04 janvier 2009

Chapitre 09: Mémoires et Trahison - par Alienor

Préséa  s’empressa de traverser le rez-de-chaussée de la société Lézaréno et rentra dans l’ascenseur après avoir montré sa carte d’accès au garde qui était posté devant. Elle appuya sur le bouton qui montait à l’étage supérieur. Elle attendit un moment, puis l’ascenseur s’arrêta, et les portes s’ouvrirent automatiquement. Elle entra dans une vaste salle, où trônait un bureau, avec une pile de dossiers entassés dessus.

« Bonjour, Préséa. Tu as passé une bonne journée ? »

Régal apparut derrière le désordre de son bureau. D’après la fillette, il devait être en train de faire du rangement.

-Bien sûr, Régal, c’est une très belle journée en perspective ! répondit-elle, en souriant.

-Je suis content de te l’entendre dire, surtout venant de chez toi.

-C’est du passé. Je ne suis plus la fille taciturne que les autres et toi avez connue. Maintenant je profite pleinement de la vie ! »

L’homme sourit. Il avait fière allure dans son uniforme de directeur de la société qu’il dirigeait depuis maintenant quelques mois. Après n’avoir donné plus de signe de vie pendant des années, il avait finalement repris le contrôle de Lézaréno. Pendant tout ce temps, c’était son sous-directeur qui avait géré le poste. Et même durant la longue absence de son supérieur, il lui était resté fidèle et avait veillé à ce que personne n’usurpe la place de directeur.

Préséa avait elle aussi eu un poste dans la société, et à vrai dire c’était l’un des plus banals : elle se déguisait en klonoa pour amuser les enfants. Elle se fichait qu’elle soit ridicule ou pas, elle aimait voir les autres rire et démontrer leur joie. Elle aimait Altamira et son atmosphère chaleureuse. La tristesse n’existait pas entre les murs de la cité balnéaire. Et cela, c’était ce que Préséa appréciait. Et puis, avec l’argent qu’elle gagnait, cela lui permettait de faire des dons à la reconstruction d’Ozette. D’ailleurs, celle-ci avançait bien. Dans quelques mois, le petit village serait tout neuf et les gens pourraient de nouveau le repeupler. Elle était heureuse.

« J’en ai fini pour aujourd’hui, je dois rentrer à Ozette maintenant.

-Les travaux avancent ? La questionna Régal.

-Ils avancent même très bien… » répondit elle, avec un sourire radieux.

Sur ces mots, elle salua son ami et se retourna vers l’ascenseur où elle disparut quelques minutes plus tard.

Régal la regarda partir, et sourit. Il était satisfait que la fillette lui ai pardonné le meurtre de sa sœur et ai retrouvé le sourire. Le rôle qu’elle jouait dans Altamira lui avait fait beaucoup de bien et lui avait redonné sa joie de vivre. C’était à peine si elle avait oublié qu’elle avait en réalité vingt-huit ans. Elle s’amusait comme une enfant. Le sourire aux lèvres, il se remit à la tâche, ranger son bureau. Il allait y avoir du travail, vu les piles de dossiers qui ornaient sa table dans tous les coins. Mais rien ne pouvait mieux l’occuper que cela.

Préséa sortit du train élémental qui l’avait ramené des bureaux de la société et salua le chauffeur. Puis elle monta le petit ascenseur qui se mettait automatiquement en marche lorsqu’on y posait les pieds. Elle salua les divers employés de service qui s’affairaient et continua son chemin. Au bout d’un moment, à force de jeter des coups d’œil à droite et à gauche, Préséa s’arrêta soudain. Quelque part, au milieu de la foule, elle venait d’apercevoir une silhouette familière. Non, deux. Mais elle n’avait pas eu le temps de bien voir, les deux silhouettes en question avaient disparu. Elle resta immobile un moment, se posant quelques questions, puis haussa les épaules. Après tout, c’était peut-être le fruit de son imagination. Forte de cette certitude, la jeune fille sortit de la ville et partit dans un coin d’ombre où personne n’aurait eu l’idée de s’aventurer, tellement c’était discret.

Quelques minutes plus tard, un ptéroplan s’envola vers le continent voisin, en direction d’Ozette.

------------------------------------------

La jeune femme se réveilla dans un fauteuil confortable, et scruta l’endroit où elle se trouvait d’un œil hagard. Il s’agissait d’une sorte de grand salon. Elle tenta de se relever, mais une violente douleur au ventre et à la tête lui arracha une grimace et l’obligea à rester immobile.

« Oui, évite de bouger, c’est très désagréable surtout si tu es blessée… »

La jeune femme regarda de tous côtés, personne. Pourtant, il lui semblait avoir entendu une voix…

« Je suis ici. »

Soudain, une ombre surgit juste devant elle et effraya la femme qui poussa un petit cri de frayeur.

« Excuse-moi, je t’ai fait peur. Sincèrement désolé… »

Elle regarda le personnage d’un air méfiant. Il s’agissait d’un homme entre deux âges, à la fois jeune et vieux. A vrai dire on ne saurait même pas lui donner un âge.

« Tu n’es pas rétablie, je t’ai retrouvé agonisante près de chez moi. Tu étais vraiment mal en point. Tu aurais pu mourir. Comment t’appelle tu ? »

La jeune femme hésita, et fouilla dans les tréfonds de sa mémoire. Elle ne savait plus comment elle s’appelait et sa tête, à force de réfléchir, lui faisait affreusement mal.

« Je… je ne sais plus… » répondit elle, finalement.

L’homme éclata de rire.

« Une crise d’amnésie ! Je me disais aussi, ta blessure à la tête ne pouvait que te causer la perte de ta mémoire ! »

Elle resta à ne rien dire, et son interlocuteur reprit :

« En attendant que tu la recouvres, permets moi de te donner un nom. Que dirais-tu de Laya ?

-D’accord… se contenta de répondre la blessée.

-Je m’appelle Elio, mais je vais essayer de ne pas te fourrer trop de choses dans la tête… Tu pourras rester le temps que tu guérisses d’accord ? »

Elle acquiesça, un peu dépassée. Elle ne savait plus qui elle était, mais en plus elle ne se rappelait plus ce qui s’était déroulé avant qu’elle ne devienne… amnésique comme disait cet homme. Ses souvenirs étaient flous, et elle n’était pas en état de réfléchir. Son estomac grogna pour approuver.

« Tu dois avoir faim, sourit son hôte, attends je vais te chercher à manger. »

Elle le laissa partir, et il revint quelques minutes plus tard, un plateau chargé de nourriture.

Il l’installa sur une table basse et prit une fourchette qu’il planta dans un morceau de rôti qu’il présenta à la jeune femme. Celle-ci, ne pouvant pas se servir de ses bras blessés, avala le morceau. Elle eut beaucoup de mal à ingurgiter et eut un haut-le-cœur. Finalement, elle ne voulut plus rien manger.

« Il faut que tu dormes, je te donnerai de quoi te soigner, mais il faudra du temps pour guérir, je le sais, j’ai connu ça… »fit Elio.

La jeune femme sentit soudain la fatigue l’envahir. Elle était épuisée. Elle ferma les paupières.

« Bonne sieste Laya. »

Elle sentit qu’on éteignait les bougies allumées dans la salle, et poussa un petit soupir de contentement, puis elle s’endormit.

----------------------------------------------

Sheena fut réveillée au milieu de la nuit par Akiko qui était entrée dans sa chambre.

« Quoi ? grogna t-elle.

-Sheena, j’ai entendu du bruit en bas… dit celle-ci, en chuchotant.

-Et alors ?

-C’était des bruits de casseroles qui s’entrechoquaient, je suis allée voir, et je ne suis pas allée plus loin, mais je crois que ce sont des voleurs… »

Sheena se releva sur son lit, les voleurs en cette période, c’était fréquent. Certaines personnes étaient privés de leurs biens et n’avaient d’autre choix que de se servir chez les autres. Elle mit un pied à terre, puis l’autre, et Akiko la pressa de se dépêcher. Finalement, en robe de chambre, les deux jeunes femmes descendirent. Arrivés en bas, Sheena entendit effectivement quelques petits bruits venant de la cuisine, et se dirigea en direction de cette salle. Tout d’abord, elle entrebâilla la porte et jeta un coup d’œil à l’intérieur. La pièce était sombre et il ne semblait y avoir personne. Puis elle l’ouvrit en grand et regarda dans la pièce, fouillant chaque recoin du regard. Enfin, elle en vint à la certitude qu’il n’y avait personne.

« Tu vois, Akiko, tu t’es fait des illusions il n’y a absolument pers… »

Elle n’en dit pas plus. Tout d’abord, elle parlait dans le vide, son amie avait disparu de sa vue, ensuite, une main se plaqua sur sa bouche et l’attira contre un homme de forte corpulence.

« Il faut pas souffler trop vite la brunette ! » répliqua la voix de son agresseur.

Aussitôt, sortirent de leur cachette quatre autres gars, qui ne semblaient pas japonais… Ils étaient blonds, roux, vénitiens ou bruns. Et ils avaient un fort accent américain. L’un deux, le grand brun qui semblait être le chef de la petite bande, prit la parole :

« C’est bon, on l’a ! On l’embarque ! Ah, et on manque pas de remercier notre petite complice, pas vrai Akiko ? »

« Akiko ? » s’alarma Sheena. A ce moment, son amie entra dans la cuisine, et la regarda d’un air moqueur, du genre « je t’ai bien eue ».

« Akiko… C’est une blague n’est ce pas ?

-Non, ma mignonne c’en est pas une, elle est avec nous ! Tiens, voilà ta part ! fit-il, en s’adressant à la jeune fille, en lui lançant une bourse qu’elle saisit au vol.

-Merci… fit-elle, impassible.

-Akiko… » fit Sheena.

Celle-ci se contenta de la regarder d’un air vague, et Sheena comprit avec horreur en voyant la bourse remplie d’argent que celle qu’elle croyait être son amie l’avait vendue.

« Allez, on y va ! A la prochaine, alors ! » fit le grand brun, à Akiko.

Celle-ci sourit, d’un air moqueur et féroce qui ne lui ressemblait pas. Et sans un regard pour Sheena, elle se retourna et sortit de la cuisine.

La jeune femme fut entraînée de force hors de la maison et en direction d’une petite camionnette garée sur un parking proche de la maison. Elle essaya de résister, mais la poigne de son ravisseur était forte, et il était costaud. Mais il était hors de question qu’on la jette comme un vulgaire paquet dans cette camionnette de malheur ! Au cours de sa jeunesse, Sheena avait acquis des capacités de combat et elle était championne de kung-fu, d’aïkido et de taï-chi-chuan, ainsi que de boxe-thaïe. Souplement, elle envoya un coup de pied dans les jambes de son agresseur qui flancha, puis lui donna un autre coup de pied dans le ventre. Son adversaire grogna et s’écroula, un filet de sang s’échappant de sa bouche. Aussitôt, ses camarades vinrent à la rescousse et essayèrent de maîtriser cette petite folle. Ils subirent le même sort. A la fin, il ne resta que deux hommes debout, le grand brun, et un blond vénitien. Celui-ci cracha :

« Mais regardez-moi ça, cette petite tigresse est balèze ma parole ! »

Il émit un long sifflement, et d’autres complices vinrent entourer Sheena. Elle analysa vite fait la situation et eut un petit sourire. Ils n’étaient pas dangereux, ce n’étaient que des gros poids lourds qui ne savaient qu’intimider les gens avec leur tas de muscles. Tranquillement, elle s’avança vers le plus gros d’entre eux et lui donna un coup de poing en pleine figure. Quelques dents volèrent, et les hommes tentèrent d’empoigner la jeune femme. Ils s’emmêlèrent et ne réussirent qu’à se donner des coups de pieds et de poings dans tous les sens, blessant leurs alliés qu’ils avaient pris pour leur proie. Tout ce méli-mélo finit bientôt en véritable bagarre.

« Mais quelle bande de… » jura le chef.

Il ne finit pas sa phrase, le tranchant d’un pied balancé dans le plexus solaire lui coupa le souffle et il finit les fesses par terre, la bouche en sang. Il aperçut l’ombre d’un sourire sur le visage de la jeune femme qui l’avait agressé, et il la vit lui tirer la langue. Et avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, la femme avait disparu et il recevait un coup de poing par l’un de ses lieutenants.

Sheena quitta discrètement le champ de bataille, ombre parmi les ombres. Son intervention avait provoqué une belle zizanie et elle en éprouva une indicible fierté. Qu’est-ce que les gens pouvaient être bêtes de temps en temps, mais ces types-là étaient pires !

Elle emprunta une petite ruelle et déboucha dans une autre rue où elle partit en courant. Une chose encore la blessait : la trahison d’Akiko.

--------------------------------------

« Que viens-tu faire ici Colette ? »

La jeune fille, entrant dans la chambre de Lloyd, sourit.

« Anto m’a envoyé pour te dire que les bains étaient libres.

-Ah, ils ont quand même de quoi se laver ici ? Ca me rassure. »

Il se leva, et passa devant son amie. Puis brusquement, il mit une main sur l’épaule de Colette. Ce geste la fit tressaillir car elle ne s’y attendait pas.

« Dis-moi, tu leur fait vraiment confiance ? » lui demanda t-il.

La jeune fille le regarda avec hésitation, et bégaya :

« Bi… bien sûr, Anto est gentil et Akim… ça peut aller !

-Si tu le dis… »

Il relâcha l’épaule et sortit de la chambre sans rien dire.

Elle resta un instant immobile, ne sachant que faire, puis finalement, elle fit volte-face et sortit à son tour. Puis elle se rappela qu’Akim aussi prenait un bain. Ca risquait de chauffer. Déjà que la température faisait transpirer…

Elle décida d’aller visiter un peu les lieux. Anto était occupé. Elle ne voulait pas la déranger avec les questions qui la taraudaient.

Elle traversa les longs couloirs de la maison souterraine et regarda derrière chaque porte. Il y avait plus de chambres que d’autres salles. Elle se demanda à quoi elles servaient, étant donné qu’il ne devait pas y avoir beaucoup d’invités, vu la discrétion de l’endroit.

En parlant de discrétion, elle commençait à se sentir de plus en plus en sécurité dans ce « terrier » comme disait Akim et sa grand-mère. Si leurs ravisseurs les poursuivaient toujours, ils ne risquaient pas de les trouver ici. Elle sourit à cette pensée.

Le seul inconvénient, c’est qu’elle était claustrophobe, et prendre un bol d’air ne semblait pas réellement être une bonne idée. Cela l’ennuyait beaucoup.

A force d’avoir la tête ailleurs, elle ne prêtait plus attention à son manège de regarder derrière chaque porte. Et ce couloir n’en finissait pas. Puis, alors qu’elle se préparait à faire demi-tour, sa main prit la poignée d’une porte qu’elle eut beau pousser, ne s’ouvrait pas. « Tiens, c’est fermé à clé! » pensa t-elle.

Elle haussa les épaules. Elle verrait ça plus tard. Elle en parlerait à Anto.

Elle lâcha la poignée et revint sur ses pas. Et lorsqu’elle arriva dans le couloir des chambres, elle croisa aussi Lloyd et Akim qui bavardaient d’un ton enjoué. Mais lorsqu’ils la virent, ils se turent et regardèrent chacun de leur côté. « Fierté de félins ! » sourit Colette, et elle fit comme si elle n’avait pas remarqué.

Lorsqu’elle entra dans la cuisine, Anto avait fini de travailler et était assise tranquillement sur une chaise, à méditer. « Eh bien, se dit la jeune fille surprise, c’est quelque chose que je n’avais pas encore remarqué chez elle ! »

Elle s’assit discrètement à côté de la grande femme et attendit. Elle n’eut pas à s’impatienter longtemps, Anto émit une dernière parole inaudible et ouvrit les yeux. Lorsqu’elle vit Colette, elle sourit. Après un court silence, l’adolescente se risqua à demander :

« Vous étiez en train de prier ? »

La femme, sourit, amusée par la question.

« Oui… J’étais en train d’adresser une prière à la déesse Martel. »

La jeune fille, étonnée, balbutia :

« Martel… C’est une divinité arabe ? »

Cette fois, Anto regarda la fille comme si c’était une extra-terrestre (ce qui est un peu le cas dans son monde c’est vrai !^^), et murmura :

« Tu ne m’as pas dit grand-chose sur toi, d’où viens-tu ?

-Eh bien, l’Angleterre, pourquoi donc ?

-Je n’ai jamais entendu parler de ce pays… »

Colette, à son tour, se dit qu’Anto était folle elle aussi. L’Angleterre était l’une des puissances mondiales les plus connues au monde, personne ne pouvait l’ignorer. Puis une pensée fugitive traversa sa tête, et la fit frissonner de la tête aux pieds. Elle se rappelait les paroles de l’homme aux cheveux bleus. Il avait dit « Vous êtes passé d’un monde à l’autre par l’intermédiaire de… » De quoi déjà ? De la porte d’outre monde, c’était cela.

« Mais dis-moi, Anto… Où nous trouvons-nous en ce moment même ?

-A Triet, dans le désert, sur Sylvah’ alla, le monde réunifié par l’élue du mana et ses compagnons de périple… »

La jeune fille avala difficilement ces paroles, ainsi donc, ce que cet homme avait dit était vrai ! 

« Maintenant, je me souviens, je sais comment s’appelle l’élue. Elle se nomme… » s’exclama soudain Anto.

Elle n’avait pas terminé sa phrase que Colette quittait la pièce précipitamment, pour ne pas dire en courant.

-------------------------------------------

« Déjà, pour les recherches, c’est mal parti ! »

Génis, en sueur, s’assit sur le sable brûlant, et se releva précipitamment, car les reflets du soleil irradiant sur le sable lui avaient brûlé les fesses.

« Et on ne pourra jamais s’asseoir sans recevoir un coup de chaud vraiment !

-Et ce désert est diablement grand ! s’exclama Zélos, Cela prendrait des années pour fouiller tout le site !

-Tais-toi et fais attention où tu mets les pieds ! répliqua Raine, qui venait d’éviter un trou creusé dans le sable. »

L’ex-élu grommela et se tut, concentrant son regard sur le sol, au grand contentement des deux demi elfes.

Le seul problème était de savoir par où commencer. Sur le coup, Zélos n’avait pas tort, Triet était plus grande qu’on ne l’imaginait. Et ce soleil trop chaud…

Génis s’arrêta pour ressentir les vibrations de mana. Elles étaient plus faibles, mais quelque part d’autre, le mana avait trouvé refuge, et c’était inquiétant.

Et pourtant, il y avait cette énergie si familière qu’il ressentait, mais il enrageait, car il avait beau cherché, elle ne lui disait rien. Cela ne l’avançait pas beaucoup.

Raine aussi était désespérée, c’était un lourd défi de passer tout le désert au peigne fin. Ils allaient perdre beaucoup trop de temps, surtout si la vie des autres en dépendait !

De nouveau cette vision, cette fois, c’était sur la plage, des gens en train de jouer au jeu de la pastèque, des filles en train de glousser à l’approche de maîtres nageurs, des petits enfants en train de faire des châteaux de sable ou de sauter dans les vagues. La vision disparut aussi instantanément qu’elle était venue, et Raine commença alors à réellement douter. Etait-ce vraiment là qu’il fallait chercher ?  Pour la première fois, elle ne maîtrisait plus la situation.

« Qu’avait dit Mithos déjà ? demanda t-elle à son frère.

-Eh bien… que le mana avait laissé passer quelque chose d’étranger à ce monde, et que c’est à cause de cela que Lloyd et Colette sont tous les deux malades ! remémora Génis.

-Il n’a rien dit d’autre ?

-Je ne sais pas…

-Tout ceci est lié, et trop compliqué, je ne vois vraiment pas par quoi commencer ! fit Zélos, en tapant du pied par terre.

-A l’instant, j’ai eu une sorte de vision à Altamira... Fit le professeur.

-Et alors ? Quel rapport ça a ? demandèrent les deux garçons.

-Non rien… » soupira t-elle.

Ils cherchèrent presque toute la journée, à la recherche d’indices, mais rien… Finalement, toujours guère avancés, ils montèrent le camp pour la nuit, qui était rafraîchissante. Inutile de retourner à Triet, ce serait une perte de temps et d’argent pour l’auberge.

Les autres ne tardèrent pas à s’endormir, seul Zélos restait éveillé, il n’avait pas sommeil. Son seul souci, c’était elle. Il allait devenir obsédé s’il continuait ! se dit-il en souriant. Mais bon, on n’allait pas lui reprocher de s’inquiéter pour quelqu’un d’autre. Mais il se sentait horriblement faible, et désarmé. Et cela, il ne le supportait pas. Le pire, c’est qu’il ne s’inquiéterait pas autant pour les autres s’il leur était arrivé quelque chose que pour elle. Il  voulait chasser ce sentiment de manque qui le torturait. Mais c’était vain, il devait faire avec. Il se retourna sous ses couvertures et ferma les yeux, essayant d’apaiser son esprit.

Dans son sommeil, Génis sentit quelque chose lui frôler la main, mais ses paupières étaient trop lourdes pour qu’il puisse les ouvrir et voir ce que c’était.

---------------------------------------

Lloyd monta dans la chambre de Colette, après avoir dit bonjour à Phaidra, assise dans un fauteuil, et se laissa tomber avec soulagement sur le lit voisin. Le trajet de chez Dirk à Isélia avait été un enfer. Il s’étira les membres, et se sentit un peu calme. Ce n’était pas le cas pour Colette. Elle était agitée et se tenait la tête entre les mains. Enfin, lorsqu’elle dévoila son visage, c’était pour le montrer larmoyant.

« Colette ! Tu vas bien ? demanda t-il, inquiet.

-Ou… oui, je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis soudainement mise à pleurer et j’ai eu un mal de tête horriblement douloureux.

-Un des effets de la maladie… En parlant de cela, Colette, tu ne sentirais pas quelque chose d’anormal ?

-Si, depuis quelques temps, une énergie familière, j’ai cru la reconnaître entre mille ! Il s’agissait… de la mienne.

-Ce n’est pas possible !

-C’est ce que je me suis dit aussi, mais c’était trop familier…

-Hum…

-Et il y a cette chose… C’est comme si on me contrôlait comme une marionnette ! Par exemple, cette crise de larmes que j’ai eu à l’instant, elle n’était pas dû au hasard, là en ce moment je ressens un combat terrible en moi, quelque chose qui s’acharne… Non, c’est trop dur à expliquer !

-Tu réfléchis trop, Colette, tu dois te reposer !

-Avec toi, c’est le cas de le dire, plaisanta t-elle, tu ne réfléchis pas beaucoup, seulement quand cela t’arrange ! »

Une petite gifle de Lloyd forte mais pas trop douloureuse gentiment lancée sur sa joue la fit pouffer.

« Allez, maintenant, au dodo ! » fit le garçon.

Quelques temps plus tard, Lloyd rentra chez lui. Etrangement, il n’avait presque plus mal.

________________________________

Petit gag- Extrait de texte :

Yuan savait que les deux demi elfes et l’ex-élu du monde prospère étaient ici, il l’avait senti.

Yuan (qui travaillait sur une pile de dossiers, lève soudain la tête) : Snif, snif, tiens ça sent une drôle d’odeur, on dirait du mana, ça sent les demi elfes et l’élu de Tésséh’alla !

Voix off : C’est pas dans ce sens là abruti !

Note : C’est un gag complètement stupide de ma sœur mais je me suis dit que ça pouvait faire le coup !

<< précédent                                                               suivant>>

Posté par _martel_ à 20:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


09 janvier 2009

Avant propos - par Salami

Etant donnée que l'auteur n'est qu'une sale mioche de 14 ans pas douée en français,nous tenons a vous faire part de quelques explications concernant cette fan fiction crée par un porc...pardon!nous voulons dire ''par Salami''.Néanmoins,elle compensera ce peu d'intelligence et d'imagination par ses dessins,même s'ils ne sont pas aussi bien que les vôtre.


WARNING!Il se peut que les données que nous vous donnons ne donnent pas une bonne impression! ... En clair,il y a certaines explications qui peuvent gâcher le suspense de certains passages.Mais c'est comme ça et nous n'y pouvons rien... ... ET LE PREMIER QUI SE PLAINT DE NOS INFORMATIONS,NOUS LUI SORTONS UN BAZOOKA DIGNE DE ''WORMS'' ET NOUS LUI EXPLOSONS SA SALE PETITE CERVELLE DE COURANT D'AIR!!!merci de votre compréhension.

 

-Certains chapitres paraiteront court.(... nulle comme info...)

-Dans l'introduction,mademoiselle Salami aura introduit Kratos Aurion ET Zélos Wilder.Nous tenons donc a vous expliquer,puisque nous sommes là pour ça,le pourquoi de cette chose,car, normalement,à la fin du jeu,soit Zélos crève et laisse place à Kratos qui devient un personnage jouable,soit Zélos trahit ses amis et revient,lamentablement,s'excuser auprès d'eux pour pouvoir continuer à être jouable,laissant ainsi Kratos reprendre un peu de ses émotions qu'il a reçu des coups de son propre fils («T'auras pas la Wii pour la peine, na!!»qu'il a dit a un Lloyd outré par cette réponse) et ne pouvant,donc,pas se faire choisir par les joueurs (pour le peu de fois qu'il est choisi déjà...).Mr.Aurion est TRES fatigué et reste donc chez Dirk,le nain dispensable (ha ha ha...),pour prendre un peu de repos.Sauf que môssieur Kratos n'a pas non plus besoin de trois cents ans pour se rétablir quand même!Voilà pourquoi Zélos ET Kratos sont introduis dans cette fan fiction.On croirait pas avec sa tête d'abrutis mais elle est maligne la p'tite Salami!(HUM,HUM! ...)Non mais parce qu'en plus,vous voyez,dans le jeu,quand Zélos meurt (si vous avez décidé,à Flanoir,de ne parlez à personne mais qu'après vous y êtes contraint par la faute de Kratos -Oh!la barbe!!-)Raine est dans L'INCAPACITE de le ressuciter.Alors que dans les combats normaux ou avec des boss,vous pouvez mourir un million de fois,il y aura toujours Raine pour vous faire revenir à la vie QUELS QUE SOIENT LES PERSONNAGES!De toute façon,même si Raine meurt,il y aura toujours la potion de résurection ('sais plus comment ça s'appelle).A moins que ça se voit que vous êtes un vrai débutant,que vous ne savez pas du tout vous y prendre en matière de combat,que vous avez vidé tout votre stock de potions,que vous en aviez tellement marre que Raine vous frappe au lieu des adversaires que vous avez décider de la mettre en mode ''n'attaque pas et ne bouge pas'' pour qu'elle se fasse tuer,dans ce cas,débrouillez-vous tous seul! On vous jure!Nous,quand on voit ça,on se demande si le créateur du jeu l'a bien testé avant de le vendre!!Mais bon,nous ne sommes que les modestes explicateurs du fan fic de mademoiselle;nous n'avons pas le droit de donner notre opinion (même si cela est déjà fait...)


-Cette histoire sera illustré par Salami (vous vous en doutiez...).Mais nous voulons vous tenir au courant que ses illustrations seront,par moment,très différentes les unes des autres.C'est-à-dire que quelques dessins seront fais en ''manga'',et d'autres seront fais à sa façon pour une raison particulière qu'elle vous dira,elle-même,le moment venu pour ne pas trop gâcher le suspense.Nous vous prévenons que ses dessins ne seront pas fais à l'ordinateur,et ne seront donc pas terrible (niark niark!).Mais bon,c'est n'est pas parce que c'est pas fait à l'ordi que c'est forcément moche!non!ce que nous voulons dire par là,c'est que ceux de Salami sont vraiment horrible!elle en reste à faire du coloriage aux crayons de couleurs!!en plus elle sait même pas s'en servir! C'est la cata!! ...enfin bon...

et pis y a quelques dessins fait au crayon de papier parce qu'elle avait la flemme de les faire en couleur (ouh la fainéante!).

Au début,vous serez certains de ne pas voir d'illustrations.Il faut juste laisser le temps à cette fainéante qui à intérêt à se booster!

-et il n'y a pas du tout d'illustrations pour l' ''Avant-propos''... ...(ça sert vraiment à rien ce que nous venons de marquer là.J'crois qu'on ne fait que gâcher de la place pour avoir un maximum de ligne...)


-étant donné que Salami n'a pas joué à Tales of Symphonia depuis fort longtemps, il se peut que vous retrouviez des erreurs dans sa fic car, rappelez-vous, notre chère auteur à la mémoire qui flanche déjà à son âge (qu'est-ce que ça va être quand elle sera qu'une petite vielle!).Alors elle vous demande pardon et éspère ne pas faire trop d'erreurs quand même...

-Alors là,c'est TRES important!scotchez bien vos yeux sur ce que vous allez voir de marquer!!cette fan fiction... a été corrigé... par...L'AUTEUR LUI MÊME!alors préparez-vous aux mots bourrés de fautes d'orthographes!En fait,c'est elle qui a voulu les corriger toute seule car: premièrement,son grand frère risque de rire aux éclats, comme à son habitude, en voyant ce qu'elle a fait (allez vous demander pourquoi) et il aura tellement rit qu'il ne pourra pas la corriger; deuxièmement,si elle demande à son père,elle risque de retrouver plus de fautes qu'il n'y en aura déjà -c'est pas que j'me moque de toi papa hein!crois pas ça!c'est juste que...vu que t'as un petit faible en français comme moi j'ai un petit problème en arabe...-;troisièmement,sa mère risque de ne rien comprendre à l'histoire si elle ne connait pas déjà celle de ''Tales of Symphonia'';quatrièmement,sa soeur n'a pas le temps à cause de la fac; et cinquièmement, ses autres frangins son à Pétaouchnoque.Et donc si vous retrouvez des erreurs,ne vous étonnez surtout pas!



Voilà!Nous vous souhaitons une bonne lecture!(et un bon courage!!)Veuillez agréer, mesdames, mesdemoiselles,messieurs,nos excuses les plus sincères pour vous avoir gâcher le suspense si c'est le cas.

 

P.S.n°1: Pour éviter de heurter la sensibilité des plus jeunes (dont l'auteur) certaines paroles seront remplacer par des ''*Bip*''.Encore une fois,nous vous remercions de votre compréhension.


 P.S.n°2: Pour ceux qui ne connaissent pas ''Worms'',nous leurs conseillons d'aller voir ailleurs! Nous ne sommes pas en droit de vous expliquer ce que c'est! ...Bon,on peut peut-être vous dire que c'est un jeu vidéo débile,sur des vers de terre qui se font la guerre,très apprécié par Salami (on voit bien pourquoi...).

 

 

Auteur: ...Qu'est-ce que...Mais c'est quoi c'te beans!Oh maudit soit ma mémoire de gold-fish!!j'viens d'me rendre compte que j'ai écris un gros morceau pour rien!même si Zélos ET Kratos sont tous les deux vivants,Kratos,lui,retourne à Derris-Kharlan!du coup,ça explique pas pourquoi ils sont tous les deux là et j'ai bel et bien une tête d'abrutis! ... NOOOOOOOOON!j'ai gâché le suspense pour rien!!*se tape*... Aïeuh!Bon bah tant pis!ça m'énèrve!j'expliquerais tout le moment venu,na! -sniif!et moi qui était si fière de mon début!-


Enfin bon...au pire,ne prenez pas du tout compte de l' ''avant-propos''.Ce n'est vraiment pas important.En gros,ça ne sert STRICTEMENT à rien! C'est à part on va dire...

                                                               suivant>>

Posté par _martel_ à 15:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Un peu plus sur... Ariall

moi_ariall


Hello les gens !

Donc comme vous devez le savoir, je me nomme Ariall (bah normalement vous le savez puisque vous cliquer sur mon pseudo pour tomber sur cette description ;p), je suis née un 15 mai 1989 (faites le calcul pour l'âge *huhuhu*, jpeux vous dire que c'était un lundi ensoleillé, mais qu'il a plu une fois que le soleil fut satisfait de m'avoir vu assez longtemps x3).

Je tiens de suite à dire "Non, mon pseudo n'est pas tiré de la police d'écriture que l'on peut trouver sur tous les ordis, na !"

C'est juste un pseudo trouvé avec une copine pendant un cours d'anglais, il y a quelques années...

Oui, je sais ma vie m'intéresse, mais fallait vous y attendre en cliquant ici xD
'fin bref...

Je dessine depuis un certain temps, et j'adore ça, plus encore, quand Tales of Symphonia est sorti en France je ne dessinais plus que ça, c'était ma source d'inspiration du moment, mais je vous épargne ces vielles mochetés pour seulement vous présenter mes dessins les plus récents ou que j'aime le plus, j'espère simplement que cela vous plaira aussi ^^

Soit dit en passant, je suis devenue une fan de ToS dès les premières images vues dans le Nintendo magasine ! (surtout de Kratos) en gros, jle suis depuis sa sortie avec 2 ptites années de plus ^0^

Que puis je vous dire d'autres ? Ah voui, j'aime écrire des fan fictions, alors attendez vous à en avoir.

Si vous avez la moindre question à me poser, n'hésitez pas, si je peux vous aider et vous répondre ça me fera extrêmement plaisir ^^

Ja ne les gens !

Posté par _martel_ à 15:50 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :


Régal -par Zélos sensei

r_gal_z_los_sensei

Posté par _martel_ à 16:34 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , ,

[OS] Flocons - par Ludovika

 

 Au-dessus de Meltokio, des nuages cachés par l’ombre de la nuit offraient leur pluie immaculée à la capitale. Les toits étaient blancs et la rue glissante, mais, malgré la neige et le froid, la métropole restait très animée, même plus qu’à l’accoutumée. Elle était bondée d’habitants, de couples et de familles louvoyant gaiement dans les boutiques et autour des sapins. Partout les façades étaient décorées et illuminées par des guirlandes élémentales. C’était le premier Noël depuis la réunification des deux mondes et il promettait déjà d’être mémorable.

Mais, bien que ce soit une fête de joie et de générosité, certains n’arriveraient malheureusement jamais à s’entendre…

- Zélos ! Tu n’es qu’un… qu’un sale pervers ! Vociféra Sheena.

- Pervers, j’en convient, mais, personnellement, je me trouve plutôt propre. Tu veux venir vérifier ? Plaisanta le roux. Ma délicieuse petite madame Noël en sucre !

Un objet volant non identifié traversa la pièce pour aller s’écraser avec grand fracas contre un mur. Le manoir Wilder comptait désormais un vase de moins.

- Voyons, ne te mets pas en colère, je croyais juste que ce joli costume était mon cadeau, rigola l’élu en évitant un deuxième projectile.

A la porte, Génis avait suspendu son mouvement, la main à quelques centimètres de la porte. Le jeune Demi Elfe soupira avant d’enfoncer son menton dans son écharpe. Derrière lui, les autres compagnons masquaient difficilement leur sourire, remontant leur col pour qu’on ne voie plus que leurs yeux brillant d’amusement.

 Finalement, il cala correctement son bonnet sur sa tête et prit son courage à deux mains.

- Génis ! Comme ça fait plaisir de te voir ! Oh ! Vous tous aussi !

Zélos l’avait doublé, sûrement en quête d’un quelconque espoir de fuite.

- Reviens ici ! S’époumona la jeune femme à l’intérieur.

Un sifflement au-dessus de la tête du jeune mage lui indiqua qu’il aurait été la victime innocent du jour s’il avait été un peu plus grand.

- T’as vu comme Sheena est de bonne humeur ? Une bataille de boules de neige s’impose, hé hé !

L’élu fit entrer toute la compagnie.

- Tiens, tu ne nous avait pas prévenus qu’ils seraient là, dit Raine en apercevant les deux autres invités.

Dans le salon, les deux derniers Anges du Cruxis, Yuan et Kratos, encore dans ses habits du Cruxis, étaient confortablement installés dans de grands fauteuils, immobiles. Ils relevèrent la tête à leur arrivée, le premier levant son verre en guise de salut.

- Ouais, j’ai voulu les accrocher au sapin mais ils n’étaient pas d’accords !

- Tss… Stupide élu, dit Yuan, visiblement vexé.

- On accroche des Anges aux sapins à Tesséha’lla ? Demanda candidement Colette.

- Mais oui ma petite chérie ! Après tout, c’est l’Ange Gabriel qui est venu annoncer la naissance de Mithos !

- Balivernes, maugréa le Demi Elfe aux cheveux bleus entre ses dents.

Zélos ne cacha pourtant pas sa joie d’avoir touché l’un des compères dans son orgueil et c’est avec un sourire comme une banane, jusqu’aux oreilles, qu’il fit amener à boire et les fit asseoir.

- Au fait, vous n’auriez pas vu Lloyd ? Je l’avais aussi invité mais je n’ai pas eu de réponse.

Les compagnons s’entreregardèrent silencieusement. Génis prit la parole.

- Quand Dirk est mort, il y a environ six mois, il a dit qu’il avait besoin de se changer les idées et… il est parti.

- Nous pensions le retrouver ici, poursuivit sa sœur. Mais visiblement…

Zélos haussa les épaules.

- S’il voyage, c’est normal qu’il n’ait rien reçu. Franchement, je pense qu’on n’a pas besoin de se faire du souci pour lui.

Les autres ne répondirent pas.

- Bref ! Fit l’élu en se levant d’un bond. C’est Noël et j’ai des cadeaux pour vous !

- Des cadeaux ? Dirent en cœur les habitants de Sylvarant.

La bonne humeur du roux s’affaissa comme s’il venait d’apprendre la mort de quelqu’un, les yeux scintillants, au bord des larmes.

- Nous ne faisons pas de cadeaux à Noël chez nous, expliqua Raine. Nous en faisons à la fête de Martel, c’est-à-dire quand…

- Vous voulez dire que… vous n’avez rien pour moi ? Les questionna Zélos de sa petite voix enrouée. Ce sera la première fois que je ne recevrai rien à Noël….

- Il y a un début à tout ! Lança Génis d’un rire gêné.

L’élu ne bougeait plus. Un à un, il regardait chacun de ses compagnons, la mine défaite.

- Personne ne m’aime ! Hurla-t-il de désespoir.

 

Assis sur un des plus hauts toits de la ville, Lloyd inspira profondément l’air glacé de la soirée et regarda un gros flocon blanc fondre dans sa paume. Frissonnant, il resserra sa cape autour de lui. C’était un grand tissu brun clair qui lui arrivait aux mollets avec un col qui remontait jusqu’à son nez, entourant tout son corps comme un poncho.

Il entendit des bruits de pas et n’eut pas besoin de tourner la tête pour reconnaître son amie. Ayumi prit une des longues mèches de cheveux du garçon et la fit glisser entre ses doigts.

- Ca te va bien le blond, dit-elle avec un sourire amical.

Elle enleva un peu de neige du toit et s’assit à ses côtés. Enfin, Lloyd se tourna vers elle.

Ayumi était une jeune fille du même âge que lui, plus petite et svelte que les autres filles de la bande. Elle avait des yeux splendides, étirés tel les natifs de Mizuho, et à l’iris tellement sombre qu’elle se confondait avec ses pupilles. Sa peau était comme de la porcelaine et on la devinait douce comme de la soie. Encadrant son visage ovale, ses cheveux noirs et brillants étaient aussi longs que ceux du garçon, atteignant sa taille. A l’instar de Lloyd, elle avait revêtu une des grandes capes habituelles des jeunes maraudeurs de Tesséha’lla, mais plus foncée que la sienne.

Après l’initiation de Lloyd, ils étaient devenus des coéquipiers inséparables. Ayumi était d’une compagnie agréable, elle avait toujours une histoire à raconter lorsqu’ils s’asseyaient autour d’un feu après une longue journée et, étrangement, sa présence semblait redonner de la bonne humeur à tout ceux qui la rencontraient. Au départ, Lloyd avait eu peur de la déranger avec son constant air maussade.

Depuis le départ de son père biologique sur Derris-Kharlan et encore plus à la mort de son père adoptif, Dirk, il s’était sentit abandonné et n’avait cessé de se refermer sur lui-même. Heureusement, Ayumi avait le don de réconfort et, sans jamais demander les raisons de son attitude, son sourire lui mettait du baume au cœur.

- Allez, debout, on va faire un tour en ville ! Y a encore plein de richards à qui ont peut faire les poches !

Les deux amis se levèrent et coururent vers le bord de la toiture, leur chaussures souples ne laissant que peu de traces dans sur la poudreuse. Une fois arrivés, sans ralentir leur course, ils bondirent jusqu’au bâtiment voisin. S’aidant de l’environnement urbain, ils filaient à tout allure dans la nuit sur les toits pourtant couverts de neige. Après une dizaine de minutes d’une course effrénée, ils s’arrêtèrent. L’air froid les faisait grelotter dans leurs capes, ils se regardèrent et, sans prononcer un mot, ils décidèrent mutuellement de redescendre dans la rue pour rejoindre les autres.

- Où vas-tu ? Demanda Zélos en apercevant Kratos près de la porte, enfilant un long manteau clair au capuchon de fourrure.

- Je vais prendre l’air, répondit sèchement le mercenaire.

Kratos sortit.

- Tsss, toujours aussi sympathique celui-là, marmonna l’élu.

 

 L’Ange referma la porte derrière lui. Il devait faire terriblement froid cette nuit, mais la température ne l’affectait pas. Il se promena dans les rues principales de la capitale, entrant finalement dans un bar moins bondé que les autres mais néanmoins plus tranquille. Détachant son long manteau, il le posa sur un siège à côté de lui et s’assit au bar. Le gérant vint prendre sa commande.

C’était un homme de bonne taille et d’une carrure assez large. Il portait une chemise blanche enserrée par un singlet noir et son visage calme arborait une petite moustache.

- Monsieur, que puis-je vous servir ? Demanda-t-il d’une voix posée tout en essuyant un verre.

- Whisky.

- De Meltokio, des montagnes de l’Est ou du Nord ?

- Du Nord.

Le plus fort.

Kratos passa une main sur son visage. La pièce rectangulaire était chauffée par une grande cheminée sur le côté gauche. Les murs étaient sans tapisserie mais les briques acajou, les meubles de bois brut et les fauteuils mitonnés offraient aux clients cette impression d’être ailleurs, d’avoir quitté les habitudes mondaines de la capitale. Le bar occupait les deux tiers du fond de la pièce. Devant le bar et près de la cheminée, il y avait en tout six tables, pas de quoi en faire un endroit surpeuplé. Mais l’Ange appréciait cet endroit, le calme, les alcools classiques, …

Le barman lui apporta son verre. Le Kratos but une gorgée qui manqua de lui brûler la gorge. Il savoura cette sensation. C’était Yuan, il y avait plusieurs milliers d’années, qui lui avait appris à apprécier l’alcool alors qu’il n’était qu’un jeune mercenaire concourant avec ses amis pour savoir lequel pouvait boire une bouteille entière sans tanguer après. Ces souvenirs lui auraient tiré un sourire mais ce dernier préféra se cacher derrière l’habituel masque d’acier de l’Ange. Il reposa son verre.

Des rires. Tournant la tête vers la cheminée, il remarqua un groupe de jeunes, tous vêtus de longues capes. Au nombre de six, l’un d’entre eux était à genoux sur sa chaise, penché sur la table, le bras tendu, essayant de prendre son verre à un autre qui rigolait. Mais le regard écarlate du mercenaire remarqua un autre enfant, un jeune garçon aux longs cheveux blonds et aux yeux semblables aux siens qui s’était recroquevillé derrière ses amis quand son regard c’était posé sur eux.

Mine de rien, Kratos se détourna et, après quelques secondes, fit un signe discret au barman.

- Qui sont ces jeunes ? Demanda-t-il à l’homme, très bas.

Le barman jeta un coup d’œil discret près de la cheminée.

- Ce sont des gosses qui viennent d’un peu partout, personne n’a l’air de savoir s’ils ont une famille ou non. Ce ne sont pas vraiment des voleurs comme certains le disent. Ils travaillent parfois pour les hauts dignitaires en transmettant des messages privés ou secrets. Un peu tapageurs, mais pas méchants.

Le barman retourna à sa vaisselle.

Le regard du mercenaire se perdit au fond de son verre. Alors c’était ça qu’il était devenu. Une vague douloureuse manqua de le submerger. Kratos finit son verre d’une traite. Rapidement, il enfila son manteau et sortit sans un regard pour les jeunes près de la cheminée. Après tout, c’était son choix. Il n’avait pas le droit d’intervenir. Peu importe le mal que ça lui faisait. Il ne pouvait pas.

Il marcha ainsi jusqu’à une grande place au deuxième niveau de Meltokio, se persuadant que c’était mieux ainsi. L’air était glacé et son souffle faisait des volutes blanches dans l’air qui s’évanouissaient presque aussitôt. Lentement, il bascula la tête en arrière, face aux cieux parsemés d’étoiles. Quoi qu’il arrive, les étoiles brilleraient toujours, c’était un moindre réconfort. Il ferma les yeux. Même ainsi, il pouvait les voir. Le ciel n’avait depuis longtemps plus de secrets pour lui. Demain, il rentrerait sur Derris-Kharlan, surveillerait à nouveau les Anges dépourvus d’âme, resterait silencieux. Avec une douloureuse appréhension, il se libéra quelques secondes, sentit le poids de son cœur dans sa poitrine, se rendit compte une fois de plus de l’étendue de ses cicatrices. Il s’avoua enfin que ce destin l’effrayait. A force d’être loin de toute vie, il finirait comme eux, le regard vide, agissant mécaniquement, comme une machine. Il perdrait tout ce qui faisait de lui un être humain, toute trace de son passé.

Kratos ne se tracassait pas de ce que les gens pensaient de lui, il n’y avait personne à cet endroit. Il agrippa son manteau à l’emplacement de son cœur. Lloyd… Une bouffée de réconfort l’envahit. Il avait choisi de vivre ainsi et ça ne le dérangeait pas. Tout ce qui comptait, c’était qu’il soit heureux. S’il était heureux, alors sa longue existence trouverait son sens, son…

Un bruit dans la neige, le léger craquement habituel de pas sur la poudreuse. Lentement, l’Ange se retourna. Il était là, à quelques mètres de lui, dans sa cape brune, avec ses longues mèches blondes parsemées de flocons. Leurs regard se croisèrent, reflets l’un de l’autre, identiques. Le visage du mercenaire s’adoucit. Lloyd, les joues rosies par le froid, le regardait, muet, ses grands yeux écarlates emplis d’un triste mélange de peine et de reproche.

Le garçon esquissa un geste, mais se retint. Après quelques secondes d’un silence interminable, il sembla vouloir revenir sur ses pas. Kratos fit un pas dans sa direction. Le garçon se réintéressa à son père.

Kratos fit un deuxième pas, puis un troisième. Reprenant contenance, ses idées se remettant en place, il avançait avec plus d’assurance. Lloyd le regarda arriver sans bouger. En face de son fils, le mercenaire s’accroupit pour être à sa hauteur. S’il y avait un remède contre son mal, c’était la vie, son fils, son enfant adoré. Il posa sa main sur la tête du garçon. Sa paume glissa jusqu’à sa joue. Sa peau était froide.

Les yeux de Lloyd se remplirent d’une soudaine tristesse, brillants, de petites larmes scintillantes sur le bord des paupières. Sans crier gare, il se jeta au cou de son père, éclatant en sanglots. L’instant de surprise passé, Kratos referma ses bras sur lui, le sera contre son cœur, de toutes ses forces. Il n’avait plus envie de repartir.

 

 

Dans le manoir Wilder, seul l’élu était encore éveillé, même la jeune Séles était rentrée de sa virée entre amies. Peu fatigué, il s’était proposé pour attendre le retour du mercenaire et ce dernier ne tarda pas à rentrer.

Zélos regarda avec des yeux ronds les deux énergumènes qui venaient d’arriver. Kratos portait sur son dos un jeune garçon aux longs cheveux blonds mais au visage familier, endormi et emmitouflé dans son manteau.

- Qu’est-ce que c’est ? Le questionna l’élu en voyant le mercenaire emporter son paquet vers les chambres.

- Mon cadeau de Noël, répondit l’Ange, imperturbable.

- Qui te l’a donné ?

- Le Père Noël.

 

Lloyd ouvrit lentement les paupières. Un mince rayon de soleil était passé entre les rideaux de tulle qui en filtraient la majeure partie. Prenant appui sur ses coudes, il se redressa. Avec la lumière, les souvenirs de la vieille ressurgirent. Son père… Il jeta un coup d’œil dans la chambre, notant que son manteau était posé sur le dossier d’une chaise. Il était chez Zélos et, vu la hauteur du soleil dans le ciel, il ne devait pas être très loin de midi. Il y eut des bruits de pas dans le couloir puis quelqu’un entra. Kratos.

Son père s’avança et s’assit sur le bord du lit. Sans rien dire, il prit un objet dans sa poche et le lui tendit. C’était une petite clé dorée. Lloyd comprit et n’esquissa pas un geste. Kratos lui prit la main et y déposa la petite clé.

- Qu’est-ce que c’est ? Demanda innocemment le garçon.

- La clé d’un coffre à la banque.

Lloyd se retint de fusiller l’Ange mais ne put s’empêcher de lui rendre un regard dur. Il laissa tomber la petite clé sur les draps.

- Je n’ai pas besoin d’argent.

- Maintenant, non. Mais plus tard peut-être.

Sous les yeux ébahis de son père, Lloyd, en enfant buté, prit la clé et la lança à l’autre bout de la pièce. Il se laissa retomber sur le lit et tourna fermement le dos à son protecteur.

Sans se démonter, Kratos tendit la main et lui caressa les cheveux. Le garçon ne broncha pas. Comme Ayumi le jour précédant, le mercenaire fit glisser une longue mèche blonde entre ses doigts, un sourire en coin.

- En blond, tu me fais penser à Yggdrasill. Je préférais ta vraie couleur, brun, comme ta mère.

Lloyd se releva vivement, rageur.

- Arrête ! Maman n’est plus là !

- Lloyd…

- Tu vis dans le passé et tu te caches tout le temps derrière ! J’aime maman, mais elle est toujours entre nous ! C’est impossible de parler ! Impossible d’essayer de se connaître ou de se comprendre !

Le jeune garçon se dégagea rageusement des couvertures et se leva. Sur le lit, son père semblait pétrifié. Autrefois, il aurait donné cher pour pouvoir admirer cette stupeur peinte sur son visage. Mais aujourd’hui, c’était différent.

Lloyd ouvrit la porte-fenêtre, faisant volte-face pour toiser l’Ange une dernière fois, hurlant sa tirade finale.

- Je suis son fils ! Pas son fantôme !

Et il bondit à l’extérieur.

 

 

- Lloyd ?

Le jeune garçon, l’Epée Eternelle en main, s’était arrêté depuis quelques secondes alors qu’il était en train d’envoyer son père sur Derris-Kharlan pour la seconde fois. Lloyd baissa le bras, l’épée pointée vers le sol. Il lança un regard indifférent au mercenaire et, sans le quitter des yeux, il lança l’arme à ses pieds. L’Ange ne bougea pas. Lloyd haussa les épaules.

- S’tu veux y aller, t’a qu’à le faire tout seul, t’es assez grand pour m’abandonner encore une fois.

Il tourna les talons. Kratos se précipita et posa une main sur son épaule. Mais Lloyd se dégagea brutalement et le poussa en arrière, les joues inondées de larmes.

- La seule chose que je voulais c’était rester avec toi ! Cria-t-il de tristesse et de rage.

- Ecoute…

- Non ! Toi, tu écoutes ! Je me fous pas mal de ce que t’as fait ou de l’âge que tu as ! Tu comprends pas ce que je ressens ! T’es mon père, tu trouves ça anormal que je veuille être avec toi après avoir été séparés pendant plus de dix ans ?! T’as pas le droit de me refaire ça !

Le jeune garçon tomba à genoux, couvrant son visage de ses mains, agité de sanglots. Rapidement, Kratos vint à son côté et le prit contre lui, le serrant dans ses bras, le consolant, sans cesser de répéter : « Je suis désolé, Lloyd. Je suis désolé. »

- Arrête de pleurer, tout va bien, je reste avec toi.

Lentement, Lloyd se calma. Toujours dans les bras de son père, il leva ses yeux fatigués vers lui.

- Tu vas vraiment rester ?

- Oui, je te le promets.

Le jeune garçon se blottit un peu plus contre lui.

- Même si je n’ai pas de foyer pour toi…

- On n’a pas besoin de maison. On est ensemble, c’est ça notre chez nous.

Kratos lui releva la tête et lui montra un objet brillant dans sa paume. Un Cristal du Cruxis. Le regard de son père se fit plus peiné.

- Est-ce que tu veux vraiment vivre pour l’éternité, voir tous tes amis vieillir et mourir, endurer la jalousie de ceux qui te sont chers à cause de cela, regarder le monde et regretter les moments passés ?

Lloyd enfouit son visage dans le torse du mercenaire.

- Je me fous de vivre jusqu’à la fin des temps sur cette planète, Lloyd. Je resterai, si tu le veux encore, mais ne me demande pas de rester à tes côtés pour te regarder périr à petit feu.

Son fils se redressa et prit le cristal.

- Je n’ai pas peur, je suis avec toi.

Kratos déposa un baiser sur son front.

- Euh… dis, il y avait toute ta fortune dans le coffre dont tu m’as donné la clé ?

Son père lui lança un regard amusé.

- Non, seulement une petite partie. J’avais demandé à Yuan de quand même surveiller ce que tu allais en faire et de remplir le coffre en cas de besoin… Pourquoi ?

- Bah, euh, j’ai refilé la clé à une amie de Meltokio. Ca… ne pose pas de problème ?

Kratos lui ébouriffa gentiment les cheveux en se relevant.

- Ca posera problème si tu refuses de raccourcir ça. C’est quand même un peu long, tu ne trouves pas ?

Lloyd lui rendit un immense sourire.

Posté par _martel_ à 16:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Chapitre 02: L'éveil - par Ludovika

 Un millénaire plus tard, pendant l’hiver…

Tesséha’lla, Ozette, Musée National de la Réunification…

 

Le Demi Elfe s’arrêta devant un mur où s’étalait le descriptif des quatre Anges du Cruxis. Yuan…Un sourire s’étira sur ses lèvres. A ses côtés, Hellen, une jeune femme qui travaillait pour lui, jouait distraitement avec une mèche blonde ayant échappé à sa longue natte qui dépassait de son bonnet. Yuan n’avait pris que quatre hommes de plus avec lui, ce serait amplement suffisant. La première, Hellen, était habillée en étudiante : bonnet à pompon, collants noirs, jupe de laine courte, … Bien qu’elle ait dépassé la vingtaine, le costume lui allait comme un gant. Quand à Jonathan et Clev, ils observaient avec grande attention des débris d’exsphères appartenant autrefois à des Desians.

- Qu’est-ce qui te fais rire ? Demanda Hellen, sa voix sérieuse contrastant vivement avec la douceur qu’elle dégageait.

Yuan montra du doigt la représentation approximative que des artistes avaient faite de lui.

- Tu trouves que je ressemble à cette chose ?

La jeune femme braqua sur lui ses yeux céruléens puis eut une mimique amusée.

- Eh bien… Vu sous cet angle, j’avoue que la ressemblance n’est pas frappante. Mais d’un autre point de vue, les peintres t’ont imaginé terrifiant alors… Je suppose que c’est la cause de tous ces muscles disproportionnés… Et de ces étranges cornes qui te sortent du crâne.

- Et je ne suis pas chauve, ajouta-t-il à la liste.

Ils échangèrent un sourire complice.

- Chef ? Demanda quelqu’un dans leurs oreillettes.

C’était Ygra, le quatrième compagnon. Le jeune Elfe était devant la prison. Au centre de la pièce, il y avait un énorme cube de pierre noire, d’une hauteur de trois mètres et d’une largeur identique. Sur chaque face, sur chaque centimètre carré étaient inscrites d’anciennes runes destinées à retenir une puissance inhumaine… L’objet semblait absorber la lumière de la pièce et une aura étrange l’entourait. « C’est chose est une abomination… » Pensa Yuan.

- On t’écoute, confirma Hellen assez bas pour que les visiteurs ne les entendent pas.

- Bon, j’ai préparé le sort. L’explosion devrait être assez puissante pour détruire le bloc mais je ne peux pas garantir que l’Ange ne sera pas blessé, ni les autres personnes.

- On fera avec, il n’y a pas d’autre solution, dit Yuan.

- Tout le monde est prêt ? Demanda Hellen.

- Prêt, lança Jonathan.

- Prêt, confirma Clev.

- Prêt.

 A la base de son cou, le cristal du Cruxis de l’Ange se mit à briller et l’exsphère sur la main d’Hellen fit de même. Au centre de la pièce, des runes luirent sur la face de la prison sur laquelle Ygra se concentrait. Et soudain, la détonation retentit. Le sol trembla et les visiteurs courraient vers la sortie. Mais au milieu de ce tumulte de pierre et de poussière, Yuan et Clev, un humain d’une carrure impressionnante, se précipitaient vers le cube noir dans lequel se dessinait un énorme trou alors que Hellen et Jonathan, le frère de Clev, surveillaient l’entrée pendant qu’Ygra leur préparait une évasion par les sous-sols. A peine quelques secondes plus tard, Yuan sortit, suivit de Clev qui portait un corps inerte sur son dos.

- Ygra ! Hurla l’Ange.

- Explosion !

Quand les flammes du sort disparurent, ils se laissèrent tomber quelques niveaux plus bas.

- Allez, on y va ! Les exhorta Yuan alors qu’ils se mettaient à courir dans l’obscurité.

 

 

Base renégate de Flanoir…

Bip… Bip… Bip… Le son répétitif s’immisçait dans sa tête. Bip… Bip… Bip… Le bruit ne s’arrêtait pas. Il n’y avait rien d’autre. Bip... Bip… Bip… Ses paupières, il devait ouvrir ses paupières. Un peu de concentration lui permit seulement de remuer le bout des doigts. Où était-il ? Depuis combien de temps était-il… ? Est-ce que… ? Il inspira profondément, soulevant son torse, avant d’expirer en une sorte de gémissement. Fff… Clap, clap, clap, clap, clap… Fff… Deux personnes venaient d’entrer dans la pièce. Il tendit ses sens pour capter leurs murmures.

- On dirait que nous avons évité de gros ennuis, dit une voix féminine.

L’autre soupira, c’était un homme. Il était certain de connaître son odeur si familière.

- Mais maintenant, nous avons l’autorisation du sénat pour le réhabiliter. De toute façon, l’histoire est devenue une légende et la légende est devenue un conte pour gamins. Tant qu’il ne cause pas de problèmes, il vivra.

Il fut soudainement assaillit de souvenirs : une guerre, deux mondes, une planète solitaire, … Lentement, sa mémoire se remettait en place, classant soigneusement les événements dans le bon ordre, lui rappelant les moindres détails. Un autre gémissement lui échappa et les deux autres cessèrent de chuchoter.

- Il se réveille déjà ? S’alarma la jeune femme.

- Vérifie les scans et appelle quelqu’un.

- Très bien.

La femme quitta la pièce.

- Laisse-moi deviner, dit-il à l’homme restant dont il se souvenait désormais, plus ou moins un mètre quatre-vingt, des yeux cyan, des cheveux bleus, et, à en juger par le bruit que font tes chaussures, tu es plus un chat de salon qu’autre chose. Mh… Yuan, pas vrai ?

L’Ange ne lui répondit que par un ricanement suivit un coup de pied sur le lit où il était allongé.

- Tu reviens d’entre les morts après un millénaire et c’est la seule chose que tu trouves à dire ? Charmant, ironisa le Demi Elfe.

- Mon vieil ami, pourrais-tu m’aider à ouvrir les yeux ? Demanda-t-il, étonné d’entendre sa voix si rauque.

- Bien sûr, mon vieil ami.

Il s’approcha et Kratos sentit des doigts se poser sur ses paupières. Lentement, la lumière atteignit ses yeux. Ils étaient dans une chambre. Les murs étaient métalliques et deux fauteuils étaient disposés autour d’une table devant une fenêtre aux rideaux tirés. A côté de lui, un moniteur contrôlait son rythme cardiaque avec des petits « bips » incessants. Yuan le regardait, une ride de scepticisme barrant son front. Mais un sourire moqueur remplaça vite son inquiétude.

- N’empêche, je préfère être un chat de salon, boire de bons alcools et rencontrer des femmes intéressantes que d’être un vieux loup décharné à l’humour dépassé.

Kratos leva les yeux au ciel, la bonne humeur planant sur son visage.

- Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour mais je dois avouer que tu m’as manqué, lança-t-il dans l’humeur générale.

- Je t’en prie, ne me force pas à te rendre à la pareille, railla le Demi Elfe en dégageant une mèche bleue de son visage avec une élégance exagérée.

Ils laissèrent planer un silence léger. Prenant appui sur ses coudes, le mercenaire se redressa assez pour pouvoir parler face à Yuan. Il marqua une hésitation puis aborda enfin le sujet qui, sans qu’il ne le sache, tordait les entrailles de son ami.

- Yuan… Lors du procès, j’ai vu que tu avais donné un cristal à Lloyd. Où est-il ?...

Le concerné tiqua et un voile glacé remplaça la bonne humeur sur son visage. Lentement, il rapprocha un des fauteuils du lit et s’y assit presque douloureusement. La tête baissée, il respira à profondément avant de lever les yeux vers Kratos.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- Tu as entendu, au procès, que Lloyd devait être placé dans une famille.

- Oui.

- Les premières personnes à avoir obtenu la garde ont été Zélos et Sheena, ils ont du se battre une année entière pour y arriver. Après, il y en a eu d’autres, tu sais, avoir un héros dans sa famille est devenu une sorte de marque de prestige. Enfin… Nous nous sommes toujours arrangés pour garder un œil sur lui. Ca fait quelques temps que nous n’avions plus eu aucune nouvelle alors j’ai contacté sa famille actuelle. Il avait été placé là en urgence parce que ses précédents parents pratiquaient la magie noire. Ils ne nous ont pas répondu et quand nous sommes allés sur place, ils étaient morts…

- Et Lloyd ?

- Pas une seule trace de lui. Mais vu l’état des cadavres, son ancienne famille est venue le récupérer…

- Tu veux dire qu’il est entre les mains de mages noirs ?! S’alarma le mercenaire.

- Oui, et…

Kratos arracha rageusement les fils accrochés à son corps et repoussa la couverture pour se lever.

- Kratos ! Tu n’es pas encore en état… Soupira Yuan.

Ignorant ses mises en garde, il posa les pieds sur le sol. Mais sitôt debout, il chancela dangereusement et sentit la pièce tournoyer. Le Demi Elfe lui bloqua les épaules sur le lit et il vit des étoiles danser devant ses yeux, trop faible pour lui résister.

- Laisse-moi, grommela-t-il avec peine, Lloyd est un Ange, tu sais tout ce que ces ordures sont capables de lui faire…

- Je sais, mais de toute façon, nous ne savons pas où ils sont en ce moment et te tuer ne l’aidera pas.

La porte coulissa et la jeune femme qu’il avait entendue entra dans la pièce. Elle portait une chemise blanche et un pantalon gris poussé dans de fines bottes noires laquées. A son bras, elle tenait une veste sombre d’aspect militaire. Son visage était fin et harmonieux, encadré de quelques mèches blondes échappées d’une longue natte. Elle étudia Kratos de ses yeux céruléens.

- Kratos, je te présente Hellen, mon assistante. Elle a aussi participé à ta libération.

Le mercenaire la salua d’un hochement de tête, elle-même lui rendant la pareille.

Yuan saisit une ceinture de cuir pendant au lit et entreprit d’entraver les poignets de son ami alors que la jeune femme s’occupait de ses chevilles.

- Ce n’est que par pure précaution, expliqua le Demi Elfe, même si tu as été légalement réhabilité, le pays est encore en état d’alerte. L’Etat a affirmé qu’il n’y avait jamais rien eu dans la prison et qu’un groupe anti-réunification l’avait fait explosé pour son symbolisme. De plus, je suis certain que si je te demandais de ne pas partir à la recherche de Lloyd, tu ne m’écouterais pas.

Kratos ne dit rien mais approuva, quoique rageur de ne pouvoir se lancer à la poursuite des mages noirs. Le Demi Elfe et la jeune femme quittèrent la pièce. Mais avant même que l’autre Ange ait pu soupirer, celui aux cheveux bleus passa sa tête par la porte.

- Pas bouger, gronda-t-il, pointant sévèrement son index vers lui.

Puis il repartit, laissant Kratos seul face à mille ans d’un noir absolu.

 

Kratos prit un poignard et le mit dans sa botte. Devant lui, plusieurs armes étaient disposées sur une table métallique. Jaugeant une épée qui lui semblait de bonne facture, il la glissa dans le fourreau qui pendait à sa ceinture.

- Je crois que celle-ci sera plus efficace, dit Yuan en lui présentant une arme dans un étui de soie noir.

Le mercenaire plissa légèrement les yeux pour tenter de décrypter le regard de son ami puis, il défit le tissu et se saisit de sa vieille épée.

- Flamberge… Lâcha-t-il dans un souffle.

- Lloyd nous l’avait confiée, ainsi que la Vorpal. Les laisser dans la nature était trop dangereux.

L’humain contempla l’arme. Des flammes semblaient danser à l’intérieur du métal, courant le long de la lame en lui offrant la beauté du feu. Sa poigne se raffermit sur la garde de Flamberge et il se débarrassa de l’autre épée.

 Ensuite, Kratos se tourna vers un grand miroir. Il portait des vêtements noirs renforcés de cuir par endroits et une cape épaisse recouvrait son dos et son épaule gauche. Alors qu’il enfilait distraitement des mitaines, il s’étonna lui-même de l’expression sinistre rendue par son visage émacié.

- Tu devrais peut-être te couper les cheveux, ironisa Yuan.

Le mercenaire jeta un coup d’œil à la longue chevelure carmin qui atteignait ses cuisses. Un soupir d’exaspération lui échappa.

- Dans le fond, ça te va plutôt bien.

L’humain ne répondit rien et tourna les talons vers la sortie. Le Demi Elfe leva les bras au ciel.

- Même après cinq mille ans, j’ai toujours l’impression de parler à mur !

Kratos fit volte-face, fusillant Yuan de son regard rouge.

- Dépêches-toi et dis-moi où étaient les mages noirs avant de disparaître !

 

Yuan le fit monter dans un engin qui avançait grâce au même principe que les ptéroplans, mais en beaucoup plus grand. Ils survolèrent plusieurs villes, éclatantes de blancheur et d’activité. Son ami lui expliqua que l’Arbre de Kharlan produisait énormément de mana, ce qui permettait non seulement à la nature de se développer, mais aussi à la technologie de fonctionner sans toucher l’environnement. Le monde et les hommes vivaient ainsi en équilibre parfait.

Après une petite heure, ils dépassèrent Meltokio, en direction du Temple de l’Obscurité. L’engin se posa dans une clairière, près des montagnes. Quand Kratos descendit, il dégaina son épée et saisit sa longue chevelure. De longues mèches rouges glissèrent au sol.

<< précédent                                                               suivant>>

Posté par _martel_ à 17:59 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

Sheena avec ses cartes - par Salami

Sheena_avec_ses_cartes

Posté par _martel_ à 18:41 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,