Zélos se trouvait à sa fenêtre, ses yeux fixant le lointain. Il n’avait que cela à faire car maintenant plus rien ne l’intéressait vraiment. Le soir tombait et l’obscurité le suivait. Il détourna finalement son regard lorsque son majordome entra.
« Le dîner est servi maître. »fit celui-ci, sur un ton humble.
Le jeune homme sourit.
« Merci, Sébastien, mais je n’ai pas très faim… »
Au froncement de sourcils que fit le majordome, il préféra accepter.
De son côté, Sébastien s’inquiétait pour son maître. Cela faisait plusieurs jours qu’il ne faisait, ne mangeait et ne buvait presque rien, lui qui était d’habitude si souriant et railleur. Et de fait, lui qui était son serviteur et confident, il avait été surpris que son maître ne lui dise rien à propos de ce qui le minait tant.
Mais Zélos devait avoir de bonnes raisons de ne rien dire. Les yeux dans le vague, il descendit, suivi de son majordome, dans la salle à manger et se mit à table. Lorsque qu’il se prépara à manger la cuisse de poulet rôti qui se trouvait dans son assiette, Sébastien l’arrêta :
« Heu… maître ?
-Quoi ? grogna le jeune homme.
-Vous… allez manger avec une passette ? »
Zélos regarda l’ustensile de cuisine qu’il avait pris pour une fourchette avec un air vague.
« Ah… oui, une passette… »
Gêné, il remit l’objet dans un placard et prit cette fois le couvert qui semblait le mieux approprié pour manger. Il essayait tant bien que mal de dissimuler sa gêne derrière un visage souriant, mais Sébastien voyait bien que quelque chose n’allait pas. Mais en bon serviteur qu’il était, il préféra ne rien dire.
Zélos réussit à avaler une bouchée de son repas lorsque soudain, il entendit quelqu’un frapper à la porte.
« Qui diable peut bien venir me voir à une heure aussi tardive ? » pensa t-il, mécontent. Déjà qu’il n’était pas d’humeur, alors si on venait l’importuner !
« Va voir Sébastien. » ordonna t-il.
Le majordome se dirigea vers le hall d’entrée. Au bout d’un moment, il revint, un petit sourire au coin des lèvres.
« Vous avez de la visite maître.
-Ca, je le savais merci ! Mais qui sont donc nos invités ? »
Le serviteur n’eut pas le temps de répondre. Une jeune femme surgit de derrière lui, accompagné d’un adolescent d’une douzaine d’années.
« Bonjour Zélos, ça faisait longtemps dis-moi.
-Raine ? fit l’ex-élu de Tésséh’alla, en écarquillant les yeux.
-Exact, et il y a moi aussi ! fit le garçon qui se trouvait à côté d’elle.
-Génis ? »
Zélos sentit un poids disparaître de ses épaules et se détendit. Les visages familiers qu’il voyait suffisaient à le rasséréner.
Sébastien, heureux de voir le visage de son maître s’éclairer, s’éclipsa, laissant les trois amis se retrouver.
Zélos regarda tour à tour ses anciens compagnons. Raine était toujours la jeune femme élancée qu’il avait connu et Génis faisait toujours plus jeune que son âge.
« Je suis content de vous revoir, dit-il, finalement, Raine, tu es toujours aussi voluptueuse dis-moi… et Génis… »
Il fut interrompu par le ton railleur que lui lança Raine.
« On voit bien que tu es toujours pareil Zélos ! fit-elle, en le giflant légèrement.
-Aïe ! Et toujours aussi susceptible la beauté glaciale… dit-il, en se frottant la joue.
-Et moi quoi ? l’interrogea Génis.
-Tu es toujours aussi petit… tellement petit que je ne t’ai même pas aperçu lorsque je suis allé à votre rencontre, tu devrais manger plus de soupe !
-Mais je ne te permets pas… fit celui-ci, rouge.
-Bon, c’est fini les disputes à peine arrivé ici ? Je voudrais passer à la raison pour laquelle nous sommes venus! »
Zélos, occupé à taquiner le jeune demi-elfe, reprit un peu de contenance, ce qui le rendait un peu ridicule car ça ne lui allait pas beaucoup.
« C’est vrai ça, pourquoi venez-vous donc à une heure aussi tardive ? Il s’est passé quelque chose de grave ? Le petit devrait être couché… demanda t-il en fixant le jeune demi-elfe.
Raine posa une main sur l’épaule de son frère dont le visage venait de virer au cramoisi.
« C’est un peu ça, nous venons te faire part de quelque chose de grave.
-Je vois…
-Et toi aussi on dirait… »
Zélos releva soudainement la tête. A Raine, on ne pouvait vraiment rien lui cacher ! Derrière son masque moqueur, elle avait deviné un soupçon de tristesse.
« Euh… Oui, oui, c’est vrai. Installez-vous, nous étions en train de manger. »
Les deux demi-elfes ne se le firent pas dire deux fois. Harassés par leur voyage d’Isélia à Meltokio, ils étaient très fatigués.

 

« Mais on va jamais s’y retrouver dans tout ce foutoir ou quoi ?!? »
Lloyd et Colette, après s’être enfuis du bureau de Yuan, tentaient maintenant de se diriger désespérément dans le dédale de couloirs. Rien à faire, partout où ils allaient, ils trouvaient toujours un amoncellement de machines technologiques sorti tout droit d’un futur proche.
« Lloyd… »
Le garçon énervé se retourna vers Colette. Il était frustré.
« Quoi ?!? »
Le ton de sa voix était sec. Il regretta aussitôt d’avoir parlé comme ça. Même s’il était énervé, ce n’était pas son genre de défouler ses nerfs sur quelqu’un.
« Quoi ? fit-il, d’un ton radouci.
-Crois-tu que l’on pourra un jour rentrer chez nous ?
-Bien sûr, que crois-tu ? Tu ne vas quand même pas croire tout ce qu’ils nous ont fait avaler quand même ? Changer de monde… Non mais, c’est un asile de fous ici !
-Oui mais tu l’as vu toi-même, cet homme… il ressemblait bien à ton chef ?
-C’est un clown ! Rien à voir ! Des cheveux bleus… Non mais pince-moi je rêve ! »
Puis il regarda dans tous les sens.
« Et si on veut se sortir de là, il faut d’abord qu’on retrouve la sortie ! Pour la première fois de ma vie, je hais la technologie ! grommela t-il.
-Lloyd ! fit Colette, d’un ton plus ferme.
-Chuuut ! » fit soudain Lloyd.
Il plaqua Colette derrière l’une des machines.
A ce moment là, deux gardes passèrent en discutant. Ils ne les virent pas.
Lorsqu’ils furent partis, les deux amis qui avaient retenu leurs respirations durant quelques secondes poussèrent un soupir de soulagement.
« On a eu chaud ! fit Lloyd.
-Ca m’étonnerais petit, »tonna une voix derrière lui.
Le jeune homme rougit, se retourna lentement pour tomber nez à nez avec un gros homme, habillé comme tous les autres, et écarquilla tellement les yeux qu’on aurait cru qu’ils allaient sortir de leurs orbites.
« Alors, on fait moins le malin maintenant ! ironisa le garde, Allez vous allez me suivre tranquillement et… »
Un coup de pied de Lloyd balancé brutalement dans une partie sensible de son anatomie lui coupa le souffle. Les deux amis, profitant de cette occasion, prirent la fuite.
« Es… Espèce de sale gosse ! hurla le gros homme.
Ils n’eurent cure de toutes les injures qu’il leur jeta.
Colette ne pouvait s’empêcher de pouffer. Quand il s’y mettait, on pouvait dire que Lloyd y allait fort !
Ils déambulèrent longtemps parmi les ordinateurs et autres machines, évitant désespérément les soldats lancés à leur recherche. Ce n’était pas simple, il pouvait en arriver de tous côtés. Finalement, ils arrivèrent à la conclusion qu’ils ne pouvaient arriver à rien sans aide. De plus, leurs chances de s’échapper étaient minimes. Ils allaient finir par tomber dans la gueule du loup si cela continuait.
Un sifflement les fit s’arrêter et, de peur, ils se cachèrent.
« Inutile de vous cacher, je vous ai vu ! ironisa une voix d’adolescent.
-Qui êtes vous ? demanda Lloyd.
-On verra ça plus tard, vous voulez sortir de ce trou perdu ? Je suis à votre service ! fit la voix, qui prit la forme d’un jeune garçon qui les prit par surprise dans leur cachette. Que la demoiselle me suive en premier !», fit le garçon en offrant un bras courtois.
Un peu blasés, les deux jeunes gens se demandèrent franchement ce qu’ils faisaient dans cet asile de fous. La situation commençait vraiment à virer au n’importe quoi. Colette était sur le point de hurler « je veux sortir !!! », mais l’adolescent la força à le suivre, avec Lloyd. Après avoir longuement bataillé, ce qui n’était pas vraiment le mot car le garçon inconnu arrivait à se retrouver aisément dans le dédale de couloirs et à ne pas rencontrer de soldats, ils empruntèrent une petite sortie qui menait à l’extérieur. Une fois à l’air libre, ils ne perdirent pas de temps et s’enfuirent.

 

« QUOI !?!? Comment ça Sheena a disparu ?!? »
Zélos, Raine et Génis étaient confortablement assis dans de luxueux fauteuils. Raine avait relaté toute l’histoire avec Triet et le mana anormal réuni là-bas, ainsi que la maladie de Lloyd et Colette. Génis, lui, n’avait pas omis l’épisode avec Mithos. L’ex-élu de Tésséh’alla avait écouté sans interrompre ses deux anciens compagnons et essayait de réfléchir calmement à la situation. Enfin, lorsque Raine lui avait demandé ce qui n’allait pas pour lui, il leur avait finalement révélé ce qui le tracassait.
« J’appréhendais cette réaction… soupira t-il.
-Comment est-ce arrivé ? questionna Génis.
-Elle devait partir en mission avec des ninjas de Mizuho. Depuis, plus de nouvelles !
-Je me demande vraiment si on n’est pas victimes d’une malédiction… siffla Raine, les sourcils froncés.
-Tu parles d’une malédiction, c’est carrément une poisse terrible ! se lamenta Génis.
-Arrêtez vous deux ! Déjà que moi non plus j’ai du mal à digérer cette nouvelle alors avec vos révélations j’ai envie de vomir ! »
Le frère et la sœur, surpris, se tournèrent vers Zélos. Le ton de sa voix était sec, mais il y avait autre chose, un mélange de colère et de désespoir.
« Zélos, fit Raine, calme-toi !
-Il faut se reposer, fit remarquer Génis, débarquer à dix heures du soir ce n’est pas courant mais ce genre de trucs suffit à nous couper l’envie de dormir !
-Tu as raison Génis. Zélos…
-Non ça va arrête… je suis juste fatigué. S’excusa celui-ci.
-Raison de plus pour aller se coucher ! Viens Raine on va trouver un endroit ou dormir !
-Non, restez, je vous accompagne pour en avoir le cœur net.
-Zélos… »
Mais il était bien impossible de raisonner le jeune homme, quand il prenait une décision, il se reposait dessus.
« Bon d’accord… soupira le professeur, mais ne vas pas te plaindre du voyage, demain sera une dure journée !
-Je tiendrais bon… promit l’ex-élu, merci. »
Ils en restèrent là et Zélos força les deux demis-elfes à se reposer chez lui. Il était trop tard pour réserver des chambres dans une auberge maintenant.
La nuit fut dure, mais c’était avec excitation que Zélos pensait que les choses prenaient vraiment une tournure intéressante. Lorsqu’il se prépara à se coucher, il eut une pensée pour Sheena. Où était-elle en ce moment ? Allait-elle bien ? Il s’endormit sans connaître la réponse.
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Conversation entre les personnages :

 

Colette bis : Dis, Lloyd, c’est une manie chez toi de donner des coups de pieds à tout le monde ?

 

Lloyd bis: Beuh, je peux pas m’en empêcher dès qu’y a quelqu’un qui me fait ch***  c’est un réflexe qui me vient subitement !

 

Colette bis : Moui…

 

Lloyd bis: Eh, Yuan ! Où vas-tu ?

 

Yuan : Je vais porter plainte contre l’auteur pour insulte à ma personne ! Il me semble qu’on m’a traité de clown !

 

Lloyd bis : En même temps elle a un peu raison…

 

*ZBAF*

 

Yuan : Tu démarres bien cette histoire sale gosse ! Un jour je me suis dit qu’un seul Lloyd suffisait à provoquer la zizanie mais alors deux c’était la fin du monde ! J’aurais jamais imaginé que ça puisse être vrai !

 

Lloyd bis : Beuh… (donne un coup de pied à Yuan là où je pense)

 

Yuan : Aïouh !!!

 

Colette bis : Bah tiens qu’est-ce que je disais !

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