Il faisait chaud sous le soleil du désert. Yuan marchait depuis des heures dans la vaste étendue de sable. Depuis qu’il avait quitté Meltokio, il avait parcouru beaucoup de chemins, notamment  dans la région de Sylvarant et comme il s’en était douté, celle-ci avait été plus touché que Tesseha’lla par les attaques imputées aux demi-elfes. Il avait rencontré à maintes reprises des soldats de la garde de la cité royale, venus prêter main forte. Cependant, il avait relevé un fait curieux : ceux-ci ne semblaient pas protéger les villes d’éventuels assauts. Leurs campements étaient en effet trop éloignés des habitations pour leur permettre d’intervenir en cas de danger immédiat.
Yuan, intrigué, s’était dit qu’une petite enquête s’imposait. Il voulait savoir ce qu’il y avait derrière tout ça. Pourquoi dépêcher toute une armée qui, au final, ne servait à rien ? Il avait justement aperçu un de ces campements en plein milieu du désert, assez loin de la ville de Triet. Pour être sûr de ne pas se faire repérer, il décida qu’il était plus sage d’attendre le crépuscule et surveilla de loin leurs étranges activités. Au fur et à mesure que les heures défilaient, des hommes, par groupe de trois ou quatre, revenaient par des directions différentes à leur camp. Ce que Yuan ne comprenait pas, c’était que les soldats étaient équipés de pelles. « Il y a plus performant comme armes » pensa-t-il avec une pointe d’humour.
Quand la nuit tomba enfin, il s’infiltra prudemment à proximité d’un groupe de soldats. Ceux-ci montaient la garde près d’une tente quand un de leur supérieur vint leur donner des ordres.
« Demain on plie le camp, il n’y a rien ici.
- Oui, chef ! »
L’homme partit et Yuan put entendre les soldats discuter entre eux.
- Tant mieux ! soupira l’un des soldats, j’en ai plus que marre de ratisser le coin pour trouver je ne sais quoi. J’ai pas signé pour creuser des trous dans le sable, moi !
Les autres approuvèrent.
« Je pensais qu’on allait capturer des demi-elfes, tu parles !
- Il faut dire que les prisons sont déjà pleines, fit un autre soldat fataliste. Bientôt on va être réquisitionné pour en construire d’autres ! »
Des prisons! Yuan était de plus en plus intrigué, mais il comprenait à présent pourquoi il n’avait pas croisé un seul demi-elfe depuis un moment. Ceux qui n’avaient pas été capturés devaient se cacher quelque part. Mais pourquoi le gouvernement avait tenu cette information secrète ? C’était plutôt insensé, le roi aurait dû la rendre publique afin de rassurer la population ! Pourtant ce n’était pas le cas.
Il quitta le campement tout en prenant garde de ne pas se faire remarquer, ce n’était vraiment pas le moment. Il devait informer Zélos et vite !
Sur le chemin du retour, Yuan essaya de mettre en relation les informations qu’ils avaient, mais rien ne semblait logique. Il savait que le roi avait l’ambition de soumettre Sylvarant à son autorité : il lui suffisait d’accuser les demi-elfes des attaques et d’en d’organiser quelques une dans sa région afin de ne pas éveiller les soupçons. Enfin, il portait secours à son voisin totalement démuni. Ainsi, il passait pour le grand sauveur et montrait que Sylvarant, moins avancé au niveau technologique et surtout militaire, ne pouvait se passer de lui. Mais alors pourquoi ces soldats étaient ici au lieu de secourir la population ? Et surtout, que recherchaient-ils ?
Il lui semblait plus que probable qu’une personne agissait dans l’ombre. Malgré ses défauts le roi n’aurait jamais mis un tel plan à exécution. Il n’aurait pas mis en danger la vie de ces concitoyens juste pour assouvir ces ambitions politiques. Quelqu’un l’y avait poussé ou forcé, et cette personne avait un tout autre but que le roi.
La nuit était noire, mais Yuan décida de continuer sa route pour arriver le plus rapidement possible à Triet afin d’y récupérer son ptéroplan. Il devait rejoindre Meltokio dans les plus bref délais et mettre Zélos au courant de ces nouvelles informations. Il n’aimait pas ce qu’il venait d’apprendre. Encore une fois les demi-elfes faisaient les frais de gens peu scrupuleux.
Alors qu’il approchait de la ville, une étrange lueur provenant de l’est attira son attention. Yuan hésita un instant, regardant cette nitescence qui embrasait l’horizon. Il ne savait pas exactement sur quoi il allait tomber là bas, mais sachant que des vies étaient peut-être en danger, il s’élança finalement en direction de cet incendie.
Quand il arriva, il n’y avait plus rien à faire. Il ne put que constater le spectacle de désolation qui s’étendait devant lui. Le village, totalement dévasté par les flammes, n’était plus que débris. Certaines maisons brûlaient encore laissant s’échapper une épaisse fumée noire. Quelques survivants s’étaient regroupés à l’écart du sinistre. Apparemment, d’après ce qu’il comprit, ils avaient été attaqué la veille, mais aucuns de ces gens ne voulut lui en dire plus. Ils se méfiaient de lui et il les comprenait. Voulant tout de même se rendre utile, il s’aventura alors dans ce qui restait de la petite ville à la recherche de potentiels blessés. Des corps jonchaient les rues, il semblait ne plus y avoir de survivants. C’est alors qu’il aperçut un homme allongé par terre. Celui-ci émettait de faibles gémissements de douleur. L’homme était à moitié mort au milieu des décombres encore brûlants. Comprenant qu’il ne pourrait rien pour le sauver, il s’agenouilla auprès de lui. Mourir seul, dans la souffrance était ce qu’un homme redoutait le plus. Yuan lui demanda ce qui était arrivé et ce que l’homme lui raconta, la voix faible, le médusa. Un homme, un seul homme, avait réussit à décimer presque tout un village.
- Cet homme…, lui dit-il, il est…vraiment…dangereux.
L’homme lui agrippa soudain le bras. Sa fin était proche.
- Il…un…ninja…souffla-t-il.
Il murmura autre chose avant de s’éteindre, mais Yuan ne le comprit pas. Il resta de longues minutes devant la dépouille de l’homme. Il réfléchissait, mais ne trouvait pas de cohérence avec ce qu’il savait déjà. Après avoir enterré le corps, il prit une décision. Sa prochaine étape serait le village de Mizuho.

A Meltokio, quelques heures plus tôt, Sheena, elle aussi avait pris une décision. Assise sous la douche, l’eau se mêlant à ses larmes, elle se remémorait les instants qu’elle avait passés avec ses amis. Elle ne voulait pas partir. Elle aurait aimé rester ici seulement elle ne pouvait pas. Cela lui déchirait le cœur.
Quand elle sortit de la douche, elle s’enroula dans un peignoir qu’elle noua autour de sa taille. D’une main, elle enleva la buée qui s’était fixée sur le miroir et regarda son reflet quelques instants. Ses yeux étaient gonflés et rougis par ses pleurs. Elle se sentait vraiment idiote comme ça, se lamenter n’allait pas changer la situation. Tout en peignant ses cheveux humides, elle réfléchissait à un plan d’action. La fenêtre de la salle de bain, située à l’étage, était ouverte. Bien sûr elle avait tiré les rideaux pour éviter que Zélos ne soit tenté de la déranger, et de dehors elle entendait les rires de ses amis qui avaient décidé de profiter du soleil. Ils étaient si insouciants ! Elle en était presque jalouse.
Elle savait ce qu’elle devait faire, attendre que Yuan revienne ne lui servait à rien. Cette nuit elle partirait ! Son village comptait sur elle. C’est alors qu’elle aperçut une ombre suspecte. « Je vais le tuer !! » pensa-t-elle croyant avoir affaire à Zélos, mais quand l’image de l’ombre se refléta dans le miroir elle se pétrifia.
C’était lui, l’homme qui avait trahit Mizuho ! Sheena sentit ses jambes trembler, elle avait la gorge sèche et le souffle court. L’homme vêtu comme un ninja s’approcha d’elle.
- Tu n’as pas l’air ravie de me voir, dit le ninja. Je ne t’ai pas manqué ?
Sheena fit un effort pour ne pas s’effondrer. Mais que lui voulait-il encore ? Pourquoi la torturait-il ainsi ? Elle lui tournait toujours le dos, elle n’avait pas le courage de l’affronter.
- Qu’est-ce que tu veux ? finit-elle par dire la voix étranglée.
Il lui passa un bras autour d’elle pour attraper son bras . Il regarda quelques instant le bracelet qu’elle portait. La jeune femme ravala les sanglots qui lui montaient à la gorge. Il la retourna brusquement face à lui.
- Ce que je veux ? répéta-t-il avec un sourire carnassier. Il me semble que tu le sais déjà, non ?
Il lui caressa le visage d’une main, l’autre serrant le cou de Sheena.
« J’avais espoir que tu ais changé d’avis ma chère Sheena, à nous deux nous pourrions être invincible !
- Tu n’es qu’un traître ! »
Il ria comme si cela avait été un compliment.
- N’oublie pas ! Que tu le veuilles ou non, c’est grâce à toi que je réussirai. Autant te faire à cette idée et de me rejoindre. Sinon…
Il se pencha vers Sheena qu’il tenait à présent fermement par les cheveux et lui murmura quelque mot à l’oreille. La jeune femme eut un regard horrifié.
- S’il te plaît, non ! le supplia-t-elle.
Il la relâcha et se dirigea vers la fenêtre. Il souleva légèrement un des rideaux et regarda quelques instants dehors. Sheena en profita pour se diriger vers la porte. Discrètement elle la déverrouilla. Il lui fallait une issue. Mais le ninja remarqua son manège et d’un bond fut près d’elle.
- Où crois-tu aller comme ça ? lui demanda-t-il d’un ton sombre.
Il l’éloigna brutalement de la porte.
- C’est une très mauvaise idée, l’avertit-il.
Il approcha son visage de celui de la ninja.
- Tu ne voudrais pas me vexer, n’est-ce pas? J’ai pris de gros risques pour venir te voir, alors j’attends de toi que tu sois sage et obéissante.
Il l’embrassa. Sheena essaya de se dégager mais il renforça son étreinte. Une fois que ses lèvres quittèrent celles de la jeune femme, il la serra contre lui et lui caressa les cheveux.
- Tu vois que tu peux être sage, murmura-t-il très satisfait de lui. Je ne te ferais jamais de mal tu le sais bien.
Non, elle ne le savait pas justement. À cause de lui, elle et son village avaient beaucoup soufferts.
- Cependant, continua-t-il en la libérant de ses bras, pour tes amis…
Sheena le vit de nouveau se diriger vers la fenêtre et sans qu’elle ne puisse réagir, il sortit un petit poignard ninja et le lança brusquement, avec un geste habile, en direction de ses amis.
- Non ! cria-t-elle.

Dans le patio, Lloyd s’était allongé dans l’herbe. Il était trop bien ! Il regarda Génis qui s’était assoupi à côté de lui.
- Lloyd ! Viens jouer avec nous ! lui proposa Colette en lui faisant signe.
Il déclina l’offre d’un geste. La jeune fille et Préséa s’amusaient comme de vraies gamines avec un chien que Colette avait absolument voulu recueillir lorsqu’elle l’avait aperçu en ville ce matin, errant d’un air malheureux.
Il entendit alors Raine soupirer pour la énième fois. Assise sur une chaise, un livre à la main dont elle n’avait pas tourné la moindre page depuis des heures, la jeune femme semblait être perdue dans ses pensées. Depuis quelques jours, elle passait ses journées à aller en ville, et à chaque fois elle revenait avec un air déçu et morose. Il n’osait pas lui demander ce qu’elle avait. Zélos l’avait charrié à ce sujet, en lui demandant si elle cherchait son amoureux. Raine s’était alors fâchée contre lui. Lloyd s’était donc dit qu’il ne valait mieux pas qu’il se mêle de ses affaires.
En repensant à la tête de Zélos lorsque Raine lui était tombée dessus, il le chercha du regard.
- Régal, il est où Zélos ? demanda-t-il.
Régal haussa les épaules et leva les yeux au ciel.
- Il est parti depuis dix minutes, il avait une chose « importante » à faire. Cette espèce de pervers est vraiment incorrigible !
Tous savaient qu’à ce moment là Sheena prenait une douche, c’était ce qu’elle faisait toujours après s’être entraînée.
- A mon avis, continua l’homme d’affaire, on va tarder d’entendre hurler Sheena !
Mais ce ne fut pas Sheena qui hurla. Lloyd eut l’impression que son sang s’était figé dans ses veines. Le hurlement de Colette retentissait encore dans ses oreilles quand il la vit s’effondrer.
- Colette !
Du sang, il y en avait beaucoup autour de la jeune fille. Tous s’étaient précipités vers elle. Colette, allongée sur le ventre, les yeux fermés, ne bougeait plus. En examinant son amie d’une pâleur inquiétante, Raine retira le projectile qu’elle avait reçu dans le dos.
- C’est une arme ninja!
Elle l’avait aussitôt reconnu, Sheena avait les mêmes. Elle leva alors les yeux en direction de la fenêtre de la salle de bain où elle aperçut la jeune femme qui disparut aussitôt derrière les rideaux.
- Mais pourquoi ?... Un ninja ?...
Lloyd ne comprenait pas qui aurait pu vouloir du mal à Colette. Il ne souhaitait qu’une chose : qu’elle se réveille, qu’elle lui parle, qu’elle lui sourit. Une sorte de rage monta en lui. Celui qui avait fait ça allait le payer !
Raine resta un moment à réagir et se fut la voix inquiète de Lloyd qui l’extirpa de son état.
- Raine ! Mais qu’est-ce que tu fais ? lui hurla Lloyd. Tu vas laisser Colette comme ça ?
La jeune femme se reprit. Il avait raison, il fallait qu’elle soigne la jeune fille, elle ne savait pas ce qu’il s’était passé dans sa tête. Un doute immense l’avait submergé, elle n’y croyait pas, mais pourtant …
Les mots que lui avait dit son bel inconnu résonnaient dans sa tête. Et si c’était vrai, et si Sheena les avait trahi ! Mais pourquoi vouloir tuer Colette, pourquoi maintenant ? Rien n’était logique ! Il fallait qu’elle ait confiance en la ninja, elle n’aurait jamais fait ça.
Raine chassa ses pensées noires d’un mouvement de tête, sa première priorité pour le moment, c’était la vie de Colette.

Zélos s’était éclipsé du patio, son esprit pervers lui ayant suggéré de rendre une petite visite à Sheena. Posté derrière la porte, il attendait qu’elle sorte de la douche. Au bout d’un moment, l’eau s’arrêta de couler. Il tourna alors la poignée de la porte le plus discrètement possible, malheureusement pour lui, elle était fermée à clef.
- ça aurait été trop beau ! soupira-t-il.
Il tenta de forcer la serrure, comme il l’avait déjà fait maintes fois , mais s’arrêta net lorsqu’il entendit une voix d’homme provenant de la pièce. Il resta près de la porte pour écouter, mais il ne comprenait qu’un mot sur deux. Il pensa alors que c’était un ninja qui faisait un rapport à Sheena. Il aurait pu choisir un autre endroit !
« Déranger une femme dans sa salle de bain ne se fait pas ! » pensa le plus grand pervers du monde !
Il entendit à un moment le loquet de la serrure s’ouvrir et ne comprit qu’après coup que s’était Sheena qui l’avait ouvert.
« C’est bien Sheena ! Bonne initiative !» pensa-t-il.
Il allait enfin pouvoir voir ce qu’il se tramait à l’intérieur. Il entrebâilla légèrement la porte et ce qu’il vit lui pinça le cœur. Un étrange sentiment qu’il ne connaissait pas l’envahit. Un homme dont il ne voyait pas le visage embrassait une Sheena à peine vêtue. Il détourna alors les yeux, ce n’était pas le spectacle qu’il imaginait voir. Il était prêt à repartir quand il entendit la jeune femme crier.
Il fit alors valdinguer brusquement la porte et eut tout juste le temps d’apercevoir l’homme qui se tenait sur le rebord de la fenêtre, que celui-ci s’évapora littéralement, comme par magie. Il vit Sheena courir à la fenêtre et regarder en bas. Elle porta une main devant sa bouche un air d’horreur sur le visage. Elle revint vers Zélos, totalement affolée.
- Colette est blessée, il l’a blessé…elle ne bouge plus !
Il ne comprenait pas. Mais qu’est-ce qui se passait ? Pourquoi Colette serait-elle blessée ? Et que venait-elle faire dans cette histoire ? Sheena le prit par le bras pour lui montrer ce qu’il n’avait pas encore vu. Colette était allongé à terre une marre de sang autour d’elle, Raine à ses côtés la soignait. Zélos devint livide.
- Pourquoi… ? fit-il tout simplement à Sheena qui doucement se laissa glisser sur le sol un air de profonde terreur dans les yeux.
Elle secoua la tête. Mais qu’on la laisse tranquille à la fin
- Sheena ! Qui était cet homme ?
Zélos ne plaisantait pas, sa voix était dure. Il était en colère après elle.
Comme elle ne répondait toujours pas, il la saisit par le col de son peignoir pour la remettre debout. Il voulait qu’elle parle. Mais Sheena lui assena un violent coup de poing à l’œil gauche. Il la lâcha sous l’effet la surprise et la douleur.
Zélos la regarda d’un air furieux. Comment osait-elle ?
- S’il te plaît, ne dit rien !
Elle s’avança vers lui, des larmes roulant sur ses joues. Elle posa son front contre la poitrine de Zélos tout en continuant de le supplier de ne rien raconter de ce qu’il avait vu. Il ne devait pas céder, il ne le voulait pas. Elle devait tout lui dire ! Mais elle avait l’air tellement fragile, si vulnérable.
Il sécha doucement les larmes de la jeune femme. Pourquoi ne pouvait-il pas résister aux femmes dès qu’elles pleuraient ? Cela lui aurait simplifié la vie. Il sortit de la pièce pour permettre à Sheena de s’habiller plus décemment. Cet homme, pour qui se prenait-il pour blesser Colette et embrasser Sheena ? Rien qu’en repensant à la scène Zélos sentit la colère monter en lui.
Quand ils descendirent, Raine lançait un sort de soin à la jeune fille blonde toujours inconsciente, qu’ils avaient installé sur un canapé du salon. Elle était très pâle. Lloyd lui tenait la main.
- Allez ! Colette, réveilles-toi ! la suppliait-il.
Raine se redressa avec un petit soupir. Tout le monde attendait son verdict avec impatience.
- Elle a perdu beaucoup de sang. J’ai pu guérir la blessure mais elle devra se reposer plusieurs jours.
Lloyd était très inquiet. Il ne quittait pas Colette des yeux.
- Allons discuter à côté, proposa Régal afin de ne pas déranger la jeune fille. Lloyd, ne t’inquiète pas, tout va s’arranger. Tu peux rester là si tu veux.
Dans une des pièces jouxtant le salon, l’arme qui avait causé la blessure de Colette était mise en évidence sur une table. Sheena en eut un frisson de dégoût.
- Qu’en penses-tu Sheena ? C’est un ninja qui a fait ça ?
Génis la regarda avec tristesse, il semblait presque gêné de sa question.
- Il s’est servi d’un de mes poignards…
Elle paraissait si atterrée que Raine regretta intérieurement de l’avoir soupçonné.
- Tu sais qui c’est ? demanda Régal.
Sheena hésita un instant avant d’acquiescer. Elle n’avait plus le choix, elle devait leur révéler une partie de ce qui s’était passé à Mizuho, mais une partie seulement, elle ne voulait surtout pas de leur pitié.
- Il y a un traître parmi les ninjas de Mizuho, répondit-elle en touchant son bracelet. Je suis à sa recherche. Sa trahison a coûté la vie de beaucoup de mes hommes. Alors, en tant que chef, c’est moi qui suis chargée de l’éliminer. Cependant, je ne pensais pas qu’il s’en prendrait aussi à Colette.
On lui posa beaucoup de questions sur ce ninja. Personne ne comprenait pourquoi il avait choisi Colette en particulier. Elle sentait sur elle le regard perçant de Zélos. Il fallait absolument qu’elle lui parle et le convainque de ne rien révéler. Une de ses amies avait été blessée et cela la rendait folle de colère. S’ils se mêlaient de ça, la prochaine fois les conséquences seraient bien plus graves.

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