuse de croire que cela se passerait différemment avec elle ! Il fallait voir le résultat…
Je suis trop stupide…
    La jeune femme stoppa net et fit mine de se dégager de ces bras qui l’enserraient un peu trop à son goût. Pas question de lui donner une nouvelle occasion de lui faire du mal. Elle en avait assez bavé la dernière fois !
    Mais Zélos ne l’entendit pas de cette oreille. Au contraire, comme s’il avait deviné sa réticence, il la rapprocha davantage de lui, la rendant plus mal à l’aise encore. Sheena sentit son rythme cardiaque s’accélérer à ce contact, pressentant le danger qui découlerait inévitablement de cette situation ambiguë.
A quoi joues-tu Zélos ?
    « Calme-toi, lui murmura-t-il à l’oreille en resserrant son étreinte.
    - Mais je suis calme, rétorqua vertement Sheena.
    - Alors ne soit pas si crispée. Je vais finir par penser que tu n’apprécies pas cette danse.
    - Justement, elle est finie. Lâche-moi maintenant.
    - Pourquoi ? Je ne fais rien de mal, répliqua-t-il tout en nichant son visage dans le creux de son cou.
    - S’il te plait…, Zélos…Arrête de faire ça.
    - Quoi « ça » ? » demanda-t-il en effleurant de ses lèvres la peau si douce de la jeune femme.
    Jeune femme qui frémit de plaisir lorsqu’elle sentit le souffle chaud venir chatouiller sa nuque. C’était si grisant qu’un instant elle bascula hors du temps, cette caresse appelant le souvenir d’autres, plus anciennes. Cependant, l’abandon fut de courte durée, et Sheena, affolée, dût se rendre à l’évidence que, déjà, elle ne maîtrisait plus rien. Reprendre le contrôle de ses sens lui parut un effort surhumain qu’elle réussit néanmoins.
    «  Tu sais très bien de quoi je veux parler, dit-elle aussi froidement que possible tout en essayant de conserver une attitude détachée.
    - Tu n’aimes pas ? Pourtant tu ne disais pas non avant.
    - Ce temps-là est révolu Zélos, tu le sais aussi bien que moi… Et puis… et puis ce n’est pas correct voilà ! Tu as des engagements à respecter ! Et moi aussi… », rajouta-t-elle plus bas, presque à contrecoeur.
    Sourd aux protestations de l’invocatrice, le jeune homme l’enserra alors totalement en une étreinte des plus possessives. La jeune femme hoqueta de surprise. Elle devait résister à ces sensations dérangeantes que Zélos réveillait à mesure de sa douce torture. Elle les avait pourtant soigneusement enfouies au plus profond d’elle-même et les voilà qui refaisaient traîtreusement surface à présent qu’elle sentait le corps de son compagnon se presser ardemment contre le sien.
    - Crois-tu que je ne le sache pas ? Crois-tu vraiment que je fasse tout cela de mon plein gré ?
Non, ne me dis pas ça Zélos, pas maintenant…
    « Qu’attends-tu de moi alors ?
    - Une chose que tu n’es plus en mesure de me donner Sheena », chuchota-t-il sensuellement à quelques millimètres de son oreille.
    La jeune femme frissonna et ce n’était pas le froid de plus en plus mordant qui en était la cause. Elle se réprimanda intérieurement pour cette attitude mais elle sentait bien qu’elle était à deux doigts de déposer les armes. Décidément elle était bien faible, constata-t-elle avec amertume. Et la promesse qu’elle s’était faite il y a deux ans de cela, qu’en faisait-elle ? De rage face à sa propre impuissance à maîtriser ses émotions, elle serra convulsivement les poings.
    - Tais-toi ! Ne dis pas ça Zélos, tu sais très bien que tu n’en as pas le droit ! Aurais-tu donc la mémoire si courte ?
    L’ex-Elu du Mana grimaça à cette remarque.
Oh, non je n’ai pas oublié Sheena. Et si tu savais comme j’ai regretté cette décision chaque seconde depuis ce jour-là. Mais il était trop tard pour réparer mes erreurs. J’ai attendu trop de temps… oui, bien trop de temps…

 
    Le jeune homme lui massait à présent tendrement le dos et elle ne put empêcher un léger soupir de contentement s’échapper de ses lèvres. Elle avait oublié à quel point il était agréable et enivrant d’être dans ses bras. Sa chaleur lui avait manqué et elle aurait tout donné pour que le temps s’arrête à cet instant.
Est-ce que toutes les filles qu’il avait tenues ainsi avaient ressenti cela ? Probablement. Et étrangement, ce constat la dérangeait. Jalouse, elle ? Par la Déesse, certainement pas ! Une légère rougeur teinta ses joues lorsqu’elle réalisa qu’elle s’était inconsciemment lovée tout contre lui. Comme elle avait honte de s’être ainsi laissée aller ! Ah, elle était belle « Madame la Chef de Mizuho » avec son beau discours sur le respect des engagements !
Pathétique, serait le terme le plus approprié oui !
Bien évidemment, elle essaya de repousser cet entreprenant opportun mais deux bras puissants empêchèrent toute fuite. Prise au piège, la jeune femme commença à sentir la peur l’envahir un instant, puis la colère la submergea lorsque, levant les yeux vers le visage de son compagnon, elle découvrit son petit air victorieux et satisfait.
    - Arrête ! s’exclama-t-elle. Pour qui te prends-tu ? Je ne suis pas une de ces pimbêches fardées avec qui tu t’affiches régulièrement ! Lâche-moi immédiatement tu entends ou sinon…
    Sheena tremblait de rage contenue. Comment osait-il agir de façon si désinvolte ? Comment osait-il se comporter comme si ces années passées loin de l’autre, ne se voyant que pour des raisons d’ordre strictement professionnel, n’avaient jamais existé ? Faire comme si tout était comme avant… Pensait-il seulement une seule seconde à ce qu’elle ressentait ? Se rendait-il compte de la confusion et du trouble dans lesquels il venait de la précipiter par ces gestes affectueux tout droit sortis d’un passé révolu ? Croyait-il qu’il pouvait revenir comme ça dans sa vie ? D’un claquement de doigt…
Non, évidemment qu’il ne pensait pas à tout ça, égoïste comme il l’était !
    - Ou sinon quoi ? Tu vas te mettre à crier ? demanda-t-il d’un ton narquois.
    Sheena ouvrit la bouche pour répliquer, mais Zélos ne lui en laissa pas le loisir. Il la réduisit au silence en l’embrassant fougueusement, coupant court à toutes protestations de sa part. L’invocatrice cessa de respirer, bien trop surprise par l’irréalité de cette scène. Zélos l’enlaçait et l’embrassait alors qu’il allait se marier !
« Pourquoi » fut le seul mot qui lui vint à l’esprit.

 
    Ce baiser n’était ni tendre, ni doux mais violent et désespéré.
Violent comme les sentiments que l’ancien Elu du Mana n’avait jamais cessé d’éprouver pour elle. Désespéré car il n’avait plus le droit à prétendre à quoi que ce soit vis-à-vis d’elle et qu’il avait beau dire, ça il ne l’acceptait pas. Non, chaque fibre de son être, chaque parcelle de son âme rejetait cette union avec l’héritière du trône mais ce n’était pas comme si on lui avait donné le choix. L’avait-il jamais eu d’ailleurs…
    D’abord stupéfaite, puis outragée, Sheena perçut toute la tristesse et les regrets que Zélos avait mis dans son geste et ne put qu’y être sensible. Après tout, elle aussi regrettait tant de choses. Alors elle ferma les yeux, abandonna la lutte contre sa raison, et lui rendit son baiser avec toute la détresse qu’elle ressentait au fond d’elle.
    Tels deux naufragés en quête de salut, les deux jeunes gens s’étreignirent avec force, chacun étant la bouée de sauvetage de l’autre dans un monde hostile où ils étaient pris au piège.
    Zélos poussa l’incursion plus loin et Sheena gémit de plaisir. Lorsque la main du jeune homme glissa lentement au creux de ses reins, ses sens s’affolèrent. Ce fut comme si de la lave en fusion venait de se déverser en elle. Electrisé par ce contact auquel il n’avait plus goûté depuis longtemps, le corps de la ninja se rappela douloureusement à elle. Si elle avait occulté de sa mémoire ces moments-là, lui n’avait pas oublié les ébats passionnés partagés avec son autre moitié et quémandait une revanche à ces combats charnels. Tel un brasier menaçant de se consumer à chaque instant, il balaya les derniers soubresauts de résistance de Sheena.
Elle capitula.

 
    Zélos sourit intérieurement. Apparemment, il lui faisait toujours de l’effet et ça n’était pas pour lui déplaire, bien au contraire. Sentir cet admirable corps se tendre et se cambrer sous l’effet combiné de ses caresses et de ses baisers, lui apporta une immense satisfaction. Il n’avait pas été le seul à regretter leurs étreintes.
Et l’autre ?
Arrivait-il à faire de même ? Etait-il capable de la faire frémir d’un simple souffle sur sa peau ? Vibrait-elle de la même manière sous ses doigts ?
Une vague de sourde jalousie se déversa en lui à cette simple pensée. Savoir qu’il la partageait avec un autre, qu’il n’était pas la source exclusive de ses soupirs lui broyait le cœur aussi sûrement qu’un étau.

 
    Sheena se maudit intérieurement de sa propre faiblesse. Comment avait-elle pu en arriver là ? C’était atroce…Elle avait envie de mourir sur place tant la douleur dans sa poitrine était lancinante. Pourquoi n’avait-elle pas eu le courage de le repousser ? Pourquoi par la Déesse ?
Et elle invectiva cette dernière en pensée.
Etait-ce si amusant que cela de la voir souffrir et se débattre dans la jungle de ses propres sentiments ? Qu’avait-elle donc fait pour mériter pareils tourments ? N’avait-elle pas été suffisamment éprouvée ces derniers temps ? Non, il fallait la cerise sur le gâteau : après l’avoir chassé de sa vie, il fallait qu’Elle le ramène vers elle !
Sheena en aurait presque ri si elle n’avait pas été aussi déroutée et malheureuse.
Elle qui s’était efforcée pendant presque deux ans de refouler son amour pour Zélos, de faire comme si elle avait tourné la page sur leur histoire, de se montrer indifférente tandis que ce bellâtre papillonnait de droite à gauche. Et dire qu’elle avait presque réussi. Presque. Ce soir devait être le point final de cette relation dépassant les frontières de la franche amitié qui finalement n’aurait jamais dû être. Le moment pour tous les deux de prendre un nouveau départ. Le mariage avec Hilda, l’héritière du trône de Tésséha’lla était un tournant décisif, un moyen d’assainir leurs relations. Chacun aurait sa vie à construire de son coté et c’était mieux ainsi.
    Au lieu de ça, elle était blottie contre son ancien amant et futur marié de surcroît, à entretenir je ne sais quel espoir fou dans un coin de sa tête, et elle ne bougeait pas. Qu’attendait-elle donc ? Une déclaration d’amour éternel ? Une fuite loin de tout ? Chimères que tout cela…, pesta-t-elle intérieurement. Zélos n’était pas capable d’une chose pareille. Il ne s’attachait pas aux autres. Jamais. Elle en avait eu la preuve. Alors pourquoi était-ce si dur de le laisser partir ? Elle savait que ce mariage était nécessaire mais ne pouvait empêcher son cœur de se briser à son évocation. Elle se rendit compte qu’elle ne voulait pas le perdre, qu’elle ne l’avait jamais voulu même. Seulement la vie en avait décidé autrement et il était impossible de revenir en arrière.

(suite)

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21 avril 2008

Chapitre 02: Le retour maléfique - par Coco13

Le rouquin parvint enfin jusqu'à l'auberge, où déjà il pouvait entendre les rires de ses amis, et là, juste devant la porte, il s’arrêta. Il se demandait comment ils allaient réagir. Si c'est comme Sheena, il fallait se préparer au pire. Et puis apparemment ils riaient bien sans lui. Peut-être allait-il regretter ce qu'il avait du faire pour revenir sur cette terre sans le titre de l'élu. C'est vrai, pourquoi s'était t'il donné toutes ses peines ? Avant il était dans une grande pièce noire et lugubre, le laissant ainsi penser à toutes les fautes qu'il avait commises et notamment sa lourde trahison. Avant de repartir sur la terre, il avait discuté avec une personne, il avait pu reconnaître une voix assez grave provenant d'une femme. La condition, pour qu'il puisse retrouver ses amis était qu'il protège un certain... Niblaibinne. Il ne savait ce qu'était Niblaibinne, la femme dans l'ombre lui avait ajouté, qu'elle reviendrait lui expliquer plus tard, quand il serait prêt. Perdu dans ces réflexions, il n'avait pas vu la porte qui s'était ouverte devant lui.

 

-Zélos ! Tu es vivant! crièrent ses fidèles compagnons en l'apercevant.
-Alors vous vous ennuyez de mon charme fatal. Hé, hé, hé.
-Tu n'as pas changé, constata Raine. Mais comment a tu pu revenir a la vie ? Nous...
-Zélos nous sommes venus, tous, à l'enterrement. Alors comment? fit Génis.
-Enfin tous sauf Sheena et ta sœur je crois, completa Régal. Pas vrai Préséa ?
-Heu...Oui enfin désolé. Mais bon bienvenue parmi nous Zélos, répliqua cette dernière un peu surprise de cet appel a la discussion.
-Mais Zélos ça va ? demanda Lloyd, qui avait observé son ami plus attentivement.
-Mm... Alors elle n'est pas venue.... Pourquoi?!
-Qui? demanda Lloyd en bafouillant.
-Euh… Personne, Lloyd. Ah, et au fait Sheena fait un détour par Mizuho et arrivera après. Elle n'a pas voulu que je l'accompagne...

 

Sur le chemin, la nouvelle chef, se posait plusieurs questions. Elle se demandait si c'était vraiment pour elle que l'homme qui lui avait causée tant de chagrin, était revenu. Etait-ce lui? Pourtant, elle l'avait bien vu mourir sous ses yeux. A ce moment elle ne pouvait rien faire, elle était impuissante et faible. Elle se remémorait la scène, de ses propres mains, de ses propres armes, elle l'avait blessé. Quand ce contact avait eu lieu, la jeune demoiselle avait pu voir, ressentir toute la vie du malheureux. Peine, espoir, amour, passé et regrets. Elle pouvait à ce moment précis voir et comprendre ses fous rires, ses regards, ses actions et surtout ses sentiments à chaque fois qu'il la regardait ou l'admirait. Quant Lloyd, héros de la paix lui infligea le coup fatal, Sheena sut que son être se déchirait comme si plus jamais elle ne serait la même... Mais soudain la chaleur la ramena à la réalité, elle se trouvait face a son village...- Mon dieu, mais que s’est il passé ? suffoqua la jeune femme dans sa crainte.
Les maisons étaient en feu. Tout était dévasté .Elle entreprit alors les recherches pour retrouver des rescapés. C'est alors qu’une épée violette avec un oeil incrusté dessus lui chatouilla le dos. Tout de suite la ninja esquiva le coup que cet homme mystérieux s'apprêtait à lui donner avec son autre arme, une sorte de corne finie par une mâchoire. Le combat se faisait sentir. Après plusieurs minutes, Sheena était à bout de force. Pliée en deux sous la force de cet être redoutable, elle l'avait déjà battu auparavant. Il semblait beaucoup plus fort.

 

-Alors ? On se ramollit à ce que je vois! Tu me déçois, mais soit, montre moi ta plus grande peur.
Sheena eut bien peur, pensant à la quantité de chose qu'il pouvait découvrir! Non il ne fallait pas qu’elle craque.
-Alors tu ne veut pas que je te scanne ? Ce n'est pas grave car ta peur ultime est celle dont tu n'as pas conscience.
-Tu...tu es Abyssion ou Nébilim?
-Ah, bien, maintenant en garde!

 
L'invocatrice essaya en vain de désarmer son adversaire mais il était agile et de plus cette fois elle était bien seule. Pas question qu'on l'aide. Ah ça non ! Elle ne voudrait pas de leur pitié. C'est alors que le seigneur du mal finit par la plaquer au sol.
- Tu es tel qu'un vers, tu es faible. Tu es pitoyable et maintenant je vais t’infliger la douleur de la mort. Alors qui voit tu ma pauvre petite ?
- Tu....tu n'est pas Abyssion ! dit-elle surprise.
- Oui!!! Tu as raison et qui je suis, alors si tu as devinée. Elu ultime?
- Zélos, encore! Mais pourquoi....pourquoi je te vois ....
- Meurs par celui que tu aimes tant ma belle, mais avant vois ta peur se réaliser.
C'est alors que Sheena vit Zélos qui était accroché par des ronces sur un arbre. Elle ne pouvait pas bouger et Abyssion tua lentement Zélos. Le faisant saigner jusqu'à ce que sa peau soit devenu bleue. Elle de nouveau impuissante, ne pouvait bouger, criant sans cesse le prénom de son ami. Puis les images s'envolèrent et Abyssion avec. En disant à la ninja : " Si tu fait tout ce que je te dis cela n'arrivera pas ! Je veux voir ce que tu es prête à faire pour qu'il reste en vie."-Non, ce n'est pas possible, ce ne peut pas être moi. Non ce n'est pas moi du moins pas pour l'instant....Mais que dis-tu ma pauvre ? Jamais ça ne pourrait être mon ultime peur ! Quelle bêtise franchement, comment moi Sheena, la chef de Mizuho aurait pu tomber si bas!

 

Sheena se réveilla avec la claque d'Orochi.
-Mais...Le village il est....
-Sheena tu n'as rien ? Hé tu m'écoutes! s’écria Orochi pris de panique.
-Oui mais que s'est-il passé ?
-Hé bien tu es arrivée au village et tu t’es évanouie. Tu m'as fait vraiment peur tu sais. Et au fait c'est qui ce Zélos?
-Hein...Zélos c'est un crétin ne pensant qu'à sa petite personne, ne regardant que son ombre, oubliant son chagrin à travers diverses filles de Meltokio. Vraiment rien qui en vaille la peine crois-moi.
-Mais pourtant tu disais son prénom dans ton délire. En plus, ce n’était pas à son enterrement que tu es allée tout à l’heure? Tu peux rester ici cette nuit si tu veux.
Elle ne le savait pas mais il resta toute la nuit à la regarder dormir.
Dans l'auberge, la même nuit, Zélos ne put dormir en pensant à sa petite sœur Sélés qui malgré la réputation qu'il avait, était venue le voir.
-Enfin pour voir Sheena je suppose. Pourquoi a-t-il fallu que je lui parle d'elle, stupide Zélos, tu es vraiment très stupide se dit-il en pensant a sa petite sœur.

 

Dans la chambre voisine, Colette ne pouvait pas dormir, toute contente car elle était toujours aux côtés de Lloyd.
« Quelle chance j’ai ! se disait-elle. J'irais au bout du monde avec lui, ma place est à ses côtés, j'en suis sûre ! songea-elle en regardant les étoiles. Dire que le père de Lloyd, Kratos est parmi ces étoiles...
Et elle repartit dans sa rêverie, inconsciente du danger qui la guettait. D'ailleurs, ce danger savait maintenant manipuler Zélos et Sheena, il n'avait même pas besoin de faire un tour dans son esprit pour voir que son point faible c'était sa sœur et son âme sœur. Qui serait l'autre victime ? Deux, ça suffit pour l'instant non? Oui pour l'instant... Combien de personnes allaient encore devoir mourir et souffrir pour Niblaibinne?

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Posté par _martel_ à 19:46 - - Commentaires [12] - Permalien [#]


06 mai 2008

Chapitre 03: Décisions - par Coco13

Raine s'était levée la première, un livre dans la main. Ses yeux brillaient de bonheur. Elle ne pouvait détacher son attention tellement la soif du savoir lui faisait envie. Dans sa tête, défilait les images qu'elle imaginait suite à cette ruée de mots, déjà rien qu'à voir le titre lui donnait d'infinies pensées " Les effets des légendes et des peurs des gens". Elle quitta un instant son ouvrage qui désormais, était collé  sur sa poitrine. De telle façon à entrer dans un rêve. Elle reprit son souffle et continua sa lecture. "Elle ne s'arrêtera donc jamais? " se dit alors le pauvre Génis qui s'était réveillé et qui fut surpris en voyant sa sœur encore plongée dans un livre.

-Raine tu viens manger avec moi s'il te plaît, Raine !
-C'est que...Souffla-elle.
-C'est bon je vais y aller seul...
-Ho Génis, tu ne vas pas mourir et puis je suis sûre que depuis tout ce temps il doit bien avoir une personne qui est descendue petit déjeuner. Alors vas-y et si tu as peur tu n'as qu'à crier d'accord ?
-oui d'accord. Alors à tout à l'heure grande sœur.

Le jeune magicien partit dès lors vers la salle à manger de l'auberge dans lequel il se trouvait. Mais malheureusement il ne vit personne, seulement une table remplie de plein de bonnes choses à manger. Génis ouvrit grand ses yeux d'étonnement. Toute cette nourriture l'attendait. Le bruit de la tentation résonnait dans son cœur, quel gourmand!

-Mais qui a préparé tout ça?! Se demandait t’il, sans attendre vraiment de réponses.
-Hein qui est là? Ho mais c'est toi Génis. Ca va aujourd'hui? Heu...Je ne t'ai pas réveillé  au moins? Dit la jeune fille coiffée de deux couettes, un peu surprise.
-Non, non ce n'est pas toi. Ne... Attends c'est toi qui a cuisiné tout ça?
- Ou...Oui, je me suis réveillée avec une certaine envie de cuisiner. Mais avec tout ça je n'ai même pas mangé. Dit-elle d'une petite mine. Et si on allait déjeuner dehors? Tu veux bien venir avec moi ? On pourra écouter les oiseaux. Dit elle avec un large sourire. Cette jeune fille qui avait vécu beaucoup d’épreuves voulait enfin s’intégrer définitivement.
-Oui. C'est une bonne idée. Dit-il tout de suite. Laisse, c'est moi qui prend la nourriture, mais pas tout comme ça, les autres pourront s'apercevoir de tes talents de cuisinière.
-Merci. Dit-elle un peu rouge.

Ils se dirigèrent alors près du jardin. La fillette ne pouvait regarder personne d'autre que le demi-elfe au regard si sûr de lui et ses cheveux argentés qui avaient l'air si doux.
-On va s'installer ici, quand dis-tu Préséa ?

Celle-ci acquiesça.

Il s'assirent donc sur la pelouse qui était fraîche a cause de la rosée du matin, le vent soufflait déjà dans les cheveux des deux compères. La jeune fille pencha sa main vers le panier où se trouvaient  des croissants car, sans rien dire, c’est qu’elle avait faim la petite Préséa !C'est alors que sans le faire exprès elle toucha la main de son ami qui se dirigeait dans la même direction. Elle vira tout d'un coup à la couleur rose pâle. Et là, elle ramena sa main un peu discrètement en espèrant qu'il ne s’en était pas aperçu.

"Si il s'en aperçoit je suis cuite comme un rôti".

-Heu, Préséa Je ....J....(Heu puis a quoi bon je n'y arriverais pas)pensa t-il en lui même. Tu veut un croissant? Moi c'est...
-Le plat que tu préfères le matin. Compléta celle-ci toujours attentive aux remarques de ses amis. Oui j'en ai fait plusieurs pour toi. Et moi aussi c'est ce que je préfère. Dit-elle toujours aussi rose
-Merci.. Ils sont vraiment bons. Tiens goûte. Dit il en s’approchant de la jeune demoiselle pour lui donner la béquée. Alors tu vois qu'ils sont bons!
-Oui je l'ai bien réussi.

Génis la regardait attentivement, ses yeux étaient si vides avant et maintenant ils éclataient de vie. De plus la bûcheronne devenait de plus en plus belle et sage.
-Si belle, si pur, si attentionnée, si...si parfaite. Chuchota le malheureux magicien qui voulait tant lui dire à quel point il tenait à elle.
-Tu as dit quelque chose?
-Non rien. Même si ce n'était pas rien du tout. Se dit-il fortement.

-Qu'est-ce qu'il y a? J'ai quelque chose sur mon visage? Repris t’elle en voyant que son ami l’observait depuis un moment.
-C'est à dire que oui, tu...tu a de la farine sur la joue. Attend je vais te l'enlever.

En disant cela il approcha sa main tremblante vers la joue de la ravissante petite. Au contact de sa main, Préséa ferma les yeux, s'endormant peu à peu dans le creux de sa paume en poussant un petit soupir.
-Préséa ne t'endors pas, tu...tu… t… t'es levé a...quelle...heure? Un peu gêné de la réaction de celle qui le faisait bégayer.
-Je, je ne sais plus. dit-elle en voyant la main de son compagnon repartir.
-Viens dormir sur mes genoux déclara-il après réflexion. Si tu est fatiguée tu pourras dormir. Dit-il inquiet pour sa santé.
-Merci beaucoup .... Génis.

C'est alors que la douce fille s'allongea, la tête sur les genoux de celui qui était si gentil avec elle. Génis qui était adossé à un arbre écoutait la respiration calme de la petite fille fatiguée d'avoir cuisiné pour lui, sans doute. Dans ce milieu enchanteur entouré de violettes et d'oiseau. Il cueillit une de ses fleurs de la même couleur que la robe de celle qui s'était endormi sur les genoux de ce dernier. Il déposa dans les cheveux de celle qui voulait pour lui seule, la fleur symbole de son attachement profond. "Préséa" disait-il en soupirant, "tu tellement belle et intelligente et tu te soucis d'un gros bêta comme moi. De plus tu te lèves tôt pour me faire plaisir. Tu es unique et c'est pour ça que je dois repartir. Je veux pas que tu souffre en découvrant le lâche que je suis..."

Rien quand pensant cela le jeune garçon pleura même s’il tenait à elle, il devait partir pour son bien à elle, elle et rien qu'à elle.

Tout le monde était levé désormais et Lloyd prenait une douche, sa tête était baissée, laissant les gouttes d'eau tomber. Dans la salle de bain bleu ciel la tristesse de Lloyd montai aussi vite que la buée sur la glace. Le rideau fermé de la douche insolait le garçon. Que se passait-il dans sa tête ? Le monde était sauvé, Colette était toujours a ses côtés. Il avait retrouvé tout ses amis et pourtant il était triste. Un pincement au cœur le faisait souffrir. Pourtant tout allait bien...et Kratos. Il n'était pas revenu et peut-être ne reviendrait-il pas. Il doit y exister un moyen ! Mais pour l'instant il fallait veiller sur l'arbre du Mana et récupérer tout les exphères, son but était désormais fixé.

-Lloyd, Lloyd tu vas bien? Ca fait une heure que tu es sous la douche!! Cria Colette en donnant des coups dans la porte.
-Oui Colette j'arrive ne t'inquiète pas. Répondit ce dernier qui n’avait pas vu l’heure passer.
-Ok. Répondit simplement Colette qui déjà descendait les escaliers.

-Alors on rêve Lloyd ? Après on dit que c'est MOI le grand Zélos, qui prend tout son temps et ne pense pas aux autres. Dit Zélos commençant a engager la conversation en voyant le retardataire descendre peu après Colette.
-La ferme,Zélos!!
-Dis Raine il ne manque pas ton frère, Préséa et Sheena ? Fit Régal observateur.
-Oui, c'est vrai ça OU EST MON FRERE !?? ! cria la savante inquiète.
-Calmez vous professeur, Génis et Préséa sont partis dans le jardin. Je les ai entendu ce matin. Reprit la blonde du groupe.
-Avec Préséa?!! Fit Raine ayant peur de vieillir.
-D'accord les deux petits sont là mais où est mon c.... Sheena? demanda Zélos.

-Elle n'est pas rentrée apparemment. Constata Lloyd.
-Comment peux tu être aussi calme!! Lui jeta t-il un peu rouge, surpris lui même de sa réaction…
-Laisse là tu n'es pas son protecteur! Et en plus comment crois-tu qu’elle ai vécu quand tu étais mort ? Elle peut se débrouiller toute seule. Se n'est pas une peluche enfin. Protesta Régal un peu énervé.
-Régal! Dit Colette, honteuse de ce qu'il venait de dire.


Le Zélos fou de rage monta les escaliers et claqua la porte tellement fort que l'aubergiste railla de ce comportement inqualifiable. Zélos pria de tout son cœur que rien ne soit arrivé à l'invocatrice. « Cette Sheena, ce qu'elle peut m'étre insupportable ! Toujours là dans mes pensées, allez va-t-en! Mon pauvre vieux tu deviens fou ! » et il éclata de rire. Il pensait dans la chambre noire sur la chaise devant son bureau, reprit le crayon de la veille et une autre feuille. Cette fois-ci il dessina l’invocatrice près d’un berceau, elle souriait. Il semblerait que c’était dans une maison de son village. Dans la maisonnette de bois se trouvait également Zélos, qui tenait un autre enfant dans ses bras. Lui, il était accompagné d’une autre femme, la même que était au bras de sa mère. Les dessins devenaient de plus en plus bizarre.

Pendant ce temps, dans le salon de l’auberge, Raine engageait la conversation. Colette et Lloyd étaient partis pour une petite promenade dans Meltokio.

-Demain, Génis et moi partiront retrouver notre mère, c'est ce qu'il doit être le mieux pour lui, comme pour moi. Déclara Raine, tête baissée pour briser le nouveau silence qui était apparu après la crise de Zélos .
-Raine, tu es sûre que c'est la meilleure solution, je veus dire pour ton frère? Fit Régal.
-Ecoute Régal nous ne nous sommes jamais séparés et je t'en parle à toi car nous sommes entre adultes. Tous les enfant sont partis en promenade et puis je vais repartir avec Lloyd et Colette. nous voyagerons ensemble puisque nous avons les mêmes destinations. Comme ça Génis sera avec ses deux amis d'enfance. Dit-elle sèchement.
-Et quand a Préséa ? Elle ne sera plus la même après, elle n'a plus souri comme ça depuis longtemps et tu le sais bien. Sans lui elle va retomber dans la solitude. Il faut à tout prix éviter cela.
-Mais non tu seras là toi! Vous avez la même amitié qu'avec Génis non? Répondit elle après mûre réflexion.
-...

Elle se déplaça vers la fenêtre, poussa le rideau et vit la jeune fille endormie sur Génis et lui la regardant indéfiniment.
-Ca sera dur mais c'est comme ça. Reprit-elle.

A Mizuho, Sheena s'était déjà réveillée.

-Orochi que fais-tu là?
-J'attendais que tu te réveilles.
-Oui, mais il faut que je rentre moi. Ils vont s'inquiéter. Il faut que je protège… Oh non, si ça se trouve c'est déjà trop tard.
-Tu t'en vas déjà ? Fit Orochi, un peu déçu.
-Oui! Allez sinon ils vont me chercher. A un de ces quatre !

Puis elle courut en direction de la forêt de Gaoracchia. Mais quelqu’un l’attendait près d’un buisson. La forêt n’était pas vraiment rassurante ni illuminée d’ailleurs…

-Ah, tu as décidé à te montrer finalement. Lui dit une voix sombre et démoniaque.
-Abyssion, que me veux-tu?! Tu es là pour me tuer!
-Abyssion ! Ha, ha c’était drôle! Non voyons Sheena j'ai besoin de toi et de ton âme.
-Que… que veux-tu te dit-je.

La jeune ninja commençait à s’impatienter, quelle arrogance enfin !
-Je veux que tu me livres le plus fort de ton groupe, je veux Zélos, pour ma résurrection complète, enfin celle de ton village natal !

-Mais tu es déjà vivant !

-Non pas complètement il faut un autre corps pour Nébilim.
-Quoi ?! Jamais!! Et elle se jeta sur lui tel une bête sauvage. Et lui, la repoussa d'un geste comme avec un moustique.
-attends, je n'ai pas fini, tu auras ta part ma chère ! Toi tu deviendras l'épouse du plus puissant, du plus démoniaque et aussi du plus romantique.
-Tu racontes n'importe quoi!
-Ferme-la ! dit-il en lui dessinant sur son dos, son symbole : le triangle entouré par un serpent à lame, de son épée. Tu deviendras Mme. Wilder car vois-tu, si tu me le livres, je fusionnerais avec lui et je consumerais son esprit, je le contrôlerais, mais toi, tu auras toujours les même sentiment ainsi tu seras plus heureuse et si tu ne le fais pas je… Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa!!!!!!!!
-tu vas bien Sheena? Dit Zélos qui était sorti de nul part qui avait sauté sur l'étranger et l'avait poignardé dans le dos.
-Encore, toi! Mais que fais-tu là? Tu en as pas marre de me ...
-Arrête, t'es bizarre là. Je vais faire TOUT le chemin avec toi, et tu ne vas pas me faire de remarques parce que je ne te poserais pas de questions sur ce qui vient de se passer.
-D'accord, Mais comment as-tu su que je n'étais pas en bonne posture ?
-Tu avais du retard je t'ais attendu toute la nuit. Planté devant ma fenêtre.
-Tu as changé Zélos, en bien. Enfin je pense…
-J'essais d'être meilleur dans ma seconde chance. Ho, et au fait, Mizuho ça va là-bas ? Tu avais l’air stressés tout à l’heure.
-Mizuho n'a rien, c'était une fausse alerte.

 

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