02 juillet 2011

Cet enfant qui est de toi: Prologue - par Marina Ka-Fai

 

Disclamer: Tales of Symphonia est à Namco tout comme le cheval blanc d'Henry IV est à Henry IV.

 

Cet enfant qui est de toi

 

Prologue

 

Enceinte: Adjectif féminin singulier désignant une femme à l'état de grossesse.

 

 

Yuan soupira en relisant la définition, un dictionnaire sagement posé sur ses genoux.

 

-Seigneur, mais que vous ai-je donc fait pour mériter cela?

Sa situation était, à ses yeux, désespérée. Il était seul. Personne ne le croirait.

A voir l'homme aux cheveux turquoise, on aurait pu se dire qu'il avait une fille adolescente enceinte de son petit ami. Ou alors un fils qui aurait fait un enfant à sa petite amie. Point du tout. C'était bien plus complexe que cela. Ah! Vous dîtes qu'il a eu une liaison et que sa compagne attendait un enfant de lui? Bien pensé mais non. Mais alors quoi? Je crois qu'il vaut mieux que nous commencions par le début, cela sera plus simple.

 

Sylvaha'lla, monde réuni de Sylvarant et Tésséha'lla, deux mois après la réunification.

 

Le monde était sauvé. Martel reposait enfin en paix. Lloyd avait convaincu Kratos de rester avec eux et grâce à Raine, les anges sans vie de Derris-Kharlan étaient redevenus des anges en vie. Ils gardaient leurs caractéristiques angéliques mais avaient enfin une vraie vie, avec des sentiments et des besoins. Ils s'occupèrent eux-même de leurs terres. Kratos resta donc sur Terre. Bien que Dirk lui avait proposé de vivre avec Lloyd et lui, le mercenaire avait poliment refusé, préférant les laisser à deux et prenant une petite maison pour lui, où bien sûr, son fils et Dirk étaient toujours les bienvenus. Il ne voulait pas s'immiscer dans la vie de Lloyd et de Dirk. Le nain avait compris et Lloyd, avec le recul, aussi. La vie de Kratos devint donc assez routinière jusqu'à un certain soir. Il était sortit boire un verre avec Yuan. Sauf que tout les deux avaient un peu trop bu. Le lendemain avait été plein de surprises. Une belle gueule de bois, une maison qui n'était pas la sienne, mais surtout oh! Yuan avec lui dans la tenue d'Adam, tout comme lui. Il rassembla ses souvenirs et enfin, il trouva la réponse à cette énigme. Sous l'effet de l'alcool, il avait eu une nuit d'amour endiablée avec Yuan, ancien Séraphin du Cruxis, ex-leader des Renégats, mais surtout son meilleur ami et le pire, c'est qu'il avait aimé ça. Après cet événement, ils ne s'étaient plus vus pendant quelques semaines. Quand ils s'étaient revus, ils avaient passé une sorte de pacte que les prudes détesteraient. Ils restaient amis. Mais vu que tout les deux semblaient en manque de quelque chose et que seul le sexe semblait combler, ils avaient décidé d'agrémenter leur amitié par cela. C'était leur petit secret. Et aussi étrange que cela puisse paraître, cela les aidait réellement. Ils se sentaient un peu moins malheureux comme ça. Au fur et à mesure, ils se rendirent compte que ce n'était pas tant le sexe qu'ils aimaient, mais le fait d'être ensemble. Leurs rendez-vous devinrent vite des moments juste pour apprécier la compagnie de l'autre, rien d'autre. Parfois, ils cédaient à leurs envies mais cela n'était jamais prévu à l'avance. Enfin, il se rendirent compte de l'évidence même. Ils s'aimaient et sans doute depuis un moment.

Un matin, en se réveillant, Yuan se sentait malade, nauséeux. Cela lui passa assez vite pour lui reprendre le lendemain matin et ainsi de suite. Cela faisait un mois que cela durait. Il se décida à consulter, les médecins ne trouvèrent absolument rien. Ils disaient juste, à leur grand étonnement, qu'ils avaient là les symptômes d'une femme enceinte sauf bien sûr, l'absence de règles. Le demi-elfe ne savait pas pourquoi, mais le mot enceinte lui était resté. Sur le coup, il avait eu envie de tuer les médecins qui ne trouvaient rien. Mais le mot lui resta toujours. Il était certain qu'il trouverait quelque chose s'il cherchait. Et il avait trouvé. Il avait sa réponse. Aussi étrange et paradoxal que cela pouvait paraître, lui, un homme comme les autres sur le plan physique, attendait un enfant. L'enfant de Kratos. Au début, il était sous le choc. Que faire? Il se voyait mal élever un tout petit. Il ne s'en sentait ni la force ni la patience. Comment allait-il lui expliquer sa naissance une fois plus grand? Comment allait-il naître d'ailleurs? Comment l'annoncer à Kratos sans que celui-ci n'éclate de rire et à juste titre quelque part? Yuan avait bien pensé à abandonner l'enfant à une institution quelconque à sa naissance mais plus il y réfléchissait, moins il approuvait. Il réalisa que dans le fond, il aimait déjà ce bébé. Cela lui faisait encore plus mal et chacune de ses nausées matinales lui rappelait son état incroyable.

Kratos semblait soucieux. Depuis un moment, Yuan avait l'air étrange. Il savait que son ami avait un léger problème de santé mais néanmoins, pas suffisamment handicapant pour ne plus le voir. Il l'évitait. Il ne savait pas pourquoi. Il décida d'aller le voir, il voulait savoir ce qui n'allait pas, s'il pouvait l'aider, s'il avait fait quelque chose de mal. Il s'y rendit un matin. Il ne prit pas la peine de sonner à la porte, il avait un double des clés. Il le chercha. Il l'entendait vomir. Il préféra le laisser finir avant de lui souhaiter le bonjour, il ne voulait pas qu'il se sente humilié. Yuan le vit quand il sortit de sa salle de bains.

-Bonjour Yuan. Lui dit Kratos

-Ah...Bonjour Kratos. Pardonne-moi, je suis un peu dans le thé.

-J'ai cru entendre cela, en effet. Les médecins ne trouvent rien?

-Non, rien de rien.

-Tu m'évites.

Cela n'était pas une question et Yuan le sentait. Il ne trouva rien à répondre.

-Pourquoi?

-Peut-être parce que je manque de courage.

-De courage pour quoi?

-Rien, laisse tomber, tu ne me croiras pas, de toute façon.

-Yuan, s'il te plait, je veux savoir, qu'est-ce que je t'ai fait, au juste?

Yuan soupira avant de lâcher:

- Tu m'as mis en cloque, voilà ce que tu m'as fait Kratos.


A Suivre


XXXXXXXXXX

Un beau gros délire qui me trottait dans la tête depuis un moment, mon premier M-preg. Rassurez-vous, je vous expliquerai plus tard comment cela se fait que Yuan a ce don.

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Chapitre 01: Tu es... quoi?! - par Marina Ka fai

 Disclamer: Tales of Symphonia ne m'appartient pas.

 

 Chapitre un: Tu es... quoi?!

 

 

-Tu m'as mis en cloque, voilà ce que tu m'as fait Kratos.

Il s'écoula cinq secondes et trente-six dixièmes précisément avant que Kratos n'éclate de rire. Un fou rire franc.

-En cloque, elle est bien bonne Yuan! Un peu plus et j'y croyais presque! Tu ne peux pas donner la vie comme une femme.

Chaque mot prononcé par l'humain avait l'effet d'un poignard planté dans le cœur pour Yuan. Il le savait pourtant, que Kratos ne l'aurait jamais crû. Il le savait et pourtant il avait une boule au fond de la gorge. Il n'avait qu'une envie, devenir une toute petite souris et partir se cacher pour éviter à l'homme qu'il aimait de voir ses larmes, qu'il refoulait tant bien que mal.

-Je vois...Je le savais bien que tu ne me croirais pas. Oublie ça, ce n'est pas bien grave de toute façon. Parvint il à dire, ne pouvant empêcher un sanglot d'achever sa phrase.

Il voulut quitter la pièce quand Kratos le retint par le bras. L'ancien mercenaire se sentait soudainement mal. Il croyait à une blague mais jamais Yuan n'aurait réagi comme cela.

-Yuan...C'est vrai?

Il ne répondit pas. Que pouvait-il lui dire?

-Yuan, regarde-moi. S'il te plait. Lui demanda avec douceur Kratos

Il obéit. L'homme aux cheveux auburn vit les yeux bleu mouillés du métis. Il comprit. Yuan ne lui avait pas menti. Aussi étrange que la situation pouvait paraître, il ne lui avait pas menti. Il attendait réellement un enfant de lui.

-Alors c'est vrai...Mais...Mais comment?

-Dois-je te rappeler notre dernier moment d'amour sur la machine à laver, Kratos?

Kratos eut soudain les joues aussi rouges qu'une noble du dix-huitième siècle, en France, ayant mis du fard.

-Je voulais simplement dire...Comment cela se fait? Aux dernières nouvelles, tu es un homme, et je pense que je suis bien placé pour confirmer l'information.

-J'ai fait des recherches et j'ai trouvé. Suis-moi.

Il le mena à son bureau et lui montra les documents qu'il avait trouvé. En remontant loin dans son arbre généalogique, Yuan avait découvert qu'il descendait directement de Mana, l'elfe qui avait planté le premier arbre de Kharlan, la première qui était morte pour lui. Elle était devenue par ce biais la Déesse de la Vie. En cherchant un peu plus, il avait trouvé autre chose. Les hommes du « clan Mana » avaient un don particulier en raison de leur parenté avec la Déesse. Ils pouvaient, bien sûr, avoir des enfants « normalement » mais si la personne qui partageait leurs vies étaient des hommes eux aussi, ils pouvaient avoir des enfants à la manière d'une femme, sans qu'extérieurement ils ne changent. Physiquement, ils restaient des hommes. Ils en resteraient toujours. Jamais on ne pourrait voir qu'ils attendaient un enfant. Mais il était bel et bien là.

-Donc, si je comprends bien tout...Toutes les conditions sont réunies.

-Faut croire que oui. Mais il y a un truc.

-Oui?

-J'ai continué mes recherches. Généralement, soit les hommes de ce clan perdaient tout leurs petits sans exception, soit ils en avaient à la pelle. Il n'est pas certain que cet enfant naisse.

-Et...C'est dangereux pour toi?

-Ça me fragilise un peu mais sinon...

-Yuan, réponds-moi franchement, cet enfant...Tu en veux?

-Au début, je n'en voulais pas mais plus je pensais à l'abandonner, moins je trouvais la force de le faire. Ce petit est une partie de toi et je refuse de blesser une partie de toi. Je ne veux plus jamais blesser une partie de toi.

Son regard se fit triste sur ces mots.

-Et tu étais prêt à assumer ça seul? Tu es masochiste Yuan.

-Non, simplement très amoureux. Et sans doute très stupide. A vrai dire, je redoutais ta réaction.

-Eh bien...C'est vrai que je suis...sonné. J'ai du mal à y croire même si c'est la vérité. Ça fait longtemps?

-Je dirais un mois ou un mois et demi, ça dépend comment tu calcules... Merde...

-Quoi?

Yuan se leva brusquement et fila aussi sec. Kratos ayant déjà connu les aléas de la vie d'une femme enceinte par le biais d'Anna, il sut ce qu'il se passait par expérience. Il se décida néanmoins à aller voir Yuan. Il lui frotta gentiment le dos avec se main gauche et remis quelques mèches rebelles derrière l'oreille du demi-elfe.

-S'il te plait pars, je ne veux pas que tu me vois aussi pitoyable.

-Je sais ce que c'est et je ne te trouve pas pitoyable du tout.

Yuan eut un léger sourire avant que cela ne lui reprenne encore une fois.

-Tu as l'air fatigué. Fit simplement remarquer Kratos

-Normal, je passe des nuits de merde. Je passe ma vie dans ma salle de bains, entre les nausées et le besoin fréquent que j'ai d'uriner.

L'humain eut un léger rire face à la désinvolture avec laquelle Yuan lui avait répondu.

-Je pense qu'il est inutile que je te fasse la liste de mes tracas, tu es déjà père. Ajouta simplement le métis

Kratos se contenta acquiescer. Une fois la crise passée, les deux hommes allèrent dans la cuisine où Yuan leur prépara un thé.

-Ça passe?

-Le thé? Oui, ça passe. Contrairement au chocolat. C'est bien ma veine.

Tout les deux burent leur boisson. Yuan posa la question qui était dans son esprit depuis un moment.

-Tu veux cet enfant?

-Pourquoi n'en voudrais-je pas? Un enfant de la personne de j'aime, il faudrait que je sois amnésique pour ne pas en vouloir. Tu disais qu'il était une partie de moi mais il est aussi une partie de toi.

-Tu risques de me voir autrement. Comme un objet fragile sur lequel il faut constamment veiller. Comme une femme peut-être.

-Je risque d'être maladroit, c'est vrai, mais à mes yeux, tu seras toujours Yuan. Mon Yuan.

Yuan sentit quelques larmes couler, il les sécha vite fait.

-Tu pleures souvent.

-Tais-toi! C'est n'est pas moi, c'est les hormones!

L'humain rit de nouveau avant de l'embrasser avec tendresse.

 

 A suivre

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Chapitre 02: Petite part du quotidien - par Marina Ka Fai

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 Chapitre 2: Petite part du quotidien

 

Kratos ne rentra pas chez lui. Il préféra rester avec Yuan. Cette nuit-là, ils eurent un moment d'amour intense. Malheureusement, ce ne fut pas le chant matinal des oiseaux qui réveilla Kratos mais celui des nausées matinales de son amant. Il s'habilla à la hâte et décida d'aller voir si tout allait bien pour lui. Il eut une très bonne idée car en se relevant, Yuan eut un vertige assez violent. Si Kratos n'avait pas été derrière lui pour le rattraper, il se serait effondré sur le sol. Au lieu de ça, il se retrouva dans les bras musclés de l'humain. Il lui fallut quelques minutes pour se remettre. Il sentit que ses jambes ne touchaient plus le sol.

-Kratos, qu'est-ce que tu fais?! Repose-moi immédiatement!

-Vu ton état de ce matin, je ne préfère pas.

-Je ne suis pas une petite poupée de verre fragile!

-Je le sais. Mais admets que cela ne va pas fort aujourd'hui.

Voyant qu'il était réellement inquiet, Yuan abandonna la bataille et se laissa mener vers son lit où Kratos le déposa avec douceur. Il admit volontiers qu'il se sentait mieux allongé que debout. Voyant que son compagnon allait partir, il lui demanda où il allait.

-Faire ton petit-déjeuner et te l'amener.

Yuan eut envie d'éclater de rire mais il se retint, demandant plutôt pourquoi une telle attention. Kratos lui expliqua que c'était pour lui éviter de trop se fatiguer. Le demi-elfe soupira, se disant que son amant avait sûrement fait le même coup à Anna quand elle attendait Lloyd. Il accepta à une condition: que Kratos mange avec lui. Kratos accepta. En l'attendant, Yuan ferma les yeux et sans qu'il ne s'en rende compte, il s'endormit. Quand il s'éveilla, Kratos était là, un plateau les attendait sagement. Leur repas se déroula assez silencieusement. Parfois, Kratos posait une question à Yuan, il essayait de comprendre.

-Cela t'arrive souvent ces vertiges?

-De plus en plus souvent à vrai dire.

L'humain ne répondit pas, même s'il n'en pensait pas moins. Peu après le petit-déjeuner, son Ange somnolait. Il lui caressa les cheveux doucement. Il savait que Yuan aimait cela et lui-même aimait ce contact. Il le laissa quand il fut totalement endormi. Il avait encore du mal à réaliser. Yuan attendait un enfant. Un enfant de lui. Il allait être père pour la seconde fois en quatre mille vingt-huit ans. Cela lui faisait vraiment étrange. Au fond, il se demandait s'il méritait un tel miracle, lui qui avait été pendant longtemps suffisamment lâche pour fermer les yeux sur les souffrances de l'ancien monde qu'il avait aidé à créer. Il se demandait aussi ce que pouvait ressentir Yuan. Être un homme mais pourtant porter la vie. Il se demandait quel effet cela faisait. Il se demandait s'il avait peur. Lui-même avait peur. Pour Yuan. Il ne l'avait pas vu aussi fragile depuis très longtemps. Et si jamais son corps ne supportait pas son état? Il ne pourrait pas supporter de perdre la personne qu'il aimait une fois de plus!

-Non, il ne faut pas penser à cela. Tout va bien pour le moment, je n'ai pas à m'inquiéter. Il ne voudrait pas que je m'inquiète. Au bout d'un moment, cela finirait d'ailleurs par l'énerver, ce que je peux comprendre. Mieux vaut pour l'instant vivre au jour le jour, on verra bien par la suite.

Yuan se réveilla environ une heure plus tard. Même si cela lui faisait mal de l'admettre, ce petit somme lui avait fait beaucoup de bien. Il se leva. Un vertige le reprit aussitôt, le forçant à s'asseoir. Il patienta un peu. Cela passa.

-Note mentale numéro une: Ne jamais se lever trop vite pendant neuf mois. Kratos doit être parti.

Contrairement à ce qu'il pensait, Kratos était toujours là.

-Je ne serai jamais parti sans te dire au revoir, voyons.

-Était-ce pour autant une raison pour faire ma vaisselle?

-Je me suis occupé les mains, nuance.

-Le grand Kratos Aurion faisant une vaisselle, quelle vision tout de même!

Le couple éclata de rire. C'était sans doute un fou rire stupide, né de pas grand chose mais cela leur était bien égal. L'odeur du produit vaisselle parvint aux narines de Yuan. L'effet fut immédiat. Retour à la case salle de bains. Cela l'avait pris si rapidement que Kratos eut peur pour lui. Il le suivit mais n'entra pas, il resta à l'entrée de la pièce. Il ne voulait pas lui imposer sa présence. Une fois Yuan sorti, il lui demanda si ça allait.

-Oui...en fait non...

Deuxième round.

Au final, après une demi-heure de lutte acharnée, le demi-elfe l'emporta par KO.

-Note mentale numéro deux: Changer de produit vaisselle pendant neuf mois.

Kratos lui demanda une nouvelle fois si ça allait. Il put répondre par l'affirmative.

-Mais qu'est-ce qui t'est arrivé?

-L'odeur du produit vaisselle.

-Je croyais pourtant que tu en supportais l'odeur.

-Moi oui mais le petit, apparemment, non.

-Donc, nous allons avoir un petit qui n'aime pas l'odeur du citron ni le chocolat. Eh ben dis donc! Il est déjà bien affirmé niveau goût pour une crevette!

Le métis eut un léger sourire. Inconsciemment, sa main droite se porta sur son ventre. Pour la toute première fois depuis qu'il savait, il avait hâte qu'il soit là.

 

A Suivre

 

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Chapitre 03: Changements de la vie de couple et familiale - par Marina Ka Fai

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 Chapitre trois: Changements de la vie de couple et familiale

 

Lloyd Irving-Aurion n'était pas très réputé pour être très intelligent. Néanmoins, il n'était pas un sans-cervelle pour autant. Il y avait quelque chose qui se passait dans la vie de son père, Kratos. Il ne savait pas quoi. Il avait remarqué que Yuan et lui passaient plus de temps ensemble. Lloyd trouvait cela bien, il savait qu'ils avaient été de grands amis mais malheureusement, leurs destins les avaient opposés. Ils avaient été obligés de se battre l'un contre l'autre. Qu'ils se retrouvent enfin, maintenant que le monde était en paix, Lloyd trouvait cela génial. Mais il y avait autre chose. Il ne savait pas quoi, mais il y avait autre chose. Cela rendait son père heureux. Et quand Kratos était heureux, Lloyd l'était aussi.

Ce matin là, comme d'habitude, Kratos rendait visite à Yuan. Il le trouva assis sir le canapé, lisant tranquillement un livre. L'humain remarqua qu'en se levant, il avait légèrement grimacé, sa cheville avait l'air de lui faire mal. Il apprit par la suite que son amant avait chuté dans les escaliers. Il avait réussi à se rattraper de justesse mais sa cheville gauche avait morflé.

-Tu ne t'es pas fait mal ailleurs?

Yuan le rassura aussitôt. Il se sentait parfaitement bien et rien d'anormal n'était arrivé depuis. Cependant, il osa lui avouer, malgré sa fierté, qu'il avait eu peur. Pas pour lui, ce n'était pas la première fois dans sa vie qu'il chutait dans des escaliers. Il avait eu peur pour le petit. Si il lui était arrivé quelque chose, il ne se le serait jamais pardonné.

-Écoute, le principal, c'est que vous alliez bien tout les deux. Ne t'inquiète plus pour ça.

Yuan lui proposa de s'asseoir, le temps qu'il leur prépare quelque chose à boire.

Kratos remarqua que ce n'était pas du thé que le demi-elfe faisait. Voyant qu'il avait remarqué, il lui dit simplement:

-Apparemment, il n'aime pas.

L'humain eut un sourire.

-Cela doit bien t'ennuyer, toi qui aimes ça.

-J'aurai ma vengeance dans neuf mois environ, j'en boirai autant que j'en voudrais sans qu'il ne soit là pour me le faire payer!

Il donna sa boisson au visiteur. Il prit ensuite place face à lui.

-Kratos?

-Oui?

-Je me disais...Cela ne serait pas plus pratique pour nous deux si nous vivions ensemble?

Kratos le regarda droit dans les yeux, étonné. Yuan était sérieux.

-Tu t'inquièterais beaucoup moins...Et à vrai dire, j'y pensais déjà avant que je ne sache pour lui...

Il n'eut pas le loisir de finir sa phrase, son amant l'embrassait. Ce fut sa seule réponse. Et elle était positive. Le couple emménagea donc dans une maison d'un village voisin. Nouveau départ, nouvelle vie.

Lloyd Irving-Aurion n'était pas très réputé pour être très intelligent. Néanmoins, il n'était pas un sans-cervelle pour autant. Il y avait quelque chose qui se passait dans la vie de son père, Kratos. Il ne savait pas quoi. L'ancien Séraphin du Cruxis venait d'emménager dans une maison avec son meilleur ami dans un village voisin. Lloyd trouvait cela bien, au moins son père n'était pas tout seul. Il trouvait cela précipité quand même. Il y avait une raison pour cela. Il ne savait pas laquelle. Mais Yuan et Kratos semblaient heureux. C'était tout ce qui comptait à ses yeux.

-Yuan?

-Hum?

Le demi-elfe venait tout juste de se réveiller d'une légère sieste...Enfin, il la croyait légère. Il avait dormi pendant trois heures.

-Tu crois que je devrais dire à Lloyd pour nous deux?

-Lui dire quoi?

-Que nous sommes ensemble et qu'il va être un grand-frère.

-C'est vrai qu'il a le droit de savoir. A vrai dire, je me demande quelle tête il fera en le sachant. C'est une bonne idée.

Lloyd Irving-Aurion n'était pas très réputé pour être très intelligent. Néanmoins, il n'était pas un sans-cervelle pour autant. Il y avait quelque chose qui se passait dans la vie de son père, Kratos. Il ne savait pas quoi. L'ange aux ailes bleu ciel qui lui servait de papa biologique l'avait invité à venir chez lui, en lui disant qu'il devait lui annoncer plusieurs choses. Quand il apprit la nature de la relation entre Yuan et Kratos, après une surprise première, il était sincèrement heureux pour eux et leur souhaitait tout le bonheur possible.

-J'ai trois papas maintenant. Avait il également ajouté

Cela avait fait rougir Yuan. Papa...il l'appelait comme ça alors qu'ils avaient été ennemis. Il l'appelait comme ça et bientôt, son enfant l'appellerait également comme ça. Il se détourna discrètement et essuya vite fait les larmes qui étaient montées dans ses yeux. Kratos attendit qu'il revienne pour annoncer à Lloyd la seconde nouvelle. Lloyd resta sans voix quelques secondes. Attends, il y a n soucis là! Un homme ne peut pas avoir d'enfant avec un autre homme!

-Ah! Vous allez adopter une enfant, si j'ai bien compris.

-Pas vraiment Lloyd. Dit Kratos

-Ne me dis pas que t'es enceint, Papa?

-Ce n'est pas ton père mais moi qui suis dans cet état Lloyd. Précisa Yuan

Lloyd réfléchit quelques secondes. Il trouva enfin la réponse!

-J'ignorais que les Renégats avaient mis au point un système pour qu'un homme puisse avoir un enfant comme une femme.

-Les Renégats n'ont jamais inventé un système comme cela!

Le demi-elfe crut bon alors d'expliquer à Lloyd le pourquoi du comment.

-Donc, si j'ai bien compris, tu es un homme mais qui peut avoir des enfants par deux moyens?

-Oui, c'est ça.

Lloyd Irving-Aurion n'était pas très réputé pour être très intelligent. Néanmoins, il n'était pas un sans-cervelle pour autant. Il y avait quelque chose qui se passait dans la vie de son père, Kratos. Il savait maintenant quoi. Il comprenait maintenant pourquoi son père était si heureux. Et quand Kratos était heureux, Lloyd aussi. Il allait devenir un grand-frère et à ses yeux, il n'y avait rien de plus merveilleux au monde.

 

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Chapitre 04: Grosse frayeur et préparatifs - par Marina Ka Fai

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 Chapitre 4: Grosse frayeur et préparatifs

 

Cela faisait deux mois que Yuan et Kratos vivaient ensemble et près de quatre mois que le petit était en route. Un soir, avant d'aller se coucher, le demi-elfe s'était senti assez mal. Il crut que c'était la fatigue. Le lendemain matin, en se réveillant, il sentait différentes sources de chaleur. Kratos bien sûr, qui commençait lui aussi à émerger. Les draps. Mais autre chose. C'était chaud et douloureux à la fois. Discrètement, il souleva ses draps et il se retint de crier. Il essaya de ne pas trembler, de ne pas avoir peur. Peine perdue, Kratos sentait que quelque chose perturbait l'ancien chef des Renégats. Le couple s'était réveillé dans le sang ce matin là. Intérieurement, les deux hommes paniquaient. Que faire? Ce n'étaient certainement pas les médecins qui pouvaient faire quelque chose. Yuan avait eu l'excellente idée de ne pas trop s'agiter. Kratos, de son côté, essayait de réparer les dégâts. La vague de douleur était passée, le saignement s'était arrêté mais ils n'avaient aucun moyen de savoir si le bébé était toujours là. Par mesure de prudence, Yuan resta allongé toute la journée tandis que Kratos essayait de trouver des informations qui auraient pu les aider.

La journée leur parut longue et affreuse. La délivrance vint le lendemain, quand le métis eut ses habituelles nausées matinales. Pour la toute première fois, il était heureux de vomir depuis qu'il était dans cet état. Une fois sa crise passée, il avait fondu en larmes. Littéralement et de soulagement.

-Nous avons failli le perdre...Il aurait très bien pu mourir et moi, je ne l'ai même pas senti...

Il s'en voulait. Il s'en voulait tellement! Kratos essaya de le calmer un peu, même si lui aussi était très ému. Lui aussi avait eu peur. Pour le petit bien sûr, mais pour Yuan en premier.

-Tout va bien, ça va aller. Il est là.

-Oui...

Le demi-elfe tentait de se calmer tant bien que mal. La journée fut comme celle de la veille, la peur et l'angoisse en moins. Yuan passa la plus grande partie de sa journée à dormir. Cependant, quand il était réveillé, il pensait à cet enfant. Leur enfant. Son enfant. Toujours sans qu'il ne s'en rende compte, il posa sa main sur son ventre qui ne changerait jamais malgré le temps qui passait, malgré l'avancement de son état. Il avait failli le perdre. Il le savait, une partie de lui le savait. Il avait honte. Ce petit aurait très bien pu partir sans qu'il ne le sente et même s'il l'avait senti, qu'aurait-il pu faire pour le retenir? Qu'avait-il fait pour déclencher cette crise? Et lui, avait-il eu mal? Il ferma les yeux et intérieurement, il lui présenta ses excuses.

Il devait être treize heures quand Kratos trouva enfin quelque chose. Il alla faire part de sa découverte à Yuan. Il s'avéra que, parfois, il y avait des incidents comme ceux-là dans les « grossesses » des hommes de Mana. Le seul remède était de se reposer au maximum.

-Je refuse de devenir un paresseux pour autant. Si je peux t'aider, je le ferai.

-Yuan...

-Plutôt mourir que devenir un assisté. Ce n'est certainement pas le fait de te passer un tournevis qui va tuer notre enfant.

-D'accord, mais ne force pas trop.

L'humain l'embrassa avec tendresse.

-Tout de même, je me demande ce qui a pu provoquer cela.

-Tu as fait quelque chose de spécial?

-Je ne m'en souviens pas.

-Tu as bu quelque chose?

-Je n'aurai jamais bu de l'alcool dans mon état. Espérons juste que cela ne se reproduise jamais, j'ai eu suffisamment peur et toi aussi, je pense.

Une bonne semaine passa et l'incident ne se reproduisit jamais. Yuan remarqua que Kratos était assez rêveur depuis un moment.

-J'essaye juste d'imaginer notre enfant une fois qu'il sera là. Tu as une idée pour les prénoms?

Les prénoms? Yuan n'y avait même pas pensé, c'est vous dire...Il l'avoua. Ce n'était pas très grave, ils avaient près de cinq mois pour y penser.

-Je me demande de quel sexe est ce bébé.

-Malheureusement, je n'ai aucun moyen de le savoir. Je ne saurai même pas te dire si j'en attends un ou plusieurs.

Kratos eut un rire qui étonna Yuan. Quand il lui demanda pourquoi il riait, son amant lui répondit qu'il imaginait des « minis Yuan » courir dans le jardin.

-Et pourquoi pas des petits Kratos, hein?

-Parce que des petits Yuan, c'est beaucoup plus mignon.

-Flatteur.

-Non. Sincère. Cependant, c'est ennuyeux de ne pas savoir combien nous allons en avoir. Pour préparer la chambre, ça va être coton.

Préparer la chambre? Ah ouais, pas bête.

-Écoute, au pire, s'il y en a plusieurs, on arrangera le tout après leur naissance. Ne t'embête pas avec tout ça.

Plus facile à dire qu'à faire et Yuan savait que Kratos avait raison, il leur fallait préparer la venue du petit. Alors ensemble, ils avaient commencé à regarder dans les magasins spécialisés. Tout le monde croyait que c'était Yuan ou Kratos qui allait être père et que l'autre était un ami qui accompagnait pour aider. Grossière erreur. La conscience de Yuan éclatait de rire. Ils choisirent des choses simples, pas besoin de chichis. De retour au bercail, l'humain s'était mis en tête de monter le berceau. Son amant le regardait avec amusement se dépatouiller.

-Mais pourquoi cela ne veut pas rentrer? S'énervait Kratos

-Peut-être parce que ce n'est pas la bonne pièce mon amour. Répliqua Yuan, un sourire aux lèvres et lui donnant une pièce.

L'humain essaya et cela s'emboîta à merveille.

-Tu vois la jolie feuille de papier pliée à côté de toi? Cela s'appelle un mode d'emploi, mon chéri.

-Quelle chance j'ai de t'avoir pour assistant! Intelligent en plus d'être beau et sexy.

Le demi-elfe se sentit rougir. Il se contenta de l'embrasser sur la joue pour le remercier. Il aida ensuite Kratos à monter le meuble. Oh certes, il ne faisait pas grand chose, il passait un instrument ou une pièce mais au moins, il n'avait pas l'impression de fainéanter et puis, à vrai dire, c'était presque amusant. Mais au bout d'un moment, il finit par s'endormir, la tête posée sur l'épaule de Kratos. C'était l'heure de la pause. Il l'allongea avec douceur sur leur lit et attendit son réveil. Hors de question de finir sans lui! Une petite heure plus tard, le métis émergeait des profondeurs du sommeil. Il eut une légère altercations avec ses fidèles nausées et un magnifique vertige. Avant de retourner à son occupation d'avant sieste. Le soir venu, la chambre était prête. Il ne manquait plus que le propriétaire des lieux.

 

 A Suivre

 

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Chapitre 05: Peurs pré-natales - par Marina Ka Fai

 Disclamer: Tales of Symphonia ne m'appartient pas.

 

 Chapitre 5: Peurs pré-natales

 

L'été faisait doucement place à l'automne alors que Yuan et Kratos devaient attendre encore quatre mois. Même si physiquement, le demi-elfe se portait plutôt bien, le moral n'y était pas et Kratos l'avait bien senti. Il se demandait bien pourquoi mais il savait que son Ange ne se confiait pas facilement. Il avait bien envie de lui demander ce qu'il se passait mais il ne voulait pas le brusquer non plus car même si l'incident du « matin sanglant » ne s'était jamais reproduit, il n'en restait pas moins que Yuan était fragile et qu'un rien pouvait lui faire du mal. Cependant, si l'on partait de ce principe, Kratos devait lui parler car là, il souffrait. Il prit son courage à deux mains. Le métis faisait sa vaisselle, l'odeur ne le gênant plus puisqu'il avait enfin trouvé un produit dont l'odeur ne le faisait pas vomir. L'humain attendit qu'il finisse ses petites affaires avant de l'aborder.

-Yuan, puis-je te parler?

Yuan le regarda droit dans les yeux, lui faisant comprendre qu'il pouvait lui parler quand il avait besoin de parler. Il avait toute son attention.

-Tu as l'air déprimé ces temps-ci.

-Absolument pas. Démentit l'interpellé

-Yuan, cela fait des millénaires que je te connais. Je le sais quand tu ne vas pas bien.

-Je vais très bien.

-Yuan...

-Tu veux la vérité? Je meurs de trouille, voilà ce qui se passe! Lâcha le demi-elfe à bout de nerfs.

Il prit une chaise et s'assit. Il laissa tomber le masque qu'il avait crée pour ne pas inquiéter son amant. C'était vrai, il était terrifié. Plus les mois passaient, plus il avait peur. Comment leur enfant allait naître? Et lui, allait-il être à la hauteur? Il n'avait jamais eu d'enfants, il ne savait pas si prendre avec eux, il n'avait pas une patience et des nerfs à toutes épreuves. Et si jamais le petit était malheureux avec lui? Et si il se révélait être un père incompétent et mauvais?

Au fur et à mesure de l'explication, Kratos eut un sourire avant de finalement rire devant un demi-elfe outré.

-Pourquoi rigoles-tu?! Je suis très sérieux!

-Je ris parce que je me revois quand Anna attendait Lloyd. Elle et moi avions les mêmes craintes. Tu ne peux pas être un père parfait, c'est vrai et d'ailleurs tant mieux, sinon le petit se sentirait mal. Je suis certain que tu seras un père génial.

-T'as des preuves de ce que tu avances?

-Oui. Une seule. Le fait que tu t'inquiètes autant. Tu as peur qu'il soit malheureux avec toi. Tu veux son bonheur et tu l'aimes. Si tu étais le père affreux que tu prétends être bientôt, tu t'en ficherais pas mal de tout ça. Tu ne m'aurais jamais dit pour lui. Qui sait? Tu l'aurais peut-être tué à la naissance.

-Pitié, ne dis pas des choses pareilles, c'est affreux!

-Tu vois? C'est exactement ce que je te disais. Tu aimes ce petit. Tu assumes le fait qu'il soit là. Ne t'inquiètes pas tant. Tu seras très bien.

Kratos lui prit les mains et les serra doucement. Yuan lâcha un « tu aurais dû devenir psychologue » avant de sourire doucement. Il n'était cependant pas rassuré pour autant. Son amant le remarqua.

-Tu sais que tu peux tout me dire. Dit simplement Kratos

-...

-Yuan?

-Je veux que que tu me fasses une promesse. Finit il par lâcher

-Laquelle?

-Si jamais il venait à m'arriver quelque chose...Si jamais tu devais choisir entre lui et moi...Si jamais tu ne pouvais sauver que l'un de nous deux...Laisse moi partir et prends soin de lui...

-Si cela peut te rassurer...Je te le promets mais il ne t'arrivera rien.

-Comment peux-tu en être aussi sûr?

-Pourquoi veux-tu qu'il t'arrive un malheur? Tu as les idées bien noires Yuan.

-Ne plaisante pas avec ça s'il te plait, c'est plus fort que moi.

-Je ne plaisante pas et je sais que tu ne le fais pas exprès mais à force de te faire du soucis, tu risques de te faire du mal. Change toi les idées un peu.

-Plus facile à dire qu'à faire. L'avenir me fait peur.

-Qu'est-ce qui te fait peur?

-L'inconnu. Et sa naissance. Je te rappelle que je ne suis pas équipé comme une femme, comment va t-il naître? Et où? Je ne me vois pas aller aux urgences, on me prendra ensuite pour un monstre de foire et notre enfant pour un cobaye.

-Il est vrai que l'hôpital est à éviter. Mieux vaut rester ici.

-Tu vas devoir jouer les gynécologues mon pauvre Kratos.

Kratos eut un léger sourire.

-Évite de penser à tout ça. Tu as raison de le faire mais essaye de ne pas trop y réfléchir. Nous ferons des recherches si tu veux.

Yuan acquiesça avant de se raidir aussitôt. Il avait senti quelque chose d'étrange, comme un coup invisible dans l'estomac. Cela recommença. Kratos, inquiet de sa réaction, s'enquit de son état.

-Me permets-tu d'être grossier?

-Yuan, tu es chez toi je te rappelle.

-Putain le con! Il me tape, l'enflure!

L'humain éclata d'un rire sonore devant cette réaction.

-Mais tu ris en plus! Rah!

Reprenant son sérieux, Kratos lui demanda quel effet cela faisait.

-Mal.

-Non, je veux dire...Sentir un enfant en toi alors que, techniquement, parlant, cela n'est pas notre apanache.

-Je n'arrive pas à le définir moi-même. C'est étrange. Je n'arrive pas à poser de mots là-dessus.

-Il tape fort?

-Comme son père. Lui répondit Yuan en souriant

-Lequel? Demanda Kratos

-Le normal.

-Tu es normal.

-Tu trouves cela normal toi, un homme qui va accoucher dans quatre mois alors qu'il n'est pas une transsexuelle?!

-Cela fait partie de toi, alors où est le problème?

-Tu es trop zen. Lança de le demi-elfe

-Et toi, trop stressé ça compense. Rétorqua l'humain

-Alors, trouve comment me détendre. Répliqua Yuan avec une voix pleine de sous-entendus

 

A suivre

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Chapitre 06: Moment complice - par Marina Ka Fai

Disclamer: Tales of Symphonia est à Namco tout comme le cheval blanc d'Henry IV est à Henry IV.

 

 Chapitre 6: Moment complice

Après avoir trouvé un moyen assez plaisant de chasser pour un temps les idées noires de l'homme de sa vie, Kratos, allongé à côté de celui qu'il aimait, réfléchissait. A vrai dire, lui aussi stressait à l'instar de Yuan. Il était vrai que la situation était inédite mais il était persuadé que tout irait bien. Il ne voulait pas communiquer ses propres peurs à Yuan, qui avait suffisamment peur comme ça.

-Je dois lui faire penser à autre chose, mais quoi?

Sa réflexion fut interrompue par son amant qui se réveilla en sursaut. Une sueur froide descendait le long de son dos.

-Un cauchemar? Demanda simplement Kratos

-J'ai rêvé qu'il était né et qu'il me glissait des bras pour tomber la tête la première sur le carrelage...

-Le cauchemar typique du futur père qui va avoir son premier enfant. Soupira l'humain

-Même si ce n'était qu'un rêve, voir de la cervelle sur un sol n'est jamais agréable. Rétorqua le métis d'une voix aigre.

-Mais c'était un rêve. Juste un rêve. Cela n'arrivera pas, un enfant ne te glisse pas des bras comme ça, ce n'est pas une savonnette.

-... Je me sens stupide maintenant.

-Ne t'inquiète pas, j'ai fait ce rêve aussi quand Anna attendait Lloyd.

Le silence s'installa entre eux. Yuan se sentait stupide à cause de ce maudit songe. Kratos avait raison mais il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur. Il avait grand besoin de légèreté. Il décida alors de parler de choses un peu triviales, au moins, ça lui ferait passer le temps.

-Tu voudrais une fille ou un garçon? Lui demanda t-il

-Peu m'importe, tant qu'il te ressemble.

-Il tiendra de toi aussi je te signale.

-Pauvre bébé. Je compatis.

Yuan ne put s'empêcher de rire.

-S'il tient de toi, cela sera une bénédiction pas un malheur!

-C'est cela oui, pauvre enfant, tenir d'un père lâche, dépressif et banal...

-Je dirais plutôt torturé au lieu de lâche et dépressif...

-Imagine t'attends les deux possibilités.

-Seigneur...

Yuan se sentit soudain nauséeux, il faussa donc compagnie à Kratos quelques instants. Il revint, assez pâle.

-Ça ne va pas? S'enquit immédiatement Kratos qui craignait un nouveau «  matin sanglant »

-Ce n'est rien.

-Promis?

-Oui, promis. J'ai juste besoin d'un peu de repos et surtout, j'ai faim.

-C'est une bonne maladie ça.

-Sauf que je n'ai envie que d'une chose et quasiment tout le temps. J'ai pas envie de prendre du poids.

-Même avec trente kilos en plus, tu serais sexy et beau.

-Mon dos ne sera pas de ton avis. Le régime chips et coca-cola cherry n'est pas très bon pour la santé.

-Tiens, un mélange sucré-salé? Qui sait, t'en attends peut-être réellement deux.

-Tu crois à ces commérages de femmes? Ce n'est pas parce qu'un jour je vais avoir envie de salé que cela veut dire que nous allons avoir un fils.

Kratos sourit un peu. En effet, chips et coca-cola...Pas top à tout les niveaux, que cela soit pour la ligne ou pour la santé.

-Dis-moi Yuan, depuis quand tu fais attention à ta ligne? Railla Kratos

-Depuis jamais, j'ai juste pas envie de me bousiller l'organisme et la santé. Répondit brillamment Yuan

-Ce n'est pas parce que tu vas faire un écart un jour que tu vas te boucher une artère avec du cholestérol. Pour une fois, cède à ton envie, surtout que t'as une bonne excuse, c'est peut-être lui qui en a envie, pas toi.

-Ouais, bah dans ce cas, il a aussi envie de pommes...

-C'est déjà meilleur. Fais un mélange.

-Beurk...

-Cela ne peut pas être pire que Lloyd qui a un jour cuisiné une quiche à la chair à saucisse avec de la purée de banane.

-Étrangement, cela ne me choque pas.

Yuan changea d'expression du tout au tout. L'enfant bougeait encore et c'était parfaitement inconfortable. Il ne comprenait absolument pas comment les femmes pouvaient s'extasier quand leurs bébés à venir leur retournaient les tripes. Il s'allongea le temps que cela passe.

-En tout cas, il a de la force. Dit Yuan

-Tant mieux, il s'est bien remis du matin sanglant. Répondit Kratos

-En même temps, quand on sait que ses parents sont des anciens guerriers, qu'il ait de la force paraît normal. Ajouta le demi-elfe avant de grimacer

-A ce point? S'inquiéta l'humain

Pour toute réponse, Yuan retint un cri de douleur.

-Rassure moi, tu n'es pas en train de...

-Non, c'est bien trop tôt.

-Les enfants arrivent parfois avant terme.

Le stress de Yuan monta en flèche. Quoi, c'était déjà le jour J? Non, c'était exclu, c'était trop tôt! Il avait peur, il ne se sentait pas prêt.

-La douleur est régulière?

-Non, cela n'arrive que rarement.

-Cela se rapproche?

-Non.

-Donc, c'est bon. Ce n'est pas le jour J.

-Tu m'as fais stresser.

-Je vais me faire pardonner.

Il ramena à Yuan un grand paquet de chips et des canettes de Coca-Cola Cherry.

-Je mangerai avec toi, comme ça, on se bousillera à deux.

Yuan lui sourit discrètement.

-J'ai une autre envie en plus de ça.

-Laquelle?

-Certaines femmes ont envie de fraises, moi j'ai envie que tu me fasses l'amour.

Kratos rougit fortement mais bon, il ne faut jamais contrarier une personne attendant un enfant.

 

 

A Suivre

 

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Pour ses yeux océans: prologue - par Marina Ka Fai

 Prologue

 

Il n'y a rien ici pour moi, dans ce pensionnat. Certes, je suis nourri, blanchi et logé, j'ai du travail. Mouais, la belle affaire. On pourrait croire que je suis ingrat mais malheureusement, tout n'est pas aussi idyllique. Ici, je suis plus un esclave qu'un domestique. Je dors dans l'étable qui jouxte l'établissement, me laissant aux proies de l'humidité et des courants d'air. Les vêtements que je porte sont usés et à la limite du réparable. Et malgré mon poste ici, mon ventre grouille toujours, mes repas sur une semaine, je les compte sur les doigts d'une main. C'est à moi que l'on confie les tâches les plus dures, les plus éreintantes, et bien sûr, on ne me laisse que très peu de repos, ma dernière nuit de sommeil complète remonte à des années. S'il n'y avait que ça encore, je ne me plaindrai pas. Pour un demi-elfe, un emploi dans un établissement luxueux est rare. C'est le prix à payer. Pourtant, même si je ne me plains jamais à l'oral, une voix dans ma tête ne peut s'empêcher de hurler mon malheur. Mes employeurs, mes supérieurs, les jeunes gens du pensionnat, tous me traitent comme le chien que je suis. Certains se contentent juste de m'ignorer ou alors ils glissent juste une injure que l'on ne leur reprochera jamais. Les autres me frappent mais ça j'y suis habitué. Il y a pire encore. Les derniers, les plus durs, eux, me brisent chaque jour un peu plus physiquement et moralement. Ils me font sentir à quel point ma race les répugne tout en «s'amusant» avec mon corps. Et à chaque fois après ces séances malsaines où je ne peux que subir en silence en refoulant mes larmes, mon corps se révolte et je vomis. Bon d'accord, vu que je ne mange pas grand chose, même quand on ne me prive pas de nourriture, le fait est que je vomis maintenant plus d'eau ou de bile que d'aliments à la vérité. Ma vie est ce qu'on appelle un Enfer. Ma race vit environ mille ans. Je n'en ai que dix-huit. J'ai encore neuf cent quatre-vingt deux ans à tirer. Neuf cents quatre-vingt deux ans de souffrance et de solitude. Je n'ai jamais eu personne, je n'ai personne et je n'aurai jamais personne. Je m'appelle Yuan Ka-Fai et je suis ce que l'on appelle un rebut de la société et chaque jour dans le pensionnat Kharlan de la ville de Meltokio me le rappelle amèrement.

Il paraît qu'il y a un nouvel élève qui arrive aujourd'hui. Tout ce que je sais, c'est qu'il s'appelle Kratos Aurion, fils du duc d'Aurion d'Altamira. Quel genre d'homme est-il? Un de ceux qui se contentera juste de m'insulter ou alors rejoindra t-il la bande qui trouve mon corps si amusant pour leurs jeux qui ne font du bien qu'à eux? Je ne sais pas et à vrai dire, je m'en fiche. J'espère juste que mon corps me lâchera vite, je n'en peux plus de cette vie. Je veux juste mourir, que mes souffrances prennent enfin fin.

 

 

 

A suivre

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Chapitre 01: Un rayon d'espoir pour un demi-elfe - par Marina Ka Fai

 

Chapitre un: Un rayon d'espoir pour un demi-elfe

 

Un carrosse roulait dans les rues pavées du quartier noble de Meltokio. En son sein, un trio: un homme, une femme, leur fils de dix-huit ans. Le jeune Kratos, car tel était le nom du jeune homme, allait entrer dans un pensionnat où il pourrait mener ses études à termes. Bien entendu, il n'avait pas eu son mot à dire, ses parents avaient décidé à sa place. Quitter son île natale avait été un déchirement pour l'adolescent. Mais, il devait faire honneur à ses parents, à plus forte raison qu'il était leur fils unique et Kratos aimait ses parents. Alors malgré son chagrin, il ne protesta pas quand son père lui annonça qu'il allait vivre à Meltokio.

Le carrosse s'arrêta et les passagers en descendirent. Kratos jaugea vite fait les lieux. Un bâtiment immense, une écurie qui apparemment avait été bâtit pour accueillir son cheval. Il trouva la fenêtre du deuxième étage et ce qu'il vit à travers la vitre l'intrigua au plus haut point. Il avait vu une forme humaine et une vague couleur bleu.

-Sûrement un domestique. Éluda le jeune homme.

Ramenant ses pensées sur Terre, il pénétra dans son futur foyer. Le hall était sobre, les murs peints en blanc, le parquet semblait patiné par le temps. Face à lui, un escalier qui reliait le rez-de-chaussée aux chambres.

La directrice du pensionnat les accueillit. Elle était vraiment très belle. Ses longs cheveux bruns étaient retenus en chignon. Elle était grande et ses traits réguliers avaient le don de rassurer les parents venus confier l'éducation de leurs petits à l'élite.

-Monsieur le Duc, Madame la Duchesse, Monsieur Kratos c'est un plaisir que de vous voir enfin! J'espère que le voyage s'est bien déroulé.

-Fort bien à la vérité, Mademoiselle Méthy. Répondit la mère de Kratos

Mademoiselle Méthy fit passer dans son bureau les trois voyageurs afin de régler les derniers détails de l'inscription de l'héritier Aurion à la pension Kharlan.

-Conformément à vos exigences, votre fils aura une chambre individuelle et étant le plus fortuné de ses camarades, tout le second étage lui est réservé. Il pourra y recevoir qui bon lui semble. L'écurie est prête à recevoir son cheval et sa bibliothèque personnelle a été montée ce matin même. Et bien entendu, tant que cela reste à horaires décents, votre fils pourra sortir.

-Cela est parfait. Merci de votre patience face à nos exigences Mademoiselle. Kratos, votre mère et moi, attendons de vous que vous fassiez de votre mieux, échouer n'est pas une honte néanmoins, il y a une chose sur laquelle nous ne transigerons pas. Il vous faudra toujours respecter les lois de ce lieu.

-Bien Père.

On se sépara, les parents prirent congé de leur enfant. On expliqua au nouveau venu les cours, tout ce qui lui servirait au cours de sa vie en ce lieu. Enfin, on permit à l'adolescent d'aller dans sa chambre, qui n'attendait plus que cela. Il voulait s'installer au plus vite ainsi il pourrait se reposer.

Kratos gravit donc les escaliers qui le menait en sa nouvelle demeure. Plus qu'une chambre, on aurait dit presque un appartement. Il entra dans ce qui aurait put être le salon. La pièce à gauche était la chambre à coucher et celle à droite était la pièce d'eau. Comme chez lui, à Altamira. Son père s'était vraiment démené pour qu'il ne se sente pas trop dépaysé et il avait réussi.

A un détail près. Dans sa chambre d'Altamira, il n'y avait pas un jeune homme qui regardait la couverture d'un livre comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde. Ses yeux bleu regardait la gravure qui ornait la première page du livre avec intensité, comme s'il voulait en fixer tout les traits dans sa mémoire. Il était perdu dans sa contemplation et n'avait pas entendu le propriétaire des lieux entrer. Kratos en profita donc pour le détailler. Le jeune homme au regard bleu était légèrement plus petit que lui. Ses cheveux longs azurés lui tombaient en cascade jusqu'au milieu de son dos. Ses vêtements étaient sales, usés, rapiécés. Les mains du jeune homme étaient longues et blanches et malgré les gerçures et engelures qu'elles avaient, elles étaient restées belles. Kratos remarqua la maigreur et la pâleur du visiteur, les cernes qu'il avait sous les yeux. Pourtant, ces détails n'altéraient en rien la beauté du garçon.

-Si seulement je pouvais le voir de face! Soupira intérieurement Kratos

Il décida donc d'approcher doucement pour ne pas faire peur au demi-elfe. Kratos avait reconnu sans mal à quelle race appartenait le domestique et il avait également reconnu la personne qu'il avait vu par la fenêtre après être descendu du carrosse qui l'avait mené là. Malheureusement, le métis l'entendit et se retourna brusquement. Son regard fit mal au cœur de l'humain. Il y lisait la peur, l'appréhension. Le pauvre tremblait de tout son long.

- Pardon, je...je ne voulais pas déranger....je m'en vais tout de suite....

Cette voix, malgré la timidité et la peur, était si belle, si claire, ni trop aiguë, ni trop grave. Il devait avoir le même âge que lui. Kratos ne s'était pas trompé. De dos, le jeune domestique était beau. De face, il était magnifique. Ses traits si fins, si purs, un nez droit bien dessiné, des lèvres jolies malgré le fait qu'elles étaient gercées, des yeux dans lesquels Kratos aurait adoré se noyer...

-Ne pars pas, tu ne me déranges pas! Je m'appelle Kratos, Kratos Aurion. Je suis nouveau ici. Et toi, quel est ton nom? Demanda t-il chaleureusement.

Voyant que le domestique tremblait toujours et qu'il avait toujours aussi peur, il ajouta avec un sourire vrai et sympathique:

-Tant que je ne saurai pas ton nom, je ne te laisserai pas partir.

-Je...Yuan...Yuan Ka-Fai... balbutia le pseudo otage de l'humain.

-Heureux de te connaître Yuan! Dis moi, tu aimes les livres toi aussi?

-Juste les regarder Monsieur, leurs couvertures sont si belles...

-Tu ne les lis pas?

-Je....je ne sais pas lire Monsieur...lâcha Yuan gêné.

-Dommage, tu aurais pu remarquer qu'il n'y a pas que la couverture qui est belle dans un livre!

Kratos eut l'air de réfléchir puis dit au bout de quelques secondes:

-Tu sais, je pourrai t'apprendre à lire.

-C'est gentil mais Monsieur ne devrait pas perdre son temps avec un homme comme moi, je suis sans doute trop bête pour savoir lire...

-Mais je suis sûr au contraire que tu apprendras vite! Bien sûr, si tu as du travail, je ne veux pas empiéter dessus. La plupart du temps, je serai sans doute ici. Rejoins moi quand tu auras du temps libre!

Yuan regardait Kratos avec étonnement. Pour la première fois dans sa vie, un humain était gentil, poli et courtois avec lui. Pour la première fois de sa vie, il rencontrait quelqu'un qui semblait sincère avec lui. Pour la première fois, il voulait se rapprocher d'un humain et celui-ci lui tendait une perche.

-Je...je remercie Monsieur de sa bonté...Si Monsieur est sûr de lui, je...j'essayerai de venir mais avec le travail, je ne sais pas si je...

-Je te l'ai dit Yuan, tu viens quand tu peux!

Yuan remercia l'Humain et prit congé.

-Au fait, Yuan, laisse tomber le Monsieur, appelle moi Kratos et tutoie-moi!

-Mais Monsieur, cela serait....

-J'insiste.

-D'accord mais je vous en prie, permettez moi de continuer à vous vouvoyer , je...

-A une condition: en public, le vous, en privé le tu, d'accord?

Yuan acquiesça.

-J'espère que nous pourrons devenir amis, Yuan. Je l'aimerais vraiment.

Ami? Il voulait bien devenir son ami? C'était trop beau pour être vrai! Tous deux l'ignoraient, mais cette rencontre venait de sceller leurs destins. Yuan l'ignorait, mais Kratos allait devenir son bouclier protecteur. Kratos l'ignorait mais il était devenu le rayon d'espoir dans la vie triste et noire du demi-elfe. La vie, au pensionnat Kharlan, c'était pas si mal finalement!

 

 

 

A SUIVRE

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Chapitre 02: Une main secourable - par Marina Ka Fai

 

Chapitre deux: Une main secourable

 

J'entends les cloches de la cathédrale sonner cinq heures, le soleil n'est pas encore levé, mais moi si. Il faut que je quitte mon lit dont je n'ai connu la chaleur que trois heures cette nuit. Enfin, un lit.... Plutôt la paille dans laquelle j'ai dormi. Je m'arrange comme je peux, je me lave vite fait grâce au tonneau dehors qui récupère l'eau de pluie. Je me dirige vers la cuisine. J'allume le feu, j'attends que Ellys et Hector se lèvent. Ellys et Hector sont les cuisiniers du pensionnat. Ce sont eux qui me donnent mes charges de la journée. Et je sais déjà à l'avance ce qui m'attend. J'irai à six heures aux commissions, je les ramènerai en moins d'une heure. Pendant qu'ils préparent le petit-déjeuner, je dresserai les tables de la salle à manger commune. J'allumerai le feu dans la cheminée. Puis je me retirerai. Il sera huit heures. On me demandera d'aller aérer les chambres, puis de débarrasser les tables. Après cela, je nettoierai les chambres et ferai les lits. On me donnera le linge à laver, à repasser, à plier et à ranger ensuite. Et parfois j'ai droit aux chaussures que je dois cirer. A midi, rebelote, je remets les tables. J'alimenterai le feu de la cheminée. Après le déjeuner, je débarrasserai. Il me faudra ensuite rentrer les stocks de bois ou de charbon et faire la vaisselle pendant que Ellys et Hector se reposeront. Les classes finissent à quatre heures. On me demandera de les nettoyer aussi. C'est le moment que je redoute le plus. C'est toujours à ce moment-là que je me fais violer. Pourquoi je ne me défends pas? Ils sont toujours à plusieurs pour faire ça, je n'ai plus assez de force pour me défendre. Pourquoi personne n'agit? Parce qu'ils sont d'accords avec eux. Tout le monde sait ce que j'endure et tous s'en délectent. Parfois, ils se contentent juste de me frapper. Leur manège dure quoi? Allez, au pire une heure et demie. Je reviendrai aux cuisines, après avoir vomi l'horreur que j'ai subi, où je sais que je serai accueilli par une baffe d'Hector sous prétexte que j'ai trainé, alors qu'il sait pourquoi je reviens toujours aussi tard. Troisième repas et dernier repas de la journée, dix-neuf heures. Je dresserai une dernière fois la table. La vaisselle? Je la ferai, bien sûr. Je n'ai pas le choix .Même si je suis malheureux ici, au moins, j'ai un toit, j'ai un travail. D'accord, je suis payé une misère mais au moins j'ai un travail. La Liberté me manque, c'est vrai. Je ne savais pas ce qui m'attendait quand je suis arrivé ici, il y a déjà deux ans. Mais quoi? Partir, je le pourrais mais où irai-je? Si c'est pour aller mourir dans un coin de rue, je préfère rester.

Après la vaisselle, je devrai aller chauffer les chambres. Je ferai le ménage dans la salle à manger. On trouve un nouveau travail pour moi. Cela dure jusqu'à deux heures du matin. Je pars me coucher.

Parfois, on me donne d'autres travaux que cela. Cela m'occupe pour que je n'ai pas le temps de penser.

Mais j'arrive toujours à penser en travaillant.

J'aimerais tant que cette vie change, même un petit peu! L'arrivée de Kratos risque de faire en sorte que mon vœu se réalise. Il est gentil, lui. Je sens au son de sa voix qu'il est gentil, qu'il ne me fera jamais de mal. Mais je crois qu'il arrive trop tard. Mon corps commence à me lâcher. J'ai de la fièvre et de plus en plus de mal à respirer. La Mort a t-elle enfin décidé de venir me chercher?

-Yuan!

La voix perçante d'Ellys le sortit de sa rêverie morbide.

-Eh bien, espèce de bon à rien, fainéant, il est quatre heures! Va nettoyer les salles de cours!

Le demi-elfe acquiesça juste, prit son attirail et s'en alla. Au fur et à mesure qu'il arrivait à destination, son estomac se nouait. Il entra dans la première salle. Le groupe l'attendait. Tout recommence. Il eut néanmoins la force de finir son travail avant d'aller vomir. Vomir et pleurer. Seul.

Du moins, c'est ce qu'il croyait.

-Yuan? Ça ne va pas? Tu te sens mal?

Cette voix! Si douce, si chaude, si agréable! Le métis regarda derrière lui. Kratos était là, le visage inquiet. Oh non! La honte! Yuan n'avait déjà pas beaucoup d'amis, même aucun ami soyons franc et il fallait qu'il se montre aussi nul en face de celui qui semblait vouloir être ami avec lui.

-Kratos.... murmura t-il.

-Tu te sens mal?

Yuan voulait répondre, le rassurer, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Ses larmes continuaient de couler, il regardait l'humain compatissant avant qu'une nouvelle montée douloureuse en provenance de son estomac le fasse souffrir pour qu'il l'extériorise. Il sentit la main de Kratos se poser sur son épaule.

-Allez, viens. Je t'emmène dans ma chambre, tu pourras te reposer.

- Je ne peux pas, j'ai du travail...

-Tu ne peux pas travailler dans ton état.

-Tu vas t'attirer des ennuis.

-J'assumerai.

Le demi-elfe se laissa mener. Il était fatigué, il avait froid. Il voulait juste un moment de répit. Les pensionnaires furent bien surpris de voir «le nouveau» avec «l'inférieur». L'un d'entre eux lui lança:

-Tiens, toi aussi, tu veux te faire le demi-elfe?

-Je ne suis pas un violeur moi.

Sans lui laisser le temps de répondre, le duo continua son ascension. Ils pénétrèrent dans la chambre de l'humain.

-Tu préfères t'asseoir ou t'allonger, Yuan?

-M'asseoir, je ne veux pas défaire ton lit...

-Si ce n'est pas toi, ce sera moi qui le déferai ce soir. Choisis ce que tu préfères.

-M'allonger....concéda le malade

-Il fallait le dire tout de suite, je te l'ai dit Yuan, je veux être ton ami, je ne te ferai pas de mal.

Kratos aida Yuan à s'allonger et il nota la surprise du demi-elfe au contact des draps. Il le posa doucement. Le jeune homme était somnolent mais trop de questions se bousculaient dans sa tête.

- Kratos...Pourquoi as-tu appelé Lévin violeur ? Tu... Tu n'étais pas censé être au courant.

-C'est ce qu'il est. Avant la classe, je l'ai entendu parler de ton futur viol. Je ne voulais pas y croire et du coup j'ai laissé courir. Mais quand je l'ai entendu s'en vanter après, quand je t'ai vu aussi mal, j'ai compris qu'il disait vrai. Pardonne-moi, j'aurais dû empêcher cela, seulement, j'ai été trop naïf. J'ai voulu croire en mon semblable et voilà le résultat.

- Tu n'aurais rien pu faire, ils sont trop nombreux et tu ne peux pas me protéger tous les jours.

-Ils te font ça tous les jours?! Hurla avec effroi l'humain

Yuan sursauta. Voyant qu'il avait peur, l'héritier Aurion se calma. Il ajusta les draps sur les épaules du domestique qui s'endormit presque aussitôt. Malheureusement son sommeil ne dura pas longtemps. La directrice, prévenue de la présence de Yuan chez Kratos, était montée chercher le fauteur de troubles.

- Yuan, lève toi, tu n'as rien à faire ici. Tu déranges Monsieur Aurion, tu devrais avoir honte! Dit-elle d'une voix sèche

Kratos intervint aussitôt, tentant d'être aussi calme et posé que possible.

- Mademoiselle, Yuan n'y est pour rien. C'est moi qui l'ait amené ici.

-Et pourquoi est-il dans votre lit? Demanda t-elle

-Il s'est senti mal.

-Vraiment?

-Oui, il était nauséeux et semble avoir des ennuis pour respirer.

-Pourquoi l'avoir amené ici?

-N'avez-vous point dit à mon père que je pourrais inviter qui bon me semble dans mes appartements? Philosopha l'humain

-Mais un jeune homme de votre rang pourrait inviter qui il veut sans pour autant avoir à se mêler à....ça.... rétorqua la Méthy en désignant Yuan avec dégoût.

- Je l'ai mandé car je voulais le féliciter de la qualité du travail qu'il fait dans ma chambre. J'aime beaucoup ce garçon, vous savez. D'ailleurs, je me demandais si vous accepteriez que Yuan devienne mon domestique attitré. Sa présence me fait beaucoup de bien.

Cette requête laissa pantois Yuan et la directrice.

- A vrai dire, ce n'est pas une demande, c'est un ordre. Sinon, je quitte le pensionnat immédiatement. Je prendrai en charge ses dépenses si cela peut vous rassurer. Vous me feriez bien plaisir si vous accéderiez à mon «caprice».Ajouta Kratos

Le visage de la directrice passa par une gamme assez large d'émotions. Comment un demi-elfe miséreux, sans grâces, aurait-il pu attirer le regard d'un humain si bien né? Comment un enfant pouvait-il lui tenir ainsi tête? Pourquoi protéger la racaille qui était allongée dans son lit? Cependant, elle ne pouvait pas se permettre d'être en désaccord avec le nouveau pensionnaire.

-J'aimerais tant pouvoir accéder à votre demande mais qui remplacera cette...chose?

- Eh bien, l'un de vos cuisiniers. Ou bien, engagez un humain. Vous aurez moins à vous plaindre à la fois de lui et de Yuan. N'est-ce pas un arrangement agréable?

Yuan regardait Kratos sans arriver à réaliser ce qu'il se passait. Il voulait le sortir de son Enfer? Il voulait le garder près de lui? Mais pourquoi? Voulait-il vraiment l'aider ou était-ce une manipulation de sa part? Il se sentait bien trop mal pour réfléchir mais il était, paradoxalement, trop excité pour s'endormir. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale avant d'être pris par une violente quinte de toux. Le demi-elfe avait l'impression que ses poumons s'arrachaient, se déchiraient. Il allait enfin mourir et à vrai dire, il était content. Il allait mourir en ayant connu une once de gentillesse. Ce fut sa dernière pensée avant de sombrer dans les ténèbres de l'inconscience. Il entendit la voix de Kratos l'appeler, paniquée.

 

C'est trop tard Kratos. Ta venue dans ma vie est survenue trop tard, mais je ne regrette pas de t'avoir rencontré. Je meurs en sachant qu'il y a des humains qui sont réellement humains. C'est dommage, j'aurais aimé te connaître mieux, apprendre à lire tiens, pourquoi pas, après tout...Mais maintenant que la Mort est venue pour moi, je ne peux pas lui faire faux bond alors que je l'ai tant appelée. Pardon,et merci....

 

 

A suivre

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Posté par _martel_ à 11:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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