02 juillet 2011

Chapitre 13: Tragédies - par Marina Ka Fei

 

Chapitre 13: Tragédies

 

Kratos avait du mal à assimiler la nouvelle. Sa mère enceinte? Les mots qui lui vinrent immédiatement à l'esprit furent:

Maman, enceinte, bébé , grand frère.

Puis quand l'information fut totalement bien intégrée dans son cerveau, il laissa sa joie exploser. Il allait être grand frère! La Déesse venait de réaliser l'un de ses plus grands rêves, l'une de ses plus grandes prières.

Déodate Aurion avait un corps qui gardait difficilement les enfants. Avant la naissance de Kratos, elle avait fait deux fausses couches et elle avait failli mourir en lui donnant naissance. Mais elle avait si bien récupéré depuis que tout le monde disait que si elle accouchait d'un autre enfant, l'accouchement serait moins pénible pour elle. C'était un miracle pour elle d'être enceinte une seconde fois, à presque quarante ans, d'autant plus que les médecins étaient optimistes.

Yuan était heureux pour les Aurion. Si une famille méritait le bonheur, c'était bien elle, elle qui avait eut la bonté de s'intéresser au pauvre orphelin à l'avenir incertain qu'il était, elle qui en dépit de sa noblesse, de son prestige, de sa renommée et de sa lignée restait simple, modeste. Il félicita les futurs parents, timidement mais Théophratus et Déodate sentaient à quel point le métis était sincère. Le patriarche évoqua la raison pour laquelle il avait fait appeler les deux garçons. Certes, c'était pour leur annoncer la bonne nouvelle mais aussi pour une requête bien particulière destiné à Yuan. Il lui demandait d'être le parrain du futur bébé.

Le demi-elfe crut au début avoir mal compris mais le père de Kratos semblait sérieux. En lui proposant d'être le parrain du futur Aurion, il prouvait de manière symbolique et définitive qu'il acceptait Yuan dans leur famille. L'adolescent accepta avec émotion. La grossesse se déroula sans trop de problèmes. Yuan voyait Kratos rayonner de bonheur, plus fort que le Soleil encore. La joie lui allait si bien! Yuan ne put s'empêcher de le trouver beau. Heureuse de voir à quel point les deux garçons étaient ravis de voir la famille s'agrandir, Déodate leur donna une mission afin de calmer leur impatience: c'était le duo inséparable qui allait décorer la chambre de A à Z . Ils y passaient le plus clair de leur temps, se demandant quelles couleurs iraient le mieux dans une chambre de bébé, quelles couleurs prendre car ils ignoraient si le bébé allait être un garçon ou une fille, comment agencer la pièce... Un peu plus et on aurait dit que les deux adolescents étaient en couple et qu'ils prévoyaient d'adopter un enfant. Après chaque journée dans ce chantier, ils étaient tous les deux si éreintés qu'ils n'étaient pas rare qu'on les retrouve endormis dans les bras l'un de l'autre soit dans la chambre de Yuan, soit dans celle de Kratos.

Au final, la chambre était simple mais agréable. Elle était dans des tons vert anis et blanc, les meubles étaient en bois d'Ozette, le plus solide qu'il existait alors à l'époque. Le résultat était ravissant. Kratos était content, son frère ou sa sœur allait avoir un joli endroit où dormir. Le bonheur lui allait bien. Yuan ne sut pas ce qui le poussa à agir ainsi mais il n'arriva pas à s'en empêcher. Il embrassa Kratos. L'humain, d'abord surpris, se laissa faire. Il aimait ce contact.

Malheureusement, ce bonheur fut de courte durée. Un mois avant la naissance du bébé, Kratos devint orphelin de père. Théophratus avait perdu la vie dans un accident de carrosse alors qu'il se rendait à Meltokio. Jamais une veuve ne fut plus éplorée que Déodate et jamais un père ne fut autant pleuré par son fils. Jamais un pupille ne pleura autant pour celui qui l'avait recueilli. Kratos passa des nuits entières à pleurer. Yuan ne savait pas trop comment agir. Il restait à ses côtés, le laissait pleurer à sa guise contre lui alors qu'il le serrait dans ses bras. On dit souvent « un malheur n'arrive jamais seul » mais on dit aussi «la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit ». Dans la vie de Kratos, la première citation allait surpasser la deuxième. On alla le chercher le jour de Noël. Sa mère venait de mettre au monde un petit garçon fort et en pleine santé. Déodate, en revanche, n'en n'avait plus pour très longtemps. La mort de son mari et des complications durant l'accouchement avaient scellé son avenir. Elle demanda à voir Yuan en premier. Il avait l'air tellement triste! Il n'en avait pas seulement l'air, il l'était réellement. Il avait l'impression de perdre une deuxième fois sa mère.

- Pourquoi pleurez-vous Yuan? La mort fait partie de la vie, non?

Yuan ne sut que répondre. Que pouvait-il dire face à cette femme qui acceptait son destin sans broncher, belle et digne jusqu'à la fin?

- Yuan, soyez franc avec moi, Kratos vous aime ?

- Il m'aime autant qu'un ami peut aimer son ami.

Yuan essayait d'éviter à cette agonisante un choc inutile.

-Comme vous êtes compatissant avec la pauvre mourante que je suis. Ne me mentez pas, je sais que Kratos vous aime. Il vous aime comme j'ai aimé mon mari. Ne croyez pas que j'en suis fâchée, je préfère que se soit vous l'élu de son cœur plutôt qu'un homme dont j'ignore tout. Faîtes moi une promesse, Yuan. Promettez-moi de veiller sur mes fils.

-Je vous le promets Madame, soyez tranquille. Je veillerai sur Kratos et sur son petit frère, même si cela doit me coûter la vie un jour.

-Merci. Je suis si contente de vous avoir rencontré. Vous avez été pour moi mon fils.

-Et vous avez été pour moi une mère aimante. C'est à moi de vous remercier.

Yuan la quitta puis ce fut Kratos qui entra dans la pièce où reposait sa mère.

-Kratos, mon enfant, approchez. Regardez, votre frère est ici. Il s'appelle Lloyd. Vous plait-il mon fils?

Dans son berceau, Lloyd dormait à point fermé. Il avait des petits cheveux bruns, un visage tout rond et un air d'angelot.

-Il est magnifique Mère. Répondit Kratos dont les émotions alternaient entre la joie d'avoir un frère et la tristesse sans nom de voir sa mère mourir alors qu'il se remettait à peine du départ de son père.

Le petit Lloyd ouvrit les yeux et son regard chocolat se planta dans celui grenat de son frère ainé. Kratos aima son petit frère sur le champ.

-Mon fils, comme vous le savez, je suis en train de mourir.

-Ne dîtes pas des choses pareilles Mère, vous allez vivre.

-Non ,mon fils, je me sens partir et vous allez devenir le nouveau duc d'Altamira. Mon fils, vous aimez Yuan n'est-ce pas? Vous l'aimez à la manière d'un amoureux. Je le sais et je ne vous en blâme pas. Dans les volontés de votre père et dans les miennes, vous verrez qu'il est précisé que l'on ne vous forcera point à vous marier. Votre père et moi vous demandons seulement de prendre bien soin de Lloyd. Protégez-le et aimez-le pour nous.

Kratos prit son petit frère dans ses bras et le regarda avec une tendresse triste.

-Plus qu'un frère ma mère, Lloyd sera mon fils. J'essayerai de l'élever aussi dignement que Père et vous m'avez élevé.

-Merci Kratos, je peux partir sans crainte et sans regrets. Dites à Lloyd quand il sera plus grand que je l'aime de tout mon cœur, exactement de al même manière que je vous aime et que j'aime Yuan. Adieu mon enfant, puissiez vous trouver le bonheur, un Ange tel que vous le mérite.

 

Déodate ferma les yeux pour ne plus jamais les rouvrir ensuite et au moment où la vie quittait son corps, au moment même où son cœur acheva son dernier battement, le petit Lloyd se mit à pleurer aussi fort qu'un nourrisson pouvait le faire. Son frère ainé mêla ses larmes à celle du bébé.

Il était désormais le nouveau duc d'Altamira. Il regarda son petit frère et essaya de calmer ses pleurs. Non, ce n'était pas son petit frère, c'était son fils et il comptait bien s'en occuper.

- C'est fini Lloyd, tout ira bien. Je te le promets. Papa est là.

Yuan pénétra dans la pièce. Voyant les larmes de son ami, il comprit tout de suite que Déodate n'était plus. Il fit un signe de croix respectueux face au lit de la morte.

-Viens Yuan, approche. Viens voir comme il est beau.

C'était vrai qu'il était beau, le petit bébé que Kratos tenait dans ses bras. Yuan trouvait qu'il ressemblait à une petit pomme avec sa bouille ronde.

- Cet enfant... est-ce....

Yuan eut trop de mal à finir sa phrase mais Kratos en devina aisément le sens.

-C'est un garçon. Il s'appelle Lloyd. Je cherche ses autres noms, t'as une idée?

-J'ajouterais le nom de son grand frère.

-Et moi celui de son parrain avec celui de son grand-père.

Le jeune orphelin regarda son petit frère et lui dit avec douceur:

- Bienvenue sur Terre, Lloyd Kratos Yuan Théophratus Aurion.

 

 

Malgré sa douleur, Kratos reprit assez vite les rennes du duché Aurion. Wolf garda sa position mais il eut un petit plus dans ses fonctions, il allait être le conseiller du jeune duc. Une jeune nourrice fut choisie pour Lloyd. Elle venait de Luin et avait le même âge que Kratos. C'était elle qui allait devenir la figure maternelle de Lloyd. Elle s'appelait Anna Irving.

Yuan, quand à lui, devenait conseiller du nouveau duc mais surtout il restait son meilleur confident.

Kratos lui jura qu'il continuerait à l'aider malgré ses nouveaux devoirs. Yuan lui promit de l'aider du mieux qu'il pouvait pour Lloyd et pour le duché.

 

C'est le moins que je puisse faire pour toi Kratos. Tu m'as sauvé. C'est à mon tour de t'aider à ne pas sombrer, mon ami. Ami? N'est-ce pas plutôt amant que je devrais penser? On verra bien. Pour l'instant, le plus important, c'est de veiller à ce que tu te remettes bien de tout.

 

 

A suivre

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Chapitre 14: Les sentiments de Yuan - par Marina Ka Fei

 

Chapitre 14: Les sentiments de Yuan

 

Malgré le chagrin qui l'accablait, Kratos se révéla être un jeune homme assez actif dans ses nouvelles fonctions, qu'elles fussent familiales ou politiques. Sa vie était désormais réglée comme un métronome. Tous les jours, il se levait à six heures, il mangeait un peu, il travaillait jusqu'à dix heures. Là, il faisait une bonne pause. Une pause à la Kratos, cela voulait dire qu'on le retrouvait à étudier. Ou alors, le plus souvent, il allait voir son fils, comme il l'appelait avec tendresse. A midi, il déjeunait. Puis il prenait quand même le temps de digérer. Le plus souvent, il passait ce moment de la journée avec Yuan. A deux heures, il se remettait en selle, épée à la main et il assassinait les affaires, la paperasse et les documents administratifs. Du sang noir coulait le long de sa lame. A quatre heures, il jugeait qu'il avait assez travaillé pour toute sa journée. Il rejoignait Yuan pour une bonne séance d'escrime, histoire de ne pas rouiller. Il se détendait, il discutait avec Wolf, Yuan ou Anna. Il jouait avec Lloyd. A vingt heures, tout le monde soupait. Même si Anna et Wolf étaient de la roture, Kratos tenait à leur présence à sa table. Anna était celle qui veillait sur son fils. Wolf avait été celui qui avait veillé sur lui dans son enfance. Après, Anna se retirait avec Lloyd. Wolf ne tardait jamais vraiment longtemps. Kratos et Yuan restaient alors seuls. A vingt-deux heures ou vingt-deux heures trente, les deux jeunes hommes allaient se coucher. Les domestiques et les aristocrates vantaient ce jeune duc, ils saluaient sa force et son courage. Kratos se disait qu'ils avaient tort. Les premières nuits, il avait demandé à Yuan s'il pouvait dormir avec lui. Les premières nuits, il ne dormait pas, il pleurait silencieusement, son ami le berçant comme si c'était lui, l'enfant dont sa mère venait d'accoucher. Mais ça, c'était la nuit. C'était dans le monde du secret. C'était dans le monde des ombres.

Malgré la mort des époux Aurion, la vie de Yuan ne changea pas vraiment. Il était toujours aussi libre de ses mouvements. Alors il décida d'essayer d'adoucir la vie de son ange gardien. Il se levait à six heures, histoire que Kratos ne déjeune pas seul. Ensuite, il lisait. A dix heures, il l'accompagnait dans sa détente. En attendant l'heure du déjeuner, il était le plus souvent avec Lloyd. Il lui parlait. Ça pouvait paraître stupide, vu que Lloyd ne pouvait pas lui répondre mais il était certain que Lloyd le comprenait. A midi, il déjeunait avec Kratos. Puis il attendait patiemment que Kratos eut fini de travailler. Le plus souvent, il étudiait avec Wolf. Après, quand Kratos avait enfin fini, il s'arrangeait pour lui changer les idées. Il ne savait pas pourquoi mais quand il voyait l'humain pleurer, quand il le voyait aux proies du chagrin et du désespoir, son cœur se serrait, il devenait lourd. Cela lui faisait mal. Alors, il essayait de calmer la douleur. Le reste de la journée, il restait avec Kratos. La nuit, il dormait avec Kratos. Ses pleurs s'estompaient et ses nuits, il les passa à dormir.

Quand un Ange veille sur vos rêves, on ne peut que bien dormir.

La vie de Lloyd était un vrai petit paradis. Le bébé passait le plus clair de son temps à dormir. Quand il avait faim, il n'avait même pas besoin de parler, Anna comprenait tout de suite et hop, à lui le lait! Il l'aimait bien Anna. Elle sentait bon, elle avait une jolie voix. Lloyd aimait bien Yuan aussi. Il lui parlait souvent et comme Yuan n'attendait pas spécialement de réponses vu qu'il savait qu'il ne savait pas encore parler, Lloyd l'écoutait. Ce que Lloyd aimait le plus chez Yuan? Ses cheveux, pardi! Une si jolie couleur, avec une jolie longueur alors du coup Lloyd en profitait pour attraper ses cheveux avec ses petits poings et comme Yuan ne disait rien, il recommençait. Ça l'amusait Lloyd. Au pire, Yuan râle mais au ton rieur du métis, Lloyd sent qu'il n'est pas sérieux. Et puis, il serre pas fort Lloyd. Juste assez pour que Yuan sente que quelqu'un le retient. Enfin, il y a Kratos. Lloyd sait que Kratos n'est pas son papa, Yuan le lui a expliqué, Kratos le lui a expliqué, Kratos c'est son grand-frère mais bon, vu comment il est grand et fort, il peut se faire passer pour son papa sans problème. Lloyd aime bien Kratos. Kratos, il joue tout le temps avec lui. Il le chatouille parce qu'il l'aime l'entendre rire et Lloyd, lui, il aime les chatouilles. Kratos, il le câline, il lui parle. Même si Lloyd sent qu'Anna l'aime, même s'il sent que Yuan est tombé sous son charme de bébé, c'est différent avec Kratos. Personne ne l'aimera aussi fort que Kratos, il le sait. Alors que Kratos soit son grand frère ou son père, Lloyd, il s'en fiche. Tant que Kratos l'aimera fort, peu lui importe à Lloyd. D'ailleurs, la première personne qu'il appellera, ce sera Kratos, tiens! Puis Anna ou Yuan. Ou les deux en même temps. Après il verra bien. Bébé Lloyd est fatigué, il s'endort paisiblement dans les bras de Kratos. L'ainé ne tarde pas à le suivre d'ailleurs. Alors, Yuan retrouve le tableau touchant des deux Aurion au pays des rêves. C'est comme ça presque tout les jours.

Ce jour là, tout semblait suivre son cours normal. Seulement, à trois heures, personne n'avait prévu qu'Anna n'entre en trombe dans le bureau de Kratos.

- Eh bien, en voilà une agitation Anna !

- Pardonnez-moi Monsieur Aurion mais c'est le petit Lloyd! La fièvre monte et malgré tous mes efforts, je ne parviens pas à le soulager!

 

Seuls deux mots arrivèrent intacts au cerveau de Kratos:

Lloyd- malade

Il se précipita littéralement au chevet de son petit frère. Yuan, pendant ce temps, avait appelé un médecin, tandis que Wolf et Anna essayaient d'aider de leur mieux. Kratos prit Lloyd dans ses bras et tenta d'apaiser ses pleurs.

Et si jamais son petit trésor venait à mourir lui aussi? Il se retrouverait alors tout seul, il serait le dernier des Aurion! Alors qu'il avait juré à sa mère mourante de prendre soin de l'être pour lequel elle avait donné sa vie sans regrets!

- Ne meurs pas Lloyd, ne meurs pas...ne meurs pas...

L'humain répétait ces mots sans arrêt, comme s'il voulait que Lloyd ne les oublie pas. Il serrait son petit corps contre le sien, il essayait de lui transmettre de sa force, de sa santé, même de son espérance de vie s'il le fallait! Quand Yuan le vit, il eut immédiatement à l'esprit l'image d'une marionnette brisée, bloquée dans une valse, un requiem sans fin. Et c'était infiniment triste. Il s'approcha doucement des deux Aurion et sécha d'un revers de la main les larmes de l'ainé.

- Ne t'inquiète pas, c'est sans doute rien de bien méchant. Je suis sûr que Lloyd guérira.

Il passa ses bras autour des épaules de Kratos et déposa sur sa joue un baiser. Certes, l'humain pleurait toujours mais au moins, Yuan avait réussi à le faire sourire. Ah Seigneur, ce sourire magnifique, figé dans la tristesse et la dignité! Le métis sentit son cœur chavirer. Pourquoi? Il ne le savait pas et le moment était mal choisi pour penser à cela. La priorité, c'était Lloyd. Le médecin arriva assez vite et diagnostiqua un coup de froid sans gravité car Yuan avait eu le bon réflexe de le faire quérir mais il fallait quand même surveiller le petit quelques jours.

A peine le médecin parti, Kratos déposa doucement Lloyd dans son berceau avant de s'effondrer sur le canapé. Les larmes d'inquiétude devinrent des larmes de soulagement. Yuan prit place à côté de son ami et le serra contre lui, le laissant évacuer à sa guise. Lui quand il fallait qu'il évacue, il vomissait. Kratos évacuait par les yeux. C'est une histoires d'entrée ou de sortie, faut bien considérer par quel sens on prend l'histoire.

Malgré son travail encore titanesque pour un adolescent de dix-huit ans, le jeune duc tint à veiller son petit frère. Il le fit quatre nuits. Il en aurait bien fait une cinquième si Yuan ne l'avait pas forcé à aller dormir un peu en lui assurant que Lloyd allait mieux et qu'au pire, en cas de problème, il saurait gérer. Il n'y eut aucun incident notable cette nuit là, à part une histoire de langes à changer mais ça, Yuan savait faire alors, pas de problème.

 

Le lendemain, Kratos avait les traits tirés. Il était pâle et avait peu d'appétit. Yuan le remarqua. Avec son joli sourire, l'humain aux cheveux acajou le rassura.

- C'est juste un peu de fatigue.

Plusieurs jours passèrent ainsi et à chaque fois que l'on lui faisait remarquer son apparente faiblesse, il sortait toujours la même phrase, avec son éternel sourire. Il continuait à mener son train de vie habituel. Levé aux aurores et couché bien après le soleil. Son esprit acceptait. Son corps acceptait de moins en moins. Ce fut durant une séance d'escrime avec Yuan que le corps rebelle décida de se révolter. Sans crier gare, Kratos s'effondra brûlant dans les bras du demi-elfe. Et quand le métis lui posa la question clichée du « ça va ? », il répondit la même réponse que d'habitude avant de plonger dans l'inconscience. Quand Yuan avait pensé à une marionnette brisée en faisant référence à Kratos, il n'avait pas tort. Depuis la mort de ses parents, Kratos n'avait plus aucun fil pour le retenir. Il avait dû endosser toutes les casquettes possibles: Aristocrate, homme d'affaires, père, adolescent, ami... A dix-huit ans. Il avait caché sa souffrance aux yeux de tous, même Yuan n'avait pas su sonder toute la profondeur de son chagrin. Le médecin appelé pour le petit frère fut mandé une seconde fois pour le grand. Kratos devait être fan des mathématiques, il avait là une sacrée addition.

 Surmenage intense+stress pour Lloyd+ train de vie démesuré+ grosse bronchite qui menaçait de tourner à la pneumonie si Kratos ne se calmait pas = ce que vous avez lu peu avant.

J'ai échoué...Je n'ai pas su te protéger Kratos...Je n'ai pas su voir ta douleur, je n'ai vu que la face visible de l'iceberg. Je me suis laissé tromper par ton air joyeux. Pourquoi n'ai-je pas pu voir au delà de ton regard? Alors que toi, à Meltokio, tu devinais aisément mes souffrances! Ce « n'y penses plus» pendant l'anecdote du bain ! Tu devinais tout de moi! Est-ce moi qui suis lisible comme un livre ouvert? Ou alors est-ce moi qui lit mal? Ça ne m'étonnerait pas. Pardonne-moi Kratos...

Kratos s'éveilla quelques heures plus tard en ayant la sensation que tout son corps refusait de lui obéir. Pourtant, il avait encore des choses à faire. Il tenta de se lever quand il sentit deux bras le saisir pour le rallonger de force. Il n'eut même pas besoin de lever les yeux pour deviner à qui appartenait ces bras. Il savait que c'était celui qui faisait battre son cœur, celui qu'il aimait à s'en rendre malade, celui qui lui avait donné son corps.

L'humain sentit deux gouttes d'eau tomber sur son bras. Son Ange avait eu peur pour lui, son Ange pleurait par sa faute. D'accord, il allait se calmer un peu, d'accord il allait se soigner et se reposer, d'accord il ne lui mentirait plus sur son état.

- Pardonne-moi Yuan, je n'aurais pas du te mentir.

- Non, c'est à moi de te demander pardon, je n'ai pas su voir au-delà des apparences... Je m'en veux tellement! Si jamais je te perdais, je....

 

C'est vrai ça, qu'est-ce que je ferais sans Kratos? Que deviendrais-je sans lui? Vivre sans lui? Non! Je ne veux même pas l'imaginer, cela serait un cauchemar, un Enfer pire que celui de la pension Kharlan! Sans lui, ma vie redeviendrait noire et triste! Il doit survivre, il faut qu'il survive!

- Yuan?

En entendant son prénom, le demi-elfe cessa toute bataille avec ses pensées.

- Ce n'est rien Kratos, essaye de dormir un peu, cela te fera la plus grand bien.

Le malade acquiesça et ne tarda pas à rejoindre le pays des rêves, ce qui donna l'occasion à Yuan de reprendre son combat interne là où il l'avait laissé. Reyson lui avait dit qu'un jour, il devrait donner une réponse à Kratos. Lui-même avait dit à Kratos qu'il n'avait pas pu réellement se poser la question sur ses sentiments pour lui. Mais là, le métis sentait que la réponse était proche. Cette peur de le perdre à jamais, cette envie de le voir heureux, cette sensation de chaleur quand il voyait son sourire, cette envie maintenant presque permanente qu'il avait de l'embrasser... Et oserait-il l'avouer? Son désir pour l'humain qui grandissait chaque jour davantage...

Le souvenir de ce jour où ils n'avaient fait qu'un et ce « je t'aime tant » qui le tourmentaient de jour comme de nuit... Si Kratos avait été un simple ami pour lui, cette journée aurait été une anecdote sympathique. Il était bien plus qu'un ami. Était-ce...de l'amour? Cela ne pouvait être que cela.

 

Si Kratos savait ce que je ressens, il en serait fou de joie....Et sa joie ferait mon bonheur. Le doute n'est plus en moi....Je l'aime.... A en devenir fou même.... et je l'aime peut-être depuis longtemps déjà... Je l'aime...Ça me fait bizarre, cela me paraît si évident maintenant! Je l'aime... Maman, tu avais raison, la Déesse récompense toujours ceux qui se donnent du mal. Elle m'a offert un ami, un amoureux, un amant et tout cela en un seul et même être: Kratos. C'est un garçon, et alors? C'est lui que mon cœur a choisi, on ne contrôle pas l'amour. J'aime Kratos. Peu importe ce que cet amour peut m'apporter comme misères, il m'apportera bien plus de joie que de peine. Et Kratos en vaut largement la peine.

 

 

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Chapitre 15: Une partie de la vérité - par Marina Ka Fei

 

Chapitre 15: Une partie de la vérité

Le lendemain matin, le jeune duc d'Altamira se réveilla avec un mal de crâne horrible. Il avait l'impression qu'on avait passé son corps à tabac. Mais il ne pouvait pas se permettre de dormir, il avait encore trop de travail pour cela. Il essaya de se lever, sans grand succès. Yuan entrait dans la pièce au moment même où Kratos tentait de sortir de son lit.

-Kratos Aurion, essaye encore une fois de te lever alors que tu es malade et je te ligote à même le lit! Dit Yuan en tentant d'être un tant soit peu menaçant sans franc succès.

-Oui Papa. Plaisanta le malade

-Je n'ai pas l'honneur d'être ton père, je suis ton amoureux. Répliqua le métis

-Hein?

-Deux.

-Trois, j'ai gagné!

Non, il avait du mal entendre. Ou alors Yuan lui faisait une blague. Une bien acide selon lui, il ne savait toujours pas si son amour pour lui était réciproque et le fait qu'ils avaient eu une liaison un après-midi ne signifiait rien. Il sentait des larmes lui piquer les yeux et Yuan réalisa qu'il avait été maladroit. Kratos ignorait ce qu'il ressentait à son égard.

-Ne pleure pas, je suis désolé, je ne voulais pas te blesser. J'aurais du te l'annoncer de manière plus délicate.

-M'annoncer quoi de manière plus délicate?

Le demi-elfe serra l'humain contre lui et le laissa se calmer un peu.

- Tu veux vraiment savoir pourquoi j'ai dit ça, Kratos?

Mouvement affirmatif de la tête de la part du concerné.

-Parce que je t'aime. Je t'aime vraiment. Je veux être pour toujours à tes côtés et il n'y a qu'auprès de toi que je me sens vraiment moi, vraiment vivant.

Yuan sentit Kratos sursauter à l'annonce de cette nouvelle. L'humain avait du mal à croire ce que son ami venait de lui dire. Il l'aimait? Il l'aimait d'amour?

-Tu te moques de moi, c'est ça?

-Je ne me le permettrai pas. Je t'aime Kratos, de quelle preuve as-tu besoin pour que tu me croies?

L'humain ne répondit pas. Il n'arrivait pas à réaliser. Yuan l'aimait, il l'aimait de la même manière que lui l'aimait.

-Tu m'aimes?

-Je viens de te le dire Kratos.

Le demi-elfe captura avec douceur ses lèvres dans un baiser à la fois chaste et tendre. Kratos eut la confirmation que Yuan ne mentait pas. Toute la peine qu'il avait accumulé depuis qu'il avait réalisé qu'il aimait l'enfant des Minaria s'envola avec cette pensée. Yuan l'aimait.

-Tu te rappelles quand tu m'avais soigné à Meltokio? Aujourd'hui, c'est à mon tour de te soigner.

-Mais j'ai du travail à faire.

-Wolf et moi, nous nous en chargeons.

-Et Lloyd?

-Anna le chouchoute, comme à son habitude. Quand tu iras un peu mieux, on te l'amènera. Ne cherche pas d'échappatoire, il n'y en a pas.

 

Yuan fut donc le garde-malade de Kratos le temps de sa convalescence. Cependant, il en manquait jamais d'aller parler à Lloyd. Il lui disait toujours:

-Ton grand-frère va mieux aujourd'hui. Tu lui manques, dès qu'il sera guéri, il viendra te voir.

Mais un jour, après lui avoir sorti sa phrase habituelle, Yuan sentit une toute petite main serrer son petit doigt. Le bébé lui tendait les bras. Que faire? Il était vrai que Yuan adorait Lloyd mais il n'était pas habitué aux bébés. Donner un biberon ou changer des langes, il savait mais prendre véritablement un enfant si jeune dans ses bras...Il avait peur de lui faire mal. Cependant, le petit était si mignon, il ne pouvait décemment pas lui ôter ce plaisir. Il surmonta sa première appréhension et prit Lloyd dans ses bras.

-Bon, maintenant que t'es là, on va voir Kratos? Il va beaucoup mieux, tu sais.

Lloyd émit un léger gazouillement qui eut pour effet de faire sourire le métis.

Quand Yuan entra dans la chambre de Kratos, le jeune malade était assis dans son lit, lisant tranquillement. Son visage s'éclaira à la vue de ses deux visiteurs.

- Regarde Lloyd, tu as bien vu que je ne mentais pas.

Yuan s'approcha et Kratos prit son jeune frère dans ses bras. Comme ce contact lui avait manqué! Le demi-elfe se prit à rêver ce qu'aurait été sa vie si lui-même avait eu un petit frère ou une petite sœur, ou même les deux. Il aurait joué avec le petit et fait des couettes à la demoiselle. Mais ce beau rêve ne se réaliserait jamais. Sa mère était morte. Peut-être que son père avait refait sa vie. S'il voulait le savoir, il lui fallait le retrouver mais rien depuis la première lettre de Madame Mils n'était arrivé. Comme pour contrer cette vérité, Anna apporta à Yuan une lettre. La suite des aventures de Reyson Ka-Fai.

 

 

Votre Altesse

 Je vous prie de pardonner votre bien piètre servante qui vous a fait attendre.

Cependant, avant que je ne me lance dans la suite des aventures de Sa Majesté, je tenais à présenter mes sincères condoléances à Monsieur le duc d'Altamira, ainsi que mes meilleurs vœux pour sa prise de pouvoir et pour son petit frère.

La dernière fois, je m'étais arrêtée aux quinze ans de Sa Majesté.

Nous commencerons donc ici.

 

 

A quinze ans, Reyson apprit que son père l'avait fiancé à une jeune noble, la fille du Pontife de Tésséha'lla, Mademoiselle Marianne de Méthy, destinée à devenir plus tard la tenancière du pensionnat dans lequel vous avez travaillé.

 

La directrice, fiancée à son père?! Yuan n'en croyait pas ses yeux! Pourtant, il lui semblait qu'elle ne s'était jamais mariée et qu'elle n'avait pas d'enfants. Son père l'aurait donc quitté? Mais...Elle avait parlé de fiançailles brisées, un jour, quand il était allé cherché Reyson pour aider Kratos! Elle et lui auraient été fiancés un jour mais il avait brisé les fiançailles. De plus, il connaissait sa mère et de dos, il ressemblait trait pour trait à l'homme qui était dans ses visions. Cette sensation qu'il avait eu quand il l'avait rencontré...C'était lui...Le Reyson du cimetière de Meltokio était en réalité son père! Et à tout les coups, le pseudonyme dont parlait l'autre garce, c'était Gabriel Théodore. Le fameux médecin à qui il devait la vie, c'était également lui!

La directrice savait! Elle savait qui il était et elle s'était vengée sur lui! Il sentit une vague de colère l'envahir. Il ne savait pas s'il ressemblait plus à son père ou à sa mère mais il savait qu'il n'était pas eux, il n'avait rien à voir dans l'histoire

 

Cette histoire de fiançailles déplaisait fortement à Reyson. Marianne était son parfait opposé, il ne l'aimait pas. Il ne voyait en elle qu'une amie. Il était déjà tombé sous le charme d'une jeune fille de son âge venue d'Heimdall. Madame votre mère, à l'époque Mademoiselle Nayru Thècle, Oracle du temps.

Reyson demanda à son père de rompre ses fiançailles qui le liaient à Marianne de Méthy pour le fiancer à Nayru. Elle était de haute lignée, plus haute même que celle de sa fiancée et il l'aimait. Argument de poids pour la conception d'un enfant car si un homme n'aime pas sa femme, la venue d'un bébé peut être rendue difficile. Mais il eut beau faire, le roi ne céda pas. Il voulait un mariage entre la famille pontificale et la sienne. Reyson argumenta en précisant que Rafiel pouvait très bien l'épouser, d'autant plus qu'il en était amoureux fou.

 

 -Mon fils, assez de discussions, vous devez vous sacrifier pour l'intérêt de la famille Ka-Fai, je l'exige.

 

 Le malheureux prince versa bien des larmes. Quand Marianne venait pour les représentations officielles, il était courtois avec elle mais ne lui adressait la parole que si il en avait besoin ou si elle lui posait une question. Le roi lui en tint rigueur. A la Cour, Reyson était très mal vu. Ce n'était plus un rebelle adolescent à qui on pouvait pardonner sa quête et ses questionnements, c'était un renégat qui faisait le malheur de son père. Au sein de la famille, l'ambiance était tendue. Rafiel reprochait à Reyson son manque d'entrain envers sa promise bien qu'il l'eut remercié, en secret, d'avoir tout tenté pour que se fusse lui l'époux de Marianne. Lillia était complètement d'accord avec son père. Leanne fut la seule qui était réellement affirmée comme étant du côté de Reyson. Elle-même n'aimait pas Marianne. Elle la trouvait bien trop frivole et hautaine envers le petit peuple à l'inverse de Nayru. Selon la jeune princesse, Nayru était bien plus digne d'entrer dans la famille royale que Marianne.

Le prince Reyson vouait une profonde affection pour Leanne, qui le lui rendait bien.

Le mariage princier fut fixé pour les dix-huit ans de Reyson.

Malheureusement, le roi de Tésséha'lla craignait le peuple Minaria et il fit raser le pays entier. Seuls Reyson, Wolf et quelques habitants dont moi-même survécurent à ce massacre pur et simple. Le prince était effondré. Il avait alors dix-huit ans. Il rompit ses fiançailles et décida d'épouser Nayru, puisque rien ne pouvait plus l'en empêcher. Ils s'installèrent à Heimdall. Trois ans plus tard, vous veniez au monde. Le prince Reyson ne semblait heureux qu'auprès de sa femme et de vous. Heimdall étant hostile aux demi-elfes, vous partiez pour Meltokio. Malheureusement le roi eut vent de votre naissance et ce fut ainsi que Sa Majesté Nayru fut séparée de son époux, qui m'avait confié ce qu'il avait de plus précieux: sa famille. Je n'eus plus aucune nouvelle du prince et on fit croire qu'il n'y avait plus aucun survivant du peuple de Minaria à la mort de votre mère, tuée sur ordre du roi.

 

 

C'est là tout l'histoire du peuple de Minaria, Votre Altesse. Il fut néanmoins vengé par le peuple de Tésséha'lla, scandalisé par cette violence gratuite, ce qui fit perdre sa couronne au sanguinaire et permit à un roi plus pacifiste de prendre le pouvoir.

 

Votre Altesse, je suis et je serai à jamais votre éternelle servante

Roselyne A.Mils

 

 

Il fallut un peu de temps à Yuan pour assimiler ce qu'il venait de réaliser et d'apprendre. Kratos lui remarqua un air qu'il ne lui avait encore jamais vu. Un mélange de détermination, de tristesse mais aussi...de colère? Il pria le demi-elfe de lui raconter ce qui le minait. Alors Yuan lui raconta tout. Ses révélations, ses déductions, ses nouvelles envies...Il lui demanda s'il avait un portrait de Gabriel. Kratos lui montra. Le cœur du métis fit un bond. C'était bel et bien Reyson. Le Reyson du

cimetière. Le Reyson qui avait aidé Kratos. Le Reyson qui lui avait sauvé la vie. Savait-il qu'il allait sauver son fils de son ex-fiancée? Il compara ce portrait à celui que Madame Mils lui avait fait parvenir. Aucun doute possible, c'était lui. Yuan avait du mal à réaliser qu'il venait de retrouver son père et mieux encore, il vivait.

-Kratos, j'ai du travail à faire mais puis-je le faire ici? Je ne voudrais pas te laisser seul.

-Bien sûr, mais je n'aurais pas été seul, Lloyd aurait été avec moi. Tu veux envoyer des lettres?

-Oui, dont une bien corsée à cette chère Marianne de Méthy. Fille de Pontife ou pas, je vais lui sonner les clochettes à celle-là. On ne s'en prend pas à un jeune homme juste pour se venger de son père et on s'en prend encore moins au prince héritier de Minaria.

Kratos ne put s'empêcher de sourire. Yuan commençait à avoir cette légère fierté due à sa condition sans pour autant oublier ce qu'était la misère de la roture. Et puis, allumer par lettre cette satanée et satanique Méthy, Kratos trouvait cela jouissif à souhait.

-Surtout, tout en restant poli, lâche toi, Yuan.

-Oui mais d'abord, j'écris à Madame Mils, la Méthy sera la dernière à qui j'écrirai. Je préfère une vieille femme du peuple à une fille de Pontife, voilà qui ferait jaser si cela se savait.

Le jeune homme se mit à l'ouvrage tandis que Kratos jouait paisiblement avec Lloyd avant d'être assailli par une quinte de toux. Aussitôt, Yuan arrêta et alla vers son amoureux.

-Vas-y mollo, tu es encore malade. Certes, moins, beaucoup moins mais quand même.

Kratos sentit une petite main sur la sienne et vit deux grands yeux chocolat le fixer. Lloyd était encore trop petit pour comprendre ce qui arrivait à Kratos mais il n'était pas pour autant stupide. Il avait senti que son grand-frère avait mal.

Une fois assuré que Kratos allait bien, Yuan se remit au travail.

 

 

Chère Madame Mils

 

Je tenais à vous remercier personnellement de votre travail. Vous avez comblé toutes mes attentes et même au-delà de mes espérances. Quel étrange destin que celui de mon père. Je sais qui il est et où il est désormais. Mais je pense que vous le savez déjà. Vous l'avez sans doute reconnu le jour où nous nous sommes retrouvés en allant au cimetière pour honorer ma pauvre maman.

Je voulais aussi vous remercier de tout ce que vous avez fait pour notre famille.

Je n'oublierai jamais votre dévouement pour notre clan et je n'oublierai jamais votre gentillesse à mon égard. Je ne puis malheureusement pas encore vous remercier comme il se doit, cette lettre est à la fois une lettre de remerciement et d'excuse, mais cela n'est que partie remise.

 

Je vous envoie mes meilleurs sentiments

Yuan Ka-Fai de Minaria

 

 

 

Le jeune homme cacheta la première lettre avant de demander l'adresse de «Gabriel» à Kratos.

 

 

Monsieur mon très cher père

 

Non, vous ne rêvez pas. Je sais qui vous êtes, j'ai deviné qui vous étiez sous ce pseudonyme. Mon cher père...Je...Je n'arrive pas à croire que vous êtes en vie! Plus le temps passait, plus je perdais espoir de vous retrouver enfin. Quelle drôle d'histoire que la notre! Mon père, sachez que chaque pas que j'ai fait depuis que j'ai appris votre existence était dans le but de vous retrouver, je voulais me rapprocher de vous, vous connaître pour me connaître. Je voulais apprendre à vous aimer. Je voudrais vous revoir. Wolf, qui est resté à Altamira depuis dix-huit ans aussi. S'il vous plaît mon père, venez à Altamira chez mon ami Kratos avec Madame Mils. Rien ne me causerait de plus grande joie.

Maintenant que je vous sais vivant, je ne peux plus m'empêcher de penser au jour de nos retrouvailles, de vraies retrouvailles, pas comme celle du cimetière.

Madame Mils m'a raconté votre passé. Étrangement, c'était exactement l'idée que je me faisais de vous. J'ai hâte de pouvoir parler de cela avec vous.

 

J'ai l'honneur d'être votre enfant

Yuan

 

 Enfin vint la lettre à la Méthy.

 

Mademoiselle

 

Il était bien malavisé à vous de me traiter comme vous le fûtes. Je suis maintenant ce que j'aurais toujours du être et croyez bien que votre personne égoïste, froide, frustrée et pathétique ne provoque en moi que du dégout. Vous n'avez plus aucun pouvoir, le seul que vous avez est sur cette pension minable.

Plutôt que de me faire du mal, il aurait mieux valut me traiter correctement si vous vouliez vous attirer les faveurs du Roi mon père. Tant pis.

J'ai pour projet de récupérer mon trône et je sais que j y arriverai

Sachez que je ferai savoir quel genre de créature misérable vous êtes. Vous perdrez crédibilité devant toute la Cour du Roi de Tésséha'lla, favorable aux Minaria. Vous serez socialement morte. Le jouet ne sera plus jamais un jouet. Tel est pris qui croyait prendre.

Je ne vous salue point, une personne de mon rang n'a pas à le faire pour des gens comme vous. On ne salue guère un chien. Je vous ai fait la faveur de vous écrire. Gardez bien cette lettre, elle sera la seule que vous aurez de moi. Vous voulez mon pardon? Pourquoi? Parce que cela est écrit dans les enseignements de Mana? Il me semble que vous les avez assez bafoués comme ça. Il est trop tard maintenant. Avant j'aurai pu vous pardonner. Plus maintenant.

On ne s'en prend jamais impunément aux innocents.

Adieu Madame, puissiez vous vivre longtemps, bien, en bonne santé mais assez malheureuse d'esprit pour pouvoir vous repentir de vos pêchés.

 

 

J'ai l'honneur d'être etc

Yuan Ka-Fai, Prince héritier de la couronne de Minaria

 

 

 -Cela sera ma seule vengeance, Marianne, tu t'en tires à bon compte. J'aurais pu être plus cruel encore.

Yuan envoya toutes ses lettres. Deux semaines plus tard, son vœu le plus cher se réalisait. Son père avait tombé le masque et lui avait écrit qu'il était en route pour Altamira.

 

 

A Suivre

 

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Chapitre 16: Tourné vers l'avenir - par Marina Ka Fei

 

Chapitre 16: Tourné vers l'avenir

 

Dans son bureau, Marianne de Méthy lisait la lettre de Yuan devant sa cheminée. Elle eut un rire léger. Il voulait sa mort sociale? Elle était déjà morte socialement quand l'ancien roi fut renversé et son père tué. Elle ne regrettait rien. Elle ne regrettait pas le traitement spécial qu'elle avait infligé au demi-elfe. C'était vrai, en prenant soin de Yuan, elle aurait pu gagner l'estime de Reyson. Et alors? Sa déchéance et sa vie malheureuse, elle le lui devait. Elle était condamnée à rester Mademoiselle «la fille de». La mort de son père était due aux Minaria, même si c'était hors de leur contrôle. Elle ne se repentirait jamais. Sa vengeance, elle l'avait eu. Elle l'avait eu dès que le fils de Reyson avait commencé à dépérir. Elle l'avait eu dès qu'il avait été violé. En fait, plus il allait mal, mieux elle se sentait. C'était pour cela qu'elle encourageait des garçons comme Lévin. Yuan avait souffert, sa vengeance était accomplie. Voulait-elle sa mort? Non, mais sa mort ne l'aurait pas attristée. Perdre sa pension? Elle s'en fichait pas mal. Elle trouverait toujours un moyen de se relever. D'un geste las, elle jeta la lettre dans le feu. Son deuil d'un possible mariage était fait. Elle pouvait tourner la page.

 

 XXXXXXXXXXXXXXXXXX

 

A Altamira, Yuan était fort affairé. Entre les préparatifs pour l'arrivée de son père, le petit Lloyd et son cher Kratos, il n'avait pas énormément de temps pour se reposer. Il faisait des projets d'avenir. Un avenir avec Kratos et Lloyd. Un avenir où un amour tel que le leur pouvait s'épanouir. Un avenir où la tragédie de ses parents ne se déroulerait pas. Son plan était simple, bien calculé. Mais il avait besoin de l'aide de son père. Il espérait qu'il ne le rejette pas une fois qu'il saurait la nature de sa relation avec Kratos.

Kratos se remettait de sa maladie et désormais, il acceptait d'avoir l'aide un peu plus poussée de Wolf et de Yuan. Yuan...Rien qu'en pensant à son nom, il souriait. Il repensa aux projets de son compagnon. Il espérait vraiment qu'ils puissent se réaliser. Depuis qu'il savait que son amour était réciproque, le jeune humain se sentait mieux, c'était étrange, la vie lui paraissait plus belle. Seulement, il pensa à une chose. Que Yuan soit un demi-elfe, Kratos s'en fichait pas mal. Mais une chose le rendait malheureux. Il savait qu'il n'accompagnerait jamais le jeune homme jusqu'au bout de sa vie. L'espérance de vie de son amour était de mille ans, la sienne seulement de quatre-vingt et encore...Bien sûr, il lui en avait parlé. Yuan lui avait répondu cela:

-J'espère que le jour de ta mort, la Déesse me fera mourir dans la seconde qui suivra ton départ. Sinon, je m'en chargerai moi-même. J'ai commencé ma vie avec toi, je la finirai avec toi.

Ah, d'accord, c'était toujours aussi franc mais Kratos avait appris à décoder la franchise de Yuan. Il venait là de lui faire une des plus belles déclarations d'amour.

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXX

 

Dans une berline de voyage, Reyson et sa vieille nourrice étaient en route vers Altamira. Le trentenaire regardait défiler le paysage que son fils avait eu la joie de contempler des mois plus tôt. Il se demandait comment il allait. Il se demandait si Kratos avait eu sa réponse. Et si elle était positive, alors il leur souhaitait tout le bonheur du monde. Il savait ce que c'était, un amour rejeté par sa propre famille, la sensation qu'elle vous hait, la sensation d'un amour qui vous tue à petit feu. Il savait ce que c'était. Il ne ferait pas cela à Yuan.

Madame Mils pensait encore à la lettre du «petit» Yuan. Tant de tendresse et de reconnaissance envers elle, la gueuse, et pas seulement du fils mais aussi du père et de feue la mère! La vieille dame priait la Déesse pour que son Roi et son Prince trouvent un jour le bonheur. Peu lui importait la forme, tant qu'il était dans la dignité.

 

XXXXXXXXXXXXXXXXXX

Épuisé, Yuan se laissa tomber dans un fauteuil.

-Bon sang, je n'ai même pas pu voir Kratos et Lloyd aujourd'hui. Je suis tellement fatigué...

Il ferma les yeux et se laissa aller au sommeil.

 

 

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Chapitre 17: Retrouvailles - par Marina Ka Fei

 

Chapitre 17:Retrouvailles

 

 Le ton affirmé et la mine sérieuse de son fils avaient surpris Reyson, tout autant que sa phrase.

« Je veux faire renaître notre royaume. »

Faire renaître sa patrie, faire renaître Minaria? Reyson y avait pensé mais il n'en avait jamais eu le courage, sans sa femme et sans son fils. Apparemment, Kratos n'était pas au courant. Il n'avait pas l'air de comprendre. Il y avait comme quelque chose de triste dans son regard.

-Tu...veux partir?

-Pas sans toi, Kratos, tu t'en doutes bien non?

Kratos eut soudain l'air soulagé. Reyson planta son regard bleu dans celui turquoise de Yuan.

-Faire renaître notre pays? Puis-je savoir pourquoi?

-Pour plusieurs raisons. En le rebâtissant, nous pourrions donc en changer plus facilement les lois et les mœurs. Les gens ne verront rien de gênant en un roi homosexuel si c'est un roi qui a fait renaître le pays de ses cendres. Ils accepteront plus facilement.

-Kratos serait donc ton compagnon et le petit Lloyd, l'héritier de la couronne, si je suis ton raisonnement.

-C'est cela. Mais je n'agirai pas sans ton consentement et celui de Kratos.

Kratos se plongea dans une réflexion intense. S'il acceptait, Altamira se verrait ainsi mise en valeur. Il serait toujours avec Yuan. On ne le pousserait pas à se marier par raison. Et Lloyd aurait un grand destin. Certes, être roi, ce n'était pas très drôle tous les jours mais avait-on jamais vu un fils cadet d'un duché vassal devenir une si grande personne? Il accepta la proposition de Yuan.

-N'y a t-il pas, dans ce vœu, également une part d'envie de vengeance Yuan?

L'interpellé regarda son père, surpris. C'était comme si il avait lu ses pensées les plus profondes. Autant jouer la carte de la franchise.

-Il y a également un peu de ça. Ceux qui m'ont piétinés seront obligés de reconnaître le fait que je leur étais supérieur depuis le début malgré ma situation malheureuse. Ils seront blâmés pour ce qu'ils m'ont fait et la Justice fera son œuvre. Domestique ou non, j'étais et j'avais toujours été le prince héritier de Minaria. Et puis, Madame Mils avait écrit dans sa dernière lettre avant votre arrivée que notre peuple avait été vengé et que le nouveau roi regrettait ce qui nous était arrivé. Sans pour autant parler de pardon, il est temps pour eux et pour nous de tourner la page. Je veux également pouvoir récupérer ce qui était à moi. Cela me semble normal.

 

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03 juillet 2011

Toi, mon amour, mon ami [remake] - par Marina Ka Fai

 

Toi, mon amour, mon ami remake

 

 

 

Note de l'auteur

 

 

Bonjour à tous.

Ce matin, je me suis réveillée avec la lubie de réécrire mon premier YuanxKratos officiel, Toi mon amour mon ami. Cette fiction a été une de celles qui m'ont fait évoluer et comprendre de l'importance du style, du développement etc. Je voudrais lui rendre hommage en un sens, en la rendant un peu plus belle. Je voudrais avoir vos avis les plus sincères, que se soit pour la première version ou celle-ci. Je précise que cela est un projet qui reste hypothétique mais je ferai tout pour le concrétiser. A croire que le soleil et le beau temps stimulent.

Si je suis devenue l'écrivaine en herbe que je suis, c'est en partie grâce à vous.

Merci.

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Chapitre 01: Home Sweet Home

 

Disclamer: Tales of Symphonia appartient à Namco et je n'ai donc pas le droit de tirer un quelconque profit matériel

 

Couple: YuanxKratos

 

Résumé: Après deux ans d'exil sur Derris-Kharlan, Kratos revient sur le monde unifié. Il savait que les choses auraient changé mais il ne s'attendait pas à ce que cela arrive chez son ami aux cheveux turquoise.

 

 

 

XXXXXXXX

 

Toi, mon amour, mon ami

 

Chapitre un: Home Sweet Home

 

 

 

 

Sylvaha'lla, deux ans après la Régénération du monde.

 

Fini. C'était fini. Fini l'exil. Finie la solitude. Finie la rédemption. Kratos avait accompli tout ce qu'il avait à faire sur Derris-Kharlan. Il avait décidé de revenir sur Terre, il savait que des gens l'attendaient, qu'il ne serait pas seul. Son fils serait heureux de le revoir, il le savait. La preuve? Les adieux qui semblaient déchirants pour le jeune homme. Alors, il était de nouveau sur Terre, devant la porte de la maison de son enfant. Il frappa. Un garçon de dix-neuf ans avec une petite fille blonde aux yeux chocolat dans les bras lui ouvrit. Quand il vit son géniteur, ses yeux bruns se noyèrent de larmes.

-Bienvenue à la maison...Papa...lui dit il avec un grand sourire.

-Je suis rentré.

Il n'y eut aucun contact physique. Ils n'en avaient pas besoin. Lloyd le fit entrer.

-Tu t'es reconverti en baby-sitter? Demanda Kratos

-Non, du tout. Je te présente ta petite fille, Anna Mireille Irving-Aurion. Répondit Lloyd tout fier

Sa fille? Lloyd avait une fille?! Il était...grand-père?! Il regarda l'enfant. Sa petite-fille...Sa petite Anna.

-Elle est vraiment très mignonne. Félicitations Lloyd. Avoua Kratos avec un sourire léger mais attendri

-Et attends de voir son petit frère.

-Son frère?!

Deux petits-enfants...Il avait deux petits-enfants...Il crut que ses jambes allaient le lâcher sous le coup de l'émotion. Lloyd le mena à un berceau où dormait un bébé d'à peine trois mois. Il avait des petits cheveux bruns aux reflets roux.

-Il te ressemble. Dit simplement le nouveau grand-père

-Si je te dis son prénom, tu vas tomber. Plaisanta le jeune père

-Dis toujours.

-Ton petits-fils s'appelle Kratos. Kratos Dirk Irving-Aurion.

Kratos fut cloué sur place. Son fils avait appelé son enfant comme lui. Il lui avait fait un hommage.

-Son deuxième prénom, c'est en souvenir de Papa Dirk...La maladie l'a emporté...

-Je suis vraiment navré d'entendre cela, Dirk était un homme bien sous tout rapport.

-Il est mort peu après la naissance d'Anna. Phaidra aussi.

La petite Anna regardait son grand-père avec une certaine attention. Elle ne l'avait jamais rencontrée mais son papa et sa maman lui parlaient de lui, elle l'avait vu dans le médaillon de son papa et elle savait que l'épée sur la tombe de Mamie, c'était celle de Papy. Il avait l'air gentil Papy. Il était grand, comme Papa et les grands, ils étaient toujours gentils avec elle. Elle tendit les bras vers l'ancien mercenaire en disant:

-Papy!

Kratos sursauta en entendant l'enfant l'appeler.

-Je crois qu'elle voudrait aller dans tes bras Papa. Dit Lloyd

-Je préfère éviter...Je ne veux pas lui faire du mal...Je n'ai plus l'habitude...

-C'est comme le vélo, ça s'oublie pas.

Lloyd confia Anna à Kratos qui s'en sortit mieux qu'il ne le pensait. La petite semblait aux anges, elle souriait. Lloyd s'éclipsa vite fait pour ramener de quoi boire et invita son père à s'asseoir, ce qu'il fit, Anna sur ses genoux qui restait toute sage.

-Comment s'était là-haut? S'enquit le maître de maison

-Triste et mort. Je suis bien content d'être revenu.

-Tu as un endroit où séjourner? Si tu veux, tu peux rester ici, tu ne nous gêneras pas, Colette sera même ravie de te voir.

 

Colette. La mère des enfants de son fils. Cela ne l'étonnait pas plus que ça. Il avait remarqué leur amour innocent dès le début de la régénération du monde.

-Je vais me trouver un endroit, ne t'en fais pas pour moi.

-Reste au moins ici ce soir. S'il te plaît.

Kratos abdiqua. Il devait bien ça à son enfant. Il demanda à Lloyd de lui raconter sa vie depuis leur séparation.

-Je suis parti dans ma quête de destruction des exsphères avec Colette. Tout le monde a été très coopératif une fois la vérité exposée et prouvée. Zélos a su convaincre le roi de Meltokio et le professeur, Neil. Yuan aussi m'a bien aidé je dois dire. Il a tout de suite accepté de m'aider quand je lui ai parlé de mon projet. Je crois que lui aussi, il ne voulait plus de tragédies comme celle de notre famille.

Yuan les avait aidés? Cela lui ressemblait bien. Cela ressemblait au Yuan d'avant. D'avant la guerre. D'avant son exil. D'avant son viol. Cela ressemblait au Yuan âgé de dix-sept ans qu'il avait rencontré quand il était passé par Sylvarant. Un Yuan qui était loin d'être niais ou naïf mais qui avait une gentillesse sincère. Un Yuan qui avait été maladroit avec lui car il était son tout premier ami. Yuan.

-Dire que nous nous sommes déchirés...Quel gâchis! Se désolait Kratos avant d'écouter la suite de l'histoire de Lloyd

-C'est pendant le voyage que j'ai avoué à Colette que je l'aime. Quand j'ai su que c'était réciproque, j'étais si heureux, j'ai cru que j'allais mourir de bonheur! Peu après Anna venait au monde. Nous nous sommes mariés peu après. Papa Dirk vivait encore. Il est mort peu avant la fin de notre quête. J'ai repris sa forge et depuis, nous vivons ici.

-J'ai détruit toutes les exsphères de Derris-Kharlan. Nous sommes donc tranquilles.

Lloyd sourit avant d'entreprendre de raconter à son père ce qu'étaient devenus les membres du groupes. Régal avait repris la direction de la Lézaréno Company avec Préséa. Zélos et Sheena s'étaient mariés. La jeune ninja était depuis le chef de Mizuho. Zélos l'avait suivi là-bas. Le couple avait eu une fille, la petite Corrine et Sheena attendait leur deuxième enfant. Zélos semblait libéré de ses démons passés et mordait la vie à pleine dents et s'il regardait les filles à présent, il les trouvait insipides comparées à sa ninja préférée. Raine et Génis avaient entrepris un voyage pour faire accepter les demi-elfes. Deux ans plus tard, les mentalités commençaient à évoluer. Les demi-elfes avaient désormais le droit de vote. Ils avaient des représentants au Sénat, dont Raine. Génis étudiait à Palmacosta. Il était le premier de toute l'Académie.

-Et Yuan? Ne put s'empêcher de demander Kratos

Il s'avéra que Yuan avait une petite vie bien rangée et tranquille. Il vivait non loin de l'arbre géant, histoire de veiller sur lui mais suffisamment loin pour ne pas voir celle qui ressemblait à Martel sans être elle. Les Renégats n'existaient plus depuis que le monde savait se gérer seul.

-Tu t'inquiètes pour lui Papa? Demanda Lloyd

-Non. Mentit effrontément Kratos

-Sache qu'il n'est pas tout seul. Quand je le peux, j'essaye d'avoir des nouvelles. Je ne veux pas qu'il soit exclu. Si le monde est ce qu'il est aujourd'hui, c'est aussi grâce à lui. Il est un peu un allié pour nous tous, un ami même. J'avoue le préférer maintenant. Il semble moins...froid. Moins cynique et moins agressif. Il faut dire aussi que nous connaissons la Paix. Il n'a plus à jouer les durs, ça doit lui faire du bien.

 

Kratos remarqua que Lloyd avait muri. Il avait compris l'un des plus grands mystères de la personnalité de Yuan. Les deux hommes entendirent la porte d'entrée se fermer.

-Je suis rentrée! Lança une voix féminine que Kratos identifia comme celle de Colette.

-Mama! S'écria Anna, faisant sourire son grand-père au passage.

Quand Colette vit Kratos, elle se mit à pleurer. Elle était réellement heureuse de le revoir. Elle avait bien changé la petite Colette. Si Lloyd était resté à peu près le même avec quelques centimètres en plus, Colette s'était métamorphosée. Plus grande, plus femme. Une vraie beauté. Pas étonnant que Lloyd avait craqué. Le trio passa un long moment à discuter avant que Colette ne dise:

-On devrait faire une fête pour célébrer le retour de Kratos! On inviterait tout le monde!

-Bonne idée Colette!

Kratos ne tenta même pas de protester. Il savait que c'était perdu d'avance. Lloyd envoya les invitations et quand Yuan reçut la sienne, son cœur manqua un battement. Un seul mot s'échappa de ses lèvres.

-Kratos...

 

 

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10 juillet 2011

Yuan et Kratos - par Marina Ka Fai

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