13 mai 2006

Tales of Symphonia - Partie 1 - Chapitre 06 "Coeur encore endormi et que l'on éveille doucement"

    Ce fut une main glacée posée sur son front qui le fit sortir de la torpeur dans laquelle il était plongé. Il ouvrit les yeux et vit un visage livide penché au dessus de lui.

Sheena le dévisageait avec inquiétude, ses cheveux détachés lui tombant un peu devant les yeux.

-Ca va ? Tu n’as rien ? lui demanda-t-elle.

Zélos secoua lentement la tête en signe de dénégation et se releva. La tête lui tournait un peu. L’averse orageuse s’était arrêtée, laissant ça et là de grandes flaques d’eau, vestiges de son passage. Déjà les nuages noirs et lourds se dispersaient, chassés par un magnifique soleil rouge-orange qui frôlait la cime des toits. Les ombres des bâtisses s’étiraient sur le sol et une agréable fraîcheur avait succédé à la chaleur torride de la journée.

Depuis leur mésaventure dans les égouts, une question trottait dans la tête de Zélos mais il n’osait pas la poser.

-Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Sheena mal à l’aise devant le regard de l’élu qui la fixait, les yeux perdus dans le vague.

-Hein ? Quoi ?...euh non …rien, répondit celui-ci en détournant la tête.

-Si tu le dis… mais je te trouve un peu étrange là…, fit Sheena en haussant les épaules, ce qui la fit grimacer de douleur et la plia en deux.

    Zélos s’approcha d’elle et sans autre forme de procès la souleva, et la portant sur son dos, entreprit d’entamer le chemin du retour. Sheena aurait bien crié sa souffrance mais sa fierté l’en empêcha et elle se contenta de serrer les dents et les poings tellement forts que ses jointures en devinrent blanches.

-Hé ! Tu vas déchirer ma veste, lança Zélos sur un ton de boutade.

-Bah ça ne sera pas une grosse perte, tu t’en rachèteras une autre, lui répondit-elle la tête nichée au creux de son épaule en esquissant un faible petit sourire.

Le silence s’installa entre eux. Zélos sentait le souffle irrégulier de Sheena dans son cou.( https://p1.storage.canalblog.com/23/64/110207/7830542.jpg )

-Sheena ? demanda-t-il au bout de quelques minutes

-Mmmmh ?

Zélos semblait chercher ses mots, cela ne lui ressemblait guère.

-Quoi ? demanda-t-elle avec plus d’insistance.

-Pourquoi as tu fait ça ?

-Fait quoi ?

-Pourquoi t’es tu interposé entre Kuchinawa et moi tout à l’heure ? Pourquoi m’as-tu protégé de son coup ? Je croyais que je t’insupportais…demanda-t-il dans un souffle, osant enfin pauser la question qui le taraudait depuis tout à l’heure.

Il était bien content de ne pouvoir voir la jeune femme en face, c’était beaucoup plus facile ainsi, pensa-t-il. Il sentit son souffle s’accélérer et ses bras passés autour de son coup resserrer leur emprise.

Sheena resta silencieuse quelques minutes encore avant de lui répondre.

-Et bien à vrai dire, je n’en sais trop rien. J’avoue que je n’ai pas trop réfléchi…c’est idiot hein ? fit-elle avec un petit rire nerveux.

Puis reprenant, beaucoup plus sérieuse cette fois :

-Et puis c’est ce que font les membres d’un clan, non ? Ils se protègent les uns les autres… [1]

Zélos ne fit aucun commentaire, perdu dans ses pensées.

-C’est vrai que tu peux être pénible parfois…mais je dois reconnaître que tu as de bons moments. C’est pas souvent… mais tu en as [2], rajouta-t-elle dans un murmure, audible pour lui seul. Je te remercie d’être venu à mon secours tout à l’heure…et aussi pour la dernière fois…

-C’est ce que font les membres d’un clan, Sheena…répondit-il doucement.

-Hé ! Copieur, c’était mon expression ça ! fit-elle faussement en colère et en lui donnant une petite tape sur la tête.

-Aie ! Espèce de vieille mégère ! fit Zélos pour la forme.

Ils ne prononcèrent plus un mot jusqu'à ce que l’auberge se dessine dans la pénombre qui commençait à tomber. Le jour mourant laissait la place à la nuit naissante. Sheena frissonna et se serra d’avantage contre son porteur. Tout deux se délectaient du calme régnant autour d’eux, ni l’un ni l’autre n’osant rompre le silence.

    Un cri strident retentit alors qu’ils s’avançaient vers les lumières de l’auberge, inondant les pavés de la rue de leurs douces clartés.

-Maître Zélos ! s’exclama Diane.

Une demi-seconde plus tard, Zélos et Sheena se retrouvèrent entourés du fan club de l’Elu au grand complet, trépignant et pépiant à qui mieux mieux. Elles assaillirent littéralement le jeune homme. Celui-ci posa Sheena à terre qui se fit très vite éjecter du cercle

-Oh, par la déesse Martel !

-Vous allez bien ?

-Vous n’êtes pas blessé ?

-Nous avons eu si peur pour vous !

-Quel homme !

-Quel courage !

-etc. …

Zélos n’arrivait pas à en placer une et se fit entraîner bien malgré lui vers l’intérieur.

-Oh ! Mais c’est affreux ! Vous êtes blessé ! fit l’une d’entre elle avisant les larges tâches sombres de sang coagulé sur son dos et son torse.

Une affreuse cacophonie de cris perçants s’en suivit.

-Rassurez vous mesdames ! fit Zélos en élevant la voix afin de couvrir le vacarme. Ce ne sont que des tâches, je ne suis pas blessé.

Avisant Génis, Préséa, Régal et Colette qui avaient accourus au bruit des midinettes, il articula silencieusement « Sheena » en désignant la porte de l’hôtel restée grande ouverte. Puis il reporta son attention sur son fan club qui l’entourait et qui semblait vouloir lui enlever ses vêtements pour être sur que leur chouchou était indemne.

La jeune invocatrice apparu alors sur le pas de la porte, blanche et exténuée. Mettre un pied devant l’autre pour avancer lui coûtait, ravivant sa blessure au ventre. Colette, Génis et Préséa se précipitèrent pour la soutenir pendant que Régal faisait de la place sur la table la plus proche.

Elle étouffa un cri lorsque Génis, sous la directive de Régal, enleva sa tunique et défit le bandage de fortune, collés à la plaie par du sang séché, laissant apparaître les chairs à vif. Après que le petit magicien eut nettoyé la plaie avec de l’eau claire, Régal utilisa son sort de « grand guérisseur ». Une douce chaleur se répandit dans le corps de Sheena lui redonnant des forces et refermant sa blessure à l’abdomen et à l’épaule gauche à vu d’œil. Colette revint avec du linge propre fourni par la patronne et, aidée de Génis, entreprit de refaire ses bandages. Par-dessus son épaule, Sheena observait Zélos. Il était redevenu le parfait coq, au milieu de sa basse-cour. Quelle différence par rapport à tout à l’heure songea-t-elle avec un petit pincement au cœur…

Se retournant vers ses compagnons, elle fit, à leur demande, le récit plus ou moins détaillé de ce qui s’était passé.

    Durant tout le temps où les autres prodiguaient des soins à Sheena, Zélos ne l’avait pas quittée des yeux. Il repensait à ce qu’elle lui avait dit lorsqu’ils étaient seuls. « Membres d’un clan »… ils le considéraient donc comme un membre à part entière du groupe, pour le moins hétéroclite, qu’ils formaient…mais avait-il le droit de prétendre à un tel statut ? Qu’avait-il fait pour eux jusqu’à présent ? Ne les suivait-il pas pour servir, quelque part, son propre intérêt ? Pour sa part il était bien incapable d’éprouver une telle abnégation pour les autres comme celle dont faisait preuve Colette au quotidien, Génis, Lloyd, le Professeur, Préséa, Régal et Sheena… Génis et Raine, sa sœur, étaient des demi-elfes, honnis de tous de par leur sang mélangé. Mais ils continuaient d’avancer malgré les injures et les mises à l’écart, donnant aux autres sans rien attendre en retour. Préséa côtoyait Régal, le « meurtrier » de sa jeune sœur Alicia et lui faisait confiance malgré tout. Celui-ci, torturé de remords s’impliquait corps et âme dans leur mission afin de racheter ses fautes. Lloyd avait pour principe de donner sa chance à tout le monde et comme Colette avait tendance à faire confiance aux gens. Sans oublier Sheena… Sheena qui avait risqué sa vie pour lui tout à l’heure malgré les choses désobligeantes qu’il avait pu lui dire. Il n’était pas vraiment fier de sa conduite d’ailleurs.

Toutes ses personnes offraient tant aux autres. Il les respectait pour cela Et lui, qu’offrait-il ? De l’égoïsme, de la suffisance, du désintéressement… On ne pouvait pas vraiment qualifier ça de « valeur morale », loin de là. Sa condition d’Elu du Mana lui pesait. C’était une trop lourde responsabilité. Il n’avait pas vraiment sa place parmi ces gens qui avaient le sens du devoir et du sacrifice, lui qui avait toujours su tirer parti de toutes les situations.

-Maître Zélos ?

Zélos sursauta, perdu dans ses pensées, il n’avait pas fait attention que quelqu’un l’appelait. Diane le fixait de son joli minois inquiet.

-Vous n’avez pas l’air d’aller très bien, si je puis me permettre…Vous êtes si pâle… Vous devriez aller vous reposer après tout les efforts que vous avez fournis… Heureusement que ces gens là ont la chance de vous avoir, dit-elle en montrant le petit groupe à l’écart, d’un air désapprobateur.

Zélos opina, sans grande conviction pourtant.

-Si ça ne vous fait rien, je crois que je vais monter me coucher, déclara Sheena.

Elle se leva avec difficulté. Tout tournait autour d’elle.

-Sheena ? entendit-elle au loin.

Elle essaya de dissimuler son malaise, en vain. Le froid s’insinuait insidieusement dans ses membres et elle avait des difficultés à respirer. Elle avait l’impression d’étouffer et porta une main à sa gorge. Elle fit quelques pas mal assurés, tentant de comprendre ce que ses amis lui disaient, mais même les sons lui parvenaient déformés. Après le froid, elle sentit une chaleur épouvantable lui parcourir le corps. Elle recula encore, chancelante, vacilla, puis ce fut le noir total.

-Sheena !!!s’exclama Colette affolée.

Sheena venait de s’effondrer sur le sol, face contre terre, avec un bruit sourd.

Tous se précipitèrent auprès d’elle, Zélos le premier, laissant ses louloutes en plan.

Il retourna Sheena sur le dos. Celle-ci avait les joues en feu et le front brûlant mais elle était pourtant d’une pâleur mortelle. Elle haletait, inconsciente, ses poumons recherchant désespérément de l’air et poussait de temps à autre de petits gémissements.

-Mais qu’est ce qui lui arrive ?demanda Colette, morte d’inquiétude. Tu l’as pourtant soignée Régal…

Celui-ci hocha la tête, aussi perplexe qu’elle. Ils avaient tous pu constater que les blessures avaient été guéries par « grand guérisseur »…Alors qu’est ce qui clochait ?

« Sheena, Sheena, bon sang qu’est ce qui t’arrives ? Tes blessures ont été soignées… » pensa Zélos en posant une main sur son ventre. «Tes blessures physiques en tout cas…et… et si il n’y avait pas que ça …et si… ». Mû par une inspiration soudaine, il arracha le vêtement de Sheena et défit prestement son bandage, sous les regards indignés de ses compagnons.

-Mais qu’est ce qui te prend ?gronda Régal en arrêtant son geste.

Zélos dégagea son poignet de son emprise avec impatience :

-Je veux vérifier quelque chose. Tu ne me fais donc pas confiance ?

Pendant quelques secondes qui avaient l’air d’une éternité, les deux hommes s’affrontèrent du regard. Le corps de Sheena était à présent agité de spasmes qui la faisaient trembler, dus à la fièvre sans doute.

Finalement, Régal baissa les yeux et Zélos reporta son attention sur Sheena, dont le visage était exsangue et la respiration saccadée. Avec précaution il enleva les dernières bandes de tissu. A l’endroit de la blessure, sa peau était marbrée de bleu, dessinant en filigranes le réseau sanguin. Ce motif s’étendait sur une zone assez restreinte pour le moment. La même chose se produisait au niveau de son épaule gauche.

-Du poison…, souffla-t-il. Ses armes étaient empoisonnées… J’aurais dû m’en douter…Voilà bien la marque du Pontife !

Sa voix tremblait d’une colère non dissimulée et frappa violemment le sol afin d’évacuer sa fureur. Génis et Régal serrèrent les poings, Préséa se rembrunît et Colette horrifiée porta ses mains devant sa bouche. A l’origine, c’était à elle que ce traitement était destiné !

Un petit groupe de badauds, formé entre autres par les membres du fan club de Zélos, vint s’attrouper autour d’eux. Des murmures se répandaient dans les rangs et les commérages allaient bon train.

Zélos prit Sheena dans ses bras, comme si elle avait été plus fragile que du verre. Celle-ci émit une faible plainte lorsqu’il la souleva. Il l’emmena à l’étage supérieur, suivit de prés par Régal, Colette, Génis et Préséa, sous le regard noir des louloutes de l’Elu. Elles s’empressèrent d’ailleurs de délier leur langue de vipère…Non mais qu’est ce que tout cela signifiait ? s’indignaient-elles. Comme Maître Zélos avait-il pu leur faire un affront pareil en les ignorant de la sorte ? Cette petite gourde de Mizuho ne perdait rien pour attendre ! Elles lui apprendraient à se faire remarquer de la sorte, non mais !

       Zélos déposa avec douceur Sheena sur le lit. Elle haletait et gémissait de plus en plus fort. Si seulement il leur restait une fiole de Panacée… Cette étrange mixture était capable de guérir toutes les altérations physiques dont le poison entre autre. Son avantage majeur résidait dans le fait qu’elle pouvait contrer n’importe quel poison, quelque soit la dose et quelque soit sa composition. Seulement voilà, ils ne disposaient malheureusement plus d’un tel produit et le blocus de la ville commandité par le Pontife, empêchait les marchands de renouveler correctement leurs stocks. Ils jouaient vraiment de malchance…

Après quelques instants de flottements, Colette s’en fût chercher de l’eau fraîche ainsi que du tissu propre afin de faire baisser la fièvre de la jeune femme, et Génis ramena la patronne de l’hôtel. Il lui demanda si il ne lui restait pas de fiole de panacée ou si elle connaissait un autre remède.

-Hélas, soupira-t-elle, j’ai utilisé ma dernière bouteille il y a quinze jour à peine car ma petite fille s’était faite mordre par un serpent venimeux. Et je ne connais pas d’autres médicaments ayant le même effet…Je suis vraiment désolée

Elle leur proposa cependant des habits propres pour Sheena dont les vêtements étaient à moitié déchirés et puaient encore les égouts. Les garçons sortirent de la pièce tandis que les filles la changeaient. Les tâches sur sa peau blafarde avaient pris de l’ampleur, preuve que le poison accomplissait son office.

Puis, la tenancière les laissa seuls, retournant à ses occupations.

Allongée sur le lit, la respiration bruyante et irrégulière, Sheena suait à grosses gouttes.

-Bon que fait-on maintenant ?demanda Génis.

-Il ne faut rien changer à notre plan de départ, dit Zélos, le visage fermé. C’est ce que voudrait le Pontife et nous n’allons pas lui donner cette satisfaction.

-Mais …, commença Colette.

-Non Colette, intervient Régal. Zélos à raison. Si tu restes le Pontife aura ce qu’il veut et elle se sera faite blessée pour rien.

-Et puis de toute façon, reprit Zélos la mine sombre, ni moi ni Régal ne sommes capable de la soigner avec nos faibles pouvoirs de guérison. Seul Raine en possède la force. Partez avec Colette comme prévu, nous n’avons guère de marge de manoeuvre … il faut que vous nous envoyez Raine.

-Faut-il vraiment qu’on se sépare ? Ne peut-on pas partir tous ensemble ? demanda Colette, implorante, regardant alternativement Zélos, Régal, Génis et Préséa.

Aucun d’entre eux ne répondit. Le lourd silence qui s’installa fût seulement troublé par le souffle sifflant et saccadé de Sheena qui se tournait et se retournait sur le lit, en proie à quelques démons intérieurs. Zélos se précipita vers elle afin de remettre sur son front la compresse qui venait de glisser à terre. Elle était bouillante et il ré imbiba le linge d’eau fraîche avant de lui redéposer sur la tête.

-Tiens ! s’exclama Préséa. Notre messager bizarre est revenu.

Le drôle d’oiseau qui leur avait apporté la missive de Lloyd le matin même, vint se poser sur la tête de Génis. Son plumage gris était plus terne et dans ses yeux brillait une étrange lueur. C’était comme si il s’associait à leur inquiétude…Mais non, ça n’était pas possible voyons…leur imagination leur jouait décidément de drôles de tours…

-Puisqu’il nous faut partir, profitons de la nuit. Le plus tôt sera le mieux, non ?!! proposa Génis.

-Je suis d’accord, dit Préséa. Plus vite vous partirez, plus vite vous serez se retour avec Raine…

Régal acquiesça. Zélos resta silencieux et Colette n’était pas bien d’accord avec ses compagnons. Hors de question pour elle d’abandonner Sheena ici…La décision du départ fût de toute façon prise sans son avis, ils la connaissaient trop bien pour savoir qu’elle aurait préféré rester. L’oiseau émis un petit roucoulement sonore en guise d’assentiment ce qui les fit sourire un peu.

_________________

Infirmière Régal :

R (voix off) : « Bienvenue dans notre CENTRE POKéMON ! »

 « Nous soignons les POKéMON ! »

Z choisit l’option « SOIN »

R : « Ok ! Confiez nous vos POKéMON !

TU-TU-TULITU !

R : « Merci ! Vos POKéMON ont la super pêche !

 « A bientôt ! »

Z : POKéBALL, GO ! En avant Sheena !

N: euh, c’est un nouveau Pokémon là? C’est la saison 118, c’est ça ?

[1] Bon ok, là ça fait plagiat de l’Age de Glace mais je trouve cette phrase tellement touchante que je n’ai pas pu m’empêcher de la remettre. Désolée pour le plagiat^^

[2] Et allez ! Deuxième plagiat en moins de deux lignes…je fais fort là. Ce coup ci c’est StarWars épisode V… vous remarquerez l’évolution des références loooooooool.

Soyez indulgents hein ? Je devrais bosser là mais un horrible mal de crâne m’en empêche.

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Posté par _martel_ à 14:12 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Tales of Symphonia - Partie 1 - Chapitre 07 "Fuite et aveux"

    Et ce fut au milieu de la nuit que trois silhouettes encapuchonnées quittèrent l’auberge. La plus grande soutenant la moyenne et la plus petite ouvrant le marche. Elles atteignirent un des murs d’enceinte de la ville et deux cordes munies de grappins s’élancèrent vers le ciel noir. Les trois silhouettes se figèrent lorsque les crochets métalliques agrippèrent le rebord de pierre avec un cliquetis mat, guettant le moindre bruit dans la ville endormie qui aurait pu leur faire croire qu’elles avaient été repérées. Puis elles se mirent en mouvement et entreprirent d’escalader la paroi verticale. L’ascension dura plusieurs minutes. La descente de l’autre coté fut plus aisée et ils atterrirent doucement dans l’herbe avant de s’enfoncer rapidement dans la profondeur de la nuit, ne laissant aucune trace de leur passage.

    Depuis la fenêtre ouverte, Zélos et Préséa avaient suivit la progression de leurs compagnons jusqu’à ce qu’ils disparaissent de leur champ de vision.

-Les voilà partis, dit Préséa. Espérons qu’ils arriveront à destination sans encombre et le plus rapidement possible.

-Oui…espérons, fit Zélos dans un murmure, les yeux perdus au loin.

Un râle de Sheena lui fit tourner la tête. Il s’approcha du lit où elle reposait et bassina avec précaution ses tempes brûlantes de fièvre avec de l’eau fraîche, sous le regard perplexe de Préséa.

Ça n’était pas dans ses habitudes de s’inquiéter pour les autres de la sorte. D’ordinaire il n’y en avait que pour sa petite personne… Dans son regard, elle pouvait lire la complexité de ses émotions. Quels étaient les sentiments qu’il éprouvait pour la jeune invocatrice ? Que s’était-il vraiment passé dans les égouts pour qu’un tel changement ait pu opéré en lui ? Pas plus tard que ce matin, il était toujours autant imbu de lui-même…

    La combattante à la hache, posa un regard bienveillant sur les deux jeunes gens, repensant à la période où elle avait était privée de ses émotions à cause du cristal du Cruxis qu’elle portait sur elle. Instinctivement, elle porta la main à son cou et effleura la pierre polie rouge incrustée dans un montant en or(https://p8.storage.canalblog.com/87/62/110207/7990120.jpg). Ce cristal ou exsphère, permettait de décupler ses capacités au combat et sans lui, tous autant qu’ils étaient, seraient morts il y a bien longtemps. Cependant le prix à payer était lourd. En effet, une exsphère était fabriquée à partir d’âmes humaines et en avoir une était un grand privilège et pourtant un si lourd fardeau… Cobaye pour des recherches expérimentales sur le sujet, sa jeune sœur Alicia avait été transformée en monstre. Une exsphère sans serti-clé, dont seul les nains connaissait le secret de fabrication, était inutilisable et avait des conséquences désastreuses sur le corps du porteur. Elle agissait comme une espèce de parasite, le « dévorant » de l’intérieur. Alicia n’étant plus d’aucune utilité, les chercheurs, sous les ordres du Pontife, s’étaient rabattus sur l’autre sœur de la famille Combatir, elle, Préséa. Sur elle les expériences avaient pris une tournure inattendue : le cristal avait arrêté sa croissance et elle avait à présent l’apparence d’une adolescente de 12-13 ans alors que 28 ans de sa vie s’était écoulés déjà ! Et pour couronner le tout, elle s’était retrouvée privée de ses émotions, emprisonnée à l’intérieur de son propre corps ! Elle avait eu beau crier, hurler, personne ne l’entendait… . Jusqu'à ce que Lloyd et ses amis arrivent et lui ôtent cette maudite malédiction. Sans eux, elle ne serait toujours qu’une coquille vide en apparence. Sa gratitude à leur égard était sans borne et elle n’avait de cesse, par son dévouement à leur cause, de rembourser sa dette. Il lui restait encore tant de choses à découvrir du monde extérieur dont elle avait été si longtemps privée…En aurait-elle seulement le temps ?

       Elle sourit en repensant au trouble qu’elle provoquait chez Génis. C’est vrai que son apparence était trompeuse, difficile de blâmer le petit magicien. Elle ressentait beaucoup de tendresse à son égard. Il avait déployé tellement d’effort pour la faire sourire et lui montrer la joie d’être vivante. Lui, tenait son exsphère de Marble, une vieille humaine détenue dans une ferme humaine à coté de son village « natal », Isélia, sur Sylvarant. Sa sœur, Raine en possédait également une mais sa provenance était inconnue. En tant qu’élus du mana, Zélos et Colette détenaient un cristal du Cruxis, une exsphère particulière, semblable à celle qu’elle portait, mais qui leur permettait de se transformer en ange et de briser les sceaux de mana. D’eux deux, seul Colette avait le statut d’ange car elle avait accompli le périple de la régénération sur Sylvarant, le monde en déclin. Chaque sceau ouvert avait abouti à lui faire gagner une faculté d’ange mais en même temps, lui faisait perdre une partie de son humanité. Elle s’était alors retrouvée comme Préséa réduite à l’état de conscience, enfermée dans son propre corps. Là encore, Lloyd l’avait sauvé de cette terrible condition, sans hésiter, aidé par l’exsphère contenant l’âme de sa mère qu’il n’avait jamais connu.

Si il avait fallu mourir pour Colette, il l’aurait fait sans nul doute, pensa-t-elle.

En fait, du groupe, seul Régal ne possédait pas d’exsphère. Cependant, cela n’altérait en rien ses capacités de combattant et il était loin d’être un boulet, bien au contraire. Sa volonté inébranlable de racheter ses pêchés était tout ce qui le faisait avancer.

   Zélos sorti la jeune fille de sa rêverie :

-Pourrais-tu aller chercher de l’eau s’il te plait ?

-Bien sur.

Préséa pris la bassine qu’il lui tendait et sortit de la chambre, laissant Zélos et Sheena seuls.

   Une fois la jeune fille aux couettes roses partie, Zélos s’assis à même le sol et posa sa tête sur le rebord du lit.

Tout ceci était entièrement de sa faute. Il se sentait tellement coupable. Si seulement il n’avait rien dit et ne l’avais pas déconcentrée, elle n’en serait pas là maintenant, à lutter pour sa vie.

Les marbrures bleues prenaient petit à petit de l’ampleur et couvraient à présent la totalité de son ventre et de son bras gauche. Sheena respirait de façon saccadé et avec de plus en plus de difficulté. Zélos enfouit sa tête dans les draps et serra les poings. Kuchinawa allait payer !

Soudain il redressa la tête.

Une petite minute ! Depuis quand est ce qu’il pensait comme ça ? Lui, Zélos Wilder, le tombeur de ces dames, celui qui ne s’attachait jamais… pourquoi ressentait-il le besoin de prendre soin d’elle, de la protéger ? Il ne se l’expliquait pas…

-Pourquoi ? Pourquoi est ce que quand je la voie ainsi, si vulnérable, j’ai envie de la prendre dans mes bras ? Pourquoi ai-je envie qu’elle n’appartienne qu’à moi ? murmura-t-il pour lui-même.

« Parce que à chaque fois que tu la taquinais, c’était pour attirer son attention. Parce que tu ne la considères pas comme les autres membres du groupe quoique tu veuilles bien en dire. Parce qu’un seul de ses sourires fait chavirer ton cœur. Parce que jouer ce rôle de séducteur te pèse à présent et que tu voudrais te montrer à elle tel que tu es, à des années lumière du baratineur que tout le monde connaît… » résonna une petite voix dans sa tête.

Zélos secoua tristement la tête, devant l’évidence qui se présentait à lui.

-Tout était si simple en moi avant que je te connaisse tu sais ?dit-il doucement en lui caressant une mèche de cheveux. Maintenant c’est si confus… J’ai beau essayer de conserver mon masque en public, mais j’ai de plus en plus de mal…Y a rien qu’à voir tout à l’heure comme je me suis précipité quand tu t’es effondrée… J’ai bien cru que mon cœur allait s’arrêter…

Il partit d’un petit rire nerveux.

-Qu’est ce que je vais faire maintenant ? Me voilà dans de beaux draps…mmmh… soupira-t-il. Qu’en penses-tu Sheena ?

Celle-ci se contenta de gémir et de s’agiter. Sa chevelure d’un noir de jais auréolait son visage, tranchant avec la pâleur de ses traits et la blancheur de l’oreiller. Elle ressemblait en cet instant, aux princesses des contes pour enfants qui sont profondément endormies à la suite d’un maléfice jeté par une méchante sorcière et dont seul le baiser d’un prince charmant pourrait les en tirer. Zélos se releva. Il escalada le lit et se pencha au dessus de la jeune femme.

-Que faut-il que je fasse Sheena ? chuchota-t-il.

Il la fixa intensément. Son cœur bondissait dans sa poitrine et faisait un bruit de tous les diables. Sans pouvoir se l’expliquer, il avait une folle envie de l’embrasser.

-Et si je t’embrasse là, maintenant, vas-tu te réveiller, belle endormie ? Serais-je ton prince charmant ? dit-il dans un murmure en rapprochant son visage du sien et en caressant du doigt ses joues brûlantes de fièvre.

Le temps semblait suspendu dans la pièce. Troublé comme si il s’apprêtait à donner son premier baiser, Zélos n’osait respirer de peur de rompre le charme. Ce fut Préséa qui s’en chargea pour lui.

-Hmm-Hmm …Tes compagnes te réclament en bas Zélos, annonça-t-elle, les mains encombrées par la bassine d’eau.

Zélos ferma un instant les yeux, visiblement contrit d’être dérangé ainsi et d’être pris en flagrant délit dans une position pour le moins compromettante.

-J’arrive tout de suite Préséa, dit-il en rouvrant les yeux et en recomposant un visage où toute trace de dépit avait disparu.

Il esquissa une caresse en direction du visage de l’invocatrice mais se ravisa, suspendit son geste et fit volte-face précipitamment.

-Et bien, et bien ! Que me veulent donc ces charmantes demoiselles ? lança-t-il d’un ton qu’il voulait détaché.

Il traversa la pièce à grandes enjambées et passa devant Préséa sans la regarder.

«Ne pas craquer… pas maintenant… ne te retourne pas… tu dois tenir ton rang Zélos…personne ne doit soupçonner… personne…» pensa-t-il, les yeux fixés droits devant lui.

Pourtant, il n’aspirait qu’à rester auprès de Sheena et partit, en fin de compte, à contre coeur.

Restée seule dans la petite chambre, Préséa percevait des bribes de conversations qui montaient de la salle commune. Zélos devait essayer de rattraper le coup avec ses louloutes à propos de la façon dont il les avait laisser tomber tout à l’heure, pensa-t-elle. Elles les entendaient qui minaudaient à présent mais étrangement, elle eut l’impression que l’Elu ne prenait pas part à la discussion.

     Tout le monde dormait du sommeil du juste à présent. Pas un bruit ne venait troubler le repos des locataires des chambres, hormis quelques ronflements sonores et miaulement de chats.

Tout le monde dormait … sauf Zélos. Allongé dans son lit, les mains derrière la tête, il ne parvenait pas à chasser de son esprit les images des évènements de la journée… et surtout celles concernant Sheena. Il essayait vainement de trouver un sens à sa conduite et aux sentiments confus qu’il ressentait pour elle. A ses cotés, Diane, avec qui il partageait sa couche, vint se blottir contre son flanc en soupirant d’aise. Zélos se dégagea doucement de son étreinte et s’assit au bord du lit en se prenant la tête dans les mains(https://p1.storage.canalblog.com/13/62/110207/7990140.jpg). Plus il essayait de chasser la jeune invocatrice de ses pensées, plus elle revenait, blessée et livide, étendue sur son lit.

Au bout de quelques minutes qui lui parurent interminables, il se leva, s’habilla en silence et sortit de la pièce en prenant bien soin de ne pas réveiller Diane. Il referma délicatement la porte et s’immobilisa, aux aguets. Non, personne ne semblait être réveiller en cette heure tardive. « Tant mieux » pensa-t-il.

Sans qu’il s’en rende tout de suite compte, ses pas le conduire devant la porte de la chambre où se trouvait Sheena et Préséa qui veillait cette dernière. Il prit une grande inspiration comme pour se donner du courage et abaissa le loquet de la porte.

-Tu peux aller te reposer si tu veux Préséa. Je prends le relais, dit-il en entrant.

Celle-ci hocha la tête et se leva.

-Est-ce qu’elle a repris conscience ? lui demanda-t-il alors qu’elle s’apprêtait à franchir la porte.

-Non, mais la fièvre augmente. C’est mauvais signe, répondit Préséa en refermant la porte sur elle.

Zélos prit place sur la chaise en bois, située prés du lit de Sheena que Préséa venait de quitter à l’instant. La jeune femme s’agitait toujours dans son sommeil, il pouvait percevoir quelques bribes de phrases incohérentes. Il rapprocha son siège du lit et pris la main de Sheena en écartant de son front, une mèche de cheveux collée par la sueur.

La forêt noire et inquiétante l’entourait comme un étau…

Un étau oppressant qui l’étouffait chaque minute d’avantage.

L’air était suffocant…une chaleur intense…sûrement un feu quelque part.

Cette fois encore, la créature la poursuivait sans relâche et elle n’avait nulle part où aller.

Elle cours de toute ses forces…soudain une clairière qui est la proie de flammes infernales se dresse devant elle.

L’atmosphère est brûlante. Le feu gagne chaque seconde du terrain mais elle est comme pétrifiée… Les flammes commencent à lécher ses pieds nus et ses haillons. C’est tellement insoutenable qu’elle se met à hurler, réalisant tout à coup avec horreur que c’est elle qui est en train de brûler… !

-AAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH !!!

Le hurlement de Sheena réveilla Zélos en sursaut alors qu’il s’était assoupi.

-Que…Sheena ! s’exclama-t-il

Sheena était à présent assise sur son lit et pleurait à chaudes larmes, visiblement effrayée. Elle hoquetait et avait du mal à retrouver une respiration normale.

Sans réfléchir, Zélos s’approcha d’elle et la prit dans ses bras en lui murmurant des paroles d’apaisement. Elle venait sans doute de faire un cauchemar…

-Là, c’est fini, dit-il doucement en la berçant d’avant en arrière. C’est fini, ce n’est qu’un mauvais rêve.

-Je … je brûle, c’est… atroce…vite…de l’eau…arrêtez le feu… s’il vous plait…s’il vous plait, gémit-elle au creux de ses bras entre deux sanglots.

-Mais non Sheena, tu ne brûle pas voyons, tu as juste de la fièvre.

Mais elle ne semblait pas l’avoir entendu et continuait sa litanie. Zélos réalisa alors qu’elle était toujours dans son rêve. Avisant le pichet d’eau posé sur la table de nuit, il en renversa le contenu sur le visage de la jeune femme.

-Et voilà ! Ca va mieux maintenant ?

Sheena accrocha le regard de Zélos comme si elle s’apercevait seulement maintenant de sa présence.

-Que… qu’est ce que je fais ici ? Que s’est-il passé ? …Zélos ? fit-elle en rougissant.

Elle venait de se rendre compte qu’elle était dans les bras de l’Elu et qu’elle n’était pas des plus habillée…Elle fit mine de le repousser mais Zélos la tenait fermement contre lui. Elle n’avait pas assez de force et se sentait si faible. Sa tête était lourde et lui faisait mal. Elle avait l’impression que son coup était raide et que tous ses membres étaient engourdis.

-Tu es dans la chambre de l’hôtel. Tu as poursuivi Kuchinawa dans les égouts et t’es faite blessée pendant le combat. Je t’ai retrouvée et je t’ai ramené ici où Régal t’a soigné. Tu te rappelles ?

Sheena acquiesça faiblement.

-Puis tu t’es évanouie. Les armes de Kuchinawa étaient empoisonnées… regardes, lui dit-il en lui montrant son bras blessé.

-Empoisonnée ?

-Oui. Colette est partie avec Régal et Génis tout à l’heure. Ils reviendront avec Raine pour qu’elle puisse de soigner comme il faut. Ici, nous n’avons malheureusement rien. Alors…il faudra que tu tiennes jusque là.

-Oui, souffla-t-elle.

Elle frissonnait maintenant de la tête aux pieds.

-Hé ! Mais tu trembles… la fièvre doit être en train de monter.

Puis avisant le lit à moitié mouillé, il s’exclama :

-Oups ! Je n’y suis pas aller de main morte tout à l’heure… Il faut changer ces draps trempés… Attends, ne bouges pas.

-Et où veux-tu donc que j’aille, Elu ? J’aurais bien du mal à sortir de ce lit, dit-elle en grimaçant.

Zélos attrapa la couverture qui couvrait le lit qu’occupait Colette et emmitoufla Sheena à l’intérieur. Puis il l’aida à se lever et l’installa sur la chaise.

-Voilà, dit-il en resserrant les pans de la couverture autour d’elle. Surtout restes où tu es, je reviens.

Il sortit précipitamment de la pièce et elle l’entendit dévaler les escaliers.

     Diane avait eu froid et c’est cela qui l’avait réveillé. Elle s’attendait à trouver l’Elu du Mana de Tésséha’lla à coté d’elle, mais il n’y avait qu’une place vide. Etonnée, elle se leva, jeta un peignoir sur ses épaules et partit à se recherche. Elle arpentait le couloir lorsqu’un hurlement d’horreur la cloua sur place. Elle s’apprêtait à rejoindre prestement sa chambre quand elle cru reconnaître la voix de Zélos. Elle s’approcha de la chambre la plus proche et jeta un coup d’œil par l’entrebâillement de la porte. Zélos avait pris cette petite traînée de Mizuho dans ses bras ! Shocking ! Non mais ça n’allait sûrement pas se passer comme ça ! Qu’est ce que cela voulait dire, enfin ?!! « Ce n’est pas possible pensa-t-elle…je dois sûrement rêver… oui… ça ne peut être que ça… » pensa-t-elle. Elle tenta de se pincer pour se prouver qu’elle rêvait, en vain. L’Elu tenait toujours l’invocatrice dans ses bras et la berçait doucement. Diane sentit la colère et la jalousie monter en elle. Cette Sheena était décidément une vraie sorcière ! Elle profitait sans scrupule de la gentillesse de maître Zélos ! C’était intolérable. Diane faillit s’étouffer en voyant combien il prenait soin d’elle et lorsqu’il la porta à moitié pour l’installer sur la chaise, ce fut le bouquet… !

Diane se recula précipitamment dans la pénombre lorsque l’Elu fit mine de se diriger vers la porte. Pas question qu’il la surprenne en train d’espionner ! Celui-ci passa devant elle sans la voir et descendit les escaliers menant à la salle commune.

       Assise sur la chaise en bois et enveloppé dans sa couverture, Sheena repensait à son cauchemar. C’était bien la première fois qu’elle se retrouvait devant une clairière en flamme. D’habitude c’était toujours le même rêve qu’elle faisait, les variantes étaient très rares et celle-ci était de taille. Peut être que cela était dû à la fièvre…

L’esprit embrumé, son corps engourdi n’aspirait qu’à une seule chose : dormir. Elle espérait que cet imbécile de Zélos allait vite revenir. La porte de la chambre grinça et elle releva la tête au prix d’un effort considérable, pensant que c’était lui qui était remonté. Devant elle se trouvait Diane, en peignoir et un peu échevelée, ce qui la rendait moins tirée à quatre épingles que d’habitude et presque sympathique. Cependant, elle avait l’air furieuse et se dirigea vers Sheena d’un pas décidé. Le temps que son cerveau analyse les informations, elle se retrouva par terre sous la gifle que la jeune femme blonde venait de lui asséner.

-Non mais vous avez perdu la tête ?

-Tais toi, espèce de petite arriviste, siffla Diane avec un regard courroucé. Ne crois pas que tu vas te mettre si facilement entre moi et l’Elu. J’ai bien trop manigancé pour éliminer mes précédentes rivales et devenir la favorite pour que tu viennes tout gâcher avec tes airs d’ingénue.

-Mais enfin…

-C’est moi qui aurait le titre de compagne officielle de l’Elu, mets toi bien ça dans le crâne ! Ne t’approche plus de lui !!!

-Euh, en général c’est lui qui s’approche de moi vous savez…

-Arrêtes de raconter des mensonges ! fit Diane à voix basse en lui donnant une nouvelle gifle retentissante. Je t’ai vu dans ses bras tout à l’heure et tu n’avais pas l’air de détester ça. Si tu ne cesse pas tout de suite de lui faire des avances, il va t’en cuire, crois moi… . Et ce ne sont pas des paroles en l’air !

« Elle est complètement folle » songea Sheena en grelottant de fièvre. Les propos de Diane n’avaient aucun sens pour elle. Elle n’avait rien fait de mal, alors pourquoi l’accablait-elle ainsi ? Rendue un peu plus sensible que d’habitude à cause de sa fièvre de cheval, Sheena sentit ses yeux picoter et bientôt des larmes d’incompréhension coulèrent le long de ses joues sans qu’elle puisse rien faire pour les retenir.

-Diane ?!! Que faites vous ici ? s’exclama Zélos,accompagné de la patronne en bonnet de nuit, de nouveaux draps propres en main et visiblement surpris de la trouver dans la chambre de Sheena….Avec Sheena à ses pieds en plus ! Que c’était-il donc passé ?

-Ah, je vous cherchais maître Zélos. Vous avez disparu si soudainement que je me suis inquiétée. J’ai aperçu de la lumière ici alors je suis rentrée et je l’ai découverte par terre, dit-elle en se retournant vers Sheena et en lui intimant l’ordre de ne pas la contredire.

Devant tant de fureur dans le regard, Sheena, toujours à terre, acquiesça timidement.

-Je voulais l’aider mais elle a refusé mon secours. Madame fait sa fière sans doute, s’empressa-t-elle d’ajouter d’un air hautain.

Le regard de Zélos allait alternativement de Diane à Sheena, cherchant à savoir qui des deux femmes disait la vérité. Il fronça les sourcils devant les yeux rougis de la jeune invocatrice, où brillaient encore quelques larmes. Il traversa prestement la pièce et vint s’accroupir auprès d’elle. Sheena baissa les yeux et rentra la tête dans ses épaules en resserrant fébrilement la couverture autour d’elle. Remarquant des marques blanches sur sa peau rougie par la fièvre, il réalisa pourquoi elle se trouvait sur le plancher et ses yeux se durcirent, foudroyant sa favorite.

-Bien, voyons voir ce lit, fit la patronne de l’hôtel, afin d’essayer de noyer le poisson et d’éviter une explication des gravures pour le moins houleuse.

-Venez m’aider Diane, puisque vous êtes là. Nous allons la mettre sur l’autre lit en attendant, dit Zélos.

Celle-ci obtempéra sans rien dire. Quand l’Elu ordonnait, elle obéissait. Elle ne voulait pas lui déplaire, ça non ! Elle avait compris qu’elle avait été percée à jour alors inutile d’aggraver son cas…

Pendant que la tenancière s’activait autour du lit, Zélos entraîna Diane à sa suite dans le couloir.

-Non mais qu’est ce qu’il vous a pris enfin ! explosa-t-il à voix basse, une fois hors de la pièce.

-Je ne vois pas où vous voulez en venir…

-Il était inutile de la frapper…Que vous avait-elle fait au juste ?

-…

-Répondez, Diane ! Sachez que je tolèrerais plus une pareille attitude. C’est assez méprisable de votre part de vous en prendre à elle alors qu’elle est blessée…

-Je suis désolée maître Zélos, je me suis laissée emportée mais cela ne se reproduira plus, fit-elle en baissant la tête.

-Je l’espère bien !

Puis la laissant plantée là Zélos retourna auprès de Sheena. Il la souleva prestement dans ses bras et la conduisit jusqu’au lit maintenant refait. La tête lourde de la jeune femme venait de rouler contre sa poitrine. Elle avait de nouveau perdu connaissance. Son corps entier était brûlant, comme si il venait de la sortir du brasier ; il pouvait le sentir même à travers la couverture. Il la déposa avec douceur sur le matelas, la borda et remercia l’hôtelière de lui avoir rendu service.

Le masque venait de tomber…

Le regard noir, Diane observait la scène. Ainsi donc il préférait cette paysanne insolente, à elle, le plus beau parti de la capitale… Elle avait peut être perdu cette bataille, mais certainement pas la guerre. Une femme jalouse et bafouée était bien pire que tout les assassins du monde, même les plus féroces.

-Vous payerez cet affront, tous les deux. Il vous en coûtera, mon cher Zélos, de m’avoir ainsi rejeté. Oui, je me vengerais, promit-elle, en serrant les poings

_____

Le secret de Régal : mais comment fait-il pour grimper avec les mains liées ?

Colette : Dis Régal…

Régal : Oui ?

C : Comment fais-tu pour grimper le long du mur alors que tu as les mains liées ?

R : Ahah ! J’ai un secret !

Génis : Oui, il utilise ses dents… du coup la corde était toute dégueulasse de bave de Régal ! Je le sais, je suis monté derrière lui -_-‘

C : O_o

R : …

C : Oui mais si y a pas de corde et que c’est une paroi rocheuse, il doit se faire trop mal aux dents le pauvre…

G : Euh … Colette, je plaisantais là… il n’a pas une mâchoire d’acier… lol

N : En fait Régal détache tout simplement ses mains en traficotant la serrure à la Mc-Giver : une épingle, du chewing-gum et hop, il vous fait une voiture ! Trop la classe non ?^^

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Posté par _martel_ à 14:13 - - Commentaires [3] - Permalien [#]