26 avril 2006

Fanfictions

Voici la section Fanfictions du blog. Vous aimez Tales of Symphonia et vous avez envie d'inventer de nouvelles aventures à nos héros? C'est ici que ça se passe.

Si vous aussi vous voulez nous faire partager vos oeuvres, envoyez vos fic au format.doc accompagné de votre pseudo à l'adresse suivante: naikkoh@hotmail.com

 

 

 

 

  • [OS] Le médaillon - Akina

- Le médaillon (dédicace à Ludovika pour son anniversaire)

 

 

  • La colère angélique - Alice_Aurion

- Prologue
- Chapitre 01: Le drame inattendu
- Chapitre 02: L'ange perdu
- Chapitre 03: La famille Aurion
- Chapitre 04: Les sentiments que l'on cache
- Chapitre 05: la ferme humaine
- Chapitre 06: le résultat d'un amour caché
- Chapitre 07: le sauvetage d'Alice
- Chapitre 08: Un secret à ne pas dévoiler
- Chapitre 09: La destitution de Sheena
- Chapitre 10: Les retrouvailles

 

 

  • Reflets - Alienor

- Chapitre 01: Une guerre qui n'en finit pas
- Chapitre 02: De péripéties en péripéties
- Chapitre 03: Un grand bon dans le vide
- Chapitre 04: Avertissements
- Chapitre 05: Pour ne rien arranger
- Chapitre 06: Une nouvelle traversée
- Chapitre 07: Pensées confuses
- Chapitre 08: Crainte et relâchement
- Chapitre 09: Mémoire et trahison
- Chapitre 10: Solitude
- Chapitre 11: Légende
- Chapitre 12: Retournement de situation
- Chapitre 13: Sans Colette / Sans Lloyd
- Chapitre 14: Une partie de la vérité...
- Chapitre 15: Un enchaînement assez brutal
- Chapitre 16: A la recherche de traces
- Chapitre 17: Prise de conscience

 

 

  • [OS] Tel un souffle de mana - Alienor

- Tel un souffle de mana (spéciale dédicace à Akina pour son anniversaire :) )

 

 

  • Le retour des Elus - Ange de Cristal

- Introduction
- Chapitre 1: Desians'horror
- Chapitre 2: Les deux sages
- Chapitre 3: Arrivée et gaffes
- Chapitre 4: Révélations
- Chapitre 5: Libération
- Chapitre 6: La louve bleue
- Chapitre 7: Une nouvelle amie
- Chapitre 08: Meltokio
- Chapitre 09: Yahmi
- Chapitre 10: Espionnage
- Chapitre 11: C'est par où?
- Chapitre 12: Retrouvailles
- Chapitre 13: Pouvoirs de l'ombre

 

 

  • Les Yeux de la Nuit - Ange de Cristal

- Introduction
- Chapitre 01: Ce qui n'aurait jamais dû arriver
- Chapitre 02: le récit de Yuan
- Chapitre 03: Les trois gardiennes
- Chapitre 04: L'ouverture
- Chapitre 05: L'archer et le Mage
- Chapitre 06: Attaque aux Ruines
- Chapitre 07: Cristal de Lune
- Chapitre 08: Elfe de Feu et Elfe de Foudre
- Chapitre 09: Falhën
- Chapitre 10: Le Loup Noir
- Chapitre 11: Pouvoirs Cachés
- Chapitre 12: Métamorphose
- Chapitre 13: Pacte - Partie 1

 

 

  • Lettre de Génis - Ariall

- Lettre de Génis

 

 

  • 100 thèmes - Ariall

- 01 une rencontre
- 02 Love : Amour?
- 03: Light
- 04 Dark

 

 

  • [OS] Action ou vérité - Ariall

- Action ou vérité

 

 

  • Démons et humains - Aya

- Chapitre 01: 3 ans plus tard, de nouveaux amis

 

 

  • La loi des rêves - Angel Mythria

- Chapitre 01: Prologue
- Chapitre 02: Le début du cauchemar

 

 

  • L'ange venue d'ailleurs - Aurélyss

- Chapitre 01: Le réveil
- Chapitre 02: Perte de mémoire
- Chapitre 03: Les pouvoirs cachés et un passé venant d'un autre monde
- Chapitre 04: Un adieu
- Chapitre 05: Le retour
- Chapitre 06: L'autre monde
- Chapitre 07: A la recherche de la vérité
- Chapitre 08: La vérité
- Chapitre 09: Dettes
- Chapitre 10: La Tour du Salut
- Chapitre 11
- Chapitre 12: Flanoir
- Chapitre 13: Combats
- Chapitre 14: Lloyd vs Kratos
- Chapitre 15: The End of a Thought

 

 

  • La nouvelle Elue - Aurélyss

- Introduction
- Chapitre 01: L'appel
- Chapitre 02: Les pouvoirs d'Ange
- Chapitre 03: La demande
- Chapitre 04: La voie choisie est semée d'embuches
- Chapitre 05: Un mystérieux agresseur
- Chapitre 06: Les Sylphes du Vent
- Chapitre 07: Quand les ennuis se ramènent...
- Chapitre 08: L'attaque
- Chapitre 09: Et ensuite?
- Chapitre 10: "Reste fidèle à toi-même"
- Chapitre11: Le Pacte d'Edwin
- Chapitre 12: La vengeance de Yoru
- Chapitre 13: Un songe étrange

 

 

  • Ce n'est qu'un long cycle - Coco13

- Chapitre 01: La rencontre
- Chapitre 02: Le retour maléfique
- Chapitre 03: Décisions
- Chapitre 04: Une marque
- Chapitre 05: Douce après-midi
- Chapitre 06 : L'Elu de Nébilim
- Chapitre 07: Triste fin
- Chapitre 08: Les portes des mondes
- Chapitre 09: Des mondes intrigants

  • [OS] Evolution - Coco13

- [OS]Evolutioncorrine_gif_blog_web3

 

 

  • Tu es la lumière de mon âme - Ezilann

 

- Chapitre 01: Moi? Pas du tout!
- Chapitre 02: Vous avez eu peur...
- Chapitre 03: Alors à une prochaine fois...
- Chapitre 04: Kratos... Non...
- Chapitre 05: Tu m'as manqué...
- Chapitre 06: Kratos, je t'aime...

 

  • Série d'OS - Kratos_traitre

- Désians

- Quelqu'un qui vous veut du mal

 

 

  • Fanfic ToS[sans titre pour l'instant] - Lady Colette

- Chapitre 1: Neige et Séduction
- Chapitre 2: Les malheurs de Zélos

 

 

  • [OS] Ici et ailleurs - Lady Colette

- Ici et ailleurs

 

 

  • [OS] Un toutou, deux toutous, trois toutous... - Lady Colette

- Un toutou, deux toutous, trois toutous...

 

 

  • [OS] Flamberge - Ludovika

- Flamberge

 

 

  • [OS] Un ange en perdition - Ludovika

- Chapitre 01: Une ombre
- Chapitre 02: Je te le promets
- Chapitre 03: Renaissance
- Fin alternative

 

 

  • Noir Sang - Ludovika

- Chapitre 01: Le Tribunal
- Chapitre 02: L'éveil
- Chapitre 03: Une lueur dans le noir

 

 

  • [OS] Flocons - Ludovika

- Flocons

 

 

  • Parodie de ToS - Marina Ka-fai

- Chapitre 1: La carte de Sylv'a'halla
- Chapitre 2: Achat de chaussures
- Chapitre 3: Monopoly
- Chapitre 4: Sccrable
- Chapitre 5: Chirurgie plastique
- Chapitre 6: La dictée
- Chapitre 7: le premier vol de Kvar
- Chapitre 8: Le deuil
- Chapitre 9: Questionnaire
- Chapitre 10: Questionnaire 2
- Chapitre 11: Consulter un psychologue de couple

 

 

  • Contes remaniés - Marina Ka-fai

- Le petit Chaperon rouge
- La belle au bois dormant
- Anna et les deux nains
- Rainedrillon
- La petite sirène version homme
- Les fées
- Peau d'âne
- La princesse et la petite exsphère

 

 

  • Série de One-Shot - Marina Ka-fai

- Je l'aimais et pourtant
- Preuve d'amitié
- All i wanted
- Mon millésime
- Fan
- Cadeau d'anniversaire
Est-ce que tu m'aimes...?
- Juste une histoire de cheveux
- Juste une histoire de cheveux 2
- Juste une histoire de cheveux 3
- Fuite en avant
- Interview d'un auteur de ToS
- S.O.S d'un Elu en détresse
- Lloyd avant ses exams
- Kratos et sa gueule de bois
- La sonate de Vinheim
- Confessions du Cruxis ou la face cachée des chefs de Welgaia
- Comment Kratos entre réellement dans l'Histoire
- Le coeur de Kratos

- Bref, je viens de mourir

- Briser le mythe

- L'épée

- Renaissance

- L'amour est un poison

- Quelle vie de protozoaire!

 

 

  • Toi mon Amour, mon Ami - Marina Ka-fai

- Chapitre 01: Besoin de rien, envie de toi
- Chapitre 02: Examens de conscience
- Chapitre 03: It's killing me inside
- Chapitre 04: Rêveries d'un mercenaire solitaire
- Chapitre 05: Lloyd ou le millésime de Kratos
- Chapitre 06: Ma révolution porte ton nom
- Chapitre 07: Effacer les derniers doutes

 

 

  • [remake]Toi mon Amour, mon Ami - Marina Ka-fai

- Note de l'auteur
- Chapitre 01: Home Sweet Home

 

 

  • Cet enfant qui est de toi - Marina Ka-fai

Prologue
- Chapitre 01: Tu es...quoi?!
- Chapitre 02: Petite part du quotidien
- Chapitre 03: Changement de la vie de couple et familiale
- Chapitre 04: Grosses frayeurs et préparatifs
- Chapitre 05: Peurs pré-natales
- Chapitre 06: Moments complices

 

 

  • Pour ses yeux océan - Marina Ka-fai

- Prologue
- Chapitre 01: Un rayon d'espoir pour un demi elfe
- Chapitre 02: Une main secourable
- Chapitre 03: Un demi-elfe ma bataille
- Chapitre 04: Convalescence
- Chapitre 05: Mises à l'épreuve
- Chapitre 06: Reyson
- Chapitre 07: Etranges phénomènes
- Chapitre 08: La souffrance de Kratos
- Chapitre 09: Théophratus et Déodate Aurion
- Chapitre 10: Se rapprocher de son père, encore et toujours
- Chapitre 11: Un simple moment ensemble
- Chapitre 12: La biographie de Madame Roselyne Mils
- Chapitre 13: Tragédies
- Chapitre 14: Les sentiments de Yuan
- Chapitre 15: Une partie de la vérité
- Chapitre 16: Tourné vers l'avenir
- Chapitre 17: Retrouvailles

 

 

  • "Ce que nous dicte le coeur" - Naikkoh

Partie1

- Chapitre 01: La harpie et sa proie
- Chapitre 02: Sentiments confus
- Chapitre 03: Zélos ne sent plus
- Chapitre 04: Le messager
- Chapitre 05: Premiers affrontements
- Chapitre 06: Coeur encore endormi et que l'on eveille doucement
- Chapitre 07: Fuite et aveux
- Chapitre 08: Tout s'accélère
- Chapitre 09: Des vies ne tenant qu'à un fil

Partie2

- Chapitre 01: Ephèmères Retrouvailles
- Chapitre 02: Réminiscences
- Chapitre 03: Un peu de chaleur humaine
- Chapitre 04: Guérison
- Chapitre 05: Le reveil de l'invocatrice
- Chapitre 06: Colère et desespoir
- Chapitre 07: Palabres et remises en cause sur la grève
- Chapitre 08: La bataille de Mizuho
- Chapitre 09: Un sauveur inattendu
- Chapitre 10: Confrontations
- Chapitre 11: Au bout du chemin...

 

 

  • [OS St Valentin] Dernière danse - Naikkoh

- Dernière danse

 

 

  • Destins imprévus - Salami

- Avant propos
- Introduction
- Chapitre 01: Préséa
- Chapitre 02: Un mauvais pressentiment
- Chapitre 03: Absence maladive
- Chapitre 04: Mystérieuses retrouvailles

 

 

  • Fan-fic ToS (sans nom pour l'instant) - Silver_Sheena

- Chapitre 1: De toute façon je n'ai plus rien à perdre
- Chapitre 2: Le revenant de Mizuho
- Chapitre 3: Voyage à Mizuho
- Chapitre 4: La mort d'Alicia

 

 

  • Le dragon sacré - Yuen

 

- Prologue
- Chapitre 01: Retrouvailles à Meltokio
- Chapitre 02: L'entêtement de Sheena
- Chapitre 03: Les fiançailles
- Chapitre 04: Un homme mystérieux
- Chapitre 05: la rencontre de Raine
- Chapitre 06: Le traître de Mizuho

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03 novembre 2008

Chapitre 01: Le Tribunal - par Ludovika

 Deux ans après la réunification des mondes de Sylvarant et Tesséha’lla…
 Tesséha’lla, Meltokio, Tribunal…

 Les jurés fixaient leur futur condamné. L’Ange était attaché au sol par d’énormes chaînes métalliques liées à d’épais anneaux autour de ses mains et de ses chevilles. Un autre lien, plus lourd encore, passait entre les diverses menottes pour rejoindre son cou, entouré d’un collier qui le forçait à garder tête baissée. Ses cheveux aubruns cachaient son regard écarlate. Malgré cela, la tension était palpable dans le tribunal. Plus qu’une présence, l’être céleste était comme une ombre au-dessus d’eux. Il était le dernier membre de sa race et le monde serait bientôt débarrassé de toute trace du règne du Cruxis. Tous pourraient oublier.
- Kratos Aurion.
Le mercenaire ne broncha pas à l’appel de son nom. Il n’avait rien à ajouter aux faits qui lui étaient reprochés. Pourtant, alors qu’il attendait silencieusement la suite du procès, son attention était dirigée vers une toute autre direction que celle de son propre destin. Au premier rang se tenait la seule personne qui eut jamais compté pour lui.
- Papa…
Ce murmure inaudible n’avait fait que traverser les lèvres de son fils, mais il l’avait entendu avec une telle clarté que son cœur fit un bond dans sa poitrine. Lloyd… Il bénit ses sens d’Ange pour pouvoir être capable de sentir sa présence. Elle valait mieux que n’importe quel réconfort. Bien qu’il portait un cristal du Cruxis depuis seulement deux années, il avait beaucoup changé. Ses cheveux, plus longs, descendaient jusqu’à ses épaules, toujours aussi indomptables, encadrant son visage affiné par son sang angélique. Habillé plus sobrement, il portait une chemise blanche et un pantalon noir. Le médaillon était à sa place, contre son cœur, sur sa peau halée par son insatiable envie de voyages.
A ses côtés se trouvaient Sheena et Zélos qui étaient désormais mari et femme pour le meilleur comme pour le pire. L’élu était devenu un représentant important du nouveau monde. Il avait proposé d’user de son influence pour apaiser la colère à son égard, mais Kratos avait refusé, il était prêt à assumer le poids de sa trop longue vie. Le roux était passé derrière Lloyd et lui avait entouré les épaules de son bras pour le soutenir. Mais le jeune immortel n’accordait aucune importance aux attentions de ses amis, ses grands yeux carmin étaient rivés sur son père, emplis de doutes. L’Ange pouvait percevoir son déchirement à travers les battements irréguliers de son cœur. A droite de son fils se tenait son vieil ami, Yuan. Sa condition d’éternel n’avait pas été révélée. Une société secrète qui regroupait différents dirigeants et conseillés l’avait réclamé pour siéger à sa table. Bien qu’il y avait un roi, c’étaient eux qui prenaient les décisions. Malheureusement, un pion ne pouvait pas en reverser dix autres, c’est ainsi qu’il avait été décidé de rendre publique la véritable identité du mercenaire, sacrifié pour sauver les deux Anges restants. Il ne leur en voulait pas, c’était lui qui avait décidé de revenir. Et dire que c’était dans cet endroit qu’il revoyait son enfant après une si longue séparation.
L’humain leva la tête vers le juge.
- Avez-vous quelque chose à ajouter ?
L’assemblée retenait son souffle, après tout, un claquement de doigt aurait pu le libérer et tous les envoyer en Enfer.
- Non.
Sa voix profonde résonna dans l’esprit de Lloyd. Lentement, Ses doigts se crispèrent de plus en plus sur le bras de Zélos qui resserra son étreinte et, au prix d’un grand effort, il refoula ses larmes.
- Bien, la séance est levée jusqu’au verdict des jurés.
Tout le monde se leva mais le jeune immortel ne voulait pas bouger. Des gardes vinrent détacher son père pour l’emmener ailleurs. Avant de disparaître derrière une porte du fond, il se retourna vers son fils, ses yeux se firent plus doux, un sourire se dessina sur ses lèvres. « Ne t’inquiète pas… » Pensa-t-il. Le temps d’un dernier regard, il avait été emmené. Zélos et Sheena poussèrent en douceur le garçon pour quitter la pièce.
- Papa…

 Seul dans une pièce annexe au tribunal, mais toujours lourdement attaché et surveillé, Kratos se prit à méditer sur son propre sort. Des chaînes, des barreaux, des années,… Finalement, ce serait l’usure qui aurait raison de lui. Au moins, Lloyd serait en sécurité, entouré de ses amis. Et il savait que Yuan garderait constamment un œil sur lui. Fermant les paupières, il renversa la tête en arrière pour détendre sa nuque douloureuse. Le seul regret qui lui restait était de n’avoir pu passer plus de temps avec son fils…br>

 Lloyd était assis en tailleur dans un canapé, les yeux vides de toute émotion. Néanmoins, ses amis savaient qu’un rien le ferait craquer. Ils avaient trouvé une pièce à l’écart des autres personnes qui assistaient au procès, enfin en paix. Plusieurs mètres plus loin, Yuan méditait devant une âtre, le garçon ne savait pas que c’était lui qui avait envoyé son père à l’échafaud. L’Ange inspira profondément et se dirigea vers Lloyd. Il s’agenouilla devant le fils de son vieil ami.
- Lloyd, je te promets qu’ils ne le garderont pas enfermé pour l’éternité.
Le garçon leva les yeux vers lui.
- Ils vont le garder longtemps mais il finira par sortir.
-Longtemps ? Demanda le jeune immortel.
- Oui, il faudra que tu sois très patient.
- Dix ans ? Vingt ans ?
Yuan ne répondit pas et posa sa main sur la tête de Lloyd qui baissa les yeux.
- Je crains que nous ne devions attendre qu’un certain nombre de générations se soient écoulées…
Le garçon respira profondément pour chasser le futur qui l’attendait. Le Demi Elfe lui pressa alors l’épaule.
- Je sais que tu es courageux, tu ne feras pas de bêtise. Ne t’inquiète pas pour lui, il ne peuvent rien lui faire de mal.
- Ah ! Tu connais ton père ! Lança Zélos en ébouriffant joyeusement les cheveux de Lloyd. Ce type a de l’acier dans les veines !
L’élu lui fit un clin d’œil encourageant et le jeune immortel acquiesça.
- D’accord, articula-t-il, la gorge un peu nouée. J’attendrai.
- Le service nous est offert, on va bientôt nous apporter quelque chose à manger, annonça Sheena.
- Ne vaut-il pas mieux rentrer ? Les délibérations risquent de durer des jours, enchaîna son époux.
- On dirait pourtant qu’ils ont plutôt l’intention d’expédier ça en quelques heures, soupira la jeune femme.
Yuan fronça les sourcils, il avait un mauvais pressentiment.
- Je dois m’absenter, je serai de retour pour le jugement, dit-il en quittant précipitamment la pièce.
Lloyd amena ses genoux sous son menton et entoura ses jambes de ses bras.
- Je… je ne saurais rien avaler, bafouilla-t-il.
L’invocatrice s’assit à côté du garçon, dégageant des mèches couleur chocolat qui glissaient sur son visage.
- Lloyd…
- Je ne saurais pas, insista-t-il, sa voix montant dans les aigus.
Sheena se mordit la lèvre avant de reprendre d’un ton doux et compatissant.
- D’accord, mais essaye au moins de te reposer, capitula-t-elle.
Elle se leva et l’aida à s’allonger sur le fauteuil. Zélos lui lança une couverture qu’elle étendit délicatement sur lui.
- Ne t’inquiète pas, tout ira bien…

 Pour la dernière fois, Kratos se retrouvait enchaîné et tête baissée devant le juge. Les doigts de Lloyd serrèrent si fort la barrière de bois qui le séparait de son père que ses jointures blanchirent. Sa mâchoire se crispait alors que le silence se faisait, tous patientant pour le jugement final. Seul le mercenaire semblait détendu alors qu’il savait pourtant qu’il allait être privé de sa liberté pour des siècles, voire des millénaires.
Soudain, Lloyd sursauta alors qu’une porte du fond s’ouvrait pour laisser entrer d’autres personnes.
- Mais… ?
- Qu’est-ce que ceux de l’Institut de recherche fichent ici ? Le doubla Yuan, la voix empreinte de colère.
Le cœur du jeune immortel s’arrêta dans sa poitrine alors qu’il appréhendait ce qu’il allait arriver. Il se tourna vers le Demi Elfe en quête d’aide mais celui-ci fixait toujours les nouveaux venus. Même Kratos leva la tête vers eux pour les regarder avec méfiance.
- Bien… Fit le juge en tassant ses feuilles.
Lloyd lançait des regards affolés en tous sens, le pouls irrégulier et brutal. Quand il en revint au vieil homme en face de son père, ce dernier réajustait ses lunettes avant de prononcer le jugement.
- Kratos Aurion sera condamné à servir les expériences de l’Institut de recherche de Tesséha’lla. Selon son état, il sera ensuite emprisonné à perpétuité dans une prison créée par les chercheurs qui garantira sa passivité.
- Non ! Hurla Lloyd.
Le garçon voulu se jeter sur le vieillard mais ses amis le retinrent fermement.
- Lâchez-moi !
- Ce procès… n’est pas terminé, annonça le juge.
Les compagnons se figèrent.
- Vous ne pensez pas en avoir déjà fait assez comme ça ? Cracha Sheena avec une ironie féroce.
Le vieil homme ne se laissa pas impressionner.
- En ce qui concerne le fils unique de monsieur Aurion, il sera placé dans une famille désignée par ce tribunal et devra être coupé de ses relations actuelles pour que tous puissent être rassurés quant à son éducation éloignée de tout rapprochement avec le Cruxis.
Le juge frappa son bureau d’un marteau de bois et les personnes qui avaient assisté au procès se levèrent pour se diriger vers la sortie. Lloyd était blême. Ses yeux croisèrent un instant ceux de son père dans un mélange de peur et de détresse.
- Vous… vous n’avez pas le droit ! Cria l’élu, interloqué.
Le vieillard frappa plusieurs fois sur son bureau.
- Veuillez les faire sortir, dit-il à l’attention de plusieurs gardes postés dans un coin.
Yuan prit le jeune immortel par les épaules et le força à suivre le flux de la foule.

 Dans les couloirs, les gens se bousculaient pour laisser passer les gardes qui escortaient le condamné. Yuan guidait tant bien que mal les autres pour quitter le bâtiment, tenant fermement Lloyd par le poignet. L’Ange jura. Comment allait-il faire pour sortir son vieil ami de là ? Un homme corpulent le renversa presque et, pris par une vague de colère, le Demi Elfe riposta violemment. Profitant du relâchement de l’éternel, Lloyd se tordit le bras pour échapper à son emprise. Yuan se rendit compte trop tard de sa tentative d’évasion et le garçon lui glissa entre les doigts.
- Lloyd ! Cria-t-il dans la cohue générale.
Le jeune immortel, tenant son poignet douloureux contre lui, se faufila dans la foule jusqu’à une partie libre où passait Kratos. Malheureusement, c’était là qu’était massé la plupart des gens qui avaient assisté au procès. Il joua des coudes pour se rapprocher mais la dernière ligne ne voulait pas céder. Son père passa.
- Papa ! Hurla-t-il.
Plusieurs personnes le regardèrent avec des yeux ronds.
- Papa ! S’époumona-t-il.
Brusquement, une ouverture se fit et Lloyd se retrouva dans le sillon des gardes. Devant lui, le groupe qui encadrait son père s’était arrêté. Kratos jeta un regard au plus décoré d’entre eux puis s’avança vers son fils. Mais Lloyd n’attendit pas et il se précipita droit vers lui. Arrivé en face du garçon, le mercenaire, toujours menotté, s’agenouilla et lui prit la main. La foule eut un mouvement de recul quand la lumière du sort soigna le poignet tordu mais aucun des deux n’en tint compte.
- Papa… Dit Lloyd, la gorge nouée.
- Chut…
Kratos leva ses poignets entravés et les descendit autour de son fils. Lentement, le jeune immortel enroula ses bras autour de son cou et y enfouit son visage. Le mercenaire le serra plus fort contre lui quand des sanglots vinrent l’agiter.
- Je suis désolé, articula le garçon.
- Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une vieille étoile qui s’éteint pour laisser place à une autre.
- Je m’en fous, je veux rester avec toi. Je veux que tu restes avec moi…
- Lloyd, je dois payer pour ces millénaires de souffrance. Ne sois pas triste, murmura l’Ange à son oreille.
Le jeune immortel se taisant, il poursuivit.
- Et puis, je pars en sachant que j’ai laissé quelque chose de bien derrière moi...

Il écarta un peu le garçon pour le regarder droit dans le yeux.
- Quelqu’un de bien, sourit-il.
D’un mouvement de bras, il se rapprocha et déposa un baiser sur son front avant de le serrer encore plus fort contre lui. Il avait besoin de son courage pour ce qui allait suivre.
- T’as qu’à lancer un Jugement et puis on pourra partir, bouda Lloyd entre ses larmes.
Un cri d’effroi se propagea parmi les badaux et Kratos ne put retenir un sourire.
- Je suis certain qu’ils te trouveront une famille qui t’offrira enfin tout ce dont tu as besoin.
- C’est de toi que j’ai besoin !
Pour la deuxième fois, ils avaient légèrement relâché leur étreinte pour se parler en face.
- J’aimerais te demander une dernière chose, dit le mercenaire d’une voix posée.
- Hein ?
- Souris.
- Je… je ne saurais pas !
Son père eut une mimique amusée et, à la plus grande surpris de son fils, son visage s’approcha du sien pour venir embrasser sa joue, juste à la limite de son cou. Quand son père se retira, Lloyd resta interloqué. L’endroit où l’Ange avait posé ses lèvres était encore brûlant de tendresse. Kratos mis son front contre le sien et ferma les yeux.
- Je t’aime, papa, murmura le jeune immortel.
- Je t’aime, mon fils, répondit son aîné dans un souffle, ouvrant à demi les paupières. Tu es ce que j’ai de plus précieux au monde.
- Séparez-les, qu’on en finisse ! Beugla un homme.
Malheureusement pour l’importun, l’invocatrice que se tenait près de lui n’était pas vraiment du même avis.
- Efreet !
L’explosion qui suivit l’accès de colère de Sheena, quoique petite, fit fuir une grande partie de la foule. L’homme, quant à lui, noir de suie, était étendu sur le sol, trop effrayé par l’esprit originel planant au-dessus de lui pour se lever.
Lloyd avait vu toute la scène et quand il se tourna vers son père, un grand sourire fendait son visage. Mais sa joie s’effaça bien vite lorsque le mercenaire se redressa, brisant en même temps leur étreinte. Des gardes se postèrent de part et d’autre de lui et l’invitèrent à quitter la bâtisse. Le jeune garçon s’accrocha à son pourpoint.
- Papa, promets-moi que tu résisteras ! Promets-moi que ce n’est pas un adieu ! Supplia-t-il avec détermination.

- Lloyd…
- Promets-le moi !
L’Ange ne lui répondit que par un regard lourd de sens et se laissa entraîner. Yuan, Zélos et Sheena rejoignirent rapidement Lloyd, il allait avoir besoin de leur soutient.

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29 décembre 2008

Chapitre 08: Craintes et relâchement - par Alienor

« Je vais y arriver, je vais y arriver… »

La jeune femme rampa. Une douleur atroce la tiraillait à chaque mouvement. Encore un effort, se forçait-elle à se dire. Mais à chaque fois, son objectif semblait s’éloigner de plus en plus. Elle s’arrêta, terrassée par la douleur. Le sang coulait de ses bras et de ses jambes meurtris. Quel supplice ! pensa t-elle. Faudrait-il qu’elle meurt ici, finalement ? « Hors de question ! se disait-elle, encore un effort ! Je dois prévenir les autres ! » Le sang commença à couler sur son front. La blessure à la tête s’était rouverte. Epuisée, elle dut s’accorder un instant de repos, et, renversant sa tête qui commençait à peser comme une masse, elle s’assoupit. A ce moment, un pied se posa devant elle. Elle rouvrit ses yeux fatigués.

« Eh bien ! entendit elle, Une rescapée ? »

Elle n’en entendit pas plus, elle s’évanouit.

 

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« Bonjour Sheena, bonne journée ? »

Akiko vint à la rencontre de son amie.

« Oui, ça pouvait aller… »

Observant la jeune femme, son amie sourit.

« Ca pouvait aller ? C’est tout ? Je parie que tu t’es fait disputée par ce crétin de Mr. Akashima !

-Franchement, on ne peut rien te cacher, Akiko !

-Rien qu’à voir ta mine, on devine tout de suite ! » fit la jeune fille.

Akiko était plus jeune d’un an que Sheena. Et elle possédait une sorte de don extraordinaire, l’art de deviner les pensées des gens. Bien sûr, ce n’était pas réellement un pouvoir magique, c’était un atout, et elle avait son petit secret derrière tout cela.

« On va manger, tu penses que tu as faim ?

-Oui, ça pourrait aller, je ne voudrais pas te vexer en disant que ta cuisine est infecte c’est tout le contraire ! »

Sa camarade rit. En cette période de crise, on trouvait encore le moyen de plaisanter.

Le repas était délicieux. Sheena aurait tant voulu qu’il y en ait d’autres comme celui-ci !

« Alors ? demanda son amie.

-C’est divin ! s’exclama le jeune femme.

Akiko sourit, puis elle jeta un regard au-dehors.

« Quelle averse ! Si ça continue, il va y avoir une inondation !

-Arrête d’être anxieuse, à chaque fois qu’il y a une grosse pluie tu redoutes toujours quelque chose ! Et à la fin, ça s’arrange toujours !

-Excuse-moi, mais je suis de nature plutôt craintive !

-Inutile de t’excuser ! Tu me rappelles désagréablement quelqu’un.

-Qui est-ce ?

-Aucune idée. »

Akiko fit la moue. En la regardant, il est vrai qu’elle rappelait quelqu’un à Sheena. La jeune fille était brune, les yeux noirs, les cheveux encadrant son visage ovale. Elle était mignonne ainsi, et sa façon de regarder les gens avec son regard noir faisait fondre quiconque aurait eu la malchance de la regarder dans les yeux. Sa voix était celle d’une toute jeune fille à peine sortie de l’adolescence.

Sheena était charmée par ce doux visage. Si sa camarade était une poupée, on aurait voulu la câliner !

L’après-midi, Sheena devait sortir pour régler quelques affaires. Un de ses « collègues » lui avait donné rendez-vous. Akiko la regarda s’éloigner de sa fenêtre. Puis elle partit vaquer à ses propres occupations.

Sur le chemin, Sheena marchait d’un pas ferme, mais quelque chose la tracassait. Elle ne savait pas quoi. Mais elle sentait qu’il y avait quelque chose qui clochait. Elle essaya de réfléchir tout le long de la route à ce pressentiment. Et lorsqu’elle arriva au point de rendez-vous que son « collègue » lui avait indiqué, c’est-à-dire un simple banc dans une allée de feuilles mortes, il n’y avait personne. Elle s’assit donc dessus et attendit. Au bout d’un moment, elle s’impatienta. Toujours personne. Enfin, alors qu’elle se baissait pour vérifier quelque chose, elle comprit subitement. D’un bond, elle se leva, et se précipita vers chez elle.

« AKIKO !!! hurla t-elle, en entrant dans leur petit appartement.

-Sheena ? Tu es déjà rentrée ? Qu’est-ce qui te prend de crier comme une malade ? Tu vas alerter le voisinage ! »

Akiko apparut à l’entrée. Sheena, soulagée, la prit dans ses bras et la serra contre elle.

« Mais qu’est-ce que tu fais ? fit son amie, surprise.

-J’avais si peur de te perdre !

-Hein ? Que racontes-tu ? Je suis là, en chair et en os ! Je n’allais pas mourir ! dit la jeune fille, en se dégageant. Au fait, qu’en a-t-il été de ton rendez-vous ?

-Tout s’est très bien passé. » mentit Sheena.

Mieux valait ne pas inquiéter Akiko au sujet du faux rendez-vous.

« En tout cas, ça a été rapide ! J’aurais cru qu’il y avait eu un meurtre ! »

La jeune femme sourit. Elle ferma la porte, rassurée. Un instant, elle avait cru qu’il était arrivé malheur à son amie.

 

______________________________

 

«Rébecca, ça fait plus d’une demi-heure que l’on tourne en rond ! »

Gilles s’assit à même le sol, fatigué. Sa sœur vint le rejoindre.

« Je n’y comprends rien, se plaignit-elle, je ne sais pas si c’est de la magie, mais tout ceci est totalement absurde ! On ne peut pas changer d’endroit en un instant !

-Cela s’appelle de la téléportation, et à ce que je sache, on ne pratique pas encore ce moyen.

-Bien sûr que non ! Non, franchement, je ne comprends pas… »

Il n’y avait rien alentour et le frère et la sœur se sentaient un peu minuscules.

« Attends, il y a des lumières, fit Gilles, en se relevant.

-Si seulement tu pouvais dire vrai… soupira Rébecca.

-Mais c’est vrai ! »

La jeune femme tourna la tête dans la direction que son frère indiquait pour voir s’il n’avait pas des hallucinations, mais non, il n’avait pas tort, il y avait bien des lumières venant de l’ouest.

« Eh bien, il semble que la chance veut bien nous sourire finalement… fit-elle remarquer.

-Tu vois ? Qu’est-ce que je disais ?

-Oui, bon, levons-nous, si ce n’est pas un mirage, on ferait mieux de rejoindre ce signal au plus vite !

-D’accord. »

Ils se dirigèrent vers les faisceaux et arrivèrent bientôt en vue d’une grande ville aux contours impressionnants. Mais le plus époustouflant encore, c’était ce bâtiment gigantesque, offert à tous les regards. Les deux compagnons regardaient, admiratifs. De toute leur courte vie, ils n’avaient jamais vu pareil spectacle ! Ils marchèrent encore jusqu’à ce qu’ils arrivent aux portes de la grande cité. Vue de près, elle était d’autant plus magnifique !

A l’entrée, il n’y avait pas de gardes quelconques avec insigne nazi ou pas. Les gens étaient libres d’entrer et de sortir !

De deux choses l’une: soit ils avaient atterri dans le conte d’Alice au pays des merveilles, soit ils étaient en train de rêver les yeux ouverts. La première et la deuxième solution semblaient toutes les deux coïncider. Ils dépassèrent l’entrée, admiratifs. Il y avait des femmes en déguisement de lapin, des hommes au teint mat et qui criaient la bienvenue aux nouveaux arrivants. Quel rêve ! pensèrent ils. Il était quasiment impossible de tomber dans une ville de rêve comme celle-ci en cette période de guerre ! Ils en oublièrent toutes les aventures qu’ils leur étaient arrivés. L’un des hommes en uniforme bleu leur cria : « Bienvenue à Altamira, la cité balnéaire ! » Altamira. C’était donc comme cela qu’on appelait cette ville. Ce nom lui seyait vraiment bien. Ils s’enfoncèrent plus profondément dans la cité merveilleuse, où chaque instant semblait durer longtemps.

 

___________________________________

 

Dirk remonta dans la chambre de son fils adoptif.

« Lloyd, ça va ?

-Bien sûr, il y a encore eu un tremblement de terre !

-Cela, je l’ai senti, bien sûr.

-Papa, je commence à croire qu’il y quelque chose de pas normal là-dedans.

-Dis moi ce qui te tracasse dans toute cette affaire…

-Tout d’abord, le premier séisme, Génis qui ressent une réunion de mana en direction du désert de Triet, et tout de suite après, Colette et moi qui tombons soudainement malades, trouves-tu ça normal ?

-Tu sais, Lloyd, ce n’est peut-être pas lié après tout, tu te fais des idées. Soupira le nain.

-Et si c’était tout le contraire dis-moi ? S’il te plaît papa, je voudrais en parler avec Colette, laisse moi aller à Isélia !

-Tu n’es pas rétabli ! Et ne crois pas que c’est le prétexte idéal pour… »

Mais Dirk vit sur son visage que, pour une fois, Lloyd était sincère.

« Bon d’accord, soupira t-il de nouveau, mais ne vas pas te plaindre surtout !

-Merci papa. » sourit le jeune homme.

Lloyd fut prêt en quelques minutes, et se prépara à traverser la forêt qui le séparait du village. Il avait mal, mais il était déterminé après tout. Il partit donc chez son amie.

 

_____________________________________

 

Colette se réveilla dans un lit, dans une chambre qu’elle ne reconnut pas. Elle n’était pas chez elle, avec sa grand-mère. Et lorsqu’elle se leva, elle était toute habillée.

Encore un peu ensommeillée, elle s’extirpa du lit et sortit de la chambre. Alors qu’elle rentrait dans une sorte de cuisine arabe, elle tomba nez à nez avec une femme d’une cinquantaine d’années. Hébétée, la jeune fille se demanda qui c’était.

« Tiens, bonjour Colette ! Bien dormi ? » demanda la femme, en lui souriant.

« Elle connaît mon nom ? » s’interrogea l’adolescente. Elle se prépara à balbutier quelque chose lorsqu’un jeune garçon, à peine plus âgé qu’elle, entra dans la salle.

« Bonjour To. » fit celui-ci, en baillant.

To. Instantanément, tout lui revint. Leur fuite, ce garçon qui les avait sauvés, et enfin la rencontre avec cette femme, la grand-mère du garçon, Anto, c’était son nom.

« Bonjour Akim ! Tu as bien dormi cette nuit toi aussi ? »

Akim… C’était le nom du garçon. Le cerveau de Colette enregistrait toutes ces informations.

Elle se tourna vers Anto et sourit.

« Oui, oui, ne t’en fais pas je ne fais pas de crises d’insomnie ! répliqua l’adolescent.

-Dans ce cas, ça va. J’ai préparé le petit déjeuner. » fit la femme.

J’ai préparé le petit déjeuner… Cela faisait tellement longtemps que la jeune fille n’avait plus entendu cette phrase, depuis le dernier matin où elle avait vu sa propre grand-mère. Elle refoula ses larmes. Elle ne voulait pas pleurer devant ces deux personnes, elle ne voulait pas leur paraître ridicule.

Akim, enfin, sembla remarquer sa présence et lui adressa un bref sourire. Elle le lui rendit, il s’assit à sa place, et se prépara à manger. Un peu hésitante au début, l’adolescente l’imita. Pendant ce temps, Anto s’était éclipsée temporairement.

Les deux jeunes gens restèrent là à ne rien dire, pendant un moment. Enfin, Colette se décida à rompre ce silence gênant par n’importe quelle phrase peu importait. Mais elle n’en eut pas le temps, car Lloyd apparut dans la cuisine. Il était habillé lui aussi, et ses vêtements étaient froissés. Lorsqu’il vit Akim, il bougonna et fit mine de ne pas faire attention à celui-ci. D’ailleurs, le garçon semblait faire de même.

Colette était exaspérée. Elle détestait cette barrière qui semblait s’élever entre les deux hommes, et le pire, c’est qu’elle n’avait pas les outils nécessaires pour la détruire. Elle ne pouvait rien faire, c’était le combat de deux chats, et cela ne la concernait pas. Elle détestait cette idée. Il serait difficile d’établir des liens entre les deux garçons.

Anto pénétra de nouveau dans la pièce, perçut la gêne des trois jeunes gens, le silence des deux mâles et la tentative désespérée de Colette de briser ce calme trop profond, et fit un clin d’œil compatissant à la jeune fille. Sachant qu’elle avait trouvé là une précieuse alliée, la jeune fille lui accorda un sourire discret et entendu.

Après le déjeuner, les deux garçons partirent chacun dans leur coin et les deux femmes se retrouvèrent seule à seule. Après un long silence qui semblait interminable, la plus âgée prit la parole :

« Il est difficile de cerner la rivalité entre les hommes, n’est ce pas ?

-Oui, c’est vrai… répondit la jeune fille, après réflexion.

-Et c’est parfois frustrant pour les femmes, c’est vrai. »

Colette ne répondit pas tout de suite, et la femme poursuivit:

« Mais tu sais, ça finira par s’arranger, puisque toutes les choses ont une fin. Si cela se trouve, demain ce seront les meilleurs amis du monde. »

Colette n’en était pas si sûre, et elle trouvait qu’Anto exagérait un peu sur le temps que cela prendrait pour que les deux garçons s’acceptent enfin. Celle-ci, lui tournant le dos, se retourna enfin, un grand sourire aux lèvres.

« Et toi et ton ami, vous auriez bien besoin de vous laver, regardez comme vous êtes sales ! On croirait que vous êtes sortis des égouts il n’y a pas si longtemps !

Et effectivement, la jeune grand-mère avait exactement trouvé la vérité, car la jeune fille se souvint qu’elle et Lloyd avaient dormi le temps d’une nuit sur le sol dur et froid des égouts de Londres. Soudain, elle ressentit l’atroce besoin de se laver, ses vêtements étaient sales et collaient à sa peau, et ses cheveux étaient gras et la démangeait. Dans l’ensemble, elle n’était pas très jolie à voir.

Elle suivit avec empressement sa nouvelle amie dans un autre couloir qu’elle n’avait pas visité la veille. Elles marchèrent jusqu’à ce qu’elles tombent sur un petit escalier qui menait au sous-sol. Elles descendirent les marches jusqu’à arriver à une porte fermée à clé. Anto sortit ladite clé en question et déverrouilla la porte. Elles pénétrèrent enfin dans une vaste salle, à la chaleur étouffante mais relaxante.

« Nous voici dans les termes de la maison ! s’exclama la femme.

-Ca alors… murmura Colette.

-Surprise hein ? Mon gendre a bien choisi l’endroit ou construire son logis !

-Votre gendre ?

-C’est vrai, je ne te l’avais pas dit, c’est lui qui a construit cet endroit, c’était un architecte de talent, mais il n’a jamais fait de cet art son métier, il se considérait déjà suffisamment comblé, avec une femme et un enfant qu’il voulait rassurer de sa présence.

-C’est donc le père de…

-Le père d’Akim, c’est cela. Mon petit-fils l’adorait et l’admirait, et il a hérité de son caractère plutôt bien trempé, tu l’as sans doute remarqué. »

La jeune fille acquiesça.

« Quant à ma fille, quand elle l’a rencontré pour la première fois, ça a été le coup de foudre. Au début, je pensais que ce n’était pas sérieux, et que ça allait finir comme toutes les banales histoires d’amour, mais non, ça a duré, et lorsque je l’ai vu à mon tour, je suis tombée sous le charme. Inutile de te le décrire, Akim lui ressemble trait pour trait !

-Mais vous êtes jeune pour être grand-mère ! Cela veut dire que…

-Oh non ! Ca c’est moi, j’ai eu ma fille à seize ans, et je l’ai élevé seule, vu que son père est mort assassiné.

-Je suis désolée…

-Oh, il ne mérite pas d’hommage, c’était un nigaud, incapable de se rappeler qu’il avait une femme et un enfant. Il se soûlait chaque soir et il ne rentrait qu’après minuit. Puis, un soir, il a fini avec un couteau dans le dos, tué par un autre individu de son espèce ! Et dire que ce sont mes parents qui m’ont incité à l’épouser ! Qu’est-ce que je regrette !

-Ca n’a pas dû être facile…

-Oh non, j’étais soulagé quand il n’était pas là, à vrai dire il faisait peur à Tya, c’était ainsi que s’appelait ma fille. »

Soudain, Colette se rendit compte qu’il y avait quelque chose qui clochait dans ce qu’elle disait.

« Pourquoi parlez-vous au passé ?

-Ah, c’est vrai. Akim n’avait que quatre ans, et ses parents devaient partir à Palmacosta pour aller régler quelques affaires, ils ne m’avaient pas dit lesquels, et ils m’ont confié la garde du petit durant leur absence. Depuis, je ne les ai plus revu, jusqu’à ce qu’on vienne me dire que les désians de la ferme humaine la plus proche de la ville ont raflé toute la cité et emmené des prisonniers. J’en ai conclu qu’ils n’y avaient pas échappé… Et récemment, j’ai appris que la ferme humaine où ils étaient censés être avait explosé. Les prisonniers ont été sauvés à temps, et ils sont retournés chez eux, mais d’eux, pas de nouvelles ! J’en ai donc conclu qu’ils étaient morts.

-Je suis désolée.

-Je n’ai rien dit à mon petit-fils, et celui-ci a cru que ses parents l’avaient abandonné, il leur en veut terriblement. »

Colette resta accablée par ce qu’elle avait appris, finalement, c’était bien ce qu’elle pensait, Akim était comme elle, un orphelin. Mais quelque chose la tracassait, et elle demanda :

« Qu’est-ce que Palmacosta ? Et qui sont les désians ? »

Anto la regarda, surprise.

« Tu es une fillette bien singulière dis-moi… Je te le dirai après… Mais pour l’instant, opération décrassage ! Déshabille-toi, et relaxe-toi, ça se fera tout seul ! »

La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois et obéit.

« Je te laisse seul, je dois aller vaquer à mes propres occupations, je te rapporterai des vêtements.

-D’accord. » acquiesça l’adolescente.

Sur ces mots, la femme partit.

Colette retira ses vêtements et s’assit sur le bord d’un grand bassin rempli d’eau chaude. Elle n’aimait pas être seule, et cet endroit l’inquiétait un peu. Mais elle se dit qu’elle s’y habituerait. Elle mit le bout de son pied dans l’eau et fut surprise par la température agréable qu’elle dégageait. Elle n’hésita plus et plongea les deux jambes dans l’eau, avant de s’immerger totalement. Elle laissa son corps se réchauffer, puis elle jeta sa tête en arrière avant de plonger ses cheveux dans l’eau. Elle se sentit mieux immédiatement, et se laissa envahir par une douce torpeur.

Lorsqu’elle sortit de l’eau chaude, elle était propre et ses cheveux mouillés brillaient. Elle vit avec contentement qu’Anto avait laissé des vêtements à son attention. Une sorte de tunique accompagnée d’un pantalon bouffant, avec des ballerines, à la mode arabe. Colette s’habilla, et se sentit un peu ridicule dans ce genre de tenue, mais se dit une fois de plus qu’elle s’y ferait. Et puis cela la changeait des sempiternelles jupes et vestes marron sales, accompagné de chaussettes, de chemises et de chaussures ternes et trop petits pour elle. Là-dedans, elle se sentait plus libre. Elle esquissa quelques pas de danse et sortit des termes en prenant soin de fermer la porte à clé.

Lorsqu’elle sortit du couloir qui menait aux eaux chaudes, elle croisa la route d’Akim. Celui-ci l’aperçut et, lorsqu’il vit les vêtements qu’elle portait, poussa un sifflement, à la fois ironique et admiratif. Un peu gênée, la jeune fille s’empressa de continuer son chemin.

En pensée, elle se disait que le garçon cachait bien ses sentiments, il avait l’air heureux et indifférent, en apparence. Sauf que maintenant, elle aurait cru déceler chez lui un esprit blessé et farouche. Un vrai félin, se dit-elle, et qui jouait bien son jeu.

En entrant dans la cuisine, elle vit Anto, qui lui tournait le dos. Celle-ci dit, sans se retourner :

« Alors ? Tu t’es bien nettoyée ? »

L’adolescente, souriante, fit oui de la tête.

« Je me suis dit que ces vêtements t’iraient bien, ils appartenaient à Tya. Tu as croisé Akim dans les couloirs ? Il a dit qu’il voulait se laver. Et puis, il a les clés en double, puisque je crois que tu as fermé la porte.

-Oui.

-Je ne doute pas une seconde de sa réaction, il est vrai que maintenant que l’on te voit tu me fais penser à ma fille. Elle était jolie, elle aussi, sauf qu’elle avait des cheveux plus sombres. »

Colette continua de sourire. Puis Anto dit :

« Tu devrais aller voir ce que fait ton ami, et lui dire qu’il devrait aller se laver lui aussi, et si Akim est assez aimable, il lui laissera quelques uns de ses habits, de toute façon, il doivent faire tous les deux la même taille, ça leur fait au moins un point commun. »

Elle rit, et la jeune fille, le cœur léger, se dirigea vers les chambres.

 

______________________________

 

« Je me sens un peu mieux, merci. »

Raine se releva sur son séant. Assise sur un lit de l’auberge, elle s’étira, comme pour prouver qu’elle allait bien.

« Tu es sûre ? Dans ce cas, je suis rassuré, parce que rester à veiller deux grands malades sans bouger de la nuit m’a épuisé ! ne put s’empêcher de lancer Zélos.

-Tu disais que tu n’avais pas sommeil, et puis ça ne te plairait pas toi que l’on grommelle parce que tu es malade et qu’on doit s’occuper de toi, si ? le tança Génis.

-Oui, c’est vrai, mais MOI, j’ai des droits ! »

Le jeune demi elfe soupira et mit un pied par terre.

« Ouais, et le droit, de préférence ! » fit l’ex-élu de Tésséh’alla, qui suivait chacun de ses mouvements.

Le garçon lui donna un coup de coude, et se sentit envahi d’une paix inconnue, comme de l’extase. Pourtant, il ne voyait pas ce qu’il y avait de plaisant, surtout en ce moment. C’était sûrement le fait d’embêter le rouquin qui lui offrait cette douce sensation d’amusement. Raine aussi semblait heureuse, et elle ferma les yeux pour se laisser bercer par cette petite musique qu’elle entendait, et il lui vint l’image d’un petit garçon en train de jouer de l’harmonica, entouré d’une foule de personnes dont certains lui lançaient des pièces.

La jeune femme rouvrit ses yeux. Cet endroit, là où jouait le petit garçon, elle le connaissait pour l’avoir déjà visité. C’était la zone d’attraction d’Altamira, la cité balnéaire, elle l’avait vu, en apercevant des gens déguisés avec des ballons dans les mains, et à la grande roue derrière le jeune musicien. Elle se demanda pourquoi elle avait eu cette vision. « Sûrement un souvenir ! » se dit-elle. Et elle se leva. Elle se sentait en pleine forme maintenant.

Après avoir payé pour la nuit passée à l’auberge, les trois compagnons s’empressèrent de continuer leurs recherches, même si pour l’instant, ils n’étaient pas très avancés sur le temps et les évènements. Après avoir cherché dans les quatre coins de l’oasis, et avoir recueilli les preuves qu’il y avait aussi eu deux séismes, le premier étant de faible envergure et le deuxième un peu plus fort, ils basèrent leurs recherches dans le désert de Triet. Mais Raine voulut à tout prix voir la voyante, qui était la seule personne qu’ils n’avaient pas interrogée. Après un long soupir, ses deux compagnons la suivirent jusqu’à la hutte qui trônait fièrement à l’ombre d’un palmier. Et lorsqu’ils pénétrèrent à l’intérieur de la tente, une femme apparut.

« Bienvenue dans la hutte de la voyante ! » s’exclama t-elle joyeusement, comme à chaque fois qu’elle disait ce slogan.

Elle les vit, et sourit d’un air radieux.

« Eh bien, j’en reçois de la visite ! Hier, c’était l’élue et son compagnon, aujourd’hui ce sont les autres héros qui viennent me rendre visite !

-De quoi ? s’exclamèrent les trois amis, en même temps.

-Que venez-vous de dire à l’instant ? demanda Raine.

-Eh bien qu’hier j’avais reçu la visite de l’élue et de son compagnon et qu’aujourd’hui c’était vous ! Je m’estime comblée, même si cela me fait de l’argent en moins ! » rajouta t-elle, tout en faisant quelques œillades à Zélos, n’étant pas insensible à son charme, comme toutes les femmes d’ailleurs. Zélos resta de marbre devant ses tentatives vaines d’attirer son attention, il semblait ailleurs. Après quelques regards entendus, le professeur dit :

« Nous ne sommes pas venus pour connaître notre avenir, seulement pour poser quelques questions.

-Mais allez-y ! La voyante répond à toutes vos questions, mêmes les plus mystérieuses !

-Bon voilà, je parie que comme tout le monde ici vous avez senti le tremblement de terre ?

-Bien sûr, quoi d’autre ?

-N’auriez-vous pas senti quelque chose de bizarre ?

-Non, en tout cas pas pour l’instant, pourquoi ?

-Nous sommes ici pour vérifier que tout va bien, au revoir.

-Bien, que la déesse Martel vous accompagne ! »fit la voyante, tout sourire, mais un peu déçue que cette visite soit si brève.

Raine la remercia et ils sortirent de la tente.

« Nous ne sommes pas très avancés là… dit Zélos, en se passant la main dans les cheveux.

-Ce qui est étrange, c’est qu’elle prétend avoir reçu la visite de Lloyd et Colette pas plus tard qu’hier… s’exclama Génis.

-Il y a deux solutions : soit elle ment, soit il y a un nouveau cas d’imposture, ce qui serait fort probable… réfléchit Raine.

-Nous verrons ça plus tard, pour l’instant revenons aux faits, on va fouiller le désert de long en large et on verra ensuite ! décida le rouquin.

-Et qui c’est qui donne des ordres maintenant… ironisa le demi elfe.

-Pour une fois, je suis d’accord avec Zélos, nous devons nous en prendre à la racine au lieu de nous emmêler les pinceaux. Fit sa sœur.

-Si tu le dis… soupira  Génis.

-Eh bien allons-y ! » tonna l’ex-élu.

Ils se dirigèrent vers l’entrée de la ville, espérant trouver la clé de tous ces mystères une fois pour toutes.

 

_________________________

 

Yuan savait que les deux demi elfes et l’ex-élu du monde prospère étaient ici, il l’avait senti. Mais il se dit qu’il valait mieux ne rien leur dire au sujet des Reflets. Ce serait beaucoup trop dangereux. Ses soldats renégats étaient en train d’inspecter toute la zone, car il était fort probable que ses fuyards cheminaient encore dans le désert. Mais en ce moment, ils s’étaient volatilisés. « Plus pour longtemps. » pensa t-il, avec un sourire.

Il se cala plus confortablement devant son bureau en attendant que les évènements s’enchaînent. En ce moment, un autre signal était parvenu d’Altamira, il avait envoyé une équipe là-bas, pour voir ce qui s’y passait. Cette histoire devenait de plus en plus intéressante, se plut-il à se dire. 

 

__________________________

 Conversation entre les personnages :

 

Zélos : Ma Sheenette a disparu… 

Génis : Sheenette ? C’est quoi ce truc ?

Voix off : C’est une manière de surnommer affectueusement Sheena je crois…

Génis : T’es quoi toi ?

Voix off : Je suis un envoyé de l’auteur, elle n’a pas voulu se produire en public. Vous savez c’est une grande timide… 

Génis : Ouah la lâche ! C’est parce qu’elle a peur qu’on la bute !

Voix off : Non ce n’est pas ça, et elle dit que de toute façon elle fait ce qu’elle veut.

Zélos : Ma Sheenette, tu me manques !

Raine : Je ne savais pas que tu tenais tant à elle Zélos !

Zélos : Heu, hein ? Mais attendez qu’allez-vous me chercher là ? Je ne suis pas inquiet du tout, arrêtez de raconter des bobards !

Raine : T’en fais pas, on va la retrouver ta Sheenette ! Attends, là en ce moment je suis sûre qu’elle est en train de s’éclater à donf’ !

Zélos : Nan, là je suis sûre qu’elle s’ennuie à donf’ et qu’elle a envie d’être avec nous. C’était écrit dans le scénario !

Voix off : Attends… Tu vas pas me dire que t’as lu TOUT le scénario !

Zélos : Bah si ! Même qu’il était marqué que… (se rend compte qu’il a fait une grosse bourde) Mince…

Voix off : Abruti ! Je vais le dire à l’auteur et elle va te faire frire et elle va te donner à bouffer à tes fans ! Je serai chargé de le faire à sa place ! On se débrouillera pour te trouver un remplaçant !

Zélos : Ouargh ! (se barre en courant)

Génis : Et bien voilà fin de la conversation ! Dans le prochain épisode, on saura si Zélos s’est sorti vivant de son jugement ou pas! Bon appétit d’avance aux fans !

Raine : Tu prévois d’avance sa mort ?

Génis : Bah ouais puisque la dernière fois il n’a pas réussi à mourir là il serait quand même temps !

Raine : Pauvre Sheena… 

 

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30 décembre 2008

Préséa joue au hockey - par Salami

_Pr_s_a

Et voilà que Préséa se met à jouer au hochey sur cette pauvre et mystérieuse chose.Alors,vous l'avez reconnu?oui!c'est bel et bien le légendaire Kirby!!XD

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Zélos Wilder - par Salami

_Z_los

Et voici le plus beau (après mon kratos) chouchou de toutes les filles dans la vie réelle! j'ai nommée:Zélos!

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04 janvier 2009

Chapitre 09: Mémoires et Trahison - par Alienor

Préséa  s’empressa de traverser le rez-de-chaussée de la société Lézaréno et rentra dans l’ascenseur après avoir montré sa carte d’accès au garde qui était posté devant. Elle appuya sur le bouton qui montait à l’étage supérieur. Elle attendit un moment, puis l’ascenseur s’arrêta, et les portes s’ouvrirent automatiquement. Elle entra dans une vaste salle, où trônait un bureau, avec une pile de dossiers entassés dessus.

« Bonjour, Préséa. Tu as passé une bonne journée ? »

Régal apparut derrière le désordre de son bureau. D’après la fillette, il devait être en train de faire du rangement.

-Bien sûr, Régal, c’est une très belle journée en perspective ! répondit-elle, en souriant.

-Je suis content de te l’entendre dire, surtout venant de chez toi.

-C’est du passé. Je ne suis plus la fille taciturne que les autres et toi avez connue. Maintenant je profite pleinement de la vie ! »

L’homme sourit. Il avait fière allure dans son uniforme de directeur de la société qu’il dirigeait depuis maintenant quelques mois. Après n’avoir donné plus de signe de vie pendant des années, il avait finalement repris le contrôle de Lézaréno. Pendant tout ce temps, c’était son sous-directeur qui avait géré le poste. Et même durant la longue absence de son supérieur, il lui était resté fidèle et avait veillé à ce que personne n’usurpe la place de directeur.

Préséa avait elle aussi eu un poste dans la société, et à vrai dire c’était l’un des plus banals : elle se déguisait en klonoa pour amuser les enfants. Elle se fichait qu’elle soit ridicule ou pas, elle aimait voir les autres rire et démontrer leur joie. Elle aimait Altamira et son atmosphère chaleureuse. La tristesse n’existait pas entre les murs de la cité balnéaire. Et cela, c’était ce que Préséa appréciait. Et puis, avec l’argent qu’elle gagnait, cela lui permettait de faire des dons à la reconstruction d’Ozette. D’ailleurs, celle-ci avançait bien. Dans quelques mois, le petit village serait tout neuf et les gens pourraient de nouveau le repeupler. Elle était heureuse.

« J’en ai fini pour aujourd’hui, je dois rentrer à Ozette maintenant.

-Les travaux avancent ? La questionna Régal.

-Ils avancent même très bien… » répondit elle, avec un sourire radieux.

Sur ces mots, elle salua son ami et se retourna vers l’ascenseur où elle disparut quelques minutes plus tard.

Régal la regarda partir, et sourit. Il était satisfait que la fillette lui ai pardonné le meurtre de sa sœur et ai retrouvé le sourire. Le rôle qu’elle jouait dans Altamira lui avait fait beaucoup de bien et lui avait redonné sa joie de vivre. C’était à peine si elle avait oublié qu’elle avait en réalité vingt-huit ans. Elle s’amusait comme une enfant. Le sourire aux lèvres, il se remit à la tâche, ranger son bureau. Il allait y avoir du travail, vu les piles de dossiers qui ornaient sa table dans tous les coins. Mais rien ne pouvait mieux l’occuper que cela.

Préséa sortit du train élémental qui l’avait ramené des bureaux de la société et salua le chauffeur. Puis elle monta le petit ascenseur qui se mettait automatiquement en marche lorsqu’on y posait les pieds. Elle salua les divers employés de service qui s’affairaient et continua son chemin. Au bout d’un moment, à force de jeter des coups d’œil à droite et à gauche, Préséa s’arrêta soudain. Quelque part, au milieu de la foule, elle venait d’apercevoir une silhouette familière. Non, deux. Mais elle n’avait pas eu le temps de bien voir, les deux silhouettes en question avaient disparu. Elle resta immobile un moment, se posant quelques questions, puis haussa les épaules. Après tout, c’était peut-être le fruit de son imagination. Forte de cette certitude, la jeune fille sortit de la ville et partit dans un coin d’ombre où personne n’aurait eu l’idée de s’aventurer, tellement c’était discret.

Quelques minutes plus tard, un ptéroplan s’envola vers le continent voisin, en direction d’Ozette.

------------------------------------------

La jeune femme se réveilla dans un fauteuil confortable, et scruta l’endroit où elle se trouvait d’un œil hagard. Il s’agissait d’une sorte de grand salon. Elle tenta de se relever, mais une violente douleur au ventre et à la tête lui arracha une grimace et l’obligea à rester immobile.

« Oui, évite de bouger, c’est très désagréable surtout si tu es blessée… »

La jeune femme regarda de tous côtés, personne. Pourtant, il lui semblait avoir entendu une voix…

« Je suis ici. »

Soudain, une ombre surgit juste devant elle et effraya la femme qui poussa un petit cri de frayeur.

« Excuse-moi, je t’ai fait peur. Sincèrement désolé… »

Elle regarda le personnage d’un air méfiant. Il s’agissait d’un homme entre deux âges, à la fois jeune et vieux. A vrai dire on ne saurait même pas lui donner un âge.

« Tu n’es pas rétablie, je t’ai retrouvé agonisante près de chez moi. Tu étais vraiment mal en point. Tu aurais pu mourir. Comment t’appelle tu ? »

La jeune femme hésita, et fouilla dans les tréfonds de sa mémoire. Elle ne savait plus comment elle s’appelait et sa tête, à force de réfléchir, lui faisait affreusement mal.

« Je… je ne sais plus… » répondit elle, finalement.

L’homme éclata de rire.

« Une crise d’amnésie ! Je me disais aussi, ta blessure à la tête ne pouvait que te causer la perte de ta mémoire ! »

Elle resta à ne rien dire, et son interlocuteur reprit :

« En attendant que tu la recouvres, permets moi de te donner un nom. Que dirais-tu de Laya ?

-D’accord… se contenta de répondre la blessée.

-Je m’appelle Elio, mais je vais essayer de ne pas te fourrer trop de choses dans la tête… Tu pourras rester le temps que tu guérisses d’accord ? »

Elle acquiesça, un peu dépassée. Elle ne savait plus qui elle était, mais en plus elle ne se rappelait plus ce qui s’était déroulé avant qu’elle ne devienne… amnésique comme disait cet homme. Ses souvenirs étaient flous, et elle n’était pas en état de réfléchir. Son estomac grogna pour approuver.

« Tu dois avoir faim, sourit son hôte, attends je vais te chercher à manger. »

Elle le laissa partir, et il revint quelques minutes plus tard, un plateau chargé de nourriture.

Il l’installa sur une table basse et prit une fourchette qu’il planta dans un morceau de rôti qu’il présenta à la jeune femme. Celle-ci, ne pouvant pas se servir de ses bras blessés, avala le morceau. Elle eut beaucoup de mal à ingurgiter et eut un haut-le-cœur. Finalement, elle ne voulut plus rien manger.

« Il faut que tu dormes, je te donnerai de quoi te soigner, mais il faudra du temps pour guérir, je le sais, j’ai connu ça… »fit Elio.

La jeune femme sentit soudain la fatigue l’envahir. Elle était épuisée. Elle ferma les paupières.

« Bonne sieste Laya. »

Elle sentit qu’on éteignait les bougies allumées dans la salle, et poussa un petit soupir de contentement, puis elle s’endormit.

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Sheena fut réveillée au milieu de la nuit par Akiko qui était entrée dans sa chambre.

« Quoi ? grogna t-elle.

-Sheena, j’ai entendu du bruit en bas… dit celle-ci, en chuchotant.

-Et alors ?

-C’était des bruits de casseroles qui s’entrechoquaient, je suis allée voir, et je ne suis pas allée plus loin, mais je crois que ce sont des voleurs… »

Sheena se releva sur son lit, les voleurs en cette période, c’était fréquent. Certaines personnes étaient privés de leurs biens et n’avaient d’autre choix que de se servir chez les autres. Elle mit un pied à terre, puis l’autre, et Akiko la pressa de se dépêcher. Finalement, en robe de chambre, les deux jeunes femmes descendirent. Arrivés en bas, Sheena entendit effectivement quelques petits bruits venant de la cuisine, et se dirigea en direction de cette salle. Tout d’abord, elle entrebâilla la porte et jeta un coup d’œil à l’intérieur. La pièce était sombre et il ne semblait y avoir personne. Puis elle l’ouvrit en grand et regarda dans la pièce, fouillant chaque recoin du regard. Enfin, elle en vint à la certitude qu’il n’y avait personne.

« Tu vois, Akiko, tu t’es fait des illusions il n’y a absolument pers… »

Elle n’en dit pas plus. Tout d’abord, elle parlait dans le vide, son amie avait disparu de sa vue, ensuite, une main se plaqua sur sa bouche et l’attira contre un homme de forte corpulence.

« Il faut pas souffler trop vite la brunette ! » répliqua la voix de son agresseur.

Aussitôt, sortirent de leur cachette quatre autres gars, qui ne semblaient pas japonais… Ils étaient blonds, roux, vénitiens ou bruns. Et ils avaient un fort accent américain. L’un deux, le grand brun qui semblait être le chef de la petite bande, prit la parole :

« C’est bon, on l’a ! On l’embarque ! Ah, et on manque pas de remercier notre petite complice, pas vrai Akiko ? »

« Akiko ? » s’alarma Sheena. A ce moment, son amie entra dans la cuisine, et la regarda d’un air moqueur, du genre « je t’ai bien eue ».

« Akiko… C’est une blague n’est ce pas ?

-Non, ma mignonne c’en est pas une, elle est avec nous ! Tiens, voilà ta part ! fit-il, en s’adressant à la jeune fille, en lui lançant une bourse qu’elle saisit au vol.

-Merci… fit-elle, impassible.

-Akiko… » fit Sheena.

Celle-ci se contenta de la regarder d’un air vague, et Sheena comprit avec horreur en voyant la bourse remplie d’argent que celle qu’elle croyait être son amie l’avait vendue.

« Allez, on y va ! A la prochaine, alors ! » fit le grand brun, à Akiko.

Celle-ci sourit, d’un air moqueur et féroce qui ne lui ressemblait pas. Et sans un regard pour Sheena, elle se retourna et sortit de la cuisine.

La jeune femme fut entraînée de force hors de la maison et en direction d’une petite camionnette garée sur un parking proche de la maison. Elle essaya de résister, mais la poigne de son ravisseur était forte, et il était costaud. Mais il était hors de question qu’on la jette comme un vulgaire paquet dans cette camionnette de malheur ! Au cours de sa jeunesse, Sheena avait acquis des capacités de combat et elle était championne de kung-fu, d’aïkido et de taï-chi-chuan, ainsi que de boxe-thaïe. Souplement, elle envoya un coup de pied dans les jambes de son agresseur qui flancha, puis lui donna un autre coup de pied dans le ventre. Son adversaire grogna et s’écroula, un filet de sang s’échappant de sa bouche. Aussitôt, ses camarades vinrent à la rescousse et essayèrent de maîtriser cette petite folle. Ils subirent le même sort. A la fin, il ne resta que deux hommes debout, le grand brun, et un blond vénitien. Celui-ci cracha :

« Mais regardez-moi ça, cette petite tigresse est balèze ma parole ! »

Il émit un long sifflement, et d’autres complices vinrent entourer Sheena. Elle analysa vite fait la situation et eut un petit sourire. Ils n’étaient pas dangereux, ce n’étaient que des gros poids lourds qui ne savaient qu’intimider les gens avec leur tas de muscles. Tranquillement, elle s’avança vers le plus gros d’entre eux et lui donna un coup de poing en pleine figure. Quelques dents volèrent, et les hommes tentèrent d’empoigner la jeune femme. Ils s’emmêlèrent et ne réussirent qu’à se donner des coups de pieds et de poings dans tous les sens, blessant leurs alliés qu’ils avaient pris pour leur proie. Tout ce méli-mélo finit bientôt en véritable bagarre.

« Mais quelle bande de… » jura le chef.

Il ne finit pas sa phrase, le tranchant d’un pied balancé dans le plexus solaire lui coupa le souffle et il finit les fesses par terre, la bouche en sang. Il aperçut l’ombre d’un sourire sur le visage de la jeune femme qui l’avait agressé, et il la vit lui tirer la langue. Et avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, la femme avait disparu et il recevait un coup de poing par l’un de ses lieutenants.

Sheena quitta discrètement le champ de bataille, ombre parmi les ombres. Son intervention avait provoqué une belle zizanie et elle en éprouva une indicible fierté. Qu’est-ce que les gens pouvaient être bêtes de temps en temps, mais ces types-là étaient pires !

Elle emprunta une petite ruelle et déboucha dans une autre rue où elle partit en courant. Une chose encore la blessait : la trahison d’Akiko.

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« Que viens-tu faire ici Colette ? »

La jeune fille, entrant dans la chambre de Lloyd, sourit.

« Anto m’a envoyé pour te dire que les bains étaient libres.

-Ah, ils ont quand même de quoi se laver ici ? Ca me rassure. »

Il se leva, et passa devant son amie. Puis brusquement, il mit une main sur l’épaule de Colette. Ce geste la fit tressaillir car elle ne s’y attendait pas.

« Dis-moi, tu leur fait vraiment confiance ? » lui demanda t-il.

La jeune fille le regarda avec hésitation, et bégaya :

« Bi… bien sûr, Anto est gentil et Akim… ça peut aller !

-Si tu le dis… »

Il relâcha l’épaule et sortit de la chambre sans rien dire.

Elle resta un instant immobile, ne sachant que faire, puis finalement, elle fit volte-face et sortit à son tour. Puis elle se rappela qu’Akim aussi prenait un bain. Ca risquait de chauffer. Déjà que la température faisait transpirer…

Elle décida d’aller visiter un peu les lieux. Anto était occupé. Elle ne voulait pas la déranger avec les questions qui la taraudaient.

Elle traversa les longs couloirs de la maison souterraine et regarda derrière chaque porte. Il y avait plus de chambres que d’autres salles. Elle se demanda à quoi elles servaient, étant donné qu’il ne devait pas y avoir beaucoup d’invités, vu la discrétion de l’endroit.

En parlant de discrétion, elle commençait à se sentir de plus en plus en sécurité dans ce « terrier » comme disait Akim et sa grand-mère. Si leurs ravisseurs les poursuivaient toujours, ils ne risquaient pas de les trouver ici. Elle sourit à cette pensée.

Le seul inconvénient, c’est qu’elle était claustrophobe, et prendre un bol d’air ne semblait pas réellement être une bonne idée. Cela l’ennuyait beaucoup.

A force d’avoir la tête ailleurs, elle ne prêtait plus attention à son manège de regarder derrière chaque porte. Et ce couloir n’en finissait pas. Puis, alors qu’elle se préparait à faire demi-tour, sa main prit la poignée d’une porte qu’elle eut beau pousser, ne s’ouvrait pas. « Tiens, c’est fermé à clé! » pensa t-elle.

Elle haussa les épaules. Elle verrait ça plus tard. Elle en parlerait à Anto.

Elle lâcha la poignée et revint sur ses pas. Et lorsqu’elle arriva dans le couloir des chambres, elle croisa aussi Lloyd et Akim qui bavardaient d’un ton enjoué. Mais lorsqu’ils la virent, ils se turent et regardèrent chacun de leur côté. « Fierté de félins ! » sourit Colette, et elle fit comme si elle n’avait pas remarqué.

Lorsqu’elle entra dans la cuisine, Anto avait fini de travailler et était assise tranquillement sur une chaise, à méditer. « Eh bien, se dit la jeune fille surprise, c’est quelque chose que je n’avais pas encore remarqué chez elle ! »

Elle s’assit discrètement à côté de la grande femme et attendit. Elle n’eut pas à s’impatienter longtemps, Anto émit une dernière parole inaudible et ouvrit les yeux. Lorsqu’elle vit Colette, elle sourit. Après un court silence, l’adolescente se risqua à demander :

« Vous étiez en train de prier ? »

La femme, sourit, amusée par la question.

« Oui… J’étais en train d’adresser une prière à la déesse Martel. »

La jeune fille, étonnée, balbutia :

« Martel… C’est une divinité arabe ? »

Cette fois, Anto regarda la fille comme si c’était une extra-terrestre (ce qui est un peu le cas dans son monde c’est vrai !^^), et murmura :

« Tu ne m’as pas dit grand-chose sur toi, d’où viens-tu ?

-Eh bien, l’Angleterre, pourquoi donc ?

-Je n’ai jamais entendu parler de ce pays… »

Colette, à son tour, se dit qu’Anto était folle elle aussi. L’Angleterre était l’une des puissances mondiales les plus connues au monde, personne ne pouvait l’ignorer. Puis une pensée fugitive traversa sa tête, et la fit frissonner de la tête aux pieds. Elle se rappelait les paroles de l’homme aux cheveux bleus. Il avait dit « Vous êtes passé d’un monde à l’autre par l’intermédiaire de… » De quoi déjà ? De la porte d’outre monde, c’était cela.

« Mais dis-moi, Anto… Où nous trouvons-nous en ce moment même ?

-A Triet, dans le désert, sur Sylvah’ alla, le monde réunifié par l’élue du mana et ses compagnons de périple… »

La jeune fille avala difficilement ces paroles, ainsi donc, ce que cet homme avait dit était vrai ! 

« Maintenant, je me souviens, je sais comment s’appelle l’élue. Elle se nomme… » s’exclama soudain Anto.

Elle n’avait pas terminé sa phrase que Colette quittait la pièce précipitamment, pour ne pas dire en courant.

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« Déjà, pour les recherches, c’est mal parti ! »

Génis, en sueur, s’assit sur le sable brûlant, et se releva précipitamment, car les reflets du soleil irradiant sur le sable lui avaient brûlé les fesses.

« Et on ne pourra jamais s’asseoir sans recevoir un coup de chaud vraiment !

-Et ce désert est diablement grand ! s’exclama Zélos, Cela prendrait des années pour fouiller tout le site !

-Tais-toi et fais attention où tu mets les pieds ! répliqua Raine, qui venait d’éviter un trou creusé dans le sable. »

L’ex-élu grommela et se tut, concentrant son regard sur le sol, au grand contentement des deux demi elfes.

Le seul problème était de savoir par où commencer. Sur le coup, Zélos n’avait pas tort, Triet était plus grande qu’on ne l’imaginait. Et ce soleil trop chaud…

Génis s’arrêta pour ressentir les vibrations de mana. Elles étaient plus faibles, mais quelque part d’autre, le mana avait trouvé refuge, et c’était inquiétant.

Et pourtant, il y avait cette énergie si familière qu’il ressentait, mais il enrageait, car il avait beau cherché, elle ne lui disait rien. Cela ne l’avançait pas beaucoup.

Raine aussi était désespérée, c’était un lourd défi de passer tout le désert au peigne fin. Ils allaient perdre beaucoup trop de temps, surtout si la vie des autres en dépendait !

De nouveau cette vision, cette fois, c’était sur la plage, des gens en train de jouer au jeu de la pastèque, des filles en train de glousser à l’approche de maîtres nageurs, des petits enfants en train de faire des châteaux de sable ou de sauter dans les vagues. La vision disparut aussi instantanément qu’elle était venue, et Raine commença alors à réellement douter. Etait-ce vraiment là qu’il fallait chercher ?  Pour la première fois, elle ne maîtrisait plus la situation.

« Qu’avait dit Mithos déjà ? demanda t-elle à son frère.

-Eh bien… que le mana avait laissé passer quelque chose d’étranger à ce monde, et que c’est à cause de cela que Lloyd et Colette sont tous les deux malades ! remémora Génis.

-Il n’a rien dit d’autre ?

-Je ne sais pas…

-Tout ceci est lié, et trop compliqué, je ne vois vraiment pas par quoi commencer ! fit Zélos, en tapant du pied par terre.

-A l’instant, j’ai eu une sorte de vision à Altamira... Fit le professeur.

-Et alors ? Quel rapport ça a ? demandèrent les deux garçons.

-Non rien… » soupira t-elle.

Ils cherchèrent presque toute la journée, à la recherche d’indices, mais rien… Finalement, toujours guère avancés, ils montèrent le camp pour la nuit, qui était rafraîchissante. Inutile de retourner à Triet, ce serait une perte de temps et d’argent pour l’auberge.

Les autres ne tardèrent pas à s’endormir, seul Zélos restait éveillé, il n’avait pas sommeil. Son seul souci, c’était elle. Il allait devenir obsédé s’il continuait ! se dit-il en souriant. Mais bon, on n’allait pas lui reprocher de s’inquiéter pour quelqu’un d’autre. Mais il se sentait horriblement faible, et désarmé. Et cela, il ne le supportait pas. Le pire, c’est qu’il ne s’inquiéterait pas autant pour les autres s’il leur était arrivé quelque chose que pour elle. Il  voulait chasser ce sentiment de manque qui le torturait. Mais c’était vain, il devait faire avec. Il se retourna sous ses couvertures et ferma les yeux, essayant d’apaiser son esprit.

Dans son sommeil, Génis sentit quelque chose lui frôler la main, mais ses paupières étaient trop lourdes pour qu’il puisse les ouvrir et voir ce que c’était.

---------------------------------------

Lloyd monta dans la chambre de Colette, après avoir dit bonjour à Phaidra, assise dans un fauteuil, et se laissa tomber avec soulagement sur le lit voisin. Le trajet de chez Dirk à Isélia avait été un enfer. Il s’étira les membres, et se sentit un peu calme. Ce n’était pas le cas pour Colette. Elle était agitée et se tenait la tête entre les mains. Enfin, lorsqu’elle dévoila son visage, c’était pour le montrer larmoyant.

« Colette ! Tu vas bien ? demanda t-il, inquiet.

-Ou… oui, je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis soudainement mise à pleurer et j’ai eu un mal de tête horriblement douloureux.

-Un des effets de la maladie… En parlant de cela, Colette, tu ne sentirais pas quelque chose d’anormal ?

-Si, depuis quelques temps, une énergie familière, j’ai cru la reconnaître entre mille ! Il s’agissait… de la mienne.

-Ce n’est pas possible !

-C’est ce que je me suis dit aussi, mais c’était trop familier…

-Hum…

-Et il y a cette chose… C’est comme si on me contrôlait comme une marionnette ! Par exemple, cette crise de larmes que j’ai eu à l’instant, elle n’était pas dû au hasard, là en ce moment je ressens un combat terrible en moi, quelque chose qui s’acharne… Non, c’est trop dur à expliquer !

-Tu réfléchis trop, Colette, tu dois te reposer !

-Avec toi, c’est le cas de le dire, plaisanta t-elle, tu ne réfléchis pas beaucoup, seulement quand cela t’arrange ! »

Une petite gifle de Lloyd forte mais pas trop douloureuse gentiment lancée sur sa joue la fit pouffer.

« Allez, maintenant, au dodo ! » fit le garçon.

Quelques temps plus tard, Lloyd rentra chez lui. Etrangement, il n’avait presque plus mal.

________________________________

Petit gag- Extrait de texte :

Yuan savait que les deux demi elfes et l’ex-élu du monde prospère étaient ici, il l’avait senti.

Yuan (qui travaillait sur une pile de dossiers, lève soudain la tête) : Snif, snif, tiens ça sent une drôle d’odeur, on dirait du mana, ça sent les demi elfes et l’élu de Tésséh’alla !

Voix off : C’est pas dans ce sens là abruti !

Note : C’est un gag complètement stupide de ma sœur mais je me suis dit que ça pouvait faire le coup !

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09 janvier 2009

Avant propos - par Salami

Etant donnée que l'auteur n'est qu'une sale mioche de 14 ans pas douée en français,nous tenons a vous faire part de quelques explications concernant cette fan fiction crée par un porc...pardon!nous voulons dire ''par Salami''.Néanmoins,elle compensera ce peu d'intelligence et d'imagination par ses dessins,même s'ils ne sont pas aussi bien que les vôtre.


WARNING!Il se peut que les données que nous vous donnons ne donnent pas une bonne impression! ... En clair,il y a certaines explications qui peuvent gâcher le suspense de certains passages.Mais c'est comme ça et nous n'y pouvons rien... ... ET LE PREMIER QUI SE PLAINT DE NOS INFORMATIONS,NOUS LUI SORTONS UN BAZOOKA DIGNE DE ''WORMS'' ET NOUS LUI EXPLOSONS SA SALE PETITE CERVELLE DE COURANT D'AIR!!!merci de votre compréhension.

 

-Certains chapitres paraiteront court.(... nulle comme info...)

-Dans l'introduction,mademoiselle Salami aura introduit Kratos Aurion ET Zélos Wilder.Nous tenons donc a vous expliquer,puisque nous sommes là pour ça,le pourquoi de cette chose,car, normalement,à la fin du jeu,soit Zélos crève et laisse place à Kratos qui devient un personnage jouable,soit Zélos trahit ses amis et revient,lamentablement,s'excuser auprès d'eux pour pouvoir continuer à être jouable,laissant ainsi Kratos reprendre un peu de ses émotions qu'il a reçu des coups de son propre fils («T'auras pas la Wii pour la peine, na!!»qu'il a dit a un Lloyd outré par cette réponse) et ne pouvant,donc,pas se faire choisir par les joueurs (pour le peu de fois qu'il est choisi déjà...).Mr.Aurion est TRES fatigué et reste donc chez Dirk,le nain dispensable (ha ha ha...),pour prendre un peu de repos.Sauf que môssieur Kratos n'a pas non plus besoin de trois cents ans pour se rétablir quand même!Voilà pourquoi Zélos ET Kratos sont introduis dans cette fan fiction.On croirait pas avec sa tête d'abrutis mais elle est maligne la p'tite Salami!(HUM,HUM! ...)Non mais parce qu'en plus,vous voyez,dans le jeu,quand Zélos meurt (si vous avez décidé,à Flanoir,de ne parlez à personne mais qu'après vous y êtes contraint par la faute de Kratos -Oh!la barbe!!-)Raine est dans L'INCAPACITE de le ressuciter.Alors que dans les combats normaux ou avec des boss,vous pouvez mourir un million de fois,il y aura toujours Raine pour vous faire revenir à la vie QUELS QUE SOIENT LES PERSONNAGES!De toute façon,même si Raine meurt,il y aura toujours la potion de résurection ('sais plus comment ça s'appelle).A moins que ça se voit que vous êtes un vrai débutant,que vous ne savez pas du tout vous y prendre en matière de combat,que vous avez vidé tout votre stock de potions,que vous en aviez tellement marre que Raine vous frappe au lieu des adversaires que vous avez décider de la mettre en mode ''n'attaque pas et ne bouge pas'' pour qu'elle se fasse tuer,dans ce cas,débrouillez-vous tous seul! On vous jure!Nous,quand on voit ça,on se demande si le créateur du jeu l'a bien testé avant de le vendre!!Mais bon,nous ne sommes que les modestes explicateurs du fan fic de mademoiselle;nous n'avons pas le droit de donner notre opinion (même si cela est déjà fait...)


-Cette histoire sera illustré par Salami (vous vous en doutiez...).Mais nous voulons vous tenir au courant que ses illustrations seront,par moment,très différentes les unes des autres.C'est-à-dire que quelques dessins seront fais en ''manga'',et d'autres seront fais à sa façon pour une raison particulière qu'elle vous dira,elle-même,le moment venu pour ne pas trop gâcher le suspense.Nous vous prévenons que ses dessins ne seront pas fais à l'ordinateur,et ne seront donc pas terrible (niark niark!).Mais bon,c'est n'est pas parce que c'est pas fait à l'ordi que c'est forcément moche!non!ce que nous voulons dire par là,c'est que ceux de Salami sont vraiment horrible!elle en reste à faire du coloriage aux crayons de couleurs!!en plus elle sait même pas s'en servir! C'est la cata!! ...enfin bon...

et pis y a quelques dessins fait au crayon de papier parce qu'elle avait la flemme de les faire en couleur (ouh la fainéante!).

Au début,vous serez certains de ne pas voir d'illustrations.Il faut juste laisser le temps à cette fainéante qui à intérêt à se booster!

-et il n'y a pas du tout d'illustrations pour l' ''Avant-propos''... ...(ça sert vraiment à rien ce que nous venons de marquer là.J'crois qu'on ne fait que gâcher de la place pour avoir un maximum de ligne...)


-étant donné que Salami n'a pas joué à Tales of Symphonia depuis fort longtemps, il se peut que vous retrouviez des erreurs dans sa fic car, rappelez-vous, notre chère auteur à la mémoire qui flanche déjà à son âge (qu'est-ce que ça va être quand elle sera qu'une petite vielle!).Alors elle vous demande pardon et éspère ne pas faire trop d'erreurs quand même...

-Alors là,c'est TRES important!scotchez bien vos yeux sur ce que vous allez voir de marquer!!cette fan fiction... a été corrigé... par...L'AUTEUR LUI MÊME!alors préparez-vous aux mots bourrés de fautes d'orthographes!En fait,c'est elle qui a voulu les corriger toute seule car: premièrement,son grand frère risque de rire aux éclats, comme à son habitude, en voyant ce qu'elle a fait (allez vous demander pourquoi) et il aura tellement rit qu'il ne pourra pas la corriger; deuxièmement,si elle demande à son père,elle risque de retrouver plus de fautes qu'il n'y en aura déjà -c'est pas que j'me moque de toi papa hein!crois pas ça!c'est juste que...vu que t'as un petit faible en français comme moi j'ai un petit problème en arabe...-;troisièmement,sa mère risque de ne rien comprendre à l'histoire si elle ne connait pas déjà celle de ''Tales of Symphonia'';quatrièmement,sa soeur n'a pas le temps à cause de la fac; et cinquièmement, ses autres frangins son à Pétaouchnoque.Et donc si vous retrouvez des erreurs,ne vous étonnez surtout pas!



Voilà!Nous vous souhaitons une bonne lecture!(et un bon courage!!)Veuillez agréer, mesdames, mesdemoiselles,messieurs,nos excuses les plus sincères pour vous avoir gâcher le suspense si c'est le cas.

 

P.S.n°1: Pour éviter de heurter la sensibilité des plus jeunes (dont l'auteur) certaines paroles seront remplacer par des ''*Bip*''.Encore une fois,nous vous remercions de votre compréhension.


 P.S.n°2: Pour ceux qui ne connaissent pas ''Worms'',nous leurs conseillons d'aller voir ailleurs! Nous ne sommes pas en droit de vous expliquer ce que c'est! ...Bon,on peut peut-être vous dire que c'est un jeu vidéo débile,sur des vers de terre qui se font la guerre,très apprécié par Salami (on voit bien pourquoi...).

 

 

Auteur: ...Qu'est-ce que...Mais c'est quoi c'te beans!Oh maudit soit ma mémoire de gold-fish!!j'viens d'me rendre compte que j'ai écris un gros morceau pour rien!même si Zélos ET Kratos sont tous les deux vivants,Kratos,lui,retourne à Derris-Kharlan!du coup,ça explique pas pourquoi ils sont tous les deux là et j'ai bel et bien une tête d'abrutis! ... NOOOOOOOOON!j'ai gâché le suspense pour rien!!*se tape*... Aïeuh!Bon bah tant pis!ça m'énèrve!j'expliquerais tout le moment venu,na! -sniif!et moi qui était si fière de mon début!-


Enfin bon...au pire,ne prenez pas du tout compte de l' ''avant-propos''.Ce n'est vraiment pas important.En gros,ça ne sert STRICTEMENT à rien! C'est à part on va dire...

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[OS] Flocons - par Ludovika

 

 Au-dessus de Meltokio, des nuages cachés par l’ombre de la nuit offraient leur pluie immaculée à la capitale. Les toits étaient blancs et la rue glissante, mais, malgré la neige et le froid, la métropole restait très animée, même plus qu’à l’accoutumée. Elle était bondée d’habitants, de couples et de familles louvoyant gaiement dans les boutiques et autour des sapins. Partout les façades étaient décorées et illuminées par des guirlandes élémentales. C’était le premier Noël depuis la réunification des deux mondes et il promettait déjà d’être mémorable.

Mais, bien que ce soit une fête de joie et de générosité, certains n’arriveraient malheureusement jamais à s’entendre…

- Zélos ! Tu n’es qu’un… qu’un sale pervers ! Vociféra Sheena.

- Pervers, j’en convient, mais, personnellement, je me trouve plutôt propre. Tu veux venir vérifier ? Plaisanta le roux. Ma délicieuse petite madame Noël en sucre !

Un objet volant non identifié traversa la pièce pour aller s’écraser avec grand fracas contre un mur. Le manoir Wilder comptait désormais un vase de moins.

- Voyons, ne te mets pas en colère, je croyais juste que ce joli costume était mon cadeau, rigola l’élu en évitant un deuxième projectile.

A la porte, Génis avait suspendu son mouvement, la main à quelques centimètres de la porte. Le jeune Demi Elfe soupira avant d’enfoncer son menton dans son écharpe. Derrière lui, les autres compagnons masquaient difficilement leur sourire, remontant leur col pour qu’on ne voie plus que leurs yeux brillant d’amusement.

 Finalement, il cala correctement son bonnet sur sa tête et prit son courage à deux mains.

- Génis ! Comme ça fait plaisir de te voir ! Oh ! Vous tous aussi !

Zélos l’avait doublé, sûrement en quête d’un quelconque espoir de fuite.

- Reviens ici ! S’époumona la jeune femme à l’intérieur.

Un sifflement au-dessus de la tête du jeune mage lui indiqua qu’il aurait été la victime innocent du jour s’il avait été un peu plus grand.

- T’as vu comme Sheena est de bonne humeur ? Une bataille de boules de neige s’impose, hé hé !

L’élu fit entrer toute la compagnie.

- Tiens, tu ne nous avait pas prévenus qu’ils seraient là, dit Raine en apercevant les deux autres invités.

Dans le salon, les deux derniers Anges du Cruxis, Yuan et Kratos, encore dans ses habits du Cruxis, étaient confortablement installés dans de grands fauteuils, immobiles. Ils relevèrent la tête à leur arrivée, le premier levant son verre en guise de salut.

- Ouais, j’ai voulu les accrocher au sapin mais ils n’étaient pas d’accords !

- Tss… Stupide élu, dit Yuan, visiblement vexé.

- On accroche des Anges aux sapins à Tesséha’lla ? Demanda candidement Colette.

- Mais oui ma petite chérie ! Après tout, c’est l’Ange Gabriel qui est venu annoncer la naissance de Mithos !

- Balivernes, maugréa le Demi Elfe aux cheveux bleus entre ses dents.

Zélos ne cacha pourtant pas sa joie d’avoir touché l’un des compères dans son orgueil et c’est avec un sourire comme une banane, jusqu’aux oreilles, qu’il fit amener à boire et les fit asseoir.

- Au fait, vous n’auriez pas vu Lloyd ? Je l’avais aussi invité mais je n’ai pas eu de réponse.

Les compagnons s’entreregardèrent silencieusement. Génis prit la parole.

- Quand Dirk est mort, il y a environ six mois, il a dit qu’il avait besoin de se changer les idées et… il est parti.

- Nous pensions le retrouver ici, poursuivit sa sœur. Mais visiblement…

Zélos haussa les épaules.

- S’il voyage, c’est normal qu’il n’ait rien reçu. Franchement, je pense qu’on n’a pas besoin de se faire du souci pour lui.

Les autres ne répondirent pas.

- Bref ! Fit l’élu en se levant d’un bond. C’est Noël et j’ai des cadeaux pour vous !

- Des cadeaux ? Dirent en cœur les habitants de Sylvarant.

La bonne humeur du roux s’affaissa comme s’il venait d’apprendre la mort de quelqu’un, les yeux scintillants, au bord des larmes.

- Nous ne faisons pas de cadeaux à Noël chez nous, expliqua Raine. Nous en faisons à la fête de Martel, c’est-à-dire quand…

- Vous voulez dire que… vous n’avez rien pour moi ? Les questionna Zélos de sa petite voix enrouée. Ce sera la première fois que je ne recevrai rien à Noël….

- Il y a un début à tout ! Lança Génis d’un rire gêné.

L’élu ne bougeait plus. Un à un, il regardait chacun de ses compagnons, la mine défaite.

- Personne ne m’aime ! Hurla-t-il de désespoir.

 

Assis sur un des plus hauts toits de la ville, Lloyd inspira profondément l’air glacé de la soirée et regarda un gros flocon blanc fondre dans sa paume. Frissonnant, il resserra sa cape autour de lui. C’était un grand tissu brun clair qui lui arrivait aux mollets avec un col qui remontait jusqu’à son nez, entourant tout son corps comme un poncho.

Il entendit des bruits de pas et n’eut pas besoin de tourner la tête pour reconnaître son amie. Ayumi prit une des longues mèches de cheveux du garçon et la fit glisser entre ses doigts.

- Ca te va bien le blond, dit-elle avec un sourire amical.

Elle enleva un peu de neige du toit et s’assit à ses côtés. Enfin, Lloyd se tourna vers elle.

Ayumi était une jeune fille du même âge que lui, plus petite et svelte que les autres filles de la bande. Elle avait des yeux splendides, étirés tel les natifs de Mizuho, et à l’iris tellement sombre qu’elle se confondait avec ses pupilles. Sa peau était comme de la porcelaine et on la devinait douce comme de la soie. Encadrant son visage ovale, ses cheveux noirs et brillants étaient aussi longs que ceux du garçon, atteignant sa taille. A l’instar de Lloyd, elle avait revêtu une des grandes capes habituelles des jeunes maraudeurs de Tesséha’lla, mais plus foncée que la sienne.

Après l’initiation de Lloyd, ils étaient devenus des coéquipiers inséparables. Ayumi était d’une compagnie agréable, elle avait toujours une histoire à raconter lorsqu’ils s’asseyaient autour d’un feu après une longue journée et, étrangement, sa présence semblait redonner de la bonne humeur à tout ceux qui la rencontraient. Au départ, Lloyd avait eu peur de la déranger avec son constant air maussade.

Depuis le départ de son père biologique sur Derris-Kharlan et encore plus à la mort de son père adoptif, Dirk, il s’était sentit abandonné et n’avait cessé de se refermer sur lui-même. Heureusement, Ayumi avait le don de réconfort et, sans jamais demander les raisons de son attitude, son sourire lui mettait du baume au cœur.

- Allez, debout, on va faire un tour en ville ! Y a encore plein de richards à qui ont peut faire les poches !

Les deux amis se levèrent et coururent vers le bord de la toiture, leur chaussures souples ne laissant que peu de traces dans sur la poudreuse. Une fois arrivés, sans ralentir leur course, ils bondirent jusqu’au bâtiment voisin. S’aidant de l’environnement urbain, ils filaient à tout allure dans la nuit sur les toits pourtant couverts de neige. Après une dizaine de minutes d’une course effrénée, ils s’arrêtèrent. L’air froid les faisait grelotter dans leurs capes, ils se regardèrent et, sans prononcer un mot, ils décidèrent mutuellement de redescendre dans la rue pour rejoindre les autres.

- Où vas-tu ? Demanda Zélos en apercevant Kratos près de la porte, enfilant un long manteau clair au capuchon de fourrure.

- Je vais prendre l’air, répondit sèchement le mercenaire.

Kratos sortit.

- Tsss, toujours aussi sympathique celui-là, marmonna l’élu.

 

 L’Ange referma la porte derrière lui. Il devait faire terriblement froid cette nuit, mais la température ne l’affectait pas. Il se promena dans les rues principales de la capitale, entrant finalement dans un bar moins bondé que les autres mais néanmoins plus tranquille. Détachant son long manteau, il le posa sur un siège à côté de lui et s’assit au bar. Le gérant vint prendre sa commande.

C’était un homme de bonne taille et d’une carrure assez large. Il portait une chemise blanche enserrée par un singlet noir et son visage calme arborait une petite moustache.

- Monsieur, que puis-je vous servir ? Demanda-t-il d’une voix posée tout en essuyant un verre.

- Whisky.

- De Meltokio, des montagnes de l’Est ou du Nord ?

- Du Nord.

Le plus fort.

Kratos passa une main sur son visage. La pièce rectangulaire était chauffée par une grande cheminée sur le côté gauche. Les murs étaient sans tapisserie mais les briques acajou, les meubles de bois brut et les fauteuils mitonnés offraient aux clients cette impression d’être ailleurs, d’avoir quitté les habitudes mondaines de la capitale. Le bar occupait les deux tiers du fond de la pièce. Devant le bar et près de la cheminée, il y avait en tout six tables, pas de quoi en faire un endroit surpeuplé. Mais l’Ange appréciait cet endroit, le calme, les alcools classiques, …

Le barman lui apporta son verre. Le Kratos but une gorgée qui manqua de lui brûler la gorge. Il savoura cette sensation. C’était Yuan, il y avait plusieurs milliers d’années, qui lui avait appris à apprécier l’alcool alors qu’il n’était qu’un jeune mercenaire concourant avec ses amis pour savoir lequel pouvait boire une bouteille entière sans tanguer après. Ces souvenirs lui auraient tiré un sourire mais ce dernier préféra se cacher derrière l’habituel masque d’acier de l’Ange. Il reposa son verre.

Des rires. Tournant la tête vers la cheminée, il remarqua un groupe de jeunes, tous vêtus de longues capes. Au nombre de six, l’un d’entre eux était à genoux sur sa chaise, penché sur la table, le bras tendu, essayant de prendre son verre à un autre qui rigolait. Mais le regard écarlate du mercenaire remarqua un autre enfant, un jeune garçon aux longs cheveux blonds et aux yeux semblables aux siens qui s’était recroquevillé derrière ses amis quand son regard c’était posé sur eux.

Mine de rien, Kratos se détourna et, après quelques secondes, fit un signe discret au barman.

- Qui sont ces jeunes ? Demanda-t-il à l’homme, très bas.

Le barman jeta un coup d’œil discret près de la cheminée.

- Ce sont des gosses qui viennent d’un peu partout, personne n’a l’air de savoir s’ils ont une famille ou non. Ce ne sont pas vraiment des voleurs comme certains le disent. Ils travaillent parfois pour les hauts dignitaires en transmettant des messages privés ou secrets. Un peu tapageurs, mais pas méchants.

Le barman retourna à sa vaisselle.

Le regard du mercenaire se perdit au fond de son verre. Alors c’était ça qu’il était devenu. Une vague douloureuse manqua de le submerger. Kratos finit son verre d’une traite. Rapidement, il enfila son manteau et sortit sans un regard pour les jeunes près de la cheminée. Après tout, c’était son choix. Il n’avait pas le droit d’intervenir. Peu importe le mal que ça lui faisait. Il ne pouvait pas.

Il marcha ainsi jusqu’à une grande place au deuxième niveau de Meltokio, se persuadant que c’était mieux ainsi. L’air était glacé et son souffle faisait des volutes blanches dans l’air qui s’évanouissaient presque aussitôt. Lentement, il bascula la tête en arrière, face aux cieux parsemés d’étoiles. Quoi qu’il arrive, les étoiles brilleraient toujours, c’était un moindre réconfort. Il ferma les yeux. Même ainsi, il pouvait les voir. Le ciel n’avait depuis longtemps plus de secrets pour lui. Demain, il rentrerait sur Derris-Kharlan, surveillerait à nouveau les Anges dépourvus d’âme, resterait silencieux. Avec une douloureuse appréhension, il se libéra quelques secondes, sentit le poids de son cœur dans sa poitrine, se rendit compte une fois de plus de l’étendue de ses cicatrices. Il s’avoua enfin que ce destin l’effrayait. A force d’être loin de toute vie, il finirait comme eux, le regard vide, agissant mécaniquement, comme une machine. Il perdrait tout ce qui faisait de lui un être humain, toute trace de son passé.

Kratos ne se tracassait pas de ce que les gens pensaient de lui, il n’y avait personne à cet endroit. Il agrippa son manteau à l’emplacement de son cœur. Lloyd… Une bouffée de réconfort l’envahit. Il avait choisi de vivre ainsi et ça ne le dérangeait pas. Tout ce qui comptait, c’était qu’il soit heureux. S’il était heureux, alors sa longue existence trouverait son sens, son…

Un bruit dans la neige, le léger craquement habituel de pas sur la poudreuse. Lentement, l’Ange se retourna. Il était là, à quelques mètres de lui, dans sa cape brune, avec ses longues mèches blondes parsemées de flocons. Leurs regard se croisèrent, reflets l’un de l’autre, identiques. Le visage du mercenaire s’adoucit. Lloyd, les joues rosies par le froid, le regardait, muet, ses grands yeux écarlates emplis d’un triste mélange de peine et de reproche.

Le garçon esquissa un geste, mais se retint. Après quelques secondes d’un silence interminable, il sembla vouloir revenir sur ses pas. Kratos fit un pas dans sa direction. Le garçon se réintéressa à son père.

Kratos fit un deuxième pas, puis un troisième. Reprenant contenance, ses idées se remettant en place, il avançait avec plus d’assurance. Lloyd le regarda arriver sans bouger. En face de son fils, le mercenaire s’accroupit pour être à sa hauteur. S’il y avait un remède contre son mal, c’était la vie, son fils, son enfant adoré. Il posa sa main sur la tête du garçon. Sa paume glissa jusqu’à sa joue. Sa peau était froide.

Les yeux de Lloyd se remplirent d’une soudaine tristesse, brillants, de petites larmes scintillantes sur le bord des paupières. Sans crier gare, il se jeta au cou de son père, éclatant en sanglots. L’instant de surprise passé, Kratos referma ses bras sur lui, le sera contre son cœur, de toutes ses forces. Il n’avait plus envie de repartir.

 

 

Dans le manoir Wilder, seul l’élu était encore éveillé, même la jeune Séles était rentrée de sa virée entre amies. Peu fatigué, il s’était proposé pour attendre le retour du mercenaire et ce dernier ne tarda pas à rentrer.

Zélos regarda avec des yeux ronds les deux énergumènes qui venaient d’arriver. Kratos portait sur son dos un jeune garçon aux longs cheveux blonds mais au visage familier, endormi et emmitouflé dans son manteau.

- Qu’est-ce que c’est ? Le questionna l’élu en voyant le mercenaire emporter son paquet vers les chambres.

- Mon cadeau de Noël, répondit l’Ange, imperturbable.

- Qui te l’a donné ?

- Le Père Noël.

 

Lloyd ouvrit lentement les paupières. Un mince rayon de soleil était passé entre les rideaux de tulle qui en filtraient la majeure partie. Prenant appui sur ses coudes, il se redressa. Avec la lumière, les souvenirs de la vieille ressurgirent. Son père… Il jeta un coup d’œil dans la chambre, notant que son manteau était posé sur le dossier d’une chaise. Il était chez Zélos et, vu la hauteur du soleil dans le ciel, il ne devait pas être très loin de midi. Il y eut des bruits de pas dans le couloir puis quelqu’un entra. Kratos.

Son père s’avança et s’assit sur le bord du lit. Sans rien dire, il prit un objet dans sa poche et le lui tendit. C’était une petite clé dorée. Lloyd comprit et n’esquissa pas un geste. Kratos lui prit la main et y déposa la petite clé.

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda innocemment le garçon.

- La clé d’un coffre à la banque.

Lloyd se retint de fusiller l’Ange mais ne put s’empêcher de lui rendre un regard dur. Il laissa tomber la petite clé sur les draps.

- Je n’ai pas besoin d’argent.

- Maintenant, non. Mais plus tard peut-être.

Sous les yeux ébahis de son père, Lloyd, en enfant buté, prit la clé et la lança à l’autre bout de la pièce. Il se laissa retomber sur le lit et tourna fermement le dos à son protecteur.

Sans se démonter, Kratos tendit la main et lui caressa les cheveux. Le garçon ne broncha pas. Comme Ayumi le jour précédant, le mercenaire fit glisser une longue mèche blonde entre ses doigts, un sourire en coin.

- En blond, tu me fais penser à Yggdrasill. Je préférais ta vraie couleur, brun, comme ta mère.

Lloyd se releva vivement, rageur.

- Arrête ! Maman n’est plus là !

- Lloyd…

- Tu vis dans le passé et tu te caches tout le temps derrière ! J’aime maman, mais elle est toujours entre nous ! C’est impossible de parler ! Impossible d’essayer de se connaître ou de se comprendre !

Le jeune garçon se dégagea rageusement des couvertures et se leva. Sur le lit, son père semblait pétrifié. Autrefois, il aurait donné cher pour pouvoir admirer cette stupeur peinte sur son visage. Mais aujourd’hui, c’était différent.

Lloyd ouvrit la porte-fenêtre, faisant volte-face pour toiser l’Ange une dernière fois, hurlant sa tirade finale.

- Je suis son fils ! Pas son fantôme !

Et il bondit à l’extérieur.

 

 

- Lloyd ?

Le jeune garçon, l’Epée Eternelle en main, s’était arrêté depuis quelques secondes alors qu’il était en train d’envoyer son père sur Derris-Kharlan pour la seconde fois. Lloyd baissa le bras, l’épée pointée vers le sol. Il lança un regard indifférent au mercenaire et, sans le quitter des yeux, il lança l’arme à ses pieds. L’Ange ne bougea pas. Lloyd haussa les épaules.

- S’tu veux y aller, t’a qu’à le faire tout seul, t’es assez grand pour m’abandonner encore une fois.

Il tourna les talons. Kratos se précipita et posa une main sur son épaule. Mais Lloyd se dégagea brutalement et le poussa en arrière, les joues inondées de larmes.

- La seule chose que je voulais c’était rester avec toi ! Cria-t-il de tristesse et de rage.

- Ecoute…

- Non ! Toi, tu écoutes ! Je me fous pas mal de ce que t’as fait ou de l’âge que tu as ! Tu comprends pas ce que je ressens ! T’es mon père, tu trouves ça anormal que je veuille être avec toi après avoir été séparés pendant plus de dix ans ?! T’as pas le droit de me refaire ça !

Le jeune garçon tomba à genoux, couvrant son visage de ses mains, agité de sanglots. Rapidement, Kratos vint à son côté et le prit contre lui, le serrant dans ses bras, le consolant, sans cesser de répéter : « Je suis désolé, Lloyd. Je suis désolé. »

- Arrête de pleurer, tout va bien, je reste avec toi.

Lentement, Lloyd se calma. Toujours dans les bras de son père, il leva ses yeux fatigués vers lui.

- Tu vas vraiment rester ?

- Oui, je te le promets.

Le jeune garçon se blottit un peu plus contre lui.

- Même si je n’ai pas de foyer pour toi…

- On n’a pas besoin de maison. On est ensemble, c’est ça notre chez nous.

Kratos lui releva la tête et lui montra un objet brillant dans sa paume. Un Cristal du Cruxis. Le regard de son père se fit plus peiné.

- Est-ce que tu veux vraiment vivre pour l’éternité, voir tous tes amis vieillir et mourir, endurer la jalousie de ceux qui te sont chers à cause de cela, regarder le monde et regretter les moments passés ?

Lloyd enfouit son visage dans le torse du mercenaire.

- Je me fous de vivre jusqu’à la fin des temps sur cette planète, Lloyd. Je resterai, si tu le veux encore, mais ne me demande pas de rester à tes côtés pour te regarder périr à petit feu.

Son fils se redressa et prit le cristal.

- Je n’ai pas peur, je suis avec toi.

Kratos déposa un baiser sur son front.

- Euh… dis, il y avait toute ta fortune dans le coffre dont tu m’as donné la clé ?

Son père lui lança un regard amusé.

- Non, seulement une petite partie. J’avais demandé à Yuan de quand même surveiller ce que tu allais en faire et de remplir le coffre en cas de besoin… Pourquoi ?

- Bah, euh, j’ai refilé la clé à une amie de Meltokio. Ca… ne pose pas de problème ?

Kratos lui ébouriffa gentiment les cheveux en se relevant.

- Ca posera problème si tu refuses de raccourcir ça. C’est quand même un peu long, tu ne trouves pas ?

Lloyd lui rendit un immense sourire.

Posté par _martel_ à 16:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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